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2016 DGRI 15 - DDCT - Label Paris Co-développement Sud 2016. Vœu déposé par le Groupe Ecologiste de Paris relatif à la mobilisation des femmes réfugiées syriennes à Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2016


 

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération DGRI 15 - DDCT et le v?u n° 59 relatif au label "Paris Co-développement Sud 2016". Pour commencer, je donne la parole à M. Pierre AURIACOMBE.

M. Pierre AURIACOMBE. - Merci, Monsieur le Maire.

Je me suis inscrit sur le label Paris Co-développement, mais également sur le v?u associé du groupe Ecologiste de Paris qui nous a été présenté en 7e Commission.

Aujourd'hui - nous en sommes tous convaincus - le co-développement doit être l'axe majeur des pays dits "riches" pour aider en Afrique, bien évidemment, ou dans l'ensemble des pays qui en ont besoin. Je sais que la Ville y participe, mais également des organismes associés - il faut le souligner - à la Ville. Je pense au S.S.I.A.P., où Patrick TRÉMÈGE, notre collègue, préside depuis plusieurs années la commission co-développement, au SYCTOM également, où Hervé MARSEILLE va faire de même avec une commission co-développement. C'est un axe central, bien évidemment, qui doit se développer et nous y sommes tout à fait favorables. Sur le label, j'ai participé, auprès du maire, au jury de la dernière édition, avec ma collègue pour l?opposition, Fadila MÉHAL. Nous avons attribué 80.000 euros. Dans le consensus, nous étions tous d'accord. C'est vrai que l'idée de travailler sur un axe sud, mais également parisien avec des actions à Paris, est très bonne. Je dirai que ce label fonctionne bien aujourd'hui - c'est mon sentiment - et nous y sommes favorables. D'où ma surprise à voir le v?u du groupe Ecologiste de Paris qui veut changer la règle. On nous propose, si j'ai bien compris, de privilégier les actions en faveur de la protection des droits des femmes syriennes. Alors, bien sûr, nous sommes tout à fait favorables à la protection des femmes syriennes. Si vous nous proposez une action aujourd'hui, si vous nous proposez une subvention spécifique, nous la voterons avec plaisir pour le groupe les Républicains. Nous sommes favorables à cela. Mais ici, nous sommes, à mon avis, hors sujet. C'est plus une opération de communication, en disant que l'on va faire quelque chose sur les femmes syriennes. Mais je ne vois pas comment on pourrait changer du jour au lendemain un label qui fonctionne bien et a des règles. Par ailleurs, ce serait aussi oublier que, si les femmes syriennes sont bien évidemment dans une situation très difficile, c'est vrai pour beaucoup de femmes africaines. L'est du Congo est en guerre depuis plus de vingt ans. Des femmes, des enfants, des hommes se font massacrer depuis plus de vingt ans dans l'est du Congo, dans la corne de l?Afrique. Nous avions récemment un attentat au Pakistan. Là-bas, ce sont des milliers de morts. C'est une guerre permanente. Je pense que le label Paris Co-développement doit rester tel qu'il est, avec un axe central qui est d'aider l'ensemble des pays. Nous le voterons en l'état. En revanche, nous ne voterons pas ce v?u qui est favorable à une exclusivité. Je le répète : si vous deviez faire une proposition sur les femmes syriennes hors du label, nous le voterions avec plaisir. Merci, Monsieur le Maire.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup. La parole est à Sandrine MÉES, du groupe Ecologiste de Paris.

Mme Sandrine MÉES. - Merci, Monsieur le Maire.

Depuis 2006, la Ville de Paris encourage les associations de solidarité entre migrants et leurs régions d'origine. Donc, le nombre important de ces associations est un reflet de la diversité culturelle parisienne.

L'appel à projets appelé "label Paris Co-développement Sud" est ainsi dédié au soutien de projets associatifs de solidarité internationale. Ce label récompense les initiatives qui ont un double objectif : agir sur le développement des pays d'origine et faciliter l'intégration des migrants à Paris. Les projets sont évalués en fonction de leur pertinence, de leur faisabilité et sur la qualité des partenariats avec des collectivités et des associations locales.

Chaque année, une dizaine de projets est soutenue avec des bourses de 5.000 à 15.000 euros. Lors de la dernière édition, 33 dossiers ont été déposés. Le jury a récompensé 11 projets très divers : au Nicaragua, par exemple ; en Algérie, dans des communes de la région de Tizi Ouzou en Kabylie ; un projet de valorisation de savoir-faire artisanaux au Mali, dans le village de Samba Dramané de 800 habitants, avec le financement d'une étude préalable à la faisabilité d'un projet pour la réhabilitation d'une zone irriguée. Il nous est proposé ici de voter un projet de délibération afin de renouveler l'enveloppe. L'année dernière, le groupe Ecologiste de Paris faisait trois propositions d'amélioration qui ont été jugées intéressantes. Nous souhaiterions les réitérer pour qu?elles soient davantage prises en considération pour 2016. Tout d'abord, nous pensons que la couverture géographique des candidats pourrait être étendue afin qu?aucun pays d'origine ne soit négligé. Nous pensons notamment aux pays comme ceux du Maghreb et du Mashreq. La deuxième proposition concernait la communication autour de l'appel à projets. Nous pensons qu'il faut que cet appel à projets soit communiqué plus largement qu'aujourd'hui. Nous aimerions aussi que l'écologie soit davantage intégrée. Cela n'a pas été intégré de façon suffisamment significative, à notre avis, sur le label 2015. Donc, nous espérons que ces propositions porteront leurs fruits pour le label en 2016. Je termine par la présentation du v?u rattaché à ce projet de "label Paris Co-développement Sud". Ce v?u vise à soutenir la mobilisation des organisations de femmes migrantes originaires de la Syrie en faveur du retour de la paix et de la démocratie dans leur pays. Il s'inscrit pour nous dans le cadre de l'engagement public de la Maire de Paris, rappelé le 8 mars dernier, en faveur de l'appui aux femmes victimes de violences en temps de guerre et de paix, de leur santé, de l'éducation, de leur épanouissement personnel. Je rappelle que la Maire de Paris est à l'initiative, dans le cadre du réseau mondial des villes et gouvernements locaux, d'une stratégie nationale de long terme pour les droits des femmes et que, dès le début de son mandat, elle lançait l'appel de Paris pour la santé des femmes et des enfants. Il répond également aux appels de l'Organisation des Nations Unies et des nombreuses O.N.G. sur la gravité de la situation des femmes syriennes restées dans leur pays ou ayant été contraintes de fuir les violences et les guerres. Nous savons que des associations de femmes migrantes originaires de la Syrie, soutenues par un collectif, sont actuellement activement mobilisées en faveur de l'appui du rôle des femmes syriennes restées en Syrie ou réfugiées dans les pays voisins pour la reconstruction de la société civile et pour la démocratie. D'ailleurs, nous rappelons ici l'accueil par la Maire de Paris lors de la manifestation "Hommage aux femmes syriennes" qui s'est déroulée à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes à l'Hôtel de ville. Pour toutes ces raisons, le groupe Ecologiste propose que la protection des droits des femmes syriennes, la reconnaissance et le renforcement de leur rôle constituent l'un des axes privilégiés pour répondre à l'appel à projets "Paris Co-développement Sud" et que le lancement de cet appel à projets soit une occasion privilégiée pour sensibiliser les Parisiennes et les Parisiens aux problématiques relatives aux guerres au Moyen-Orient et en Afrique, sans exclusive, et aux conditions d'intégration des migrantes et des migrants issus de ces régions, notamment les femmes et leurs enfants. Cela ne veut pas dire que le "label Co-développement Paris" négligerait les autres aspects, bien évidemment. Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup. Pour vous répondre, la parole est à M. Patrick KLUGMAN.

M. Patrick KLUGMAN, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Merci aux deux intervenants.

Effectivement, c'est le projet de délibération qui soutient le "label Paris Co-développement Sud" pour l'année 2016. C'est un label que j'ai l'honneur d'animer avec ma collègue Colombe BROSSEL qui est juste devant moi et qui est, en fait, l'articulation entre la politique de la ville et la politique de solidarité. C'est d'ailleurs pour cela que nous sommes tous les deux en charge de ce label.

Sachez que depuis 2006, c'est 70 projets qui ont été soutenus - au Nord, essentiellement à Paris, et dans le Sud, dans les pays d'origine des associations de migrants qui nous soumettent ces projets - pour un montant total de 580.000 euros.

Pierre AURIACOMBE a loué l'esprit dans lequel nous travaillons les uns et les autres et la contribution d'ailleurs que chacun amène dans nos délibérations qui sont toujours extrêmement riches. L'esprit de consensus qui s'y dégage, à mon avis, permet parfois de réorienter ou d'allouer des soutiens qui auraient pu passer un peu inaperçus au stade de l'instruction.

Je pense que ce label fonctionne effectivement très bien et qu'il faut, en tant que tel, le préserver comme un outil de mobilisation des associations de migrants. Je comprends néanmoins le souci d'amélioration constant qui nous est amené par le groupe Ecologiste. Nous avons d'ailleurs constamment essayé d'y répondre. Nous comprenons surtout le souci, cette année, de mettre l'accent sur la situation des femmes syriennes, évidemment.

Simplement, on ne pourrait pas modifier le règlement pour l'année 2016 sans d'ailleurs porter atteinte au label en lui-même, à ce qu'il promeut et à ce qu'il veut faire. Donc, il s'agit simplement d'essayer de ne pas oublier les femmes syriennes sans attenter au bon déroulement du label pour l'année 2016. Je vous rappelle - vous l'avez d'ailleurs vous-même dit - que nous faisons énormément - et là, c'est dans chaque délégation - pour la situation des femmes dans le monde en général, les femmes syriennes en particulier. Hélène BIDARD est là, elle a organisé la réception à Paris il y a quelques jours du Dr MUKWEGE qui travaille sur la prévention des violences, surtout la lutte contre le viol comme arme de guerre dans les conflits. Il y a eu l'hommage aux femmes syriennes par l'association "Souria Houria" que vous venez de rappeler. Effectivement, la Ville de Paris - la Maire de Paris - est extrêmement active sur le soutien aux femmes, particulièrement dans les zones de conflits et particulièrement en Syrie. Pour essayer de faire une synthèse de tout cela, je voudrais vous proposer des amendements à votre v?u, qui permettraient au label de continuer, et de remplir son rôle et de ne pas oublier les femmes syriennes. Je vous propose donc les amendements suivants - je ne veux pas les abîmer : Le premier attendu serait remplacé par la phrase suivante : "Les associations de migrants parisiennes ?uvrant en faveur de la protection des droits des femmes syriennes, la reconnaissance et le renforcement de leur rôle dans le développement de leur capacité à s'organiser et à lutter pour la construction de la paix soient spécifiquement sensibilisées et informées de leur possibilité de répondre à l'appel à projets Paris Co-développement Sud". Le deuxième attendu deviendrait : "Le lancement de cet appel à projets soit une application privilégiée pour sensibiliser les Parisiennes et les Parisiens aux conditions d'intégration des migrantes et des migrants issus des régions en conflits, notamment les femmes et leurs enfants". J'ai quand même quelque doute sur la grammaire dans la rédaction des considérants que je vous prie d'excuser. Nous allons donc opter pour une conception assez large de la langue française pour amender votre v?u, si vous en êtes d'accord.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - C'est le fond qui est important, Monsieur KLUGMAN, beaucoup plus que la syntaxe.

Les amendements proposés sont-ils acceptés ?

Mme Sandrine MÉES. - Oui, je vous remercie, d'autant plus que je n'ai pas entendu la faute de grammaire.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - C'est donc un v?u parfaitement en règle grammaticalement.

Une explication de vote ?

M. Pierre AURIACOMBE. - Une explication de vote : avec la modification qui a été faite, nous voterons le v?u également.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Je vous remercie.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 59 du groupe Ecologiste de Paris ainsi amendé, avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u amendé est adopté à l'unanimité. (2016, V. 71).

Je vous remercie.

Je mets enfin aux voix, à main levée, le projet de délibération DGRI 15 - DDCT.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DGRI 15 - DDCT).