Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Mars 2016
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

Vœu déposé par le groupe les Républicains relatif aux travaux de réfection de la cour de l'église Saint-Jacques-du-Haut-Pas (5e).

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DLH 72 et au v?u référencé n° 33 qui y est rattaché. Il s'agit, au 252, rue Saint-Jacques dans le 5e arrondissement, de travaux de ravalement des façades. La parole est à Mme Dominique STOPPA-LYONNET, pour trois minutes.

Mme Dominique STOPPA-LYONNET. - Monsieur le Maire, chers collègues, il s'agit d'un v?u présenté par Florence BERTHOUT et les élus du groupe les Républicains, qui est donc rattaché au projet de délibération 2016 DLH 72, qui concerne les travaux de ravalement des façades et de restauration de couverture de l'église Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Ce v?u a pour considérant le projet de délibération 2016 DAC 507 relatif au classement au titre des Monuments historiques, de l'église Saint-Jacques du Haut-Pas.

Considérant l'état dégradé de la cour du presbytère, qui pourtant a beaucoup de charme, et mène à la salle dite de Compostelle qui accueillait les pèlerins ;

Considérant l'état dégradé de cette cour qui aujourd'hui a des pavés qui entraînent de nombreuses chutes de personnes ;

Considérant l'état de vétusté du mur mitoyen entre la cour du presbytère et l'école élémentaire adjacente, située 250 bis, rue Saint-Jacques ; Considérant enfin que des travaux de réfection de la cour et du mur mitoyen sont rendus nécessaires pour des raisons de préservation du patrimoine et de sécurité des personnes, sur la proposition de Florence BERTHOUT, nous souhaitons que des travaux de réfection de la cour du presbytère de l'église Saint-Jacques-du-Haut-Pas et des travaux de reprise du mur mitoyen entre la cour du presbytère et l'école élémentaire rue Saint-Jacques soient entrepris à l'occasion précisément des travaux de ravalement de cette église. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - M. BROSSAT a la parole.

M. Ian BROSSAT, adjoint. - Monsieur le Maire, chers collègues, le v?u proposé par Florence BERTHOUT et le groupe les Républicains est relatif aux travaux de réfection de l'église Saint-Jacques-du-Haut-Pas dans le 5e arrondissement. Il demande la mise en ?uvre et le financement de travaux sur la cour du presbytère et le mur mitoyen du 250 bis, rue Saint-Jacques. Des travaux sont actuellement prévus pour résoudre les problèmes prioritaires de vétusté, à hauteur de 200.000 euros par an. Ils concernent le ravalement des façades et la restauration de couvertures des deux bâtiments du presbytère situé au 252, rue Saint-Jacques. Ces travaux ont été jugés prioritaires. A l'inverse, la cour du presbytère n'apparaît pas prioritaire, puisqu?elle ne comporte pas d'éléments nuisant à la sécurité des personnes ou à l'intégrité du site. Nous avons néanmoins connaissance du caractère irrégulier des pavés et de l'état de la cour, les travaux seront utiles, mais dans un calendrier différé de celui des travaux de mise en sécurité. Je signale aussi que l'enveloppe financière actuellement prévue serait insuffisante pour y intégrer la cour. Le mur mitoyen est sujet à des infiltrations importantes, son état ne remet cependant pas en question la sécurité du site. Il n'est donc pas prévu de l'intégrer aux travaux. Je tiens à rappeler, par contre, que ce mur mitoyen fait l'objet d'un projet de la DPA avec l'installation d'un mur végétalisé et d'un ravalement de la face intérieure. Je ne doute pas que ces éléments seront de nature à répondre aux demandes formulées par ce v?u. J'y émets donc un avis défavorable, mais croyez bien que nous sommes très attentifs à ce dossier ainsi que je viens de vous l'expliquer.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe les Républicains, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Absentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 72.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DLH 72). 2016 DLH 80 - Allée des Fortifications (16e). Prêt garanti par la Ville (4.092.000 euros) demandé par l?association "Aurore". V?u déposé par le Groupe Ecologiste de Paris relatif à l'ouverture d'autres centres et à la stratégie métropolitaine. V?u déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche relatif au rééquilibrage territorial de l'offre.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DLH 80, qui va réunir 13 intervenants, pour 200 places d'hébergement. Ce qui je dois dire, à mon avis, constitue un record comme ratio dans notre Conseil. Je vais donner la parole à Hervé BÉGUÉ, Marie ATALLAH, Claude GOASGUEN, Julie BOILLOT, Pierre GABORIAU, Jean-Noël AQUA, Danielle SIMONNET, Nicolas BONNET-OULALDJ, Ann-Katrin JÉGO, Éric HÉLARD, Yves CONTASSOT, Thomas LAURET, Rémi FÉRAUD et Anne SOUYRIS. Monsieur Hervé BÉGUÉ, vous avez la parole.

M. Hervé BÉGUÉ. - Monsieur le Maire, chers collègues, ce projet de délibération si courant, si commun dans notre Assemblée, une garantie d'emprunt pour une association qui va porter un projet de centre d'hébergement, aurait pu ou aurait dû passer inaperçu.

Tel n'a pas été le cas, et ce projet est devenu un point d'achoppement parmi une partie de la population parisienne, qui pense que l'occupation du bois de Boulogne est possible quand il s'agit du "Polo" ou de la restauration de luxe, mais pas pour ouvrir un centre à celles et ceux d'entre nous qui n'ont pas un toit sur la tête.

Car c'est bien de cela qu?il s'agit. Nous avons soutenu avec ferveur le projet de Dominique VERSINI sur la grande précarité comme grande cause de la mandature, mais en fait, certains sur ces bancs considèrent que la solidarité doit s'arrêter à la frontière de l?Ouest parisien. Eh bien non.

Mesdames et Messieurs du groupe les Républicains, il ne doit pas y avoir de zone de non-droit. Et en l?espèce, ce projet est un projet qui va améliorer la situation de centaines de personnes qui vivent dans la précarité. C?est pour cela que nous le soutenons.

Tenez, dans un autre registre, celui de la radicalisation, comme on le dit communément, accepteriez-vous sur votre territoire du 16e arrondissement un centre qui rassemble ces personnes radicalisées, alors que vous en exigez la multiplication sur les bancs de l?Assemblée nationale ? Je suis certain que vous trouveriez toutes les raisons du monde à ne pas les accueillir. Vous n?êtes pas à une contradiction près.

Il était de tradition dans la campagne d?où je viens de parler de charité. Et en ces jours de Pâques, ne réservait-on pas une assiette pour le pauvre ou le mendiant qui pouvait venir toquer à la porte ? Avec vous, même cette charité chrétienne n?a plus sa place dans le beau 16e arrondissement. C?est regrettable.

Je préfère me souvenir de Monseigneur Myriel qui ment aux gendarmes quand Jean Valjean lui vole les chandeliers, ou des pages de "Germinal" quand la femme du propriétaire des mines offre de la brioche aux enfants de la Maheude. Il y avait du paternalisme dans tout cela, et surtout une volonté de ne pas changer l?ordre établi. Chacun a sa place, mais au moins il y avait quelques élans de générosité dus au sentiment de culpabilité. Au XIXe siècle, les riches pouvaient parfois se sentir coupables, pour ne pas dire pécheurs, quand ils n?aidaient pas leurs prochains. La charité était une vertu. Désormais, le cynisme et la froideur du coffre-fort ont remplacé la nécessaire solidarité dans une société où 1 % des riches possèdent autant que les 99 % restants.

Alors, s?il ne vous reste que cela, écoutez un communiste à la Peppone qui demande que vous soyez plus près d?un Don Camillo que de Margaret Thatcher. "La bourgeoisie a noyé les frissons sacrés de l?extase religieuse, de l?enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste." Ainsi s?exprimait Marx dans "Le manifeste" et, comme on dit chez moi : à vous écouter, il n?a pas tort. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à Mme Marie ATALLAH.

Mme Marie ATALLAH. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, tout d?abord, nous souhaitons rappeler ici qu?en décembre dernier notre Assemblée a adopté, après un long débat, un projet de délibération validant l?installation de ce centre d?hébergement dans le 16e arrondissement.

Nous étions intervenus pour exprimer notre entière satisfaction de pouvoir enfin voir ouvrir ce premier centre d?hébergement dans ce secteur de l?Ouest de la Capitale. Aujourd?hui, notre soutien à ce projet est intact et nous voulons dire haut et fort notre stupéfaction et indignation face à l?attitude choquante du maire du 16e arrondissement. Au lieu d?assurer son rôle de maire facilitant le débat démocratique dans les conditions les plus sereines sur un projet adopté par notre Assemblée, le maire du 16e arrondissement a préféré favoriser la perturbation d?une réunion publique par l?agitation de certains groupes d?habitants hostiles au projet et la tenue de propos injurieux et insultants envers des représentants de l?Etat et de la Ville, entraînant ainsi la suspension de cette réunion. Comment ne pas être choqué par cette hostilité contre un simple centre d?hébergement éphémère, de très haute qualité, ayant pour simple but d?offrir un toit à des personnes démunies et des familles avec enfants mineurs sans domicile fixe ? Eh bien, les élus écologistes expriment leur totale solidarité envers toutes les personnes malmenées ce soir-là. Maintenant, après le choc, retour aux raisons pour lesquelles nous sommes particulièrement mobilisés sur ce projet. La réalisation de places d?hébergement d?urgence dans le 16e arrondissement s?inscrit dans un objectif que nous soutenons très fortement. Une démarche de rééquilibrage territorial de notre offre d?hébergement, cantonnée pendant trop longtemps aux arrondissements de l?Est parisien, est pour nous une nécessité pour Paris et pour tous les Parisiens. Nous rappelons que le 16e arrondissement ne dispose que de 18 places d?hébergement contre 9.700 places à Paris. S?ajoute à cela que la réalisation de ce centre d?hébergement est pour nous un devoir de solidarité et de responsabilité, quand on connaît l?ampleur de la demande de notre territoire, une demande certes amplifiée par la crise des migrations, mais surtout due à un déficit chronique en termes de places d?hébergement disponibles.

Le président du Samu social parisien a annoncé qu?en 2015 le taux de demandes non satisfaites a augmenté de 28 %, à cause de la saturation des dispositifs existants, mais aussi du besoin de créer de nouvelles places adaptées à la diversité des publics sans domicile fixe qui vivent ou arrivent à Paris.

D?autre part, face à la stigmatisation scandaleuse des migrants par le maire du 16e arrondissement, nous réaffirmons ici que les élus écologistes restent mobilisés plus que jamais aux côtés de la Maire, pour avancer dans la démarche entreprise, il y a maintenant plus d?un an, afin de répondre au défi de l?accueil des migrants dans notre ville.

Nous le répétons aujourd?hui pour dire non à M. GOASGUEN, il n?y a pas de bons et de mauvais sans domicile fixe ou réfugiés : il y a des femmes, des hommes et des enfants qui ne demandent qu?à être protégés, souhaitant avoir un toit pour y vivre en sécurité et pour entreprendre des démarches d?insertion sociale et professionnelles, dans le respect des lois et des valeurs de la République. L?entre-soi, défendu par certains habitants du 16e arrondissement, ne doit pas stopper notre politique d?accueil et d?accompagnement des plus précaires.

Face à la saturation du Samu social, face à un Etat qui ne tient pas convenablement son rôle, et face à une Union européenne qui brade les êtres humains dans son partenariat avec la Turquie, Paris ne doit pas reculer et doit rester déterminée dans la construction de sa ville solidaire et inclusive de demain.

Faut-il rappeler que notre politique envers les SDF et les migrants est largement approuvée par de très nombreux Parisiens et Parisiennes, qui sont fortement mobilisés, voire impliqués dans des actions concrètes en faveur de l?insertion des migrants dans notre ville. La pétition "Oui au centre d?hébergement pour SDF dans le bois de Boulogne", lancée par une jeune étudiante, qui a été choquée par ce qui s?est passé lors de la réunion publique du 14 mars, a déjà recueilli 50.000 signataires. Enfin comment ne pas rappeler le choix de l?association "Aurore", gestionnaire de ce centre d?hébergement ? Nous sommes certains qu?elle est à la hauteur de la responsabilité de la mission qui lui est confiée et doit convaincre les plus réfractaires. Il s?agit d?une association nationale, bien connue pour son expérience et ses compétences, et surtout pour son sérieux dans ce domaine. Je terminerai par un v?u, qui réaffirme bien sûr notre soutien à l?ouverture de ce centre d?hébergement dans le 16e arrondissement dans les plus brefs délais. Et pour avancer encore plus vers une politique d?offre d?hébergement plus structurée et plus adaptée aux besoins de notre territoire, nous proposons que d?autres centres d?hébergement soient ouverts dans les arrondissements du Centre et de l?Ouest parisien pour accueillir des migrants, que Paris soit dotée d?un schéma directeur de l?hébergement, en y associant l?ensemble des acteurs concernés, qu?un bilan des places d?hébergement réalisées et à venir soit communiqué au Conseil de Paris rapidement et qu?une communication ait lieu annuellement. Enfin, que la Métropole se saisisse de cette question d?offre d?hébergement en vue d?une stratégie cohérente de répartition des centres d?hébergement sur le territoire relevant de la compétence métropolitaine. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Nous sommes dans un débat long donc j?appelle vraiment les orateurs à respecter le temps de parole maximum. La parole est à M. Claude GOASGUEN.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. - Je vais être très rapide. Simplement pour dire au départ que je ne suis pas l?organisateur de cette réunion qui a mal tourné, puisque c?est la Mairie de Paris et la Préfecture qui l?ont organisée.

En ce qui me concerne, je n?ai pas participé aux vociférations et j?ai essayé de les calmer. Mais très franchement, je n?y suis pour rien. L?amalgame que vous faites entre celles des personnes qui étaient dans cette réunion, qui hurlaient à tour de bras, et les élus est tout à fait inadmissible et incorrect.

D?ailleurs, je l?ai dit à plusieurs reprises, je regrette une situation qui n?a servi à personne, ni à vous, ni à nous, et qui a donné une image de la politique tout à fait regrettable. Ceci étant dit définitivement, je pense que vous avez eu une très bonne idée de parler d?un schéma directeur des centres d?hébergement et j?y suis très favorable. A condition évidemment que nous puissions y participer chacun dans notre entité. Je dois dire que si ce schéma avait été fait un peu plus tôt, nous aurions eu certainement moins de difficultés dans le 16e arrondissement, car je le dis et le répète : ce problème du centre d'hébergement n'est pas sur le centre d'hébergement. Il est sur la situation que nous refusons et que les riverains refusent, à juste titre, de construire un centre d'hébergement dans ce que nous considérons, avec la loi, comme un territoire inconstructible. C'est cela et ce n'est que cela. Alors, évidemment, vous vous plaignez qu'il y ait des recours. Et c'est vrai que les recours dans le 16e arrondissement sont plus nombreux que dans d'autres arrondissements. Oui, mais personne ne peut interdire aux individus et aux associations de faire des recours. Le seul qui ne peut pas les faire, c'est moi d'ailleurs, parce que je n'ai pas la personnalité morale en tant que maire d'arrondissement, et vous le savez très bien. Par conséquent, sauf à revoir le Code dans ce domaine et tout le droit administratif, vous n'interdirez jamais à des riverains qui ne sont pas contents de se porter devant les tribunaux, de la même manière que d'autres arrondissements manifestent leur désaccord d'une autre manière. Mais, encore une fois, ce n'est pas la peine de vous énerver. Il y a beaucoup d'avocats et beaucoup d'architectes. Les avocats et les architectes sont des métiers aussi honorables que les autres. Ils ont droit de se défendre et, par conséquent, la situation du centre d'hébergement aujourd'hui est devant les tribunaux. Si elle est devant les tribunaux, c'est qu'ils ont la possibilité d'ester devant les tribunaux, tribunaux administratifs et tribunaux judiciaires. Tout le reste n'est, en réalité, que de la petite politique. Vous avez voulu sur cette affaire, qui concerne le bois de Boulogne et les associations, faire un procès politique à l'ensemble d'un arrondissement. Je tiens à vous dire que, d'abord, je ne trouve pas cela très correct d'amalgamer 170.000 personnes dans une manifestation où il y avait 2.000 personnes. Je trouve que les généralisations sur le 16e arrondissement sont inutiles. Il y a des gens qui sont d'un certain bord et d'autres qui sont d'autres bords tout aussi estimables. Franchement, je ne crois pas que le 16e arrondissement soit un arrondissement qui déteste la solidarité, avec les mots gargantuesques qui ont été les vôtres lorsque vous parlez de cet arrondissement terrible où les gens sont enfermés dans un ghetto de riches. Non, franchement, de ce point de vue, la solidarité n'est pas que l'affaire de la Municipalité. Vous ne voulez pas le considérer. Cela étant, j'admets tout à fait l'idée d'un centre d'hébergement, ou de plusieurs, si nous avons la possibilité d'en discuter. Je vous remercie, enfin, de m'écouter. Au moins, cela n'aura pas été inutile que je parle ce soir. Vous savez, le social n'appartient pas qu'à la Municipalité et au droit public. Très franchement, si vous regardez la carte du 16e arrondissement, vous verrez que nous avons été très souvent en avance sur les centres sociaux. Evidemment, ce sont souvent des centres sociaux paroissiaux. Ce sont les Orphelins d'Auteuil. Ce sont des établissements qui s'occupent des handicapés. Ce sont divers établissements. J'en ai donné la liste, elle est assez fournie. Ils ont le bénéfice de l'antériorité, car nous avons été les premiers à créer ces établissements, avec la naissance des chrétiens sociaux de la fin du XIXe siècle. Nous la maintenons. Franchement, même si les chrétiens vous paraissent désormais être d'une autre engeance que celle que vous considériez au XIXe siècle, je vous assure que sur la solidarité, les bénévoles du 16e arrondissement sont très nombreux dans les centres sociaux et que j'en suis très fier. Accuser le maire, c'est normal, c'est la vie politique. Vous pouvez lui faire porter tous les défauts. Les péchés capitaux, je les assume et je saurai me défendre. Mais n'accusez pas le 16e arrondissement d'un quelconque comportement qui serait générateur, qui serait absurde et qui serait contraire à la réalité des choses. Voilà tout ce que je voulais dire. Vous voyez que j'ai été assez rapide, Monsieur le Maire.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Cinq minutes, Monsieur le Maire. Vous aviez cinq minutes et vous les avez prises ! La parole est à Mme Julie BOILLOT.

Mme Julie BOILLOT. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, sur ce dossier d'implantation du centre d'hébergement d'urgence dans le bois de Boulogne - je ne fais que respecter l'état d'esprit de notre maire, des élus et des habitants, de la plus grande majorité des habitants de l?arrondissement - la seule question qui nous occupe et que vous occultez grossièrement est : est-ce que le bois de Boulogne peut recevoir légalement cette structure ?

La localisation du Centre est notre seule et unique objection. Vous avez beau répéter dans les médias que le 16e arrondissement est égoïste, renfermé, caricaturer notre arrondissement comme un ghetto de riches, répéter à l'envi que notre opposition réside dans la volonté de l'entre-soi. La vérité n'en reste pas néanmoins ailleurs.

Nous croyons à un bois de Boulogne territoire sanctuarisé et défendons de manière constante depuis des années cette position, en nous appuyant sur des textes légaux. Le Bois de Boulogne est un site classé au titre des Monuments historiques par un décret de 1957.

Je sais bien que pour vous et la Préfète BROCAS, cela n'a que peu d'importance. D'ailleurs, elle a tenu des propos lors de la réunion publique de Dauphine qui ont laissé sans voix la salle. Je la cite : "67 % du territoire parisien est classé, mais cela ne doit en rien limiter les projets jugés nécessaires". Autant dire que tout est possible : des immeubles sur le Champ-de-Mars, une déchetterie dans les Tuileries, et j'en passe. Car, oui, tout se justifie. La nécessité d'un jour n?est pas celle du lendemain et pourtant les dommages sont irréversibles sur notre patrimoine.

Alors, oui, nous considérons que le bois de Boulogne est intouchable au titre de son classement. Votre argument d'amoindrir l'impact du projet parce qu?il est dans l'allée des Fortifications, donc en lisière du bois, n'est pas recevable. Vous vous attaquez purement et simplement à l'intégrité du bois. C'est un fait. Vous le faites malgré la clarté des textes qui ne peuvent souffrir d'aucune interprétation.

En 2009, le rapport BRODOVITCH - du nom de son auteur, excusez du peu, architecte des Bâtiments de France, Inspecteur général, enseignant de la Cité de l'architecture et du patrimoine - rapport qu'il a rendu pour le compte de la mission relative à la gestion des sites classés du bois de Boulogne et du bois de Vincennes, énonce que les sites classés des bois ne peuvent être considérés comme des réserves foncières pouvant accueillir les équipements sportifs, de loisirs ou de logements provisoires nécessaires à la Ville ou à l'Etat.

Ce point avait d'ailleurs été déjà consigné dans la charte du bois de Boulogne signée en avril 2003 par les Maires de Paris et des communes riveraines et qui dispose que cet espace naturel n'a pas vocation à servir de réserve foncière pour des projets qui ne sont pas en rapport avec la qualité de ces territoires et qui ne concernent qu'un nombre restreint d'usagers. Les engagements des prédécesseurs de la Maire ne semblent pas pour autant la concerner.

Enfin, au titre du Plan local d'urbanisme, le bois de Boulogne est un site classé zone verte urbaine, c'est-à-dire non constructible pour du logement ou de l'hébergement. Malgré cela, force est de constater que ces dernières années les entorses à ces principes de protection se sont multipliées. La Ville de Paris s'est servi du bois de Boulogne comme d'une zone d'entrepôt pour tout ce qu'elle n'arrivait pas à installer intramuros.

Quelques exemples récents. Été 2014 : installation d'un chapiteau-restaurant-cabaret sur la pelouse de Saint-Cloud. Novembre, décembre 2015 : installation du Cirque du Soleil sur la pelouse de Bagatelle. Toujours dans cette période : stationnement des logements des forains du marché de Noël des Champs-Elysées entre le Lac Inférieur et la pelouse de La Muette. Depuis quelques semaines, nous avons le lancement des travaux de l'aire d'accueil des gens du voyage entre l?étang des Tribunes et l?étang de Boulogne près de l'hippodrome de Longchamp. Enfin, de manière pérenne maintenant, d'août à octobre, nous avons la désormais traditionnelle fête à Neu-neu sur la pelouse de La Muette.

Le projet d'installation du centre d'hébergement d'urgence est un pas supplémentaire vers la banalisation de l'usage du bois. Pour nous, c'est un casus belli. Nous vous avons formulé au moins trois autres lieux dans l'arrondissement pour implanter une structure et vous avez balayé ces propositions d'un revers de main.

La Maire de Paris a invité, sur les ondes d'une grande radio nationale, les habitants du 16e arrondissement à être plus Parisiens, sous-entendu plus ouverts, plus à l'écoute, dans le dialogue et le respect de l'autre. Mais son attitude descendante, voire condescendante, à l'égard de notre arrondissement, refusant la concertation, imposant ses vues dans la méconnaissance la plus totale de notre territoire, est-elle l'exemple à suivre ?

Monsieur BROSSAT - et, à travers vous, Madame la Maire - nous vous demandons une fois encore : suspendez l?implantation de ce centre dans le bois de Boulogne et travaillez avec nous sur des alternatives locales. A défaut, il n'y aura que les tribunaux pour trancher de l'avenir du bois. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Pour votre information, nous avons déjà une déchetterie aux Invalides. Pour les Tuileries, j'en parlerai volontiers avec Jean-François LEGARET, mais je retiens l'idée. La parole est à M. Pierre GABORIAU.

M. Pierre GABORIAU. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, les bons apôtres, des donneurs de leçon ou de la mauvaise foi, voudraient enfermer le 16e arrondissement dans la caricature d'un arrondissement réservé aux nantis et aux privilégiés et, en conséquence, parfaitement insensible à la détresse humaine.

C'est à la fois faux, inacceptable et, surtout, particulièrement injuste. Faux, car avec près de 7.000 demandeurs d'emploi, plus de 2.000 allocataires du R.S.A., plus de 1.600 personnes suivies par les services sociaux, plus de 1.000 allocataires d'aides exceptionnelles ou encore plus de 400 soutiens financiers pour les familles, dont beaucoup de familles monoparentales, notre arrondissement n'échappe pas, hélas, aux difficultés et aux drames propres à toute société humaine.

La crise économique que notre pays affronte et qui s?est malheureusement aggravée, n?a fait qu'augmenter le nombre des personnes en grande difficulté ou au bord de l'exclusion ici comme ailleurs.

Injuste car la solidarité constitue pour le Maire, Claude GOASGUEN, et toute l'équipe municipale une priorité. Je veux devant vous, mes chers collègues, témoigner de l'engagement résolu de la Mairie pour la défense des plus fragiles et des plus démunis. D'abord, un soutien permanent aux associations particulièrement nombreuses, plus d'une centaine sur l'arrondissement dans le domaine de la solidarité, qui dispensent des milliers d?heures pour informer, écouter, accompagner, aider, soutenir, héberger les personnes en souffrance, et une aide financière sur les fonds du Maire pour permettre l'existence et le développement de ce tissu associatif si important. Ensuite, une collaboration étroite et permanente avec le centre d'action sociale, indispensable pour l'accompagnement social de proximité et ses missions pour la famille, pour les personnes âgées, pour l'attribution des aides sociales, pour l'accueil en résidence des aînés parisiens, leur participation à la vie sociale ou encore l'aide au soutien à domicile. La Mairie organise chaque année un arbre de Noël avec le centre d'action sociale pour distribuer des jouets aux enfants. La Mairie remet au C.A.S. une médaille à chaque centenaire. Notre arrondissement a la chance? J'ai écouté avec attention, sincèrement. Voyez, je ne suis pas polémique et je suis calme et modéré ; merci de m'écouter. Notre arrondissement a la chance d'avoir deux vénérables institutions sur son territoire : la Fondation d'Auteuil, qui fête ses 150 ans et le Centre Corot, avec lesquels nous avons établi des liens très étroits. Nous pouvons compter sur eux comme ils peuvent savoir compter sur la municipalité pour toutes leurs demandes. Il y a également de nombreuses paroisses, "Entr?Aide" ou foyers, qui accueillent et protègent les plus faibles ainsi que plusieurs résidences sociales ou pour les jeunes travailleurs et travailleurs migrants, ou encore pour les personnes handicapées. Une journée de solidarité en direction des plus jeunes a lieu chaque année sur le parvis de la porte de Saint-Cloud, devant l'église Sainte-Jeanne-de-Chantal, un partenariat depuis de nombreuses années avec le Téléthon, des actions communes avec "Archipel", la Banque alimentaire ou les "Paralysés de France". La liste est trop longue et pour conclure, je vais rappeler seulement les actions entreprises par notre mairie spécifiquement pour les sans domicile fixe. Un rappel tout d'abord de notre combat pour le maintien du centre d'hébergement de la rue de Varize, de la présence d'un espace de solidarité et d'insertion à la Halle Saint-Didier ou de notre participation au plan hivernal. Sous l'égide de la Mairie, nous avons la coordination des maraudes, qui se tient chaque mois avec notamment des associations de professionnels comme "Aurore", ou "Aux Captifs, la libération", qui disposent d'une antenne dans notre arrondissement, le but étant d'échanger avec tous les acteurs bénévoles et professionnels, "Entr?Aide", hôpital Sainte-Anne, "Restos du C?ur", Croix-Rouge française, Halle Saint-Didier, Centre Corot, commissariat du 16e ou D.P.P. ou D.A.P.S.A. pour être le plus efficace possible et éviter les zones blanches. Une adresse Internet est spécialement dédiée au signalement des SDF pour une intervention précise et rapide des professionnels de la rue. Une inauguration avec la Croix-Rouge française d'un véhicule de podologie spécialement dédié aux SDF, une expérimentation rue d'Auteuil d'une veille solidaire en s'appuyant sur une pharmacie et un commerce. Si cette expérience fonctionne - les débuts sont très encourageants -, elle sera étendue à d?autres grandes rues de l'arrondissement Oui, qu'il me soit permis de remercier tous les bénévoles, qui donnent de leur temps et les habitants de notre arrondissement qui montrent à chaque occasion leur générosité. Oui, et contrairement à ce qu?on veut laisser croire, le 16e est bel et bien, comme Paris, avec les autres arrondissements, un arrondissement humaniste où la vie est partagée, qu'elle soit sociale ou culturelle, et s'adresse à toutes les générations qui le composent. Nous savons bien que nous devons rester humbles lorsque l?on parle de solidarité. On ne fait jamais assez et on ne peut malheureusement pas tout résoudre. Mais nous continuerons sans relâche ce combat permanent pour donner à chaque être humain qui souffre de la dignité, du réconfort et de l'espoir. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à M. Jean-Noël AQUA, pour 5 minutes.

M. Jean-Noël AQUA. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, je suis un peu, je l'avoue, en extase devant tant de repentance. Mais je vais profiter de ma voix au chapitre tout de même pour vous présenter notre v?u sur le centre d'hébergement du 16e arrondissement, qui est double.

Nous tenons tout d?abord dans un premier temps à rappeler certains élus à un minimum de tenue. Je ne pensais pas devoir le faire dans un tel cénacle mais, rendons-nous à l'évidence, un député-maire peut aujourd'hui impunément inciter ses administrés à la délinquance.

Bien sûr, notre époque est un clair-obscur où la violence et le rejet de l'autre ne cessent de croître, nous le voyons. Bien sûr, la violence puise ses racines dans des idéologies basées sur le rejet de l'autre et la haine de la différence. Bien sûr, la violence peut être la béquille d'une pensée un peu faible ou indigente, mais la violence puise aussi ses racines dans les discours et symboles.

Entendre donc le maire du 16e dire publiquement, je cite : "Vous voulez qu'on dynamite la piscine d'Auteuil ? Si vous savez le faire, ne vous gênez pas, mais essayez de ne pas vous faire repérer" est inacceptable. Vous pourrez le réécouter sur France Culture si vous le voulez. Je vous épargnerai les références au Code pénal que vous devez probablement connaître.

Car au-delà, c'est bien de l'exemplarité des élus qu'il s'agit. On serait en droit d?attendre d'un représentant du peuple qu'il sache mener un débat sans céder à une quelconque inclinaison à la violence. Elle s'offre évidemment comme planche de salut à ceux que la dialectique déconcerte, mais pour un élu y céder n'est pas seulement infamant pour son auteur mais aussi pour la fonction qu'il incarne.

En matière de symbole, nous savons tous le mal que font les patrons-voyous dans l'économie. En politique, refusons-nous à donner le spectacle d'élus-voyous. Le comportement d'un élu participe de l'éducation de tous, en particulier des plus jeunes, et pour ceux qu'un tel défi décourage, un minimum de retenue devrait au moins s'imposer.

Si ces propos étaient esseulés, nous pourrions les attribuer à divers excès, mais force est de constater qu'ils interviennent dans une série noire qu'ils n'ont pas contribué à apaiser. Un contexte fortement médiatisé ou une classe a fait tomber le masque. Une classe a démontré que le rejet de la différence est à l'?uvre dans ce que certains appellent un ghetto de riches, visiblement dans cette Assemblée. Ou une classe a étalé son hostilité à ce qui est étranger et sa promptitude à utiliser de la violence.

Comment ne pas s'indigner de la forme qu'a prise la contestation contre ce centre d'hébergement ? Comment ne pas condamner, sans faux-semblant, le comportement d'une foule qui insulte et vilipende une représentante de l'Etat et des élus de la République ? "Jamais je n'aurais imaginé voir un tel niveau de violence verbale" témoignera une participante à ce débat. Comment ne pas condamner cette violence qui a obligé le président de l'Université à annuler le débat au bout de quelques minutes ? Comment ne pas condamner la tache jetée sur la République en ce lieu ô combien symbolique qu'est une Université, lieu de la raison et du débat contradictoire aux antipodes des dogmes et du sectarisme ?

Vous comprendrez que dans ce contexte nous voulions faire ce rappel à l?ordre pour condamner sans détour le manque d?exemplarité de certains élus. Nous aimerions d?ailleurs que toutes les familles politiques s'associent en ce lieu à ce v?u car nous n'avons pas beaucoup entendu la droite parisienne sur ce point.

Notre deuxième point revient sur le fond du problème, sur l'accélération du rééquilibrage de l'hébergement d'urgence. 21 personnes sans domicile fixe sont mortes à Paris depuis le début de l'année, non pas de froid mais de pauvreté et d'exclusion. La solidarité envers les plus pauvres nous oblige à faire davantage pour le logement d'urgence. C'est un axe majeur de la mandature de la gauche parisienne, validé par l'ensemble des électeurs parisiens.

La Ville a déjà fait beaucoup, mais la crise nous force à aller plus loin. Tous les arrondissements doivent agir, nous le répétons, mais aussi certains élus LR dans le 13e arrondissement. Il est incompréhensible que certains arrondissements ne jouent pas le jeu. Pourquoi seulement 8 des 9.700 places d'hébergement d'urgence parisiennes seraient localisées dans le 16e, alors que plusieurs centaines de SDF y vivent ?

Le 16e serait-il une zone de non-droit ? Un territoire hors du temps ? Un lieu au ban de la solidarité où les considérations sur le prix de l'immobilier et le confort de l'entre-soi l?emporteraient sur le b.a.ba de l?aide à son prochain ? Un lieu où le sentiment de classe se traduirait par un rejet de toute forme de mixité ? Un lieu où les fantasmes savamment orchestrés sur les étrangers pousserait les plus nantis à abdiquer leur humanité ? Un lieu où les appels du bourgmestre de Bruxelles ce matin, je cite : "La ségrégation spatiale est le levain des drames que nous avons vécu" seraient vain ?

Nous ne pouvons nous y résoudre. Nous souhaitons donc deux choses dans notre v?u. Tout d'abord que la Ville achève sans tarder son projet de logements d'urgence allée des Fortifications, mais aussi que la Ville amplifie son effort pour le logement d'urgence et social dans le 16e arrondissement. Le maire du lieu propose 4 nouveaux lieux d'hébergement ? Nous disons chiche ! Que la Ville étudie sans tarder ces sites afin qu?en plus, je répète en plus, du centre en lisière du bois de Boulogne, ces sites permettent de rééquilibrer l'offre de logements d'urgence et sociale sur l'ensemble de la ville. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - C'est assez étrange, effectivement, on a vraiment le sentiment qu'il y a eu un discours mené en amont lors de cette réunion publique dans le 16e arrondissement, et tout d'un coup un autre discours, après tout le battage médiatique qu'il a pu y avoir autour de cette réunion, un autre discours tenu par certains élus dans cette Assemblée.

Ecoutez mes chers collègues, le 16e arrondissement humaniste ? Vous savez, le 16e arrondissement est dirigé par des élus qui appartiennent à la même composante de politique depuis très, très, très longtemps. Et donc, il y a plusieurs mandatures successives que cet arrondissement aurait pu faire la démonstration de son humanisme. Comment expliquez-vous que dans cet arrondissement, il faut attendre autant de temps pour qu?enfin, on puisse implanter un centre d'hébergement d'urgence ?

Comment expliquez-vous que lorsqu'il y a ce projet d'implantation d'un hébergement d'urgence, il y a à ce point-là, une telle mobilisation des habitants à l'encontre de cette implantation d'hébergement d'urgence ?

Interrogez-vous sur votre responsabilité, vous, en tant qu?élus de cet arrondissement, dans le discours que vous avez dû tenir ou manquer de tenir pour justement diffuser ce grand humanisme dont vous vous faites aujourd'hui les avocats, excusez-moi, mais c'est fort peu convaincant.

Des actes. En politique, c'est comme en amour, on ne se satisfait pas des déclarations, on veut des actes, des preuves concrètes.

Oui, il y a besoin de centres d'hébergement d'urgence. Et il y a besoin de développer les solutions alternatives à l'hébergement d'urgence à l'hôtel. Il y a besoin aussi de C.A.D.A., de centres d'accueil des demandeurs d'asile, car encore une fois, notre humanisme ne doit pas trier celles et ceux qui sont sans domicile fixe, notre humanisme doit bien considérer que hommes, femmes, quelle que soit notre situation administrative, quelle que soit notre origine, quelle que soit notre nationalité, nous sommes toutes et tous des semblables et nous devons toutes et tous avoir accès aux mêmes droits sur les territoires de la République, et donc le droit à l'hébergement.

Or, qu'avons-nous entendu lors de cette réunion publique ? Nous avons entendu non seulement des hommes et des femmes, oui, revendiquer leur pouvoir de classe dominante qui refusait, mon dieu, que des pauvres viennent dans leur arrondissement, classe laborieuse, classe dangereuse, mais ils ont également revendiqué qu'il n'y ait surtout pas de réfugiés qui viennent dans leur arrondissement. Nous avons une responsabilité par rapport à la crise des réfugiés, de lutter contre le racisme. Nous avons donc une responsabilité de faire entendre à toutes et à tous la nécessité et le devoir d'accueil de la République. Donc, c'est bien la violence, oui, des riches qui s'est exprimée, son égoïsme, son mépris social. Eh oui, hélas aussi, son racisme ! Ne voulant surtout pas accueillir des réfugiés dans ce centre d'hébergement. Ce centre d'hébergement, si j'ai bien compris, doit accueillir par ailleurs des familles, mais moi je souhaite interpeller à la fois le maire du 16e arrondissement, l'adjoint au maire en charge du logement, M. Ian BROSSAT, l'ensemble des élus de la majorité, Mme VERSINI, et Mme la Maire de Paris. Je pense que, oui, comme l'a dit mon collègue avant moi, on ne peut pas se satisfaire d'un seul centre d'hébergement d'urgence dans le 16e arrondissement. Et puisque nous avons là une main tendue par les élus les Républicains, qui estiment que par humanisme il faut s'engager pour lutter et faire de la lutte contre la grande exclusion, finalement cet engagement de mandature, il faut donc passer aux preuves et qu'il y ait bien d'autres nouveaux lieux d'accueil à la fois centres d'hébergement d'urgence et C.A.D.A., et des C.A.D.A. dans le 16e arrondissement. Et faisons le travail pédagogique. Vous savez, quand je suis allée à Calais, quand vous allez sur Stalingrad et que vous prenez le temps de discuter avec les réfugiés, celles et ceux et c?est tragique, qui fuient les pays en guerre, celles et ceux qui fuient les situations économiques catastrophiques, ce sont bien souvent celles et ceux qui sont le plus armés au sens de diplômes, au sens de qualifications, et donc aussi, sur le plan financier. Essayez de faire le travail pédagogique pour rassurer l'ensemble de nos concitoyens et concitoyennes sur le fait que ces hommes et ces femmes que nous devons accueillir sont nos semblables et il ne faut pas en avoir peur. Oui, la solidarité doit se réaliser sur tous les territoires de la République, et à Paris, sur tous les arrondissements de la capitale.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à Mme Ann-Katrin JÉGO.

Mme Ann-Katrin JÉGO. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, je dois vous avouer que je suis inquiète, je suis très inquiète, les habitants du 16e ne méritent pas d'être ainsi traités, ils ne sont ni pires ni meilleurs que ceux des autres arrondissements de Paris.

Aujourd'hui, certains ont juste peur, peur parce qu'ils ont été mis devant le fait accompli, peur parce qu'ils n'ont été associés à aucune concertation.

La structure permettant d'accueillir 200 personnes en grande difficulté doit être installée d'ici l'été ; sans qu?aucune autre solution n'ait même eu le temps d'être envisagée. C'est ainsi et ce n'est pas autrement, vous avez décidé, il ne reste plus qu'à exécuter.

Il est dorénavant acté que les habitants du 16e n'ont pas droit aux mêmes égards démocratiques que les autres Parisiens.

Il s'agit de leur vie, de leur quotidien, peu importe, ils n'ont pas leur mot à dire.

Pour un Exécutif qui ne cesse de clamer les vertus de la démocratie participative, vous avouerez que c'est un comble.

Je suis inquiète pour tous ceux qui ont besoin d'un hébergement d'urgence, les familles en situation de détresse, les SDF, les réfugiés qui se voient ainsi stigmatisés, parqués.

A la base, je ne comprends même pas qu'un tel projet ait pu être imaginé et encore moins imposé. Installer 200 personnes aussi différentes dans une structure temporaire en Algeco, construite à la hâte dans les bois, sans aucune forme de concertation préalable, ni avec la mairie d'arrondissement, ni avec les associations concernées, ni bien sûr avec les habitants.

Vous qui défendez l'habitat social diffus, pourquoi avoir négligé cette option pour l'hébergement d'urgence ?

Ce qui selon vous est bon pour le logement social, à savoir l'habitat diffus, ne semble pas l'être pour les SDF ou les réfugiés. Où est la cohérence ?

Pourquoi faire semblant de ne pas comprendre que de petites structures fondues au c?ur des quartiers, proches des commerces et des transports seraient bien plus adaptées ?

Le sens du vivre-ensemble, c'est aussi de savoir donner une chance à l'intégration.

Pour ne pas se juger, il faut apprendre à se connaître, et il est plus facile d'accueillir quelques nouvelles familles dans sa rue, que de se trouver brutalement face à 200 personnes dont les problématiques sociales sont de surcroît très différentes.

Votre coup de force s'apparente davantage à de la provocation, qu'à une sincère volonté de gestion bienveillante des problématiques sociales. Enfin, je me permets de vous livrer le fond de ma pensée. Quand on accueille des amis dans la souffrance, on ne les parque pas dans une cabane au fond du jardin, il ne suffit pas d'ouvrir les bras, il faut également veiller à la manière dont on organise les choses. Pourquoi n'écoutez-vous pas les acteurs sociaux qui tous auraient préféré des centres plus petits et plus diffus, mieux intégrés dans le tissu urbain ? Vous faites un coup politique afin de démontrer votre puissance et imposer à un arrondissement qui ne fait pas partie de votre majorité, un équipement mal conçu. Mais ce coup de force est une mauvaise manière faite aux hébergés qui méritent mieux que d'être les otages de votre guerre des classes. Un projet diffus permettant de répartir ces populations dans des foyers biens encadrés par les associations aurait pu faire consensus, y compris dans le 16e arrondissement, qui ne mérite pas la caricature que vous en faites. Votre choix est lourd de conséquences, dresser les Parisiens les uns contre les autres est un jeu dangereux, comme les employés contre les patrons, les catholiques contre les musulmans, l'est contre l'ouest parisien. Il n'y a pas d'un côté les arrondissements généreux où vivent les Parisiens modestes, et de l?autre les arrondissements égoïstes où ne vivent que les riches. Stigmatiser, discriminer, fracturer notre société, alors qu?elle a tant besoin de se rassembler face à une conjoncture mondiale inquiétante, ne peut nous mener qu'au résultat que nous redoutons tant : la montée du Front National.

Alors, Monsieur le Maire, écoutez vos administrés, tenez compte de leurs inquiétudes, elles sont légitimes.

Renoncez à votre projet démesuré, mal situé, pour mettre en place de petites structures d'hébergement d'urgence. Soyez le gardien de notre vivre-ensemble et non pas l'initiateur d'une lutte des classes d'un autre âge. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je pense aux élus de votre parti dans mon arrondissement, ils doivent avoir mal. La parole est à M. Eric HÉLARD.

M. Eric HÉLARD. - Madame? Monsieur le Maire, pardon, parce que Mme la Maire est absente pourtant sur un dossier aussi important, une petite mise au point, ce n'est pas avec déplaisir que vos adjoints en charge du logement et de l'urbanisme sont venus dans le 16e arrondissement, à la désormais fameuse réunion publique dite "d'information".

C'est au contraire avec malice qu'ils se sont délectés d'une provocation préparée très en amont, dans le cadre d'une opération à visée purement électoraliste, devant un public outré par un permis de construire déjà délivré et presque brandi à leur face.

A la liberté de provocation de la Mairie de Paris a répondu la liberté d'objection des habitants du 16e arrondissement, certes, parfois, pour une infime minorité d'entre eux, avec une outrance que je déplore et une attitude que je condamne; mais enfin, comment pouvait-il en être autrement avec la méthode utilisée ?

C'est tout d'abord une méthode antidémocratique : aucune concertation en amont avec le maire de l'arrondissement et ses habitants. Dans une gouvernance municipale moderne et ouverte, sur un sujet difficile et souvent clivant, il aurait été sage d'associer les habitants plutôt que les ignorer, les mépriser, les caricaturer. Les contre-propositions existent. Elles auraient pu être examinées, plutôt que d'être rejetées d'un revers de la main.

On est bien loin de la douce musique de la gouvernance partagée qui nous rassemble à la Métropole du Grand-Paris, mais c'est aussi une méthode antihumaniste, Madame SIMONNET, pour les futurs hébergés. En effet, parquer littéralement 200 personnes en grande précarité allée des Fortifications, dans un périmètre éloigné des habitations et des commerces, donc hors de toute socialisation, cela s'appelle "créer un ghetto".

Est-ce cela la politique d'hébergement d'urgence de la Ville de Paris ? Est-ce cela favoriser l'intégration sociale ? Non. C'est d'autant plus vrai qu'à aucun moment, dans votre contrat avec l'association "Aurore" qui a une compétence reconnue et que je tiens à saluer, à aucun moment, il n'est question de lui confier une mission d'accompagnement social et d'insertion professionnelle des publics hébergés, par exemple, par le biais de chantiers d'insertion. De cela, vous ne vous en préoccupez pas et on ne peut que s'en étonner.

Madame la Maire, Monsieur le Maire, à l'heure où la politique est tant décriée par nos concitoyens et le "sans-abrisme" une vraie préoccupation à Paris, à l'heure où notre pays connaît, selon de nombreux sociologues, une dépression, une fragmentation sociale forte, était-il utile et opportun d'imposer et de diviser au lieu de dialoguer et rassembler ? Etait-il utile et opportun de stigmatiser les habitants du 16e arrondissement comme vous l'avez fait sur "France Info" le 21 mars dernier en les qualifiant de représentants de la haute société pas assez ouverts et au fond, pas tout à fait de vrais Parisiens ?

Madame la Maire, nous, centristes, nous pensons qu'être Maire de Paris, c'est être maire de tous les Parisiens, même de ceux qui vous semblent réfractaires ou socialement éloignés de vous. Est-il responsable en 2016 de fonder une politique municipale sur la lutte des classes ? Pour les élus du groupe UDI-MODEM, partisans en ces temps troublés d'une gouvernance apaisée, le management de le cette affaire est une occasion ratée qui marquera sans doute votre mandature et nous le regrettons. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - La parole est à M. Yves CONTASSOT.

M. Yves CONTASSOT. - Merci, Monsieur le Maire.

Face à un projet tel que celui-ci, il y a deux attitudes : la violence verbale - du moins, on espère qu'elle restera verbale - et l'intelligence. Marie ATALLAH a déjà évoqué la violence verbale qui a été largement utilisée lors de la funeste réunion publique dans le 16e.

Je vais donc citer deux personnes qui ont fait preuve d'intelligence. La première a déclaré : "Il y a 10 ans, nous avons décidé de faire un centre d'hébergement et d'accueil dans le centre de ma ville. Bien entendu, dans le quartier, cela a inquiété. Je peux vous dire qu'aujourd'hui, au contraire, cela a réglé un certain nombre de problèmes qui, d'abord au plan humain, représentaient des drames, étaient inacceptables et qui au plan de la tranquillité publique sont plutôt positifs, aussi bien pour la ville que pour le quartier".

Vous le connaissez bien, Monsieur GOASGUEN. Il s'agit de Gérard LARCHER, Président du Sénat, qui parle alors de sa propre expérience à Rambouillet, la ville dont il fut le maire jusqu'en 2014.

Après cette déclaration pleine d'humanité et de bon sens, voici ce que dit un habitant du 16e arrondissement : "Ces gens du 16e, à ne pas confondre avec les gens du 16e, réagissent avec d'autant plus d'outrance et d'arrogance qu'ils constituent un bloc socialement cohérent. Ils s'épaulent, ils ont le sentiment d'appartenir à une communauté, un clan de gens chics, bien mis et supposés bien élevés, avec leurs codes et leurs distinctions. Et voilà qu'ils passent à côté d'une formidable occasion de montrer que la plus belle des éducations, que le sommet de l'élégance morale, que le meilleur du raffinement résident dans l'art de recevoir, dans la façon d'accueillir, d'ouvrir sa porte à ses hôtes, en partageant avec eux des moments de chaleur et d'intimité. N'est-ce pas à cette aune des vraies valeurs que se mesure et s'estime la richesse ou la pauvreté des cultures ? Ces gens-là du 16e sont donc pauvres de culture. Je rêve - dit-il -, avec beaucoup d'autres habitants, j'en suis sûr, de mon arrondissement, que la mairie distribue dans nos boîtes à lettres une édition spéciale du bulletin municipal qui appellerait dans l'enthousiasme à réserver le meilleur accueil aux réfugiés de la guerre et aux victimes de la crise". Vous l'avez sans doute reconnu, il s'agit d'Alain GENESTAR, ancien Directeur de "Paris Match" et qui précise habiter à une centaine de mètres à peine du futur centre d'hébergement. Je n'ai rien à ajouter à ces paroles, sinon que j'espère que le maire du 16e arrondissement répondra à cet appel à l'intelligence d'un de ses proches et d'un de ses électeurs et que nous recevrons très rapidement un exemplaire de cette édition spéciale du bulletin du 16e arrondissement. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci, Monsieur CONTASSOT. La parole est à M. Thomas LAURET.

M. Thomas LAURET. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, je veux avec un petit peu de sourire rappeler que la droite qui est sur ces bancs fait aujourd'hui appel à l'histoire de la solidarité du 16e arrondissement en faisant référence à des institutions religieuses qui se sont installées dans le 16e arrondissement à une époque d'ailleurs, pour nombre d'entre elles, où le 16e arrondissement n'existait pas. Où se sont installées ces institutions religieuses ? Elles se sont installées dans des espaces verts disponibles entre les villages d'Auteuil, de Chaillot et de Passy.

Ce n'est pas la première fois que l'on discute de ce sujet, sujet qui a été débattu au Conseil de Paris de façon parfaitement démocratique. La délibération du Conseil de Paris n'est pas un "diktat", c'est une délibération prise démocratiquement par les représentants du peuple de Paris.

Alors, évidemment, je suis favorable à ce nouveau projet de délibération qui n'est qu'une étape supplémentaire qui permet d'accorder la garantie de la Ville à l'emprunt souscrit par l'association "Aurore". Néanmoins, je dois quand même rappeler que les propos qui ont été tenus à Dauphine sont particulièrement graves et ils sont graves du fait d'une absence sidérante de mauvaise conscience de certains des participants à cette réunion.

La réunion qui s'est tenue dans les locaux de l'université n'était pas un événement isolé. C'était le résultat d'une campagne organisée depuis le mois de novembre par le maire du 16e arrondissement et par ses partisans contre ce projet de solidarité.

Deux jours après cette réunion, lors du Conseil d'arrondissement du 16 mars, j'ai condamné solennellement l'attitude et les insultes proférées par certains des participants - je dis bien "certains", nombreux, mais certains - à la réunion, à l'égard d'abord des S.D.F., ensuite de la Préfète, du Président de l'Université, des responsables de l'association "Aurore" et des élus.

J'ai également rappelé le professionnalisme de l'association "Aurore" depuis 150 ans, et le devoir moral de solidarité qui doit motiver l'accueil de personnes sans domicile fixe - je parle bien, parce que ce terme a été galvaudé plusieurs fois, de "devoir moral" -, quand 21 d'entre eux ont trouvé la mort dans les rues de Paris depuis le début de l'année.

J'ai moi-même été insulté et soumis par le maire du 16e arrondissement à la vindicte de ses partisans après qu?il ait affirmé que je ne serais même pas du 16e arrondissement. Qu'est-ce qu'illustre ce terme ? Cela illustre le refus de la différence et de la mixité, y compris quand cette mixité se traduit par des opinions politiques différentes : celle de l'élu socialiste que je suis, élu depuis 2008 et qui réside dans le 16e arrondissement depuis plus de 15 ans.

Alors, plutôt que de rechercher l'apaisement, le maire du 16e arrondissement a systématiquement attisé le rejet de la part des opposants au projet, jusqu?à se trouver dépassé lui-même par le résultat de cette réunion. Nous devons condamner fermement cette attitude qui consiste à exciter les peurs et qui a conduit à libérer la parole de haine, qui s?est traduite par les débordements de Dauphine.

Le maire du 16e arrondissement porte une grande responsabilité dans ces débordements, et Marcel GAUCHET, qui a été invité le 22 mars par le président de Dauphine pour procéder à la réhabilitation de l?amphithéâtre Edgar Faure, nous alerte contre le risque de dislocation de la démocratie par le haut que génèrent de tels propos. Ils traduisent en effet le refus de l?appartenance à la collectivité, en l?occurrence, la collectivité de Paris, une ville solidaire, et qui est forte parce qu?elle est solidaire. Le maire du 16e arrondissement a aussi affirmé qu?il ne s?était jamais opposé à un projet de centre d?hébergement d?urgence dans le 16e arrondissement, durant même la réunion. Je lui ai rappelé, comme je l?ai fait à Dauphine, une question écrite de sa part envoyée en 2008 à la Ministre de l?Intérieur de l?époque, Mme ALLIOT-MARIE, et dans laquelle il s?oppose à l?accueil temporaire de 69 S.D.F. dans l?hospice des Petites S?urs des pauvres, rue de Varize, proche du Parc des Princes, au prétexte que - je cite - l?implantation d?un centre de stabilisation à proximité de l?enceinte sportive peut faire l?objet d?actes délictueux des "hooligans". Il a toujours une mauvaise raison de s?opposer aux projets de mixité, qu?il s?agisse d?hébergement d?urgence, de logements sociaux ou d?accueil des plus démunis. Quand il s?agit aussi de l?accueil du très poétique cirque tzigane, pendant la campagne de 2014, nous retrouvions les mêmes tracts, avec des photomontages dans le bois de Boulogne de caravanes et de tentes. Cette attitude dégrade la démocratie. Il faut en avoir conscience et il faut être prudent avec cela, Monsieur GOASGUEN. Le centre d?hébergement est provisoire. Vous avez, le maire du 16e, nous tous, avons trois ans pour faire des propositions sérieuses sur un autre lieu de l?arrondissement, et non des propositions dilatoires. Et vous le savez très bien. Si nous avions proposé ce projet n?importe où dans l?arrondissement, il y aurait eu les mêmes attaques, les mêmes remarques d?une partie encore de la population. Je le sais depuis que je milite dans cet arrondissement et que je suis injurié systématiquement sur les marchés par 2 ou 3 % de la population, à chaque fois que nous distribuons des tracts et que nous faisons valoir une opinion différente.

Une étudiante de Dauphine, élue de Saint-Cloud, et un collectif d?habitants, que je soutiens, ont lancé une pétition en faveur de l?ouverture de ce centre. Cette pétition a heureusement, et cela fait chaud au c?ur, plus de 50.000 signatures aujourd?hui. A Paris, la solidarité est l?affaire de tous, y compris des arrondissements de l?Ouest. Un 16e arrondissement humaniste existe, je le confirme. C?est celui que nous voulons promouvoir. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Pour conclure ce débat, Anne SOUYRIS ? Non ? Alors, Ian BROSSAT, vous avez la parole.

M. Ian BROSSAT, adjoint. - Merci à vous, Monsieur le Maire. Merci à l?ensemble des intervenants.

J?ai d?ailleurs noté la retenue des différents orateurs et je mesure, au vu du contraste que cela représente par rapport à ce que l?on a connu lors de cette réunion publique, l?effort que cette retenue a dû représenter pour un certain nombre de ceux qui se sont exprimés depuis le début de ce débat. Croyez bien que je m?en réjouis, car le spectacle qui avait été donné, à la fois par une partie des participants à cette réunion, mais aussi par un certain nombre d?élus, n?était pas beau à voir, et le visage que tout cela a donné à l?ensemble de la population parisienne n?était - c?est le moins que l?on puisse dire - pas très heureux. J?en suis, par conséquent, satisfait.

Je voulais quand même répondre à un certain nombre d?arguments qui ont été développés. D?abord, j?ai entendu que les habitants du 16e arrondissement n?avaient pas le droit d?être traités ainsi, et en vous écoutant, Ann-Katrin JÉGO, dire cela, je pensais à une partie très spécifique des habitants du 16e arrondissement, la centaine de sans-abris qui aujourd?hui dorment sur le bitume du 16e arrondissement.

Et en vous entendant, effectivement, je me suis dit que ces habitants du 16e arrondissement n?avaient pas vocation à être traités ainsi. Ils ont vocation à avoir un toit sur la tête, ils ont vocation à avoir des conditions de vie dignes, et au fond, ce centre d?hébergement, que nous voulons construire en lisière du bois de Boulogne, il ne vise qu?à cela : éviter que des hommes, des femmes, des familles se retrouvent sans solution d?hébergement, parce qu?il n?est pas normal que dans un pays comme le nôtre, qui est la 6e puissance économique du monde, nous ne soyons pas capables d?offrir tout simplement à chaque homme et à chaque femme un toit sur la tête.

Et le seul objectif que nous avons, avec l?augmentation de nos capacités d?hébergement à Paris, c?est de répondre à cette exigence-là, parce que je ne me résous pas? Cela vous fait peut-être rire, mais je ne me résous pas au fait que 21 personnes soient mortes dans les rues de Paris depuis le début du mois de janvier, faute de solution d?hébergement. Nous voulons augmenter nos capacités d?hébergement à Paris. Nous les augmentons d?ailleurs beaucoup.

Il y a 9.700 places d?hébergement à Paris, et Dominique VERSINI, qui est chargée de mettre en place notre politique de lutte contre l?exclusion, le dirait mieux que moi : tous les arrondissements doivent contribuer à cet effort de solidarité ; tous les arrondissements ! Beaucoup d?arrondissements ont d?ores et déjà été très sollicités, notamment les arrondissements de l?Est, et je parle aussi en tant que riverain, puisque le mot est à la mode, d?un centre d?hébergement à 200 mètres de chez moi sur la Butte Montmartre. On a ouvert un centre d?hébergement rue Coustou. Un projet de délibération concerne d?ailleurs ce centre d?hébergement, qui accueille des réfugiés et qui est géré par l?association "Emmaüs".

Au nom de quoi le 16e arrondissement se déroberait à cette exigence de solidarité ? Rien ne justifie que le 16e arrondissement se dérobe à cette exigence de solidarité. Et si nous voulons avancer, il faut que l?ensemble des arrondissements contribue à cet effort de solidarité. Et très sincèrement, personne ne nous fera croire qu?il s?agit de questions de méthode. Personne ne nous fera croire qu?il s?agit de questions environnementales, alors même qu?il s?agit d?empiéter sur du bitume et non pas sur des espaces verts. Personne ne nous fera croire que c?est un souci environnemental qui motive ceux qui s?opposent à ce centre d?hébergement. J?ai entendu parler de cabanes. Excusez-moi, mais 4 millions d?euros pour des cabanes, c?est un peu cher. Et on ne parle pas en l?occurrence de cabanes, on parle de logements modulaires qui sont réalisés par des architectes de grand talent.

Bref, aucun des arguments qui ont été développés ne repose sur quelque chose de rationnel. La réalité, c?est que ce qui vous dérange, ce ne sont ni les murs, ni la localisation ; ce qui vous dérange, c?est que des hommes et des femmes qui aujourd?hui dorment dehors puissent vivre dans ce quartier-là du 16e arrondissement. C?est l?entre-soi, c?est l?égoïsme social, c?est la ségrégation sociale dont parlait ce matin le bourgmestre de Bruxelles.

Eh bien, je vous le dis : nous sommes déterminés à en finir avec l?égoïsme social, avec la ségrégation sociale, avec toute forme de ghettos, qu?il s?agisse des ghettos de pauvres ou des ghettos de riches. Et faire cela, cela suppose effectivement que tous les quartiers de Paris contribuent à la solidarité, y compris les quartiers de l?Ouest et du Centre parisien. J?ai entendu dire d?ailleurs, et j?en conclurai par-là, que ce jour-là à Dauphine - et Jean-Louis MISSIKA pourra en parler, il participait également à cette réunion -, au fond, ce serait le vrai visage du 16e arrondissement qui aurait été montré. Je ne partage pas cette idée-là. Ce n'est pas le vrai visage du 16e arrondissement qui a été montré ce soir-là, c?est le vrai visage de la droite parisienne, et croyez bien que notre majorité est très déterminée à faire évoluer notre ville pour plus de solidarité dans tous les quartiers de Paris, parce que nous sommes à Paris en 2016, et pas en Afrique du Sud dans les années 80.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

J?ai cru donc comprendre que deux v?ux sont rattachés à ce projet de délibération : le premier est le v?u n° 34, déposé par le groupe Ecologiste de Paris. Votre position ?

M. Ian BROSSAT, adjoint. - Il y a effectivement deux v?ux. Sur le v?u du groupe Ecologiste de Paris, je vous propose un amendement oral, qui vise non pas à ce que des migrants soient installés dans le centre d?hébergement du bois de Boulogne, mais à ce que nous puissions, dans le 16e arrondissement, accueillir un autre centre d?hébergement dédié aux migrants pour faire face à l?urgence de la situation.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - L?amendement est-il accepté ?

Mme Anne SOUYRIS. - Oui.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Très bien.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Ecologiste de Paris, amendé par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2016, V. 56).

Concernant le v?u n° 35 déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche. Votre position ?

M. Ian BROSSAT, adjoint. - Favorable.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Communiste - Front de Gauche, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2016, V. 57).

Je mets enfin aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 80.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DLH 80).