Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Mars 2016
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif à une application "taxi publique et gratuite".

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2016


 

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Nous passons maintenant à l?examen du v?u n° 109 relatif à une application "taxi publique et gratuite". Madame SIMONNET, pour deux minutes.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, comme vous le savez, les taxis subissent un développement sauvage des plateformes V.T.C., qui a occasionné une baisse de 30 % de leur chiffre d?affaires. Il est d?ailleurs scandaleux que le Gouvernement ne se donne pas les moyens de faire appliquer la loi THÉVENOUD, qui interdit la maraude de rue et la maraude électronique.

Le v?u que je vous présente aujourd?hui est en lien avec la volonté du Gouvernement enfin de mettre en place une "open data" et permettre une application taxi. Sauf que, où en sommes-nous ? Le Gouvernement, en créant cette "open data" nationale, c?est-à-dire une banque de données de la géolocalisation et de la disponibilité des taxis sur l?ensemble de la France, pour essayer de concurrencer justement les plateformes type Uber, Le Cab, Chauffeur Privé. Le problème est que dans cette "open data" nationale, le Gouvernement a, côté taxis, décidé de passer par les opérateurs agréés et les centrales d?appels pour l?inscription des taxis dans ce dispositif de géolocalisation.

Résultat : par exemple, si via la coopérative Alpha Taxis, les taxis associés peuvent s?inscrire gratuitement, d?autres opérateurs, comme par exemple la G7, comptent faire facturer 20 euros par mois pour chaque taxi. C?est-à-dire qu?un taxi, avant qu?il commence à travailler, est amené à payer, de manière très forte, à des centrales d?appels, ce qui pose finalement un problème assez équivalent à celui de "l?ubérisation".

Et côté usagers, comment cela se passe-t-il ? Certaines "applis" fonctionnent déjà, comme "Zaléou" de la R.A.T.P. ou "Tedycab", développée par Transdev pour la S.N.C.F., mais où en sommes-nous de l?appli "Paris Taxi" ? C?est l?objet en partie de mon v?u. Va-t-elle permettre réellement aux usagers de pouvoir, par le biais d?une "appli", se connecter et voir les taxis disponibles, ou bien est-ce que cela va être, comme visiblement on peut le voir sur Internet, au niveau de l?"appli" nationale, simplement une entrée où on a connaissance de l?ensemble des "applis" existantes ? Et pour conclure, Madame la Présidente de séance, comprenez que si nous voulons rivaliser avec Uber, nous avons besoin d?une application nationale publique et gratuite, et que l?application parisienne doit permettre un service direct pour les usagers, et aussi dans l?intérêt des taxis. Il n?y a pas eu de concertation depuis l?automne dernier. Une concertation urgente est nécessaire. Je voudrais savoir quel est le calendrier de la Ville.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci, Madame SIMONNET. M. NAJDOVSKI a la parole pour vous répondre.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci. La loi du 1er octobre 2014 relative aux taxis et véhicules de transport avec chauffeurs dite loi Thévenoud, prévoyait dans son article 1er la mise en place d'un registre national des disponibilités taxis. Suite au vote de la loi, une mission spécifique du Ministère de l'Intérieur, la mission Le taxi, a été chargée de la mise en place de ce registre connu également sous l'appellation "Open data taxis". Ainsi que vous le faites remarquer dans votre v?u, Madame la Conseillère, la mission ministérielle a fait le choix de ne pas mettre en place une plate-forme ouverte à tous, mais une plate-forme qui soit un agrégateur des taxis enregistrés auprès d?opérateurs privés agréés ou de centrales d'appels. L'enregistrement auprès du registre national sera ainsi, selon l'intermédiaire auprès duquel un chauffeur est abonné, soit gratuit, soit payant. La Ville de Paris a donc dû s'adapter à ce choix, et nous n'avons pu qu?en prendre acte pour relancer l'application Paris taxis. Nous avons toutefois réuni, à l'automne dernier, les représentants des taxis pour un comité technique spécifique consacré à la mise en place du registre national. Le choix effectué d'un registre qui soit un agrégateur des opérateurs privés agréés a été présenté. Afin de conserver une part accessible à tous, y compris pour les chauffeurs qui ne sont pas abonnés à une application ou à une centrale radio, la décision fut prise, lors de ce comité, de conserver la fonction "héler un taxi en station", qui figure dans l'application Paris taxis actuelle. Dans la version 2 de Paris taxis, qui sera lancée je l'espère d'ici un mois ou deux, selon le temps qui sera nécessaire pour écarter les "bugs" éventuels, et vous savez combien il est important d'éviter les "bugs" quand on veut avoir une application efficace, il sera possible de héler un taxi en mouvement. Ce taxi devra être affilié à un opérateur, ou bien on pourra héler un taxi en station, qui lui ne sera pas nécessairement affilié à un opérateur. Votre v?u demande que la Ville interpelle l'Etat pour mettre en place une application gratuite à visée non seulement nationale, mais également européenne, afin de s'opposer à la puissance internationale d?UBER. Si sur le fond nous sommes d'accord avec l'objectif que vous présentez, votre v?u, en réalité, équivaudrait à faire machine arrière, puisque l'Etat a publié la semaine dernière, le 21 mars, le décret instituant le registre national des disponibilités des taxis dans la version que je vous ai décrite. Il ne nous paraît donc pas opportun de voter un v?u qui s'oppose au registre national, alors que les représentants des taxis reconnaissent qu'il demeure vital de lancer ce même registre, y compris dans la formule retenue par l?Etat. En ce qui concerne la deuxième demande de votre v?u, que la Ville s?engage à se mettre en lien avec l'"Open data" pour une application publique et gratuite, ainsi que je vous l'ai dit, nous avons fait le choix de conserver la fonction "Héler un taxi en station", qui garantira la gratuité. En revanche, nous pensons qu?il faut avancer, y compris dans la formule imparfaite choisie par l'Etat. Pour l'ensemble de ces raisons, je vous propose de retirer votre v?u. Nous partageons votre ambition, mais devons composer avec les choix faits par l'Etat et nous pensons que l?urgence est que les taxis puissent disposer au plus vite du service rendu par le registre national.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Madame SIMONNET, retirez-vous votre v?u ?

Mme Danielle SIMONNET. - Non, même si je suis ravie que Paris souhaite vraiment mettre en place cette application. Je souhaite vraiment qu'il y ait une réunion de concertation avant la dernière phase test et également qu'il y ait une communication extrêmement forte pour que tous les usagers puissent s'y retrouver dans l'intérêt du développement des taxis.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 109, avec un avis défavorable de l'Exécutif. Une explication de vote de M. VESPERINI.

M. Alexandre VESPERINI. - Merci, Madame la Maire. Ce débat est surréaliste, à l'heure d'Internet on propose de réinventer le minitel. C'est un peu l'impression que j'ai. Mme SIMONNET parle d?une application gratuite et de relancer une application qui s'appelle Paris taxis. J'ai déjà eu l'occasion de le dire dans cette enceinte, cette application coûte des centaines de milliers d'euros aux contribuables, pour un résultat lacunaire, voire inexistant dans la mesure où ni les chauffeurs de taxis, ni les clients ne plébiscitent cette application. Les chauffeurs de taxis ne veulent pas en entendre parler parce qu'ils sont très attachés à la maraude, et ils ont raison parce qu?ils... Historiquement, c?est cela. Ensuite, les clients n'en veulent pas, puisque?

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Concluez !

M. Alexandre VESPERINI. - ? puisqu?ils ne veulent pas ouvrir une application pour savoir où il y a des bornes de taxis. Ils veulent ouvrir une application pour qu?on leur dise quand leur taxi, leur véhicule de tourisme avec chauffeur arrivera. Nous ne voterons pas ce v?u, qui nous paraît véritablement? autant réintroduire la diligence ou la calèche d'Etat. En réalité, en entendant ce v?u et les discussions qui touchent ce v?u, on se rend bien compte qu?au lieu de vouloir s'accrocher à cet "Open data", on devrait plutôt créer des UBER à la française, des UBER français. Cette question n'a absolument pas été évoquée, c'est bien dommage. Donc, nous ne voterons pas ce v?u.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur VESPERINI.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 109, avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Absentions ? Le v?u est rejeté.