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Mars 2016
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Conseil Municipal
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2016 DVD 68 - Communication sur le réaménagement de 7 places parisiennes. Vœu déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche relatif à la place de la Bastille comme centre d'un "quartier expérimental pour la vision". Vœu déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche relatif à la pose d'une plaque relative au 14 juillet 1953, place de la Nation. Vœu déposé par le groupe les Républicains relatif au réaménagement de la place Denfert-Rochereau. 2016 DVD 58 - DEVE - DU - Réaménagement de sept places parisiennes : Bastille, Panthéon, Madeleine, Nation, d’Italie, des Fêtes et Gambetta - Approbation du programme de réaménagement. Vœu déposé par le Groupe Ecologiste de Paris relatif l'expérimentation d'aménagements légers et temporaires et d'études complémentaires. Vœu déposé par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants relatif à la mise en valeur de l’œuvre de Jules Dalou ''Triomphe de la République''. Vœu déposé par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants relatif à la définition d'un plan d'éclairage nocturne des places. Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif à l'achat d’œuvres d'art. 2016 DVD 63 - DEVE - DU - Réaménagement de sept places parisiennes : Bastille, Panthéon, Madeleine, Nation, d'Italie, des Fêtes et Gambetta - Présentation du bilan de la concertation. Vœu déposé par le groupe UDI-MODEM relatif au réaménagement de la place d'Italie. Vœu déposé par le groupe UDI-MODEM relatif à l'aménagement des places de la Concorde et Denfert-Rochereau.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2016


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La conférence d'organisation a souhaité qu'il y ait un débat organisé sur la communication portant sur le réaménagement des sept places parisiennes. Je vais donc introduire ce débat.

Mes chers collègues, nos places ont toujours constitué des lieux et autant de points de convergence qui ont permis aux Parisiens, en se rassemblant, de se constituer comme peuple, comme citoyens d'une même ville. Ces points de convergence sont donc devenus des points communs et des biens communs qu'il nous faut à tout prix protéger et souvent, réinventer.

Cet objectif implique de réduire la place de la voiture individuelle, responsable aujourd'hui d'une authentique menace sanitaire, et de proposer d'autres modes de déplacement plus respectueux de la santé publique, dans laquelle s'inscrit aussi un objectif de sécurité routière.

Cet objectif nous appelle également à rendre aux Parisiens un espace urbain qui leur appartient, en libérant les lieux encombrés lorsque d'autres alternatives existent, en ouvrant les sites devenus, au fil du temps, inaccessibles, en réinventant nos espaces communs pour une meilleure qualité de la ville et de la vie.

Je veux remercier ici les adjoints qui ont travaillé à ce projet, bien sûr, Christophe NAJDOVSKI qui travaille sur toutes les questions liées à l'espace public, mais aussi à la réduction de la circulation afin de préserver la qualité de l?air que nous respirons à Paris. Je veux remercier Jean-Louis MISSIKA, je veux aussi remercier Pauline VÉRON, tant la dimension participative de ce projet a été importante, ou encore bien sûr Pénélope KOMITÈS qui a beaucoup travaillé sur la question de la végétalisation.

En permettant aux Parisiens de penser en commun les lieux qu?ils ont en partage, nous avons l?occasion extraordinaire de révéler et de renforcer leur cohésion. C?est de cette manière que notre ville, en faisant commune autour de ces grandes places, se projette dans un avenir à la fois local et international, singulier et universel, de la grande mobilité à la petite attention quotidienne également indispensable à une grande métropole mondiale.

C?est dans cette vision que s?inscrit l?opération de réaménagement de sept places parisiennes que nous vous soumettons aujourd?hui. Elle a fait l?objet d?une vaste concertation publique, elle a suscité de nombreuses participations dont les conclusions sont particulièrement encourageantes.

Elle confirme, en effet, que le souhait de réaménager les places est largement partagé par les Parisiens. Les différentes propositions émises par les citoyens dans ce cadre ont bien entendu été prises en compte pour enrichir notre projet.

Ce projet reposant sur la nécessité de rendre l?espace public aux Parisiens et d?accroître leur autonomie dans la ville, il nous a semblé fondamental de développer des dispositifs allant bien au-delà des pratiques habituelles de concertation. Des réunions avec les conseils de quartiers se sont tenues de novembre 2014 à février 2015. La concertation s?est également organisée autour de la plateforme participative, "Madame la Maire, j?ai une idée", et du site Internet de la Ville, via une exposition et la mise à disposition d?un registre destiné à recevoir les contributions dans les mairies d?arrondissement concernées. Dans le cadre de la concertation grand public, se sont en outre tenu un événement de lancement en juin dernier, des réunions publiques locales, des marches exploratoires, des entretiens individuels avec des acteurs clés de chaque place, des réunions d?échanges avec les associations concernées et une mobilisation des enfants de Paris via un concours de dessin. Deux séminaires de travail aussi ont été organisés avec des experts, des partenaires institutionnels, dont les architectes des Bâtiments de France et la R.A.T.P. Des élus, des associations, des représentants des mairies d?arrondissement, au total, nous avons recensé plus de 1.800 contributions. L?ensemble des dispositifs de la concertation a permis l?expression d?un esprit constructif et a fait émerger une volonté collective de repenser intelligemment des places dont l?aménagement actuel ne répond plus aux besoins des habitants, ni à la vision que nous avons de cette ville, notamment dans la lutte contre la pollution. Je m?en réjouis et je veux remercier l?ensemble des acteurs de cette concertation pour leur implication précieuse. Je rappelle en outre que ces échanges fructueux avec les Parisiens et usagers se poursuivront tout au long de la concertation. Les différentes contributions ont souligné trois priorités : - D?abord, renforcer l?accessibilité, améliorer les transports, faciliter les déplacements, d?une part. - Ensuite, de construire des places conviviales avec une multiplicité d?usages, d?autre part. - Enfin, d?embellir l?espace public et de développer la végétalisation. Soucieuse de respecter les souhaits exprimés par les Parisiens, je vous propose de suivre leurs propositions en faisant, du piéton et du cycliste, le public prioritaire sur ces sept places. La redistribution de l?espace permettra de limiter l?espace de circulation automobile à 12 mètres de large, pour gagner en moyenne 50 % de surfaces piétonnes.

Il s?agira d?un progrès important, en termes de bien-être, mais aussi surtout en termes de diminution des pollutions atmosphériques, sonores et visuelles dans l?espace public, et d?amélioration de la sécurité routière.

Notre démarche répondra à plusieurs objectifs fondamentaux.

Nous entendons rendre aux habitants cet espace libéré, ce vide qui est un bien si précieux dans une ville si dense.

Nous serons, par ailleurs, très attentifs au respect et à la revalorisation du patrimoine magnifique que recèlent ces places d?époques et de styles très différents.

Nous travaillerons en outre à proposer des usages adaptés aux attentes multiples des habitants, afin qu?ils puissent se déplacer, s?arrêter, flâner, faire du sport, se rencontrer et échanger. Enfin, le développement durable demeurera une préoccupation centrale pour chacune des sept opérations d?aménagement. Le renforcement de la présence du végétal permettra de lutter contre les îlots de chaleur urbains, en offrant par ailleurs une source d?agrément plébiscitée par les Parisiens. Chaque place sera aménagée de façon spécifique, dans le plus grand respect de son identité et de son environnement patrimonial et naturel. La circulation circulaire caractéristique de la place de la Bastille prendra fin, la nouvelle géométrie comportant un axe majeur Nord/Sud et valorisant une perspective sur le paysage ouvert du bassin de l?Arsenal. La place de la Nation sera transformée en place jardin. La place du Panthéon changera de visage grâce à la suppression du stationnement contre les grilles du monument d?un autre siècle - non pas le monument mais le stationnement - qui permettra de révéler les perspectives aujourd?hui dégradées, ainsi que le sol en pavés. La place de la Madeleine se verra désencombrée de mobiliers urbains et de services divers pour redécouvrir notamment l?église de la Madeleine. La place d?Italie verra son terre-plein central agrandi et plus accessible. La place des Fêtes sera métamorphosée par la libération de son espace central rendu aux piétons et aux circulations douces, comme d?ailleurs les habitants de la place des Fêtes l?ont souhaité, il y a déjà plusieurs mois. La place Gambetta proposera une meilleure appropriation aux piétons et cyclistes par la libération, l?agrandissement et la végétalisation des terre-pleins. Notre méthode privilégie l?innovation et la sobriété. J?entends parfois dire qu?il faudrait dépenser plus. Je veux dépenser mieux. Un mot sur le calendrier qui nous attend. En 2016 sont menées les études techniques permettant de définir précisément les aménagements de voirie ainsi que le travail collectif de préfiguration des usages et des espaces dédiés aux piétons entre collectifs et habitants. L?année 2017 sera consacrée aux études de détail, aux études d?impact et, le cas échéant, aux autorisations administratives et aux consultations des entreprises, ainsi qu?à la poursuite des ateliers de co-conception. Nous poursuivrons les prescriptions de la Préfecture de police - Monsieur le Préfet, je m?y engage - garantissant des aménagements respectueux des contraintes de notre ville-capitale, en matière notamment de sécurité et d?urgence. Les travaux s?échelonneront selon les places de 2017 à 2019. Nous abordons dès à présent deux phases opérationnelles distinctes. La première concerne les travaux liés à la circulation. Pour ces études et travaux, la Direction de la Voirie et des Déplacements, en lien avec la Préfecture de police, sera accompagnée par des équipes de maîtrise d??uvre et poursuivra ses échanges avec la R.A.T.P., le S.T.I.F., les mairies d?arrondissement et les associations. La seconde phase sera conduite autour d?un atelier de co-conception, et éventuellement de co-construction, piloté par un collectif de concepteurs professionnels. Cet atelier participatif sera installé sur chaque place et regroupera des référents des directions de la Ville, des mairies d?arrondissement, des étudiants et des habitants regroupés ou non en associations. Cet atelier imaginera, dessinera et suivra la réalisation des aménagements. Ce sera aussi un moyen d?assurer de l?inclusion, de l?insertion, y compris avec nos régies de quartier. Mes chers collègues, avec le réaménagement des places parisiennes, nous poursuivrons un processus itératif. Enrichis par nos expériences passées en matière de participation citoyenne, nous nous inscrivons dans le cadre que j?ai fixé pour atteindre les objectifs de cette mandature : co-production avec les citoyens et sobriété dans la mobilisation des moyens. Nous soutenons une ambition forte, en termes de reconquête de l?espace urbain par les habitants. Nous intégrons enfin cet impératif incontournable qu?est le recul de la pollution atmosphérique et l?amélioration de la sécurité routière. Je remercie à nouveau l?ensemble de mes adjoints et plus particulièrement Christophe NAJDOVSKI et ses équipes qui, je sais, est très investi dans la réussite de ce projet aussi prometteur que nécessaire. Merci aussi à nouveau à Jean-Louis MISSIKA, à Pauline VÉRON et à Pénélope KOMITÈS, et à tous les autres, parce que presque tous les adjoints ont travaillé. Je pense à la mémoire, je pense à la culture et au patrimoine, je pense bien sûr aux affaires scolaires ou encore aux sports. Toutes et tous ont mis leur grain de sel dans ce projet qui engage Paris dans cet objectif que nous nous sommes fixé dès le début de la mandature, que les Parisiens ont validé démocratiquement en 2014 : lutter contre la pollution, améliorer la qualité de l?air et faire en sorte que la sécurité routière soit quelque chose qui soit inscrit dans la façon dont aujourd?hui les mobilités se déroulent sur l?espace parisien. Je vous remercie. Nous allons donc passer maintenant au débat et je rappelle que la conférence d?organisation a précisé que le débat inclurait dans les temps de parole définis la présentation des amendements et des v?ux. La parole est à Mme KOSCIUSKO-MORIZET pour le groupe les Républicains.

Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. - Madame la Maire, mes chers collègues, la nécessité de revoir les aménagements des grandes places parisiennes ne fait pas débat. La place allouée aux circulations douces, en particulier la marche et le vélo, doit être confortée, et il est très aventureux aujourd?hui de vouloir franchir en vélo des places comme la place d?Italie ou la place Denfert-Rochereau. J?y reviendrai dans un instant.

Une fois encore, le nouveau visage des places a été présenté dans le J.D.D. avant d?être porté à la connaissance des Conseillers de Paris. Eh bien, vous observerez que les illustrations du journal sont plus précises que les annexes du projet de délibération.

D?un autre côté, on nous demande de nous positionner sur des aménagements dont la nature reste manifestement volontairement floue. Quant à la concertation, inégale selon les places, elle a été rendue particulièrement difficile tant les scénarios envisagés manquent de clarté, alors que l?on a pu sentir par ailleurs que la Ville avait déjà tout décidé. Si les illustrations de l?annexe au projet de délibération paraissent aguicheuses, la réalité des aménagements l?est manifestement beaucoup moins. Il s?agit essentiellement d?élargir quelques trottoirs, de remplacer un mobilier urbain inadapté et d?ajouter quelques traversées piétonnes. Mes chers collègues, ce projet est nécessaire, et pourtant, il manque de souffle, alors que les places sont des marqueurs forts de l?identité parisienne. Elles auraient mérité des aménagements plus créatifs que des fontaines à boire et des chaises longues, tirant pour chacune d?entre elles profit de leur singularité. Hélas, les aménagements que vous nous proposez sont quasiment communs à toutes les places et la crainte est grande de voir ces places réaménagées à la va-vite dans une précipitation et surtout une uniformisation qui ne sont pas dignes de leur histoire. En consacrant à sept places un budget à peine plus élevé que le coût du réaménagement de la seule place de la République, vous nous laissez inquiets ; pas que la nouvelle place de la République fasse l?unanimité, non, ou alors l?unanimité contre elle. Elle est minérale, elle laisse peu d?espace aux arbres. La circulation pénalise l?ensemble des riverains, commerçants ou habitants. Les itinéraires vélos n?ont pas pour autant été adaptés. Et le mobilier urbain, en particulier les bancs, a déjà mal vieilli. Et enfin, comme le reste de Paris, la saleté achève de créer ce sentiment d?abandon. Il s?agit donc de tirer les enseignements de ce ratage pour éviter de le reproduire sur les sept autres places parisiennes. Mes collègues évoqueront tour à tour différentes places. Je voudrais dire, quant à moi, un mot plus particulier sur la place Denfert-Rochereau et le v?u que j?ai déposé la concernant. Les habitants du quartier aspirent à une meilleure accessibilité de la place, pour les vélos et pour les piétons. L?apaisement de la circulation est également attendu, en continuité de la requalification de l?avenue du Général Leclerc. Et d?ailleurs, le projet de réaménagement s?inscrirait parfaitement dans les orientations prises dans la présente communication. La place doit accueillir en 2019 le musée de la Libération dans les pavillons Ledoux. Cette même année, l?entrée des Catacombes doit être adaptée pour mieux accueillir les visiteurs. L?intermodalité doit être retravaillée. Il faut fluidifier les correspondances entre le RER, Orlybus, le métro, le réseau de bus. Enfin, les squares de la place mériteraient une réhabilitation, on le voit bien. Il est indispensable de synchroniser l?ensemble des travaux dans le cadre d?un vaste réaménagement de la place. Or, il semblerait que la place Denfert-Rochereau ait été sacrifiée au bénéfice d?un rééquilibrage vers l?Est, Madame la Maire, de votre communication. J?avais cru comprendre que l?urgence de son réaménagement faisait consensus à la lecture tant de votre projet municipal que celui de la maire du 14e ou d?une autre. Il semblerait que de votre côté, ces engagements démocratiques ne survivent pas à l?exercice du mandat. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame. La parole est à Mme GALLOIS, pour le groupe UDI-MODEM.

Mme Edith GALLOIS. - Merci, Madame la Maire.

Oui, les places de Paris doivent aussi être dans l?air du temps. Entre les places carrefours de Haussmann des années 1850, celles de la chanson de Brassens "De place en place", dont les paroles datent du début du XXe siècle, et les places d?aujourd?hui, l?air du temps a beaucoup évolué et nous pensons aussi qu?il est nécessaire de réaménager un certain nombre de grandes places de Paris.

Mais cela ne peut pas se faire sans concilier cette vision haussmannienne des places carrefours des grandes artères, parce que certaines restent des pivots d?une circulation qu?il faut malgré tout assurer, et celles aujourd?hui, plus douces, tout en conservant leurs cachets d?antan, un exercice qui certes demande de l?application pour les rendre effectivement plus partagées et plus conviviales.

L?air du temps est à l?apaisement de la circulation. L?air du temps est à la mise en valeur des belles architectures, de verdir des places, de les adoucir, de les rendre accessibles aussi aux piétons et aux vélos. L?air du temps est à la respiration. La respiration : voilà ce sur quoi nous devrions nous accorder, sur des places "respiration". Respiration pour une circulation motorisée plus fluide, une circulation cycliste plus sereine, une circulation piétonne plus douce, une cohabitation plus tranquille et plus respectueuse, en adéquation avec les aspirations des Parisiens.

Pour y parvenir, deux exigences sont incontournables : une vision et des moyens. Concernant les moyens, malheureusement, on déchante instantanément. 40 millions pour sept places, alors que 24 ont été dépensés pour la seule place de la République, avec un résultat que beaucoup estiment très décevant, c?est beaucoup trop peu.

Alors, deux solutions : soit ils seront respectés, et dans ce cas, on ne pourra pas parler de rénovation de sept places parisiennes ; soit ils seront très largement dépassés, et on se trouve là dans un cas d?insincérité budgétaire caractérisée. Quand on sait que l?Institut Montaigne estime pour sa part que la dépense devrait se situer entre 89 et 169 millions d?euros, on est loin du compte.

Nous qui vous invitons souvent à moins de dépenses, nous pensons que l?aménagement des places parisiennes mérite un budget à la hauteur de ce qu?elles représentent dans la vie parisienne et d?une volonté assumée d?un investissement durable.

Quant à la vision, elle nous paraît manquer d?ampleur. Elle répond à cette logique "écologico-comptable" qui vous anime, toute empêtrée que vous êtes dans votre conception dogmatique et punitive de la circulation automobile, alors qu?aucune solution alternative n?est jamais donnée. Le projet urbanistique, la question des usages et la mise en valeur paysagère et architecturale nous paraissent, dans votre projet de délibération, beaucoup trop secondaires.

L?aménagement de chaque place est spécifique et doit être parfaitement cohérent avec les usages qui en sont faits dans un environnement donné. Or, les usages des places sont très différents et leur environnement aussi. Il y a les places carrefours, les places rencontres, les places terrasses, les squares, les places promenades, les petites, les grandes, les incontournables, celles qu?on préférerait contourner, les prestigieuses et les discrètes. Elles ont une vie, une identité qui, certes, peut évoluer, mais elles s?inscrivent dans la vie d?un ou plusieurs quartiers, les séparant ou les reliant.

Cette évolution, pour qu?elle soit positive, pour qu?elle rende la vie plus agréable, doit apporter de la fluidité et une certaine humanité. D?où l?importance de prendre en compte les travaux des conseils de quartier qui la vivent au quotidien. Or, vous ne l?avez pas encore fait, en arguant du fait que ce projet de délibération n?était qu?un cadre. Alors, j?insiste aujourd?hui sur le devoir qui vous incombe d?intégrer les observations des représentants des conseils de quartier, ainsi d?ailleurs que les études d?impact réalisées par la Préfecture de police de Paris.

A ce propos, la Préfecture estime à juste titre que son avis doit relever d?une double approche comprenant, pour chacun des projets, l?étude de l?aménagement en lui-même, mais aussi l?impact de celui-ci sur le plan de circulation du secteur concerné.

J?en viens aux exemples concrets. La place d'Italie, dans mon arrondissement, est l'illustration parfaite de ce que je viens de vous dire. Cette place est immense, c'est un carrefour, près d'une porte de Paris. On ne sait pas bien si elle réunit ou si elle sépare le 13e en deux : la partie Est, la partie Ouest, le côté Blanqui, le côté Vincent-Auriol, puis d'un côté, le quartier Tolbiac et de l'autre, celui des Gobelins. Elle est un quartier en elle-même, avec la mairie d'un côté, le centre commercial Italie de l'autre, mais aller de l'un à l'autre est très long à pied et très compliqué. Il y a beaucoup de circulations, il n'y a pas beaucoup de rencontres. On peut le dire : elle manque terriblement de convivialité.

Il faut donc effectivement, Madame la Maire, la rendre plus attractive pour les piétons, plus accessible pour les vélos, plus conviviale pour l'ensemble des usagers et moins dangereuse dans son embranchement de Vincent-Auriol, en n'oubliant pas de prendre en compte le massif de voitures qui rentrent et qui sortent de Paris et des six lignes de bus qui y circulent.

Ne pas prendre en compte l'intégralité de ces usages, du fait de leur intensité, serait vouer ce réaménagement à un échec certain. Ne pas prendre en compte non plus les travaux du groupe de travail des conseils de quartier concernés serait non seulement méprisant pour la démocratie participative, mais aussi pour les attentes des habitants du 13e arrondissement qui doivent la traverser. Pour en connaître les détails, je vous renvoie à la lecture de mon v?u rattaché.

Prenons maintenant le boulevard Blanqui pour nous diriger tout droit vers la place Denfert-Rochereau dans le 14e qui fait l'objet d'un v?u, avec la place de la Concorde, de mon groupe. Curieusement, cette place Denfert-Rochereau que vous aviez initialement prévue dans votre programme a, comme par enchantement, disparu.

Un mot pour vous dire combien c'est regrettable alors que la requalification de l'entrée des Catacombes et la rénovation par tranche de l'avenue du Général-Leclerc sont prévues. Peut-être seraient-elle au moins intégrée au Plan Vélo et répondrez-vous à notre attente d'une continuité cyclable entre Denfert-Rochereau et Montparnasse.

Enfin, j'arrive à la place de la Concorde, la grande oubliée. C'est pourtant l'une des plus grandes places de Paris et pourtant, elle laisse si peu de place aux piétons et aux cyclistes. C'est aussi l'une des plus belles ou peut-être même la plus belle de Paris en nous offrant ces magnifiques perspectives sur les Tuileries, Les Champs-Elysées, la rue Royale, l'Assemblée nationale. Pourtant, pour celui ou celle qui voudrait en admirer toutes les subtilités, il vaudrait presque mieux être en voiture qu'à pied ou en vélo. Cette place comporte un caractère historique et patrimonial exceptionnel et pourtant, il n'est pas mis en valeur comme il le mériterait.

Pourquoi la négligez-vous ? Je dirais même : pourquoi la traitez-vous si peu ou si mal ? Parce qu'aujourd'hui, la place de la Concorde est avant tout l'emplacement de cette regrettablement fameuse Grande Roue, à tel point que ce manège qui ne devrait être que provisoire semble s'être installé durablement et que son propriétaire en arrive à estimer qu'elle fait désormais partie du paysage. Notre président Éric AZIÈRE a soulevé ici à plusieurs reprises cette question et nous la partageons. Cette Grande Roue, dans la continuité du jardin des Tuileries, face aux Champs Élysées, n'est pas à sa place. Son installation est beaucoup trop longue. On est au bord de l'indigestion. Quant à la circulation des cyclistes, elle n'y est tout simplement même pas prévue. J'avais déjà déposé un v?u sur la nécessité d'y prévoir une piste cyclable qui pourrait être bidirectionnelle du côté du jardin des Tuileries. Vous ne pouvez pas prétendre faire de la place aux vélos s'il y a des ruptures de circuits aussi dangereuses que ces places difficilement contournables. La place des places est considérable. L'enjeu est grand ; il doit être à la hauteur, tant des attentes des Parisiens pour améliorer leur vie quotidienne que de leur environnement architectural et du patrimoine extraordinaire dans lequel elles s'inscrivent. Leur réaménagement doit être à la hauteur de la trilogie, identité, patrimoine et paysage, que vous évoquez. En conclusion, je dirais tout simplement que pour offrir de la respiration, il faudrait plus de souffle, un vrai souffle fort de fraîcheur et d'ambition. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame. La parole est à Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, pour le groupe Socialiste et Apparentés, maire du 12e arrondissement qui a beaucoup de places à réinventer.

Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, deux ans après notre élection quasiment jour pour jour, nous avons la responsabilité de tenir cet engagement fort, que nous avons pris devant les Parisiens, de réinventer sept de nos places et pas des moindres. Si certaines sont centrales pour leur arrondissement, d'autres sont des lieux emblématiques de notre ville, mais aussi de notre pays et sont connues dans le monde entier.

Réinventer la place des grands hommes comme celle de la Bastille ou de la Nation est un exercice que nous devons faire avec humilité, tant ce patrimoine est remarquable. Nous ne pouvions confier cette responsabilité à un groupe d'individus fussent-ils des experts reconnus. Nous avons conduit cette réflexion avec les Parisiens, en mobilisant toutes les expertises de l'administration parisienne, mais aussi celle des Parisiens, l'expertise la plus précieuse.

Ils ont répondu présents, ces riverains, ces conseillers de quartier, ces commerçants, ces acteurs culturels, ces associations qui font la richesse de notre ville. Quel plaisir de les voir si nombreux participer à tous ces moments d'échanges que nous avons pu solliciter et cela, en s'affranchissant souvent des frontières de nos arrondissements, chacun venant apporter son regard, son savoir pour partager un diagnostic, revendiquer un usage, exiger la valorisation du patrimoine, plaider pour une présence renforcée du végétal, réaffirmer la nécessité de proposer des mobilités adaptées à tous les besoins, critiquer des usages actuels, dénoncer des espaces trop peu accueillants.

Les attentes qui se sont exprimées sont immenses, parfois contradictoires, mais toutes attestent de la nécessité de conduire cette réflexion et de rendre ces places aux Parisiens.

Le potentiel est immense. Cela suppose de partir du préalable que l'espace réservé aujourd'hui aux circulations comme au stationnement automobile est trop important. Pire, il est injuste car cette répartition confisque de l'espace public au bénéfice d'un nombre réduit d'usagers.

Comment, en effet, se satisfaire d'une place encombrée de véhicules stationnés alors que notre jeunesse, nos familles, nos seniors ne trouvent pas dans l'espace public de lieux adaptés pour se poser ensemble pour partager un moment ou simplement pour rêver ? Comment imaginer qu'un espace vert comme celui de la Nation soit en pratique inaccessible car la traversée des 26 mètres de chaussée s'apparente à une course réservée aux sportifs de haut niveau ?

Comment se satisfaire d'une place de la Bastille, au carrefour de trois arrondissements, qui ne puisse être franchie à vélo sans se mettre en danger ? Comment accepter de ne pas valoriser le patrimoine de ces places à l'heure où nous devons réinventer la destination de Paris pour faire venir et revenir des touristes français du monde entier ? Comment, enfin, admettre de réserver au c?ur de notre ville, tant d'espace aux circulations de véhicules polluants, et ne pas favoriser?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Un instant, Madame la Maire. Les conversations particulières pourraient-elles cesser dans l?hémicycle ou se poursuivre à l?extérieur de l?hémicycle, par respect pour les orateurs ? Le respect, c'est important. Madame la Maire, vous avez la parole.

Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement. - Merci.

Comment, enfin, admettre de réserver au c?ur de notre ville, tant d'espace aux circulations de véhicules polluants et ne pas favoriser l'accès aux transports en commun ni les modes de circulation doux ?

La réflexion engagée autour de ces sept places s'inscrit en effet dans une vision plus large de notre ville, de notre métropole.

Nous ne pouvons plus accepter de respirer si souvent cet air pollué.

Il est donc de notre responsabilité d'envoyer un message clair aux usagers de notre ville, nous ne pouvons plus favoriser la traversée de Paris par des véhicules polluants, c'est le cas pour les berges de Seine, ce sera aussi le cas sur ces grandes places qui doivent donner toute leur place aux modes de déplacement alternatifs. Nous devons porter cette ambition forte, il en va de la santé de nos enfants, de nos aînés, de la nôtre. Je sais certains inquiets, c'est légitime, notre travail n'est pas fini, nous devons continuer les études de report de circulation en particulier, et veiller à ce que nos projets permettent de répondre au besoin important de mobiliser des Parisiens, comme les habitants de la métropole qui se rendent quotidiennement dans notre ville, pour y travailler, y étudier et se faire soigner. Nous devons trouver ces solutions. Certains prônent l'urgence d'attendre, je milite plutôt en faveur de l'urgence d'agir. Je ne doute pas que la Région Ile-de-France, dans les compétences qui sont les siennes, nous aidera à renforcer notre réseau bus, l'efficacité de notre métro, comme à prolonger le tramway en particulier jusqu'à la Place de la Nation. Ainsi, je me satisfais pleinement du principe d'aménagement retenu de limiter à 12 mètres, soit 4 files, la largeur des voies circulées. Cela permet d'envisager leur traversée en une seule fois et de manière apaisée et sécurisée. Je salue aussi la transformation de certaines voies en zones de rencontre ou en zones piétonnes comme les contre-allées de la Place de la Nation. En effet, je suis convaincue que partout où l?on apaise les circulations et que l'on rend les cheminements piétons sécurisés, c'est un accélérateur du développement économique local, un soutien au commerce de proximité, aux restaurants, aux terrasses, c'est ce que nous observons partout où nous l'avons réalisé. Le diagnostic posé est partagé. Les principes généraux retenus, nous arrivons à cette étape d?aujourd'hui de validation des grandes orientations de réorganisation des espaces, en redonnant 50 % d'espaces supplémentaires aux piétons.

A compter d'aujourd'hui, nous entamons donc une deuxième phase, tout aussi importante, que faire de ces nouveaux espaces ? La réflexion avec les Parisiens, les élus d'arrondissement et les maires d'arrondissement que nous sommes doit donc continuer, et je m'en félicite. Je suis en effet convaincue qu'aussi bien sur Bastille que Nation, il nous faut prendre le temps d'imaginer l'avenir de ces espaces. A Nation en particulier, nous devons imaginer l'avenir en lien avec les mutations importantes de ce quartier, et notamment l'arrivée de l'université Sorbonne nouvelle, ou encore le prolongement du tramway. A Bastille, je me réjouis que cet aménagement puisse enfin permettre d?accéder à la Colonne de Juillet et souligner la continuité entre le Port de l'Arsenal et le boulevard Richard Lenoir, mais il nous reste encore beaucoup à imaginer. Sur chaque place, sans chercher l'uniformisation, ni à aguicher quiconque, il nous faut poursuivre la démarche de co-conception que nous avons initiée, qui est très stimulante, démarche à laquelle les Parisiens ont adhéré.

Cela nous permettra d'économiser certains coûts de conception et de faire en sorte que 100 % de notre budget soit utile aux Parisiens.

C'est une méthode nouvelle, un peu déstabilisante, mais elle nous permet de tenir nos engagements en termes de budget et de calendrier. Nous nous en félicitons et nous nous engageons à participer pleinement aux nouvelles étapes de discussions qui s'ouvrent aujourd'hui pour rendre nos places aux Parisiens. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C'est moi qui vous remercie, Madame la Maire.

La parole est à Mme Aurélie SOLANS, pour le groupe Ecologiste de Paris.

Mme Aurélie SOLANS. - Merci, Madame la Maire.

Les villes sont au c?ur des enjeux de la transition écologique et sociale. Paris, comme d'autres villes, offre un cadre urbain trop souvent subi et contraint.

L'exposition chronique à certaines nuisances environnementales comme la pollution de l'air ou le bruit dégrade à la fois le quotidien des Parisiennes et des Parisiens mais aussi leur santé.

Enfin, les sentiments d'isolement et d'insécurité sont encore aggravés par des choix d'aménagement qui déshumanisent certains quartiers.

Le réaménagement de ces places doit être un levier parmi d'autres pour contribuer à la diminution de cette pollution, apaiser la ville, faire de la place aux plus fragiles, aux enfants en particulier, recréer du lien social, de la convivialité, humaniser nos quartiers, redécouvrir l'ensemble des potentiels de bien-être que le milieu urbain décèle.

Partager et apaiser l'espace est un enjeu crucial qui doit passer par plusieurs actes forts. J'en aborderai trois grands que sont la prise en compte des handicaps, le rééquilibrage du partage de l'espace public en faveur des piétons et des circulations douces, et dernièrement, les usages à inventer, revisiter pour que nos places soient de véritables carrefours du vivre-ensemble à la parisienne.

Tout d'abord, donc, il nous faut prendre en compte les handicaps physiques et psychiques. De nombreux outils existent : les fils d'Ariane, les circulations sécurisées, une vraie prise en compte de la visibilité pour tous, les innovations dans les usages qui profitent in fine à tous, en particulier aux enfants dans leur quête d'autonomie.

Nous avons eu de vraies erreurs, par exemple Place de la République pour les sourds et les malentendants, que nous ne devons pas reproduire. Sur ce plan, la dynamique est lancée, elle doit se poursuivre et se concrétiser.

Ensuite, ce qui est le c?ur des réponses à l'apaisement de l'espace public, favoriser les circulations douces, le vélo bien sûr, et au centre, la place du piéton. Paris offre une configuration urbaine remarquablement adaptée à la pratique journalière du vélo par la densité et la proximité des services à distance cyclable. Au-delà des réalisations existantes, des améliorations sont encore nécessaires pour généraliser la pratique du vélo en ville : réduction de la vitesse des voitures et les contresens qui en sont le pendant, continuité cyclable, accessibilité des grandes places, et lisibilité des parcours aux abords des carrefours, stationnement sécurisé.

Et puis, sécuriser les circulations piétonnes nécessite de poursuivre la mutation de notre ville engagée depuis 2001. La place de la voiture doit être réduite, non pour contraindre à moins nous déplacer mais bien au contraire, pour faciliter les déplacements de tous les Parisiens dans leur ville, leur quartier. Là encore, retravaillons la lisibilité des parcours et les traversées, en multipliant les passages, les zones piétonnes et partagées en zones dites de rencontre. La démarche de réduction des traversées à maximum 12 mètres, engagée ici avec "Réinventons nos places", est une étape importante. Multiplions les carrefours en "T" où c'est bien le piéton qui est au centre des préoccupations d'aménagement, et mettons fin aux fameux îlots refuges qui sont d'un autre siècle. Dernier point fort donc sur lequel nous voulons insister aujourd'hui sur le partage de l'espace public avec ce volet "Réinventer Paris" pour sept places parisiennes : les usages à revisiter ou renouveler pour un espace public qui réponde aux défis sociétaux de notre siècle. La part belle doit être faite à la convivialité, avec nos fameuses terrasses à la française, faire place dans les projets comme à Nation à des rues aux enfants, qui les prennent en compte d'une façon générale. Avoir une prise en compte des usages pour tous les âges, pour les temps forts de la vie de quartier, de façon générale l'appropriation de l'espace public pour mieux vivre ensemble. La réflexion doit se développer autour d'une trame mauve, trame sociale dans lesquelles nos places doivent prendre toute leur part. Les réaménagements de nos places doivent être des occasions de dynamisation de la vie commerciale et des activités à haute valeur sociale ajoutée. Là encore, l'inventivité doit être au rendez-vous pour imaginer les modes de fonctionnement des nouveaux usages qui vont émerger. La démarche de participation des habitants et usagers qui va se poursuivre avec les kiosques citoyens sur les usagers est de ce point de vue fondamentale. Dans cette dynamique sur les usages dans les réaménagements, penser l?inscription territoriale de la place est nécessaire. Yves CONTASSOT développera ce point. Il nous faut poursuivre ce travail sur ce plan avec une deuxième phase. Pour finir, le réaménagement des places est enfin une occasion de faire de ces espaces des leviers pour faire face aux défis du changement climatique. Nos places ne doivent pas être des puits de chaleur mais bien des carrefours de vie urbaine où il fait bon être. Cela passe par des innovations autour de l?eau, miroirs d?eau par exemple, de la place du végétal et des arbres en particulier, la désimperméabilisation des sols, l?utilisation de couleurs claires dans le mobilier urbain. D?une façon générale, nous refusons le syndrome de la ville-musée. Inversons le mouvement en redynamisant le tissu social pour un espace public plus vivant. Le réaménagement de nos places est une opportunité historique et ce programme en est une véritable première étape. Je souhaite terminer cette intervention tout d'abord en remerciant Christophe NAJDOVSKI et son équipe, toujours disponibles au dialogue, et surtout en saluant l'investissement et la participation des habitants du quartier de la place des Fêtes et du19e arrondissement, dont je suis élue. Depuis 2012, la réflexion sur l'avenir de cette place est en mouvement avec une ambition partagée : redonner un nouveau souffle à ce quartier de près de 20.000 personnes et réparer les erreurs de l'urbanisme des années 1960 et 1970. Aujourd'hui, avec notre vote, une première marche est gravie. Le nécessaire rééquilibrage lancé depuis 2001 est à l'?uvre et doit se poursuivre. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Madame SOLANS. La parole est à M. Didier LE RESTE, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Didier LE RESTE. - Madame la Maire, le débat organisé aujourd'hui concerne l'un des projets les plus emblématiques et symboliques de notre mandature. Ce projet de réaménagement des places de Paris suscite de nombreux débats au sein de notre Conseil et au-delà, et c'est bien normal. Nous touchons là au c?ur de l'identité dans notre ville. Les Parisiennes et les Parisiens attendent beaucoup de ces modifications et nous devons répondre à cette attention particulière par une ambition politique forte. Le réaménagement est un élément important du bilan de notre action, visible aux yeux de tous. En ce sens, la réussite majoritairement partagée de la rénovation de la place de la République crédibilise l'action dans ce domaine de la majorité municipale. Cette place est devenue un véritable lieu de vie pour les Parisiennes et les Parisiens, les touristes et les habitants de banlieue, qui se sont réapproprié cet espace commun. J'avais évoqué à l'occasion du vote pour le plan propreté de Paris, le fait que l'espace public est l'un des principaux vecteurs de lien social. L'amélioration du mieux-vivre ensemble, pour lequel nous nous engageons sans relâche, est profondément liée à une politique ambitieuse de l'aménagement de l'espace public. Ces lieux de vie parisienne sont pour certains des éléments marquants de l'histoire de France. S'ils ont atteint ce statut, c'est en grande partie parce qu'ils étaient et demeurent des lieux de rassemblements populaires. Il est temps de redonner à ces places cette dimension sociale en permettant aux piétons de disposer d'une part plus importante de leur usage. Nous devons organiser une cohabitation apaisée de l'usage de l'espace public si nous voulons faire de Paris une ville plus propre et moins polluée. Après une longue période de promotion de l'automobile qui a impacté fortement nombre de projets de notre ville sur toute la fin du XXe siècle, nous nous inscrivons donc encore davantage dans une période de rééquilibrage. Notre politique vise à offrir une place plus importante aux piétons et aux cyclistes, s'insérant dans un cadre harmonieux avec la voiture et les transports en commun. Les mots-clés de ce projet sont donc l'ambition et l'innovation pour remettre ces témoins de notre histoire au c?ur de notre époque et les inscrire dans l'avenir de notre ville. Ce choix de l'innovation se traduit dans la conception même de cet espace public, en préférant aux grands projets d'architecte de transformation de l'espace une élaboration collective pour son réaménagement, une démarche collaborative beaucoup moins coûteuse associant les citoyennes et les citoyens, les services de la Ville et les élus, une méthode plus démocratique de l'appropriation de l'espace public faisant le pari du collectif. C'est justement cette ambition, cette volonté de production collective qui motivera nos quelques remarques sur ce projet. La première concerne celle des conditions de ce débat, et plus précisément la communication des études sur les différents reports de stationnement et de circulation. Nous engageons une plus grande cohabitation entre les différents modes de déplacement. Cette volonté va dans le bon sens mais elle doit se faire sur la base d'éléments concrets, notamment sur la connaissance des conditions du report des circulations automobiles que ces aménagements vont entraîner. Limiter la circulation sur ces places ne doit pas vouloir dire sursaturer les autres axes routiers de notre ville et accentuer encore davantage les phénomènes de pollution. Les riverains des boulevards périphériques notamment souffrent quotidiennement d'un taux de pollution élevé. Nous devons faire en sorte de trouver une solution équilibrée et nous devons le faire sur la base d'éléments vérifiés et vérifiables. En ce sens, nous regrettons le manque de communication sur l'étude des reports, au moment de ce débat, qui n'est pas une question mineure dans l'élaboration de ce projet. La deuxième remarque portera sur les moyens donnés à cette ambition. Le projet de délibération proposé aujourd'hui engage, pour cette place, moins de moyens que pour la seule place de la République. La méthode d'élaboration de ces places ajoute à une construction plus démocratique l'avantage d'être beaucoup moins coûteuse, mais nous pensons que ce projet nécessitera davantage de moyens. L'apport plus conséquent des citoyennes et des citoyens ne doit pas être pénalisé par un cadre trop contraint. Il s'agit donc de ne pas trop restreindre les propositions des collectifs par manque d'argent pour financer ce projet. L'intelligence collective, nous l'avons vu, est tout à fait capable de faire émerger des grands projets et nous ne devons surtout pas la limiter. Ces quelques remarques ne remettent pas en cause l?adhésion du groupe Communiste -Front de Gauche à ce projet, pour lequel nous partageons l'objectif et la méthode. Comme beaucoup de Parisiennes et de Parisiens, nous suivrons avec beaucoup d'attention et d'intérêt sa mise en ?uvre dans l'objectif de faire de ce projet une complète réussite. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur. La parole est à M. Jean-Bernard BROS, président du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

M. Jean-Bernard BROS. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, le réaménagement de nos places est incontestablement un projet d?ambition pour Paris. Après la place de la République, nous nous félicitons de cette belle initiative.

A l'heure actuelle, nos places sont des lieux de passage aux traversées longues et parfois compliquées où les Parisiens ne s'attardent pas. Alors, imaginer de nouveaux usages pour nos places, c?est répondre à une nécessité pour notre ville et ses habitants. C'est également prendre exemple sur d'autres villes européennes et françaises qui ont réaménagé leurs places avec ambition et succès.

Cette ère de changements raisonne comme notre vision de Paris : celle d'une ville qui se construit perpétuellement. Mes chers collègues, penser la ville de Paris et ses places, c'est penser notre capitale aujourd'hui mais aussi pour les années à venir. Dans 15, 20 ou 30 ans, les Parisiens se souviendront de ce qui a été fait. Nous devons donc être ambitieux et audacieux pour qu?ils soient fiers de leurs nouvelles places, demain et dans les années suivantes.

Penser le réaménagement des places, c'est également avoir en tête que cet espace public constitue un patrimoine pour ceux qui n'en ont pas, une valeur symbolique très forte qui amène chaque Parisien à avoir sa propre idée de l'aménagement de sa place. Nous devons faire en sorte d'aménager nos places de façon à ce que chaque Parisienne et chaque Parisien puissent s'approprier l'espace. Pour cela, la concertation et un budget ambitieux seront indispensables.

Tous les projets de partage de la voirie entre les différents usagers vont dans le sens de l'histoire, mais nous devons rester vigilants sur les impacts d'un tel changement de paradigme.

Il ne s'agit pas de transformer Paris en ville-musée mais de replacer l'homme au c?ur de ces espaces. Ainsi, cette requalification de l'espace public doit laisser toute sa place à tous les usagers de la ville, qu'ils se déplacent à pied, à vélo, en transports en commun ou en voiture.

Le renforcement de la piétonisation de nos places conduira nécessairement et plus ou moins rapidement à des modifications de nos déplacements. Mais les Parisiens doivent pouvoir continuer à se déplacer dans notre ville.

Ces derniers mois, nous avons examiné de nombreux projets d?envergure qui auront un impact sur la circulation des Parisiens et plus largement des Franciliens. A cet effet, nous sommes convaincus qu'il est indispensable de veiller à maintenir une bonne circulation à Paris. Nous connaissons tous votre vigilance sur ce sujet. Votre action doit également s'attacher à préserver toutes les fonctions de la ville. Ainsi, créer cette nouvelle dynamique urbaine favorise les agoras partagées et ne doit pas oublier les nécessaires fonctions économiques, touristiques et commerciales de nos places. Deux aspects apparaissent essentiels pour notre groupe. Il apparaît indispensable de "penser global", c?est-à-dire de prendre en compte les quartiers environnants dans le réaménagement des places. Cela évitera ce que l'on pourrait nommer "l'effet îlot", à savoir une place déconnectée des commerces. Au contraire, les flux de piétons doivent irriguer les commerçants déjà présents. Il apparaît également nécessaire de dynamiser nos places en elles-mêmes par la cohabitation de différents usages. Ainsi, les nouveaux usages, telles que les animations culturelles et activités sportives, n'auront pas oublié l'installation de kiosques commerçants, de cafés ou de restaurants avec des terrasses. Cela sera bénéfique pour l'emploi et pour l'attractivité de nos nouvelles places. Un autre élément doit nous préoccuper, et c'est l'objet d'un v?u déposé par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants, l'ambiance nocturne de nos futures places. Si la vie diurne de nos places est pensée par tous, il ne faut pas oublier que Paris vit aussi la nuit. Or, nos places vivent. Elles ont de multiples facettes entre le jour, la nuit, les vacances scolaires, les entrées et les sorties d'entreprise. Tirons, à cet effet, les leçons de la réfection de la place de la République : l?éclairage nocturne est incontestablement l?un des éléments qui aurait pu être mieux adapté dès son inauguration. Une action ambitieuse peut être menée grâce à nos nouvelles technologies pour l'ambiance nocturne de nos places. Notre groupe souhaite que soit étudiée une mise en scène de nos places et de leur patrimoine à l'occasion de leur requalification. Cela doit permettre, non seulement une mise en valeur des places, mais également de garantir un sentiment de sécurité accru pour les piétons et autres usagers. Engageons-nous donc pour garantir la continuité de la sécurité et du confort des piétons sur ces espaces et la mise en valeur nocturne de nos places. Engageons-nous également pour le plaisir de vivre ensemble sur ces places. Car, oui, l'aménagement de nos places publiques permet de créer des lieux de vie et de rencontre. La nouvelle place de la République en est un exemple. Enfin, j'en terminerai sur ce point. Gardons une chose à l'esprit : Nation, Bastille, Gambetta, etc., chacune de nos places porte un nom qui, évidemment, évoque notre histoire. Les élus du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants et - je le crois - tous les élus dans cette salle, sont attachés à la perpétuation de cette histoire et à la préservation du patrimoine rattaché. Aussi, le réaménagement de nos places doit permettre de magnifier leur architecture et leur patrimoine. Le patrimoine de nos places représente une forte valeur symbolique et républicaine pour les Parisiennes et les Parisiens. Vous connaissez notre attention toute particulière sur le sujet. Déjà, lors du réaménagement de la place de la République, les élus radicaux de gauche avaient déposé un v?u pour sauver les dauphins de la République. Je vais m'attarder, à titre d'exemple, sur la place de la Nation. D'un point de vue patrimonial, elle représente en son c?ur une sculpture monumentale de Dalou intitulée : "Le triomphe de la République". Aujourd'hui partiellement masquée, nous souhaitons qu'elle devienne le symbole de cette nouvelle Nation. Auparavant entourée d?un bassin d?eau, nous souhaitons que l?eau puisse rejaillir sur cette place, car l'eau est un élément que les citoyens s'approprient incontestablement. Comme je le disais en préambule, les enjeux sont forts. Alors soyons ambitieux et audacieux pour réussir le pari du réaménagement de nos places. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Monsieur Jean-Bernard BROS. La parole est à Mme SIMONNET, pour trois minutes.

Mme Danielle SIMONNET. - Merci. Je salue ce projet de réaménagement des grandes places parisiennes. Réduire la place accordée à la voiture au profit des mobilités douces, contribuer à une plus forte végétalisation pour permettre une réappropriation de l'espace public dans un rapport à la nature, et surtout permettre de susciter des lieux de rencontre, d'échange, de vie commune, est essentiel pour bien faire de ces places des lieux de convergence essentiels dans la ville, où les Parisiennes et les Parisiens se font peuple. C'est essentiel. Mais je souhaite insister sur un v?u que j'ai déposé et que je rattache à ce projet de délibération, un v?u qui souhaite que nous accordions dans ces places une importance bien plus forte à l'investissement public dans les ?uvres d'art au service de nos émancipations. Vous savez que, dans le cadre du prolongement du T3 à Paris, la capitale avait fait preuve d'audace et de volontarisme en engageant une commande publique d?art contemporain ambitieuse de 11,2 millions d'euros pour 19 ?uvres. La Ville doit poursuivre l'implantation d'?uvres d'art pérennes dans un objectif à la fois de soutien à la création, agir en faveur de l'appropriation sociale de la culture et de la diversité de ces langages artistiques, et ne pas privilégier uniquement les ?uvres d'art éphémères. Les politiques publiques en faveur de la création n?ont pas à craindre de susciter des débats. Au contraire, elles ont vocation à les susciter et à organiser les rencontres entre les artistes, les créations entre les citoyennes et les citoyens, en favorisant les échanges autour de la réception des ?uvres. Parmi les experts que vous envisagez dans les équipes pluridisciplinaires, les différents partenaires associés aux consultations, je souhaite que la Ville implique également les artistes et les organisations représentatives.

Je souhaite que nous appliquions le principe du 1 % culturel, qui doit être valorisé et respecté. Engageons au moins 1 % du budget de réalisation de l'aménagement de ces places publiques à l'achat d'une ?uvre d'art pérenne. Cette démarche doit être mise en ?uvre dans la rénovation de ces sept places, mais également dans l'ensemble des projets d?aménagement urbain que nous portons. La valorisation patrimoniale et historique de ces sept places, selon moi, n'est absolument pas incompatible avec la coexistence d'?uvres d'art contemporaines, au contraire. La dynamique parisienne se doit de faire coexister l'ancien et le moderne. Je souhaite que nous engagions, dans le cadre des concertations, des rencontres en amont et en aval de ces commandes publiques, entre les citoyens et les artistes, entre les citoyens et les créations, afin de permettre débats, échanges autour de la réception des ?uvres. Faisons donc de ces places des lieux de convergence au service de nos émancipations et, à l'instar du symbole du triomphe de la République à Nation, continuons de permettre à l'art dans la ville de pouvoir contribuer justement à ces émancipations individuelles et collectives.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - D'habitude, vous allez au-delà et je suis obligée de vous rappeler à l'ordre. Là, vous me prenez vraiment de surprise !

Je suis entièrement d?accord : on peut faire bref et percutant. Madame Florence BERTHOUT, qui va être brève et percutante - non, c'était une blague - je vous donne la parole pour le groupe les Républicains.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Madame la Maire, Bastille, Fêtes, Gambetta, Italie, Madeleine, Nation, Panthéon : sept places emblématiques de Paris, de son histoire, de son patrimoine, de sa culture. Ces étendards de la France et de la capitale sont si connus et reconnus dans le monde, si vivaces dans notre mémoire collective, qu'ils appartiennent - comme vous ne cessez de le dire - à chacun et à personne.

C'est dire combien les rénover devrait relever d'une ambition collective et d'une humilité partagée. Ni l'une, ni l'autre ne sont au rendez-vous - hélas - en tout cas concernant la place du Panthéon.

La concertation a été bâclée.

Sur le fond, le projet est incohérent et sans ambition. Mais les plus grandes réussites en matière de propagande sont accomplies, non pas en faisant les choses, mais en s'abstenant de les faire, comme disait Aldous Huxley que vous avez dû beaucoup lire.

Sur la forme, la concertation a été ouverte le 20 juin. Elle a été restituée le 23 septembre, la trêve estivale étant propice au débat, comme chacun sait. Chacun comprend que l'exercice est biaisé. On aura moins de 400 contributions sur votre site pour la totalité de la réflexion sur les sept places.

Mais les esprits s?échauffent et ils s'échauffent dans le 5e arrondissement, y compris chez vos amis politiques, dont certains sont riverains de la place du Panthéon. Chacun a compris qu'en fait d'embellissement, nous aurons droit à une requalification de l'espace public qui signifie en clair : la piétonisation.

Un séminaire à huis clos organisé quelques jours après les attentats de novembre - il y avait sans doute quand même plus urgent - confirmera et l'intention, et le cynisme de la démarche.

Trois propositions convergent pour élargir les trottoirs et piétonniser, les variantes étant uniquement sur l'ampleur des aménagements envisagés.

Et pour faire taire définitivement les ombrageux qui trouvent la méthode très contestable, vous livrez votre projet au "JDD", avant la dernière réunion publique, le Conseil d'arrondissement et ce Conseil de Paris. On se demande vraiment à quoi sert votre projet.

Vous avez dit "embellissement". Sous votre magistère, peu participatif, la montagne Sainte-Geneviève est en train d'accoucher d'un étrange rongeur. La piétonisation rampante par élargissement d?un trottoir collé à la bibliothèque Sainte-Geneviève, assorti d'une interdiction de territoire pour les voitures à partir de la rue Valette, beaucoup plus étroite pourtant que la rue Soufflot qui permettait de fluidifier le trafic. La rue Valette, qui accueille une crèche, va donc devoir en plus, désormais, accueillir une partie du trafic détourné.

Fallait-il, pour donner un peu plus d'espace aux étudiants qui, d'ailleurs, ne le demandaient pas, produire une telle incohérence en termes de santé publique et de requalification de l'espace public ? Car, quand même, il s'agit de la place de la mémoire nationale, née sous le Premier Empire, avec - chacun le sait, j'imagine - la transformation en Panthéon français de l'ancienne église Sainte-Geneviève, mais aussi, et surtout, la mise en scène monumentale des bâtiments qui la bordent. Que ces bâtiments d?ailleurs aient préexistés, comme Saint-Etienne du Mont ou la bibliothèque Sainte-Geneviève, ou qu?ils aient été construits plus tard sous la Monarchie de Juillet comme la mairie.

Comment imaginer embellir la place du Panthéon, en magnifier la charge symbolique si on laisse éloignés, comme ce fut le cas pendant toute la concertation, les historiens, les paysagistes, les scénographes de la mise en lumière des espaces ? Que dire d?une concertation qui a muselé les A.B.F. sur une hypothétique végétalisation de la rue Soufflot et de la place, qui a omis de solliciter formellement l?avis du Centre des monuments nationaux sur la nécessaire liaison entre le monument et la place ? Quels crédits accorder à un projet qui n?a retenu aucune des propositions constructives qui ont été faites ?

Pour pacifier, oui, parce qu?il faut pacifier la circulation, en transformant par exemple la place en zone de rencontre, comme je l?ai proposé, pour prolonger le tracé de plusieurs bus - et pas seulement le 75, Monsieur NAJDOVSKI mais aussi le 85 - pour étudier sérieusement la création d?une traverse électrique qui est demandée depuis des années par les P.M.R. et les seniors, afin d?irriguer la partie la plus pentue du 5e au Sud et faciliter ainsi l?accès à la place.

Et comment adhérer à la suppression autoritaire de 60 % des stationnements qui s?ajouteront à la disparition dans quelques semaines de 70 places rue des Fossés-Saint-Bernard à la faveur d?un projet immobilier.

Oui, comment susciter l?adhésion quand aucune alternative des ancrages, par exemple de deux-roues, comme je l?ai proposé, ou des bus supplémentaires n?est prévu ? Les artisans commerçants du quartier, qui souffrent déjà cruellement du climat post-attentats, ne vous disent pas merci, Madame la Maire. Et les riverains atterrés s?interrogent sur le sens même du débat démocratique. Alors je porterai tout à l?heure 6 v?ux pour porter leurs voix. Ce ne sont pas des contre-propositions mais des propositions constructives. Et il y a en particulier un v?u qui a fait l?objet d?un vote à l?unanimité du Conseil d?administration, j?espère que vous le retiendrez - je dis bien à l?unanimité - pour mettre en place un comité de concertation sur les aménagements à venir. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Le mot de "piétonisation rampante" restera dans nos mémoires. La parole est à M. François DAGNAUD, maire du 19e arrondissement.

M. François DAGNAUD, maire du 19e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Avant d?en venir à la place des Fêtes, je tiens à saluer l?ambition du projet de réaménagement des sept places parisiennes, tel que vous l?avez voulu, et le parti pris d?innovation dans les contenus et dans la démarche collaborative, qui permet de faire émerger justement ces contenus, et les deux sont évidemment intimement liés.

Ces sept places parisiennes sont emblématiques de la richesse et de la diversité des places parisiennes, et toutes occupent une place particulière dans l?imaginaire de la ville et souvent dans son histoire.

Comment concevoir des espaces publics innovants, durables et sobres qui contribuent à la lutte contre la pollution atmosphérique ? C?est le défi auquel s?attelle cette démarche sans précédent. Car c?est en partant de l?analyse et de l?évaluation partagée des usages existants, c?est en sollicitant et en valorisant l?expertise des usagers que le projet prend toute sa force.

Partir des usages pour concevoir et promouvoir de nouveaux usages, cette invitation marque, je crois, un saut qualitatif, peut-être une rupture dans la façon de concevoir une ville qui a l?ambition de moduler ses formes et ses contours, en prenant appui sur la façon dont ses usagers, dans leur pluralité, la vivent et veulent la vivre.

Comme vous le savez, la place des Fêtes sera la première place de Paris réaménagée, comme s?y est engagée la Maire de Paris, mais avant d?en revenir à son réaménagement et aux futurs travaux, il est important de souligner que le projet de la place des Fêtes est le premier processus participatif engagé dans le cadre du réaménagement des places parisiennes.

Cette concertation aura duré près de quatre années et a été un exemple pour les six autres places dans le cadre de "Réinventons nos places !". Cette réflexion a été lancée par un questionnaire élaboré fin 2011 par le conseil de quartier, auquel je souhaite rendre hommage, avec le soutien de la Direction de la Voirie. Ce questionnaire, auquel près de 1.000 habitants ont répondu, a permis d?établir un diagnostic rendu public en novembre 2012.

Il a été suivi en 2013 et 2014 d?entretiens, de rencontres, de visites de quartiers, de cinq ateliers participatifs, de réunions de travail avec les habitants, les associations, les partenaires locaux, les commerçants du marché, les commerçants sédentaires, les bailleurs sociaux, les ayants droit de Bernard Huet et de plusieurs réunions publiques. De tout ce travail s?est dégagé un consensus sur les priorités qui devaient être au c?ur du projet, parmi lesquelles le maintien du c?ur du marché autour du square, la libération du c?ur de la place pour la végétaliser et y accueillir de nouveaux usages pour toutes les générations, l?ouverture de la place sur son environnement, l?interdiction renforcée des deux-roues motorisés, des automobiles et des camions sur la place, la sécurisation de l?ensemble des traversées piétonnes, l?implantation d?espaces d?animation avec terrasse en privilégiant naturellement la partie la plus ensoleillée de la place, puis l?apaisement et la réduction de la circulation autour de la place, avec la perspective d?une généralisation de ce que l?on appelle aujourd?hui les zones 30. Ces améliorations communes sont des invariantes des deux scénarios de programmation qui ont été soumis au vote lors de la votation citoyenne de décembre 2014. Et sur les plus de 2.500 votants, le scénario B a remporté près de 60 % des suffrages.

C?est à partir de cette votation que la place des Fêtes s?est inscrite dans le cadre plus vaste de l?opération "Réinventons nos places !" et nous avons poursuivi cette concertation, orientée tout particulièrement sur le c?ur de la place, jusqu?à novembre 2015, avec une exposition en mairie, avec le dépôt de contributions sur le site "Madame la Maire, j?ai une idée", avec deux séminaires, trois ateliers participatifs, trois réunions dans le domaine de l?égalité d?accès des femmes et des hommes à l?espace public. Au final, toutes ces étapes ont prolongé et conforté le processus de concertation largement salué, ainsi que les orientations actées par la votation citoyenne, en prenant appui sur les spécificités de cette place par rapport aux six autres. Première de ces particularités, la place des Fêtes est de très loin la plus peuplée des sept places, avec quelques 18.000 habitants sur un périmètre restreint qui attendent naturellement beaucoup de ce réaménagement, ainsi que des futurs projets tels que la médiathèque Jean Quarré ou l?équipement sportif rue du Docteur Potain. La seconde particularité est que la place des Fêtes n?est pas une place giratoire et, si la volonté de réduire la circulation automobile et de réorganiser les espaces circulés est évidemment très présente, la demande est surtout celle de reconquérir le c?ur de place, de faire respecter son caractère piéton, de le libérer et de l?animer afin que le mot "fêtes" y reprenne tout son sens. C?est donc l?objet de la programmation qui figure dans le projet de délibération qui nous est soumis et qui s?inscrit très fidèlement dans le prolongement de tout le processus que j?ai rappelé, et qui fera l?objet d?une présentation publique lors de la réunion prochaine du conseil de quartier "La place des Fêtes", le 11 avril prochain. Pour conclure, je souhaite évidemment saluer l?engagement de ma première adjointe, Halima JEMNI, l?engagement et l?implication des services de la Ville dans la diversité de ce qu?ils sont, notamment ceux de la voirie, celui de tous les partenaires. Et bien sûr remercier le conseil du quartier, les associations, les acteurs locaux et plus largement tous les habitants du quartier de la place des Fêtes pour leur contribution et leur investissement dans ce projet. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Et moi, je vous remercie pour ce travail décisif. D?ailleurs, beaucoup de maires d?arrondissement ont fait un travail décisif pour arriver à ces propositions, et je veux vous remercier. Monsieur CONTASSOT, vous avez la parole, pour le groupe Ecologiste de Paris.

M. Yves CONTASSOT. - Merci, Madame la Maire.

En novembre 2014, nous vous avions fait part de notre accord sur l?objectif de réaménagement des places de Paris. C?est la réalisation d?aménagements et de projets d?apaisement de l?espace public pour le rééquilibrer au profit des piétons et des circulations douces.

Les projets, qui ont été élaborés à l?issue des phases de concertation, sont intéressants et beaucoup répondent à cet objectif. Mais il ne serait pas honnête de vous dire que nous sommes totalement satisfaits.

La contrainte budgétaire vous a, en effet, amenés à limiter la dotation financière à un peu moins de 40 millions d?euros, ce qui, vous en conviendrez, est une gageure face à l?ampleur du projet.

Nous concevons naturellement que, dans une telle enveloppe globale, les arbitrages ont été sans doute particulièrement délicats et peuvent créer des déceptions, ici ou là, compte tenu des attentes fortes que l?annonce du réaménagement des places a soulevées.

Nous nous trouvons donc devant la situation apparemment contradictoire suivante : limiter les aménagements en fonction de leurs coûts et entretenir la frustration, ou augmenter sensiblement l?enveloppe pour mieux répondre aux attentes.

Pour notre part, il nous semble qu?il est possible de ne pas se limiter à cette simple alternative, mais de repenser un peu différemment les choses. Dans son intervention après moi, Joëlle MOREL mettra l?accent sur l?importance d?expérimenter avant de figer les aménagements. Cette voie nous paraîtrait en effet très sérieuse pour tout à la fois améliorer les projets place par place, tout en restant dans une enveloppe constante à ce stade. Je vais prendre un exemple : la place d?Italie. Vous nous proposez d?élargir le square central et d?y consacrer une somme importante pour refaire ce que l?on appelle le fil d?eau et les bordures de trottoirs. Pourtant, l?immense majorité des conseils de quartier, des élus, des associations ne souhaite pas un tel élargissement, bien au contraire, mais que la réduction de la place attribuée à la voiture aujourd?hui s?effectue par un élargissement des trottoirs autour de la place. Nous suggérons donc d?expérimenter cette solution par des dispositifs simples, réversibles, mais néanmoins beaux et fonctionnels. Les économies générées permettront sans doute de répondre alors à la priorité n° 1 qui consiste à sécuriser la traversée des piétons au débouché du boulevard Vincent-Auriol. Ce n?est qu?à l?issue d?une telle expérimentation qu?il pourrait être décidé quelle est la meilleure solution pour réduire la place de la voiture. Et ensuite, et seulement ensuite, il conviendra d?examiner les moyens à mettre en ?uvre pour pérenniser les dispositifs ou les modifier. C?est le sens du v?u que nous avons déposé, et si j?ai mis en avant la place d?Italie pour l?expliciter, il va de soi qu?il pourrait en aller de même pour toutes les places. De plus, nous sommes convaincus que si nous réussissons le réaménagement de ces sept places, le travail de reconquête des espaces publics ne sera pas totalement terminé pour autant. C?est pourquoi nous pensons qu?il faut envisager dès maintenant une phase 2, pour que dans cette seconde phase, l?aménagement des places elles-mêmes soit complété par une insertion plus grande dans leur quartier. Il n?est en effet pas souhaitable que ces places, les places, ne vivent pas avec leur environnement urbain et réciproquement. J?évoquerai la place Gambetta et la place Martin-Nadaud, la place des Fêtes et les équipements à venir, mais aussi, évidemment, la place de la Bastille, l?hôpital des Quinze-Vingts, et je pourrais poursuivre pour chaque place. Comme vous le voyez, nous estimons que ce projet de délibération doit être pris comme une étape, le début d?une seconde séquence de concertation. Vous l?avez d?ailleurs prévu sous une forme nouvelle, et nous en sommes satisfaits. Nous voulons seulement rappeler que cette seconde séquence doit permettre d?améliorer les orientations retenues et que dans cette optique, il soit bien précisé que rien n?est figé. La co-construction de la ville intelligente suppose d?admettre l?expertise citoyenne. C?est notre conviction, mais nous ne doutons pas que vous la partagiez. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur CONTASSOT. Monsieur Nicolas BONNET, président du groupe Communiste - Front de Gauche, vous avez la parole.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Madame la Maire, Monsieur le Préfet, mes chers collègues, de la place Tian'anmen à la place Plaza de Mayo de Buenos Aires, en passant par la place Tahrir au Caire, la Puerta del Sol de Madrid jusqu?au récent mouvement Occupy, les places ont toujours été dans la culture politique des lieux essentiels de manifestations et de débats publics. L?Histoire de notre ville et de ses places est marquée par ces grands moments de liesse, de tristesse et de revendication collective.

Deux d?entre elles, qui sont en débat aujourd?hui, en sont l?illustration : la Bastille et la Nation. En 1789, devant la forteresse de la Bastille, le peuple en armes décide d?abattre le symbole arbitraire monarchique en détruisant la prison. Il prendra l?habitude de se réunir sur la place parisienne qui est, à cette époque, la frontière entre Paris et son remuant Faubourg-Saint-Antoine.

Cette place, dans l?imaginaire populaire, est associée aux moments les plus beaux, mais aussi les plus dramatiques de notre histoire. C?est là que les révolutionnaires de 1830 sont enterrés dans la crypte du Génie de la Bastille ; c?est là qu?en 1848, des combats pour la liberté ont eu lieu ; c?est aussi là qu?au moment de la Commune, des barricades se sont érigées.

C?est sur la place de la Nation que le 9 février 1934, les deux manifestations communiste et socialiste se rassembleront pour s?unir contre le fascisme. C?est sur la place de la Bastille le 14 juillet 1935 que les trois grands partis de la gauche scelleront l?engagement du Front Populaire pour le pain, la paix et la liberté, et la dissolution des ligues factieuses.

En 1981, c?est à la place de la Bastille que François Mitterrand fêtera sa victoire. Jacques CHIRAC avait, lui, choisi la République en 2002, son score venant en écho à l?immense manifestation du 1er mai entre République, Bastille et Nation, transformée en mobilisation nationale contre LE PEN.

C?est aussi à la Bastille que certains d?entre nous ici présents fêteront la victoire du vote "non" au référendum de 2005 sur le traité constitutionnel.

C?est à la Bastille que les grands concerts de la Fête de la musique ou la Techno Parade se déroulent et d?où partiront les premières "Gay Pride", rassemblant quelques centaines de militants, avant que des milliers s?y retrouvent récemment avec les marches de la Fierté. Voilà pourquoi l?aménagement de ces places les rend plus accessibles et plus agréables et doit se faire dans le respect de ce qu?elles sont aussi des lieux de manifestations revendicatives et festives. Il est important que l?histoire de ces places soit plus visible durant les travaux et après, car elles sont une part importante de notre patrimoine mémoriel, par exemple par la pose de bornes mémorielles. Afin que ces places soient réellement accessibles, un de nos v?ux demande que l?on réactive aussi le projet d?aménagement nouveau pour améliorer l?accessibilité des malvoyants, malentendants et sourds, dit "Panammes", pour que la place de la Bastille et ses environs soit un quartier expérimental pour la vision et l?audition. Ce serait formidable que Paris s?appuie sur les recherches et les expérimentations de l?Institut de la Vision, mondialement connu, tout comme l?hôpital des Quinze-Vingts, qui est le deuxième pôle mondial après Boston en matière de soins et de recherches sur la cécité. L?Institut de la Vision possède déjà en son sein un site-lab. Avec l?aménagement de la place de la Bastille, voilà une belle opportunité pour en faire un véritable laboratoire, afin de concevoir la ville pour que tous les handicaps soient mieux pris en compte, en tenant compte des avancées de la recherche. Enfin, à travers un second v?u, je vous demande que l?on répare un oubli historique important : celui de la répression sanglante de la manifestation du 14 juillet 1953 place de la Nation. Comme tous les 14 juillet depuis 1935, après la parenthèse de la guerre, à l?appel du mouvement de la paix de la C.G.T., du parti communiste français et de nombreuses organisations progressistes, des dizaines de milliers de Parisiens célèbrent le 14 juillet. Les travailleurs algériens qui participent avec leur organisation, le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, sont surveillés. Depuis la répression de Sétif en 1945, les autorités françaises craignent la contagion de l?indépendance. Il est interdit de brandir le drapeau algérien et de crier des slogans pour l?indépendance. A la fin de la manifestation, la police tire. Une quarantaine de manifestants sont blessés et sept manifestants sont tués : six algériens, Amar Tabjadi, Abdallah Bacha, Larbi Daoui, Abdelkader Dranis, Mohammed Isidore Illoul, Medjen Tahar, et un français, Maurice Lurot, militant de la C.G.T. et du P.C.F. L?enquête sera rapidement menée et la police est définitivement blanchie par un jugement en appel en 58. Entre les deux dates, il y aura le soulèvement du 1er novembre 54 et la guerre d?Algérie, qui ne finira qu?en 62. Ces militants, morts pour leur cause, dans un combat inégal et violent, n?auront pas eu droit à un hommage, même en Algérie, car morts trop tôt, avant l?insurrection de novembre, et appartenant au M.T.L.D., qui n?est pas encore le F.L.N. Comme il a fallu des années pour que l?on répare l?injuste oubli du massacre du 17 octobre 1961, mon groupe souhaite que l?on puisse apposer une plaque place de la Nation, là où sont tombés ces hommes. Déjà le film, "Les balles du 14 juillet 1953", de Daniel KUPFERSTEIN, dont la projection avait eu lieu dans notre Hôtel de Ville, avait commencé à lever le voile sur cette page méconnue de notre histoire parisienne et nationale. Ce n?est que de justice de réparer ainsi un oubli historique, dont je sais que pour les familles des victimes, tant algériennes que françaises, il est essentiel que l?on reconnaisse les responsabilités d?un gouvernement qui avait dès 1953 choisi la répression et l?affrontement. Je vous propose donc qu?avec la rénovation de cette place de la Nation, une plaque soit apposée. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Président. La parole est à M. Pierre LELLOUCHE, pour le groupe les Républicains.

M. Pierre LELLOUCHE. - Madame la Maire, mes chers collègues, dans les trois minutes qui me sont imparties, quatre remarques rapides sur la rénovation de la place de la Madeleine.

Et d?abord, Madame la Maire, au risque de vous surprendre, c?est un message de remerciements que je veux vous adresser, à vous-même ainsi qu?à M. MISSIKA, que d?avoir inclus la Madeleine dans le programme de la rénovation des places parisiennes. Je le fais au nom de l?ensemble des élus de l?arrondissement, de tous bords, d?ailleurs, y compris Mme LECUYER, car ce projet a un mérite, Madame la Maire, c?est qu?il vient de la population. Il vient des habitants et à l?époque, il avait été repris par toutes les listes, de droite ou de gauche. C?est un exemple de démocratie et cela mérite d?être souligné.

Deuxièmement, la deuxième remarque, c?est quand même de faire attention sur les choix que vous ferez en dernière analyse, car depuis le projet initial, deux autres se sont greffés. Il faut faire attention, il me semble, à verser dans la "tout piétonisation", compte tenu des choix que vous avez faits, parce que là, c?est la thrombose assurée pour les Grands Boulevards, la Concorde, et j?en passe, à cause de ce qui va se passer sur les quais.

Il faut faire attention aussi, Madame la Maire, à l'église elle-même parce qu'à faire circuler les voitures autour de l'église, on va la fragiliser. Je me permets de relayer un certain nombre d'inquiétudes, y compris des ecclésiastiques sur ce point.

Troisième remarque : c'est bien de refaire la place, Madame la Maire, mais ce serait mieux de refaire l'église. Si vous allez rue Royale, vous avez une perspective sur des échafaudages. C'est dommage, c'est un des bâtiments les plus importants de notre Capitale. Votre budget est légèrement en hausse par rapport au précédent, au deuxième mandat de M. DELANOË, mais il est inférieur à la première mandature DELANOË qui dépensait 90 millions d'euros pour la réfection des églises. Vous en êtes à 80, c'est un peu mieux que la dernière fois, mais ce n'est toujours pas assez. Selon l'architecte en chef des Monuments historiques, il faudrait pas loin de 4 à 500 millions d'euros pour refaire ou protéger les églises les plus menacées dont trois dans le 8e arrondissement, 500 millions d'euros à rapporter du 1,2 milliard d'euros que coûte la fameuse Canopée de votre prédécesseur sur le trou des Halles dont on peut s'étonner du résultat. Quatrièmement - et je dis les choses très gentiment, je suis dans une matinée très aimable - et dernière remarque : le budget général que vous comptez allouer à cette rénovation et les délais. Beaucoup de gens posent ces questions. Je vous avoue qu'à voir le budget investi rien que pour la place de la République, 24 millions d'euros, je me demande si la trentaine de millions que vous avez alloués à votre grand projet suffira à mener à bien toutes ces affaires. Cela dit, encore une fois, merci d'avoir inclus la Madeleine. J'espère que l'on aura au final un beau projet et que vous penserez à restaurer l'église, ce serait bien, et l'église et la place pour Paris, parce que c'est un des endroits les plus visités de France. Merci, Madame la Maire.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, mais enfin, le Plan Eglises est connu et la Madeleine est prioritaire. Je vais donner la parole maintenant à Mme Frédérique CALANDRA.

Mme Frédérique CALANDRA, maire du 20e arrondissement. - Merci beaucoup, Madame la Maire.

Mes chers collègues, mes prédécesseurs des 12e et 19e arrondissements ayant assez bien parlé d'une façon générale de nos projets, je vais être extrêmement cursive.

Premièrement, je rappelle que la question de la réfection de ces grands espaces publics que sont les places est une question de justice et notamment de justice sociale dans la reconquête des espaces collectifs parisiens au profit de nos habitants, des piétons, des familles, des enfants, des jeunes.

Je parle particulièrement des quartiers populaires. Dans le 20e arrondissement, nous avons 200.000 habitants dont 40.000 jeunes de moins de 25 ans. Ils habitent souvent des logements extrêmement exigus parce qu'à Paris, le mètre carré est très cher, et donc, l'occupation de l'espace public n'a pas le même sens social qu'ailleurs, que par exemple en province.

C'est donc un enjeu fondamental et longtemps, cette ville a été totalement déséquilibrée en faveur de la voiture.

Je voulais répondre aussi à Mme BERTHOUT - qui a quitté la salle - qui a parlé, j'imagine, par erreur de son conseil d'administration. Je pense qu'elle voulait parler du conseil municipal. Je ne veux pas croire que ce soit sa vision des choses qui l'amène à cela. Je voulais lui répondre que j'étais assez étonnée par sa vision très datée de la question du rapport piétons/voitures et des enjeux.

Je rappelle que la Ville de Paris a piétonnisé progressivement un certain nombre de lieux, de rues et que partout, c'est un énorme succès, notamment pour le commerce. Je rappelle qu'en Europe, les grandes villes-monde européennes ont, avant nous, piétonnisé pour la plupart leurs centres villes, des quartiers entiers et elles ne l'ont pas toujours fait progressivement. Parfois, elles l'ont fait massivement et soudainement. Ainsi, par exemple, à Rome. Cela a été un énorme succès, non seulement sur le plan de la pratique des habitants, sur le plan de la santé publique, sur le plan commercial ; les commerçants s'en réjouissent. Je voulais vous rappeler qu'en France, nous avons des villes précurseurs comme Strasbourg, comme Dijon ou comme la reconquête des quais à Lyon où ces choses se sont très, très bien passées. Aujourd'hui, elles sont totalement ancrées dans les pratiques. Je voulais aussi rappeler que le passage des permis de conduire à Paris non seulement a chuté massivement en nombre, mais que les Parisiens le passent de plus en plus tard. Autrement dit, le rapport à la voiture, le rapport à l'espace, le rapport aux déplacements est en train de changer. Nous avons réussi la conversion culturelle massive des Parisiennes, et des Parisiens et de nos amis des villes limitrophes. J'ai noté la conversion spectaculaire de M. LELLOUCHE, je trouve cela formidable. Effectivement, la place de la Madeleine est une place qui mérite d'être respectée, tout comme la place Gambetta, la place de la Nation. Je ne m'étendrai pas sur la co-élaboration avec les habitants - mes prédécesseurs en ont très bien parlé - dans le 20e arrondissement. C'est tellement ancré dans les habitudes que nous n'imaginons pas de faire autrement. Cela s'est très bien passé, y compris avec les commerçants qui ont conscience que cela va leur apporter, au contraire, beaucoup plus de chalandise qu'ils n'en ont jusqu'à présent. Je voulais dire, mes chers collègues, que je vous remercie. Je remercie, bien sûr, Christophe NAJDOVSKI, la Maire de Paris, les services de la Ville de Paris, les maires d'arrondissement et les habitants qui ont participé à ce travail et tous les membres de l'Exécutif parisien. Nous sommes en train de voter des décisions historiques pour notre ville, qui vont changer totalement le visage de notre ville. Ne soyons pas timides et ne soyons pas angoissés. Au contraire, comme disait quelqu'un que l'on a bien connu : de l'audace, toujours de l'audace !

(M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, remplace Mme la Maire de Paris au fauteuil de la présidence).

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame la Maire, pour votre style cursif, comme promis. La parole est à Mme MOREL, pour le groupe Ecologiste de Paris.

Mme Joëlle MOREL. - Pour compléter les interventions d'Aurélie SOLANS et d'Yves CONTASSOT, je tiens à souligner la pertinence des objectifs conduits par Christophe NAJDOVSKI, que je résumerai en quatre points : le rééquilibrage de l'espace public au profit des piétons et des cyclistes, la priorité aux usages et aux usagers, la sobriété et la simplicité des aménagements et la végétalisation de l'espace public.

Je soulignerai aussi la pertinence de la méthode annoncée et en partie engagée : la co-construction des projets avec les habitants et la volonté d'expérimentation des aménagements.

Je m'attacherai à la végétalisation des places, couplée tout particulièrement à la volonté d'expérimentation des aménagements. Je suis inquiète car il semble que cette volonté d'expérimentation, qui était initialement affichée, soit en train de s'estomper, voire de disparaître. Il n'en est d'ailleurs plus question dans ce projet de délibération. Il semble que nous rentrons dans un tunnel d'études et de travaux dont on ne sortira au mieux qu'en 2017, au pire en 2019.

Je le dis clairement : nous ne voulons pas attendre jusqu'en 2017 ou pire jusqu'en 2019 pour voir les transformations concrètes sur le terrain. Nous pouvons et nous devons lancer dès 2016 des expérimentations sur les places. Par exemple, place de la Nation, il est prévu de requalifier et apaiser les contre-allées et ainsi d'améliorer la sécurité du carrefour avec l'avenue Philippe Auguste qui, je le rappelle, est un des carrefours les plus accidentogènes de Paris. Dans une logique d'expérimentation, nous pouvons dès maintenant relier par des barriérages temporaires les îlots de la place de part et d'autre de l'avenue de Bouvines et commencer à expérimenter des végétalisations avec les riverains, qui sont dans une attente toute particulière et près à agir. La demande des Parisiens et Parisiennes concernant la végétalisation de l'espace public s'exprime régulièrement. Elle relève souvent d'une ville imaginaire, d?une veille rêvée, d?une ville utopique. C'est une très bonne chose mais se mettre à jardiner dans l'espace public, comme le permet aujourd'hui la végétalisation, c'est tout autre chose. Etre confronté aux souillures, au vandalisme, à la destruction des plantations, aux incivilités peut décourager. Il faut donc s'inscrire dans des temps d'apprentissage, dans des temps d'expérimentation. Utiliser cette période avant l'aménagement définitif des places pour expérimenter, cela veut dire aider les Parisiens à renouer réellement avec les gestes du jardinage, se préparer à faire face aux incivilités, ce qui signifie s'organiser collectivement. Ainsi, si les expérimentations sont bien menées, elles pourront réellement permettre de réajuster les choix d'aménagement, permettre le prolongement de la concertation, permettre de répondre au plus près des besoins et des usages des Parisiens et Parisiennes. Cette flexibilité, cette souplesse est indispensable aujourd'hui pour donner place à de l'appropriation douce par les Parisiens. Si des expérimentations avaient été menées pendant la phase d'aménagement de la place de la République, la place de la végétalisation aurait certainement été plus importante. Notre v?u, "République verte", voté à l'unanimité au Conseil de Paris en novembre 2015, permettra de végétaliser de manière éphémère et expérimentale la place de la République le samedi 21 mai pendant la Fête de la Nature. Cette initiative, dans laquelle s'impliquent les associations, les jardins partagés, les collectifs, donnera un coup d'envoi à la végétalisation expérimentale des places parisiennes. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame. La parole est M. Jean-Noël AQUA, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Jean-Noël AQUA. - Je reviendrai sur le projet de réaménagement des places parisiennes sous l'angle de l'appropriation des places et de la voirie par le vélo. Comme l'ont souligné les différents intervenants de notre groupe, nous soutenons ce projet qui nous invite à repenser la place du piéton sur le territoire parisien. La fonction de la ville a changé comme les attentes de ses habitants. A contrario d'une vision d'un autre siècle basée sur le tout automobile, que l'on entend encore ici dans cette Assemblée, l?aménagement des places contribue à un rééquilibrage de l'urbanisme en faveur des piétons et des lieux de rassemblement. Ce mouvement de rééquilibrage doit aussi concerner les modes de déplacements eux-mêmes. Notre capacité à organiser une cohabitation entre les différents modes est un des grands enjeux de notre mandature. C?est bien sûr l'articulation entre l'automobile et les transports en commun qui est concernée, mais l?essor de la circulation en vélo doit être favorisé par l'aménagement de l'espace public. L'utilisation du vélo, nous le savons, a sensiblement augmenté. Entre 2001 et 2010, le nombre de déplacements en vélo a été multiplié par 2 en Ile-de-France et atteint les 650.000 déplacements sur près de 40 millions quotidiens. La Ville de Paris peut mettre à son crédit une partie non négligeable de cette augmentation puisque la majorité déploie depuis 2001 une politique volontariste en faveur du vélo. On peut citer le réseau Vélib', bien entendu, le soutien à l?achat de vélos mais aussi et de façon indispensable l'aménagement de pistes cyclables et d'infrastructures de stationnement. Toutes les prévisions montrent que cette tendance va s'accentuer. L'usage du vélo pourrait ainsi supplanter celui du bus d'ici 2 ou 3 ans. Sur les plus de 8 millions de déplacements motorisés inférieurs à 5 km, près de 6 millions d'entre eux pourraient être effectués en vélo. Des chiffres qui nous poussent à vouloir davantage accompagner l'utilisation du vélo. Sans tout résoudre, celle-ci réduira de manière significative la pollution sonore et atmosphérique, et participera d?une pratique régulière si ce n?est, je n?oserai pas le mot "sportive", du moins d'exercice physique. Son développement améliorera durablement la qualité de vie des Parisiens et s'inscrit dans la transition écologique de notre ville. Les places visées par le présent projet de délibération sont des points névralgiques de la circulation à Paris, tant pour la voiture que pour les cyclistes. Elles sont souvent aujourd'hui des zones difficiles à traverser, dangereuses, freinant l'usage du vélo. La création et l'organisation d'une circulation cycliste fluide et sécurisée y aura donc toute son importance. C'est pourquoi nous voulons apporter une attention particulière à la traversée cycliste des places et pour cela y mettre les moyens. C'est une raison supplémentaire qui nous incite à dire que le budget de ce projet devra être renforcé pour être à la hauteur des enjeux. L?aménagement des places a un rapport direct avec le Plan vélo 2015-2020 que nous avions voté. Les remarques que nous avions formulées à l'époque, notamment sur la création d'une nouvelle recette pour financer les aménagements dédiés à la pratique du vélo, sont toujours d'actualité. Comme souvent en matière de réduction de la pollution et de transition écologique, nous pensons que les investissements sont insuffisants au regard des besoins. La création d'une recette dédiée aux aménagements cyclistes en Ile-de-France devient toujours plus indispensable et pourrait notamment venir abonder ce projet de réaménagement des places. Nous avions proposé et continuons de proposer d'augmenter la contribution sur les parkings des grandes entreprises pour financer les aménagements liés au vélo. Les changements de notre ville doivent lui permettre de réussir sa transition écologique. Pour la réaliser, il faut des moyens à la hauteur des besoins, je le répète. Les apôtres de la réduction des dépenses publiques sont sur ce sujet encore en complet décalage avec la société et notre économie. L?heure est à l?investissement, et à l?investissement public, qui seul peut permettre de prendre en compte les objectifs écologiques et sociaux à long terme non exclusivement financiers. Le réaménagement des places parisiennes doit nous permettre d'écrire une nouvelle page du volontarisme de l?action publique dans l?intérêt social, économique, écologique et de santé pour toutes et tous. Un environnement de qualité pour tous. Rien n'est trop beau pour le peuple. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur AQUA.

Pour le groupe les Républicains, la parole est à Mme Anne-Constance ONGHENA.

Mme Anne-Constance ONGHENA. - Merci, Monsieur le Maire.

J'ai été tout d'abord très heureuse, avec Jean-Jacques GIANNESINI et Jack-Yves BOHBOT, de voir à l'ordre du jour de notre Conseil ce point inscrit sur le réaménagement de la place des Fêtes, tant je pense et nous pensons, les élus les Républicains, que ce travail de réflexion était une nécessité pour notre quartier afin que les habitants puissent y vivre mieux et profiter davantage des espaces libres.

Mais ce contentement a été de courte durée, le temps de consulter les documents supports du projet de délibération. J'ai cru tout d'abord à un "bug", puis renseignement pris, non. Le dossier est rempli de vide, des parties entières titrées sans une ligne d'explications en-dessous, et cela ne concerne pas que la place des Fêtes, c'est pour tout le document. Il est quand même curieux - vous me permettrez de le souligner -, difficile de se faire une idée complète dans de telles conditions.

Revenons sur la place des Fêtes car c'est bien de cette place qu?il est question aujourd'hui. Le maire du 19e arrondissement l'a rappelé tout à l'heure quand il a pris la parole, la place est très peuplée et on ne peut pas considérer le réaménagement de la place des Fêtes sans prendre en compte le bassin de vie qu'est cette place des Fêtes. C?est ainsi que la concertation qui a été engagée dans le quartier nous est apparue au fil des mois indispensable. Les élus les Républicains ont d'ailleurs été aux côtés de la majorité du 19e arrondissement systématiquement pour voter les différentes délibérations. Lorsque le maire du 19e a proposé de déplacer la médiathèque initialement prévue porte des Lilas sur le site de l?ancien lycée Jean-Quarré, vous nous avez également trouvés à vos côtés, considérant qu'offrir un tel outil à notre quartier était une vraie bonne idée. De la même manière, installer de manière temporaire un projet culturel sur le lieu nous paraissait également très intéressant en termes d'apport pour le quartier, qui a été bien souvent négligé, il ne faut pas avoir peur de le dire. Bref, tout allait bien jusqu'à cet été quand vous-même, Monsieur le Maire, contre toute attente vous avez réquisitionné le lieu pour en faire un centre de regroupement de migrants. Aujourd?hui, ce centre réquisitionné s?est transformé en foyer, offrant des conditions de vie plus acceptables, c'est certain, et la médiathèque s'est transformée en bibliothèque gérée par Emmaüs. Nous sommes bien loin du projet initial. Avec les élus républicains nous serons très vigilants, avec les années qui vont passer, pour vous rappeler vos promesses : une médiathèque sur le site de l'ancien lycée Jean Quarré. Par ailleurs, le réaménagement des sept places, les différents orateurs l'ont rappelé, a pour objectif de réduire la place des circulations motorisées individuelles au profit des cyclistes, des piétons et des bus. Cela a été largement décrit. Il répond, c?est vrai, aux attentes exprimées par les riverains du quartier et notamment sur la sécurité des déplacements. J'attire tout de même votre attention parce qu'il ne faut pas être qu'angélique sur le sujet, la situation particulière de la Place des Fêtes pose des questions. S'il est nécessaire de la réaménager, il ne faut pas oublier que c'est un quartier en proie au trafic de drogue depuis de nombreuses années et il ne faudrait pas que les réaménagements laissent plus de place aux trafiquants pour y exercer leur juteux commerce. Soucieuse de trouver des réponses à ces interrogations légitimes, j'ai cherché dans le document support du projet de délibération, mais je n'ai pas trouvé d'explication sur le sujet. Je me permets d'amener cette thématique à la réflexion. Néanmoins, le réaménagement est un enjeu majeur pour les habitants de la Place des Fêtes. Peu de personnes regretteront la pyramide. Mieux gérer les espaces pour les marchés est indispensable pour tout le monde, commerçants et clients, donc ce projet est plutôt un bon projet pour le quartier. Merci.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - La parole est à Mme OLIVIER.

Mme Annick OLIVIER. - La Place d'Italie est concernée par ce projet de délibération. C?est un point de convergence des grands axes du 13e. Un square se distingue par son relief en creux, et depuis 2005 des contre-allées terre-pleins périphériques ont été réaménagées, offrant de nouvelles circulations.

Cependant, les flux automobiles sont très importants sur la Place d'Italie dont la plus grande partie est dévolue à ce moyen de transport. Le carrefour avec le boulevard Vincent-Auriol manque de visibilité pour les automobilistes et si les cheminements piétons sont relativement aisés au nord de la place, la situation est beaucoup plus délicate au sud, notamment au débouché boulevard Vincent-Auriol, où l'accès à la station de métro nécessite le franchissement des voies de bus, ou encore au niveau des carrefours des avenues de Choisy et d?Italie, où les passages protégés sont très étroits.

Une concertation a été engagée, il y a eu une réunion publique, une réunion sur site, un groupe de travail interconseils de quartiers, des ateliers participatifs et 57 contributions ont été reçues. Ces concertations ont dégagé les principes suivants : désenclaver, redynamiser le jardin central, en renforcer les usages ; faciliter les liaisons et circulations piétonnes et cyclistes ; apaiser les contre-allées et réutiliser les terre-pleins ; intensifier les usages événementiels sur la couronne, notamment sur le parvis de la mairie et du centre commercial. Ce projet de délibération permet de prendre en compte ces attentes. Des équipements d'animation artistique lumineuse en lien avec les parvis et les façades du centre commercial et de la mairie sont intégrés à l?aménagement, c?est un point important. Nous souhaitons, dans le processus de la mise en ?uvre en direct avec les services de la DVD, que ces principes permettent d'aboutir aux projets d?aménagement et se poursuivent en concertation avec les habitants, les associations et le groupe de travail interquartiers dédié à la Place d'Italie. Nous avons également noté qu'en novembre, une équipe pluridisciplinaire composée d?architectes et d?urbanistes-paysagistes sera désignée pour travailler spécifiquement sur la question des usages. Ce travail visant à faire des choix sur le mobilier, les jeux et les équipements de convivialité, ou les dispositifs scéniques doit se faire en concertation avec les habitants, les associations et les conseils de quartier. Nous tenons à saluer ce point. Nous saluons donc une étape nécessaire pour aboutir à un projet important de restructuration des places parisiennes. Ce projet s'inscrit dans un rééquilibrage des usages trop longtemps orientés au profit de la circulation automobile. La Place d'Italie est une bonne illustration - bonne est peut-être un grand mot - est une illustration de ces choix du passé. Le projet porte, lui, une attention à l?ensemble des usagers, qui se sont investis dans cette recréation de nos places et permet la réappropriation par les Parisiens et les visiteurs de Paris. En prenant en compte de nouvelles attentes vis-à-vis d'un espace public plus accueillant aux piétons, notamment aux plus fragiles, aux circulations douces et facilitant l'accès aux transports en commun, nos places doivent redevenir ou devenir pour certaines un lieu où il fait bon de passer, se rassembler, se rencontrer. Nos places pourront enfin retrouver leur rôle structurant dans un espace urbain pour que chacun puisse y trouver sa place individuellement et collectivement.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup. Pour le groupe les Républicains, la parole est à M. Christian SAINT-ETIENNE.

M. Christian SAINT-ETIENNE. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, bonjour. Après la Place de la République en 2016, sept nouvelles places doivent être réaménagées d'ici 2020, avec pour objectif de réduire la place dévolue aux voitures et de rendre l?espace aux piétons et aux cyclistes.

Ce que l'on peut regretter sur ce sujet central, qui a une forte dimension symbolique, c'est l'absence de souffle et le fait que notamment pour la place dont je vais parler, la Place de la Bastille, il n'y ait pas eu d'appel d'offres international et de concours d'architectes permettant de faire de cette place un enjeu symbolique de la rénovation de Paris.

Quand on regarde ce qu?il s'est passé, lors des réunions qui étaient proposées aux habitants, le cadre de rénovation semblait clairement annoncé, on nous disait qu'il y aurait des aménagements légers, en partie réversibles, sobres, dans un esprit de développement durable. En réalité, lors de la restitution du 4 février 2016, on s'est aperçu que le planning qui prévoyait un arbitrage des élus était mis de côté. Dès le 5 mars, Mme HIDALGO annonçait dans la presse qu'elle avait arbitré en faveur du projet de raccordement du bassin de l?arsenal à la Colonne de Juillet. Dans toutes ces évolutions, on regrette qu'il n'y ait pas eu d'analyse fouillée des reports de trafic. Aucune étude d'impact n'a vraiment été réalisée ni aucun test en grandeur réelle. Le projet actuel est loin d'être consensuel dans les 11e, 4e et 12e arrondissements. Fallait-il organiser un événement de lancement, trois réunions publiques, deux ateliers participatifs, trois marches exploratoires et un forum de la démocratie participative pour entériner un projet de la Ville qui était annoncé déjà dès janvier 2014, et sans entendre les remarques pertinentes des riverains ? Nous regrettons que pour cette place absolument centrale de la Bastille, il n'y ait pas eu de grands projets d'architectes, appel d'offres international, et que l'on nous propose un projet non testé qui ne rencontre pas l'adhésion de nos habitants. Merci.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci. Pour le groupe socialiste, la parole est à Mme Nathalie MAQUOI.

Mme Nathalie MAQUOI. - Nous débattons ce matin du réaménagement des sept places parisiennes à partir d?un bilan de concertation mené depuis plusieurs mois. Ces sept places ont chacune leur spécificité, se situent dans des quartiers de Paris différents, mais leur réaménagement s'élabore dans un même contexte où les Parisiennes et les Parisiens aspirent à vivre dans une ville moins polluée et plus conviviale.

Trois idées fortes ont été identifiées lors de la première phase de concertation : une meilleure accessibilité pour les piétons et les cyclistes ; des places qui offrent des multiplicités d?usage ; un espace public davantage végétalisé. Je préfère ce triptyque correspondant plus aux enjeux de notre ville qu?à celui de Mme GALLOIS : identité, patrimoine et paysage.

Rendre les places aux piétons et aux cyclistes constitue le premier objectif du réaménagement. D'une manière générale, la place de la voiture sera limitée et cette redistribution de l'espace va permettre de gagner en moyenne 50 % pour les piétons sur les sept places.

Le vélo est un mode de déplacement de plus en plus prisé. Des pistes protégées, aménagées, sécurisent les cyclistes qui peuvent, quand l'espace s'y prête, circuler dans les zones de rencontre et aires piétonnes, bien sûr en y gardant une priorité pour les piétons. Par exemple, Place Gambetta, 64 % de la surface aujourd'hui est réservée aux circulations automobiles, et seulement 34 % aux piétons.

Rendre l'espace aux piétons et aux cyclistes se traduit en libérant et en agrandissant les terre-pleins, en déplaçant notamment les terminaux de bus à l'arrière de la mairie. Circuler plus facilement autour de la place, mais aussi dans les rues adjacentes entre le cimetière du Père Lachaise et le square Edouard Vaillant est un des objectifs du réaménagement.

Monsieur CONTASSOT, la réflexion entamée pour la Place Gambetta est bien pensée dans son quartier, dans son environnement. Rendre les places aux piétons signifie également désencombrer et repenser les espaces pour redécouvrir ou mettre en valeur le patrimoine. On pense aussi à la maire du 20e, Place Gambetta, au bronze de la Nation. Cela permettra aussi de rendre le déplacement de nombreux piétons plus confortable et d?envisager de nouveaux usages.

En effet, les nouveaux usages se sont fait jour ces dernières années, plus libres, plus inventifs. Pour y répondre, il faut proposer des espaces accueillants où les usagers prennent plaisir à flâner, à se rencontrer, à échanger. Une envie forte de végétaliser les places souvent très minérales, est née de la concertation sous toutes les formes possibles : des arbres, des jardinières, des sols enherbés. Dans ce projet de réaménagement, la concertation a été forte. On est loin du cynisme ou de la concertation bâclée, dénoncée par Mme BERTHOUT. Pour moi, l?exemple de la place des Fêtes est, à ce titre, excellent puisque dès 2012, la mairie du 19e arrondissement a impulsé une forte démarche de co-construction avec les usagers du marché, les habitants, les conseillers de quartier. Je voulais souligner que cette concertation ne s'est pas limitée aux habitants du 19e arrondissement, car les habitants du 20e arrondissement sont nombreux à traverser la rue de Belleville pour profiter de la place des Fêtes. Ils ont d'ailleurs participé à la votation citoyenne de 2014. Je trouve que, dans ce quartier populaire, qui est prioritaire en politique de la ville, les habitants du grand Belleville seront nombreux à profiter de la zone de convivialité qui sera prévue, à avoir des cheminements piétons plus sécurisés, et de profiter au mieux des circulations douces. Merci à M. DAGNAUD et à son équipe d?avoir associé aussi les habitants du 20e arrondissement et de penser cela dans le cadre du grand Belleville. Rendre aussi les places aux piétons signifie être attentif à l'accessibilité des usagers les plus fragiles. C'est, par exemple, les installations d'un fil d?Ariane détectable à la canne. C?est aussi des dispositifs adaptés à toutes les formes de handicap. C?est aussi, par exemple, utiliser les nouvelles technologies pour alimenter les diagnostics urbains. Nous disposons de données précises sur la circulation et les flux piétons sur la place de la Nation grâce à l'équipement expérimental en capteur installé. Le recours au numérique pourrait aussi être intéressant en termes d'informations parce que l?on a une forte demande en termes de patrimoine, au sens large, qui a émergé lors de la concertation, c'est-à-dire à la fois améliorer ses connaissances, améliorer l'histoire et valoriser le patrimoine parisien. Aujourd'hui, la phase de projet du réaménagement s'engage. Elle va permettre aux Parisiens et aux Parisiennes d'affiner les premières propositions, de penser en commun des lieux qu'ils ont en partage, et de révéler et renforcer leur cohésion.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame MAQUOI. Il reste quatre intervenants, tous du groupe les Républicains, pour 16 minutes au total. La parole est à Mme MONTANDON.

Mme Valérie MONTANDON. - Merci, Monsieur le Maire. Nous sommes favorables à l'idée de réaménager et de revaloriser les places de la Bastille et de la Nation. Nous avions, d'ailleurs, porté ce projet de réaménagement dans notre programme de campagne. Un réaménagement, oui, mais pas à n'importe quelle condition. Nous déplorons, tout d'abord, que les informations qui paraissent dans la presse sont souvent plus fournies que celles qui sont communiquées en réunion publique ou encore dans les projets de délibération dont nous débattons aujourd'hui. Nous émettons aussi des points de vigilance parce qu?au fur et à mesure que nous voyons se dessiner des aménagements, au fur et à mesure que les projets s'affinent, il y a toujours des questions primordiales auxquelles la majorité n?est pas capable de nous répondre, que ce soit lors des interpellations des élus ou encore des riverains lors des réunions publiques. Le premier point de vigilance sur lequel je voulais vous interpeller était l'absence d'étude d'impact sur la circulation. J'attire votre attention sur le fait qu'il ne sera pas possible d'avancer sur l'arbitrage politique tant que nous n'aurons pas les résultats d'une étude d'impact sur la circulation. D'ailleurs, quel que soit l?aménagement réalisé, si la congestion automobile n'est pas bien anticipée, si elle n?est pas évitée et si la circulation n?est pas suffisamment fluide, le cadre de vie sera dégradé sur les places. Je parle sous le contrôle de ma voisine, Déborah PAWLIK, élue du 10e arrondissement, car la place de la République, c?est tout de même 24 millions d?euros qui, au final, donnent une place plus minérale, donnent plus d'embouteillages, une pollution sonore, une pollution atmosphérique et, surtout, une mauvaise répartition de l'espace public. Je voulais aussi attirer votre attention sur la gestion des manifestations. Vous n'avez toujours pas de réponse concernant la gestion des manifestations et, pourtant, ces deux places sont souvent le point d'arrivée ou le point de départ de nombreuses manifestations, qu'elles soient culturelles, sportives ou encore sociales. Cela fait maintenant deux ans que nous rappelons l'importance de prendre en amont des dispositions concrètes avec la Préfecture. Cette question est toujours éludée. C?est dommage que je ne vois pas le Préfet, ni le représentant du Préfet, mais j'aurai profité de ce moment pour interpeller sur l'avancée du dossier. Enfin, je voulais aussi attirer votre attention sur l?optimisation de l'intermodalité. Tout d'abord, l?intermodalité peut être améliorée, mais nous n'avons toujours pas non plus d'étude - comme les flux de circulation - sur la gestion des flux des voyageurs qui pourra être améliorée avec un repérage des intermodalités, avec un meilleur confort de cheminement des voyageurs pour une amélioration de leur sécurité, mais aussi améliorer l'accès pour les voyageurs en situation de handicap. Enfin, je conclurai par cette dernière remarque. Nous insistons sur la revalorisation de notre histoire et sur notre patrimoine. Les Parisiens y sont attachés. Ils sont attachés à la symbolique de la place de la Nation et de la place de la Bastille, mais aussi à toutes les références historiques qui ne sont pas assez mises en valeur. Nous voterons positivement ce réaménagement des places de la Nation et de la Bastille. Nous vous faisons part de ces points de vigilance dans un esprit, certes constructif, bienveillant, mais aussi insistant et très attentif aux réponses que vous y apporterez. Merci.

(Mme la Maire de Paris reprend place au fauteuil de la présidence).

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. La parole est à M. TRÉMÈGE, pour le groupe les Républicains.

M. Patrick TRÉMÈGE. - Madame la Maire, merci bien.

Vous avez longtemps évoqué, dans votre propos préliminaire, la concertation.

Pour ce qui concerne la place d'Italie, pardon d'avoir un avis un peu plus mesuré. Il est clair que vous avez organisé un certain nombre de réunions avec les conseils de quartier en leur laissant à penser qu'ils pourraient imaginer une place d'Italie telle qu'ils en rêveraient. Curieusement, par un article du "Journal du dimanche", leur réflexion s'est trouvée brutalement stoppée puisqu'ils ont vu un projet totalement ficelé. Ils s'attendaient, évidemment, à pouvoir à nouveau rencontrer l'agence que vous avez choisie - l'agence "Trait Clair" - pour essayer de voir avec eux comment il était possible de modifier ce qu'ils avaient lu dans le "JDD". Et plus de nouvelles de l'agence "Trait Clair" !

Donc ils se sont imaginés qu'il y aurait un débat en Conseil d'arrondissement dans lequel ils pourraient faire valoir leurs avis. Il se trouve malheureusement, Madame la Maire, que leurs avis divergent considérablement du cadre que vous avez fixé. Je les reprends, si vous me le permettez.

"Largeur de la chaussée réduite à 12 mètres qui va de pair avec l?élargissement du square central, en imaginant qu'il pourrait servir de lieu de tranquillité où les mères pourraient venir y faire jouer leurs enfants". Qui, aujourd'hui, peut considérer que la place d'Italie pourrait, dans son terre-plein central, recueillir un espace d'agrément ? La place est totalement entourée de véhicules. Pour peu, Madame la Maire, que vous élargissiez le terre-plein central, vous allez réduire considérablement la surface de circulation et, par conséquent, vous allez augmenter et aggraver la pollution. Il faut être fou furieux pour imaginer que ce terre-plein central pourrait servir de lieu de tranquillité.

Vous parlez également de la création de nouvelles traversées piétonnes pour accéder plus facilement au square. Mon propos liminaire sur l'accessibilité du square va dans ce sens. Quel intérêt y aurait-il à créer des traversées piétonnes ultra-dangereuses pour aller au sein d?un square qui ne servirait à rien ? Par ailleurs, vous parlez de la tranquillisation et de l'apaisement de la circulation sur les contre-allées. Madame le Maire, nous nous sommes "amusés" - je mets le mot entre guillemets - à comptabiliser les circulations sur ces voies parallèles. Nous avons mesuré, dans une après-midi, sept véhicules par heure. On est loin d'une zone de circulation massive. Il y a là une zone déjà totalement apaisée. Vous indiquez également que vous allez travailler sur des circulations piétonnes qui vont de la mairie au square et du square au centre commercial. Pouvez-vous m'expliquer l'intérêt qu'il y aurait à ces deux traversées piétonnes, alors même que la place d?Italie n?a pas la surface des grandes places dont on a parlé ce matin et que, par ailleurs, une "agréabilisation" de l'entour de la place d'Italie est déjà parfaitement réalisée par de petits jardinets qui sont traversés par des allées piétonnes qui sont surveillées, en excellent état et qui rendent les circulations tout autour de la place extrêmement agréables.

Vous nous proposez, par ailleurs, qu?il y ait une excroissance devant la mairie. Cela supposerait que cette excroissance viendrait au-delà du petit jardinet ou alors est-ce que vous pensez supprimer le jardinet ? Il y a là une incohérence dans la mesure où vous dites que vous allez végétaliser alors même que, sur ce projet-là, il n?y aurait pas la moindre végétalisation. Madame la Maire, la place d?Italie est une place qui mériterait une autre ambition que celle que vous nous avez proposée. Je vais écourter mon propos, compte tenu du temps qui m?est imparti. Il faudrait qu?il y ait d?abord une étude d?impact qui permettra de voir en réalité que le projet que vous réservez à la place d?Italie est totalement impossible à faire. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Monsieur TRÉMÈGE. La parole est à M. de FROMENT, pour le groupe les Républicains.

M. Jean-Baptiste de FROMENT. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, notre débat touche à sa fin et je voudrais vous parler d?une oubliée. J?aimerais même dire de la grande oubliée de votre plan de réaménagement des places de Paris. Cette oubliée, c?est la place de l?Opéra. La place de l?Opéra est sans doute un des trois ou quatre lieux emblématiques de Paris, l?une des images qui symbolise Paris pour les Parisiens et pour le monde entier. Un des trois ou quatre lieux, et donc un de ces trois ou quatre lieux emblématiques, vous n?en faites pas l?un des axes de votre plan qui compte pourtant sept places. C?est d?autant plus étonnant que, comme vous le savez, le Gouvernement a récemment décidé d?inclure la place de l?Opéra dans une nouvelle zone touristique internationale, qui va encore augmenter sans doute le dimanche la fréquentation de cet endroit. Cet endroit, dont, vous le savez, la circulation est quasiment insupportable et qui donc nécessite, plus que bien d?autres places que vous avez sélectionnées dans ce premier plan, dont j?espère qu?il est simplement provisoire, qui nécessite plus que ces autres lieux sans doute un réaménagement et une requalification. C?est d?ailleurs au sujet de cette requalification que, pendant la campagne municipale, nous, candidats dans le 9e arrondissement avec Delphine BÜRKLI, avions fait des propositions fortes, qui nous avaient permis d?être élus. C?est pourquoi nous regrettons d?autant plus qu?elles ne soient pas prises en compte aujourd?hui, comme nous regrettons également un manque de concertation et de consultation sur une autre place qui, elle, figure dans votre plan et qui est la place de la Madeleine, mais qui se situe à grande proximité du 9e arrondissement. Nous aurions aimé, pour cette raison, être consultés, les incidences en termes de circulation, de ce que vous proposez notamment, étant potentiellement non neutres pour le 9e. Madame la Maire, je vous demande très simplement d?être davantage à l?écoute des élus, et notamment des élus du 9e arrondissement, et de revoir votre plan afin d?inclure cette place de l?Opéra, sans laquelle votre plan de réaménagement sera incomplet, amputé d?un élément essentiel. C?est pour cela que je vous redemande, Madame la Maire, de revoir et compléter ce plan. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C?est difficile avec le nombre de bus liés à la zone touristique internationale. Donc il y a des priorités. La parole est à Mme Brigitte KUSTER, pour le groupe les Républicains.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. A l?instant, il était question d?une oubliée dans ce projet de délibération. Je vais vous dire qu?il y a également un manque. Il y a un manque, c?est une des plus grandes places aussi de Paris, c?est la place de la porte Maillot. J?avoue qu?à la lecture de ce projet de délibération, j?ai été pour le moins étonnée de ne pas voir figurer là aussi l?une des plus grandes places emblématiques, puisque c?est une porte, une porte capitale, si je puis dire, sur l?Ouest parisien. Et cette place de la porte Maillot avait déjà fait l?objet d?une étude de requalification sous la précédente mandature. Nous avions eu l?occasion, Madame la Maire, de vous en parler en tête à tête, lors de l?entretien que vous nous avez accordé, d?ailleurs le seul depuis que nous sommes élus, pour parler des projets de nos arrondissements, et vous aviez acquiescé sur ce réaménagement de la place de la porte Maillot.

Cette place de la porte Maillot est d?autant plus emblématique qu?elle est à l?heure actuelle sujette à beaucoup de réaménagements. Le départ, je le précise ici à cette Assemblée, est de faire de cette place une requalification qui prenne en compte l?axe majeur historique de La Défense jusqu?à l?Arc de Triomphe, et qui ferait que, de chaque côté de cette place, auraient lieu des réaménagements sur la partie 16e avec l?extension du jardin, et sur la partie 17e, l?extension du Palais des Congrès.

Mais au-delà même de l?extension du Palais des Congrès, vous n?êtes pas sans savoir que cette place va connaître de grands chambardements en matière, entre autres, de transports puisque l?arrivée du tramway, le prolongement qui était prévu en 2017 porte d?Asnières, arrivera normalement aux alentours de 2020 sur cette place. Je pense même maintenant en 2021 au vu du retard.

Nous avons également l?arrivée du RER E, le prolongement d?Eole, de la gare Saint-Lazare vers La Défense, qui est également prévue à l?horizon 2020- 2021. Alors comment ne pas s?étonner, Madame la Maire, que dans cet aménagement si majeur et si important, vous n?ayez pas pris la peine de l?inscrire aujourd?hui dans le réaménagement des places parisiennes. Je suis d?autant plus inquiète que le comité de la porte Maillot ne s?est pas réuni maintenant depuis des mois, que nous avions déjà connu cela sous la précédente mandature, et il est évidemment hors de question de laisser enterrer ce projet majeur. Ce projet majeur dont je rappelle aussi ici que, dans l?engagement de l?équipe municipale du 17e, il s?inscrit évidemment dans le cadre de la mandature prochaine de la requalification de l?avenue de la Grande-Armée. Vous l?aurez bien compris, il y a une nécessité. J?attends des réponses de l?Exécutif. J?ai été amenée, Madame la Maire, à vous saisir à nouveau par écrit en début d?année. A ce jour, je n?ai donc aucune réponse. C?est pourquoi je souhaitais aujourd?hui m?exprimer dans le cadre de ce projet de délibération. J?insisterai également pour vous dire que, dans les accords qui ont été conclus au niveau des zones touristiques internationales, la porte Maillot en fait partie et que tout ce qui aura lieu sur cette place aura du sens. Enfin, vous n?êtes pas sans savoir que le projet de "Réinventer Paris" connaît deux projets majeurs sur ce site : le long du boulevard Pershing et porte des Ternes, c?est-à-dire à deux encablures de cette porte Maillot, avec l?arrivée de ce si beau projet "Mille arbres" et le projet de ville Multi-strates. C?est donc tout un quartier qui va être en ébullition architecturale et urbanistique. Je vous demande donc, Madame la Maire, de prendre acte dès maintenant de la nécessité d?un comité de pilotage qui soit revu et à nouveau réuni de façon à ce que vous puissiez enfin répondre aux attentes des habitants du 17e et des Parisiens dans leur ensemble car cette place, encore une fois, est un axe majeur et une porte d?entrée importante pour la Capitale. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Bien. Mes chers collègues, après ce débat où certains ont trouvé qu?il ne fallait pas toucher à certaines places mais d?autres en voudraient d?autres, je pense qu?il y a un peu de rationalité dans la démarche qui a été la nôtre. Madame KUSTER, vous avez apporté vous-même les réponses à votre propre question. Il se trouve que c?est un secteur en très, très forte mutation, sur lequel nous devons effectivement remettre à plat l?ensemble des sujets qui convergent pour faire de la porte Maillot un espace nouveau, puisqu?il y a des projets de "Réinventer Paris", des projets de tramway, etc. Vous avez donc vous-même apporté les éléments de réponse à votre question. Tout à l?heure, il y avait un groupe d?élèves dans les tribunes, ce sont des élèves de l?école Wattignies dans le 12e arrondissement. Je crois que c?est d?ailleurs l?école qui se chauffe avec la récupération des eaux des égouts. Tout à l?heure, il y aura un nouveau groupe qui viendra assister en partie à nos travaux. Je vais maintenant donner la parole à Christophe NAJDOVSKI pour répondre à l?ensemble des orateurs de ce débat. Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

Place aux piétons, place aux cyclistes, place aux transports publics, tel est le message que nous ont livré les Parisiens, mais aussi les non-Parisiens à l'occasion de la concertation sur le réaménagement de ces sept places parisiennes.

Comme vous l'avez dit tout à l'heure, ces places aujourd'hui s'apparentent encore souvent à de simples giratoires et nous sommes convaincus qu'elles vont, au contraire, nous dévoiler un nouveau visage.

Dans la lignée du réaménagement de la place de la République réalisé en 2013 et en lien avec d'autres projets de cette mandature tels que le développement et la généralisation des zones 30 en dehors des grands axes ou encore le Plan Vélo et le Plan Piétons, le réaménagement de ces sept places va permettre de reconsidérer l'espace public parisien non plus comme un simple tuyau à voiture, mais comme un espace support de fonctions sociales et de vie sociale.

A ce titre, puisqu'a été évoquée la question de la place de la République, force est de constater aujourd'hui que cette place a été métamorphosée, transformée, que loin d'être un ratage - même si on peut toujours discuter de la question de la végétalisation de la place -, cette place aujourd'hui est un succès. Il suffit de voir tout simplement les usages qui se sont développés sur cette place et la popularité qu'elle a auprès des Parisiens pour se rendre compte que ce réaménagement est un succès.

La concertation a été extrêmement riche comme cela a été dit précédemment. Elle s'est déroulée pendant plus de six mois, voire même pour certaines places comme la place des Fêtes, sur une période beaucoup plus longue encore. Cette concertation, qui a réuni des milliers de Parisiens et non-Parisiens, a été particulière riche et nourrie puisqu'une grande diversité d'acteurs a été amenée à s'exprimer, non seulement les riverains, les usagers parisiens, mais aussi les métropolitains qui travaillent ou étudient à Paris, les visiteurs, les associations, les partenaires institutionnels, bien sûr, que sont la Préfecture de police et la R.A.T.P., mais aussi les experts extérieurs qui ont pu aussi chacun apporter leurs points de vue et leurs éclairages. Nous avons donc pu recueillir une multitude d'avis dont vous avez pu prendre connaissance dans la synthèse qui est annexée à la communication soumise à notre Assemblée. Nous avons voulu aussi à cette occasion - et c'est une première - prendre en compte notamment la question de l'accessibilité dans une optique d'accessibilité universelle. J'étais avec mes collègues Jean-Louis MISSIKA et Bernard JOMIER il y a environ un an sur la place de la Bastille avec la Fédération des aveugles de France qui nous a mis en situation de handicap en nous mettant des bandeaux sur les yeux. Nous avons pu nous rendre compte ainsi des difficultés auxquelles étaient confrontées les personnes non-voyantes et malvoyantes pour se repérer dans l'espace public. Ces projets d'aménagement des sept places ont été pensés dans une logique d'accessibilité universelle pour permettre justement notamment aussi aux non-voyants et aux malvoyants de se repérer dans l'espace public. C'est la raison pour laquelle chacune de ces places intégrera ce que l'on a appelé "un fil d'Ariane" qui permettra aux malvoyants et non-voyants de se guider. Toujours dans la même optique - si j'ose dire, pour utiliser ce terme -, nous pourrons également enrichir la réflexion avec la proposition faite par le groupe Communiste de consacrer la place de la Bastille quartier expérimental pour la vision, avec un amendement que propose l'Exécutif, qui précise le périmètre, à savoir la place de la Bastille et en intégrant le centre hospitalier international d'ophtalmologie des Quinze-Vingts. La réflexion sur les places, c'est aussi la prise en compte des usages pour les diversifier, les intensifier, mais aussi mieux adapter les aménagements aux évolutions des modes de vie. Ce qui s'est dégagé notamment pendant cette concertation, c'étaient des orientations très claires, à savoir tout d'abord : redonner de l'espace aux piétons en réduisant l'emprise de la voiture. Nous allons gagner, en moyenne, sur ces sept places parisiennes 50 % d'espace supplémentaire pour les piétons et les circulations douces.

Ce sont, comme l'a signalé notre collègue Catherine BARATTI-ELBAZ, des traversées piétonnes qui vont être réduites, notamment place de la Nation où aujourd'hui, on a une traversée piétonne qui fait 26 mètres de long et qui fait que le square central n'est pas accessible à un certain nombre de personnes. Je pense notamment aux personnes en fauteuil ou à mobilité réduite qui, du fait de la longueur de la traversée, sont aujourd'hui clairement dissuadées d'accéder à cet espace. La logique d'accessibilité universelle que j'évoquais à l'instant vaut aussi pour la question des traversées piétonnes. La règle est de faire en sorte que l'on n'ait plus ces grands giratoires mais, au contraire, des espaces accessibles aussi bien place de la Nation, place d'Italie que la Colonne de Juillet qui sera aussi rendue accessible. C'est aussi, bien évidemment, la volonté et l'objectif d'apaiser l'espace public en proposant dès que possible des contre-allées piétonnes ou à priorité piétonne pour ce qui est des zones de rencontre. Bien évidemment, toutes les places verront la vitesse maximale limitée à 30 kilomètres. Il s'agit aussi, à travers ce programme d'aménagement, de sécuriser les déplacements à vélo, tant aujourd'hui les places constituent des discontinuités et des ruptures dans les cheminements cyclables qui dissuadent bon nombre de Parisiens de pouvoir se déplacer à vélo. Nous avons d'ailleurs travaillé, à l'occasion d'un Comité vélo dédié au projet des sept places, pour que chacune d'entre elles soit analysée et de manière à ce que les modalités d'insertion d'aménagements vélos soient débattues et qu'ils soient de qualité sur ces places. Evidemment, nous proposons aussi - c'est le travail que nous avons mené conjointement, avec ma collègue Pénélope KOMITÈS - de végétaliser ces espaces publics en intégrant la dimension de l'eau qui s'articule également avec la stratégie d'adaptation au changement climatique. Sur ce point, l'Exécutif pourra d'ailleurs répondre favorablement à la proposition du groupe Radical de Gauche de rétablir la présence de l'eau sur la place de la Nation, avec un amendement au v?u que vous avez proposé, au niveau du jardin central, pour mettre en valeur la statue du Triomphe de la République. Tout ceci se fera en étudiant les contraintes liées à la présence des réseaux R.A.T.P. souterrains. La présence de l'eau et de la végétation, c'est aussi pour lutter contre les îlots de chaleur et ce qu'évoquait également notre collègue Aurélie SOLANS sur ces questions. Nous restons vigilants aussi en lien avec la R.A.T.P. pour que ces aménagements viennent optimiser la desserte en bus, pour que l'intermodalité avec le réseau du métro soit encore améliorée. Un travail aussi est mené sur la question de l'éclairage public en lien avec le Plan Nuit...

Mme LA MAIRE DE PARIS. - S'il vous plaît, encore un peu de concentration sur les réponses de l'Exécutif.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - ? et le marché de performance énergétique. Dans cette perspective, nous sommes favorables aux deux v?ux qui portent sur cette question : le v?u de Mme BERTHOUT qui concerne la place du Panthéon et le v?u du groupe Radical de Gauche, de manière à ce que soit étudié pour chaque projet un plan d'éclairage qui offrira une ambiance nocturne de qualité. Pour ce qui est de la place du Panthéon, je voudrais répondre à Mme BERTHOUT, qui visiblement est une nostalgique du stationnement, qu'il n'y a qu'elle qui visiblement pense que c'est un élément qui aujourd'hui met en valeur la place du Panthéon. Aujourd'hui, bienheureusement, il n'y a plus de stationnement sur la place de l'Hôtel de Ville, il n'y a plus de stationnement sur la place Vendôme, il n'y a plus de stationnement dans la Cour carré du Louvre, ce qui était le cas encore à une époque. Le moins que l'on puisse est que ce stationnement ne mettait pas en valeur les monuments dans lesquels ils s'inséraient. Au contraire, le fait de dégager la place du Panthéon du stationnement automobile sera un élément de mise en valeur de cette place emblématique de Paris. Je ne pourrai malheureusement pas répondre à toutes les questions, mais pour notamment me concentrer sur la question des v?ux qui ont été déposés par les différents groupes de notre Conseil, nous répondrons favorablement, avec ma collègue Catherine VIEU-CHARIER, à la proposition du groupe Communiste - Front de Gauche pour rendre hommage aux événements du 14 juillet 1953 sur la place de la Nation. Nous aurons aussi un travail, comme le fait ma collègue Catherine VIEU-CHARIER, pour ce qui est de la Colonne de Juillet puisqu'elle travaille à ce qu'elle puisse être ouverte au public, même si ce sera pour de petits groupes. Le travail de réaménagement de la place de la Bastille ira de pair avec le fait de pouvoir rendre aux Parisiens non seulement cet espace emblématique, mais aussi le monument et de le mettre en valeur dans le cadre historique et patrimonial qui lui convient. Un mot concernant la place d'Italie puisqu'un certain nombre de préoccupations qui ont été exprimées par Mme GALLOIS et par M. CONTASSOT concernent le carrefour du boulevard Vincent Auriol avec la place d'Italie. Ce carrefour est aujourd'hui bien identifié comme devant être, lui aussi, réaménagé. C'est la raison pour laquelle nous proposons un v?u de l'Exécutif pour que ce carrefour fasse l'objet d'une étude qui vise à reconfigurer le débouché du boulevard Vincent Auriol en créant un parvis piétons unifié, avec une intervention qui sera légère et pas nécessairement trop coûteuse, mais qui permettra d'améliorer le cheminement des piétons. Voilà pour les réponses que je peux apporter aux différents v?ux. Je voudrais également remercier le travail remarquable de l'équipe projet qui a beaucoup travaillé ces derniers mois sur ces questions, la Direction de la Voirie et des Déplacements, le Direction des Espaces verts et de l'Environnement, l'Atelier parisien, la mission "Pavex" du Secrétariat général. Je voudrais remercier aussi la Préfecture de police pour le travail conjoint que nous menons sur les aspects de circulation autour des places, et notamment sur la place de la Bastille. Je voudrais quand même répondre à ceux qui ont exprimé des préoccupations sur les questions de circulation. Bien évidemment, ces questions font partie intégrante de celles que nous nous posons. Simplement, quand on laisse 12 mètres de traversées et de chaussées, comme c?est le cas place de la Nation ou place d?Italie, cela correspond malgré tout à quatre files de circulation automobile et donc, je ne pense pas que cela soit un élément de congestion majeure. Et cela permettra, tout en gardant une circulation automobile, de redonner de l?espace aux piétons dans le cadre du réaménagement de ces places. Donc merci notamment à tous ceux que j?ai cités pour le travail remarquable qui a été effectué, et vous dire peut-être, en quelques mots, en guise de conclusion, que la majorité de nos places parisiennes a été créée au XIXe siècle. Elles ont souvent été envahies par l?automobile au XXe siècle, et nous devons désormais penser la ville du XXIe siècle, qui donne la priorité à la qualité de l?espace public et aux fonctions sociales qu?il peut supporter, qui donne la priorité aussi au premier mode de déplacement que constitue la marche, qui privilégie aussi les déplacements à vélo, qui privilégie l?intermodalité avec les transports publics et qui fait surtout de nos places des lieux de vie où se fabrique la ville et la vie de nos quartiers. Et à n?en pas douter, ce projet, Madame la Maire, que vous portez, fera date tant il changera positivement la physionomie de notre Capitale. Nos places sont des points de convergence au carrefour de la vie urbaine et avec ce projet, elles deviendront, comme vous le disiez, Madame la Maire, des biens communs emblématiques de l?alchimie parisienne entre les générations, les communautés, les parcours, les caractères et les compétences. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C?est moi qui vous remercie, cher Christophe, pour le travail, le travail de toutes nos équipes, de vos équipes, votre travail précisément aussi sur ce projet majeur. Nous allons maintenant procéder au vote des v?ux rattachés à la communication DVD 68. Rappel au règlement.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Oh oui, brandissez le règlement. Je vous donne la parole même si vous ne brandissez pas le règlement, vous savez, Madame la Présidente du groupe les Républicains.

Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. - Je le brandis quand même, parce qu?il s?agit d?un rappel au règlement sur la base de l?article 4, puisque vous nous demandez de voter d?un seul bloc le réaménagement de sept places. Si les principes généraux peuvent être consensuels, leur déclinaison, pour chaque place, donne lieu à une appréciation différente, comme l?a montré d?ailleurs le débat que l?on vient d?avoir. Il serait donc normal que notre Assemblée puisse se prononcer place par place.

On vous a écrit en ce sens pour demander une nouvelle rédaction du projet délibéré qui permettrait un vote différencié, comme d?ailleurs le prévoit le règlement intérieur, et malheureusement, vous refusez ce droit élémentaire à la démocratie représentative ; pis, votre directeur de cabinet nous a répondu que nous devions déjà être satisfaits qu?un projet de délibération soit soumis au vote. On se demande s?il ne faudrait pas vous rappeler qu?un maire n?est que l?organe exécutif d?une assemblée délibérante. Bref, dans ces conditions, nous ne prendrons pas part au vote. Nous ne pouvons pas différencier notre soutien a priori favorable au projet des places Gambetta, des Fêtes, Bastille, Nation, Madeleine et notre opposition résolue aux scénarii présentés pour les places du Panthéon et d?Italie. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Un maire reste un maire ! Mais je donne la parole à Mao PENINOU pour répondre sur ce point de règlement.

M. Mao PENINOU, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Madame la Présidente, vous savez que des votes différenciés peuvent être organisés article par article, comme l?indique le règlement intérieur, lorsqu?il y a des articles différenciés. Comme vous l?avez constaté, ce n?est pas le cas de ce projet de délibération, qui est un projet de délibération cadre. Vous aviez en effet formulé cette demande lors de la conférence des présidents. Nous ne pouvions pas modifier le projet de délibération, c?est pourquoi nous vous avions suggéré d'agir soit par voie d?amendement, soit par voie de v?u, différenciant les places comme vous le souhaitiez, ce que vous n?avez pas souhaité faire. Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Mais j?ai pris bonne note de votre position concernant le vote. Bien.