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Mars 2016
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe PCF-FG relatif aux comités de soutien aux 8 de Goodyear.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2016


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen du v?u n° 71 relatif aux comités de soutien aux 8 de Goodyear. Je donne la parole à Didier LE RESTE, pour deux minutes maximum.

M. Didier LE RESTE. - Merci, Madame la Maire.

D'aucuns considéreront que ce v?u n'a pas sa place dans ce Conseil. Cet argument, souvent, cache un malaise, une gêne. Pour notre part, nous estimons au contraire qu'au regard de la gravité de la situation qui est évoquée dans ce v?u, en notre qualité d'élus de la République, nous nous devons de l'évoquer et de nous positionner. C'est d'ailleurs ce qu?ont fait à ce jour de nombreuses villes.

De quoi s'agit-il ? Face à la multinationale Goodyear, les salariés, après des années de lutte contre les restructurations et le manque d'investissement dans l'appareil de production ont, fin 2013, après avoir fait des propositions alternatives rejetées, utilisé les moyens à leur disposition pour s'opposer à la fermeture de leur usine, à la casse de leurs emplois et au licenciement de 1.142 salariés : blocage des stocks de l?usine et rétention suite à une rencontre de cadres de l'usine pendant 30 heures à l'issue desquelles ils ont pu repartir, comme ils l'ont reconnu sans problème. Des plaintes ont été déposées, mais la direction de l'usine a retiré la sienne, et les deux dirigeants concernés ont fait de même. C'était sans compter sur le Parquet, sur le Procureur de la République qui a poursuivi et condamné les salariés à 24 mois de prison avec sursis dont 9 mois ferme. Pour des faits similaires, c?est du jamais vu dans l'histoire sociale de notre pays. Rappelons au passage que le candidat HOLLANDE s'était déplacé sur le site d'Amiens Nord, le 14 octobre 2011, pour soutenir la lutte des Goodyear. Cette décision qui confine à un acharnement insupportable a provoqué de l?émoi, de la colère, de la solidarité et des mobilisations. On ne peut pas d'un côté encenser les patrons, notamment le grand patronat, comme le font Manuel VALLS et Emmanuel MACRON en passant sous silence les délocalisations et leurs conséquences, la casse des emplois, le développement de la précarisation de l'emploi, la violence des fermetures d'usines qui détruisent des territoires et des familles avec des suicides à la clef, et de l'autre, intimider, sanctionner, condamner les salariés qui se battent avec leurs moyens pour leurs droits et leurs emplois. Ce sont les fondements même de notre démocratie qui sont atteints lorsque les libertés syndicales sont attaquées de la sorte. Le syndicalisme n?est pas un crime, c?est un élément constitutif de la démocratie sociale. C?est en ce sens qu'en tant qu?élus de la République, nous sommes interpellés et en responsabilité. Nous devons manifester notre soutien, notre solidarité pour exiger la relaxe des militants syndicaux de Goodyear, a fortiori si le jugement devait rester en l'état, il ne manquerait pas de peser négativement dans les procès en cours visant des dizaines de militants syndicaux, notamment ceux d'Air France par exemple. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - La parole est à Pauline VÉRON pour vous répondre.

Mme Pauline VÉRON, adjointe. - Mes chers collègues, c'est l'opportunité de rappeler l'attachement de l'Exécutif parisien à la liberté syndicale dans notre pays. Il s'agit d'une liberté constitutionnellement protégée, comportant de grandes dimensions. Elle vise d'abord la liberté individuelle de défendre ses droits et ses intérêts par l?adhésion au syndicat de son choix. Elle vise la liberté collective de créer un syndicat professionnel. Dans votre proposition, vous souhaitez que le Conseil de Paris exprime son soutien aux syndicalistes mis en cause, tout comme l'ont fait les 170.000 signataires de la pétition nationale, ainsi que les manifestants du 4 février, place de la Nation. Sur le principe de rappeler notre soutien à des syndicalistes mis en cause, j'émettrais un avis favorable. Toutefois, je souhaiterais amender votre v?u, puisqu?il s'agit du soutien des élus de Paris, je donnerais un avis favorable sous réserve de l'adoption d'un amendement au troisième alinéa supprimant la demande de facilitation des demandes de soutien qui pourraient être formulées par le comité de soutien, afin de respecter le principe d'égalité devant le service public. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Ces amendements sont-ils ils acceptés ?

M. Didier LE RESTE. - Oui.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 71 ainsi amendé, avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Absentions ? Le v?u amendé est adopté. (2016, V. 80).