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Mars 2016
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants relatif à la lutte contre le harcèlement de rue.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le v?u référencé n° 27 est relatif à la lutte contre le harcèlement de rue, et c?est Didier GUILLOT qui a la parole, pour deux minutes.

M. Didier GUILLOT. - Madame la Maire, mes chers collègues, "le harcèlement de rue, c?est notre quotidien". Cette phrase, nous l?avons tous entendue de très nombreuses femmes. L?expérience répétée, le harcèlement de rue n?est pas aussi banal qu?il en a l?air. En effet, les femmes vivent fréquemment des agressions verbales ou non-verbales, à connotations sexuelles, dans les espaces publics qu?elles traversent comme la rue ou les transports. Il peut prendre des formes très diverses, allant de sifflements ou de commentaires sur le physique, jusqu?à des injures ou des gestes punis par la loi. C?est cette inconnue croisée une fois, ou plusieurs.

Trop longtemps, les politiques publiques, mais également nous, citoyens, sommes restés indifférents face à cela, considérant ce harcèlement dit "de rue" comme anodin, voire banal. Alors, les femmes ont appliqué des stratégies défensives et intériorisé des comportements. Je pense notamment à celles qui ont délaissé l?espace public à certaines heures notamment de la nuit. Elles culpabilisent parfois, elles ont honte souvent et elles ont peur ordinairement.

Ainsi, alors que les femmes occupent peu à peu tous les espaces, qu?ils soient professionnels, politiques ou publics, les inégalités demeurent. C?est pour mettre fin à cette situation que nous devons agir. Rien n?est immuable, et surtout, aucune fatalité ne plane sur la tête des Parisiennes dans nos rues.

Quelques jours après la journée internationale des droits des femmes, le groupe RG-CI a souhaité rappeler à notre Assemblée tout le rôle que nous pouvons avoir pour agir sur l?égalité femmes-hommes. Le harcèlement de rue joue un rôle non négligeable dans la formation de la peur que les femmes peuvent ressentir dans les espaces publics. Il convient donc de sensibiliser, et de sensibiliser à tous les niveaux, les plus jeunes d?abord. L?école, en tant qu?instance de socialisation primaire, au même titre que la famille, joue un rôle primordial dans la transmission des normes et des valeurs.

C?est pourquoi nous pensons qu?il est nécessaire de sensibiliser dès le plus jeune âge à la question du harcèlement de rue. Mais la sensibilisation doit être plus large, en direction de toute la société en général : les victimes, les témoins, les proches des victimes. Collage d?affiches, distribution de tracts, conférences, tout est bon pour interpeller, faire agir et réagir. C?est pourquoi, par notre v?u, nous demandons à la Ville de Paris de développer une exposition mobile de sensibilisation au harcèlement de rue, à l?image de celle qui était il y a quelques semaines dans le hall de la mairie du 18e notamment, qui puisse être déployée dans divers espaces : universités, structures culturelles, espaces publics extérieurs. Je vous en remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à Mme Hélène BIDARD, pour vous répondre.

Mme Hélène BIDARD, adjointe. - Je veux d?abord vous remercier d?attirer l?attention du Conseil de Paris sur cette question grave du harcèlement de rue. Vous avez rappelé ce en quoi cela consistait, et bien que ces actes soient souvent considérés comme anodins, ils constituent en fait des rappels à un ordre social sexué qui permet en définitive de reproduire une idée qui associe les femmes à l?espace privé et les hommes aux espaces publics, et s?inscrivent donc dans un continuum de violences que les femmes subissent.

Des enquêtes ont été menées, révélant que dans la rue, les femmes, et spécialement les jeunes femmes, mettent en place des stratégies d?évitement et de défense face à cela, et en 2014, un sondage révélait que 85 % des Parisiennes pensaient qu?elles ne bénéficieraient d?aucune aide si elles se faisaient publiquement agresser dans les transports en commun.

Nous avons déjà été interpellés sur ce sujet-là, notamment - Pauline VÉRON s?en rappelle - par le Conseil parisien de la jeunesse, mais également, avec Marie-Christine LEMARDELEY, par le conseil étudiant, et la réponse de la Ville de Paris est multiple, puisque nous avons commencé à travailler par exemple avec des partenaires pour l?élaboration d?une campagne contre le harcèlement de rue qui sera, je vous l?annonce, prévue à l?automne. Et donc, j?espère que nous pourrons la décliner comme vous le souhaitez.

Nous travaillons ainsi avec des associations comme la plate-forme "Genre et ville", le collectif "Stop harcèlement de rue", le "Collectif contre le viol", "Osez le féminisme" notamment. Cette campagne va mêler des actions de communication et de sensibilisation en direction des hommes et des femmes, mais également la création d?un label des commerces et des lieux festifs accueillants et le développement de marches exploratoires dans plusieurs arrondissements, et donc, pourquoi pas également une convention d?interdiction des publicités sexistes sur les panneaux Decaux, avec la R.A.T.P. et la S.N.C.F. notamment.

En conséquence, je vous invite à retirer votre v?u et vous remercie beaucoup de nous permettre ainsi de faire ces quelques annonces.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Le v?u est-il maintenu, Monsieur GUILLOT ?

M. Didier GUILLOT. - Il est donc retiré, et merci pour toutes ces informations.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Je ne le mets donc pas aux voix, puisqu?il est retiré. Je vous en remercie.