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Mars 2016
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif à la réforme des conservatoires. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Les v?ux n° 82 et n° 82 bis sont relatifs à la réforme des conservatoires. Et nous revenons à Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - C?est un sujet dont nous avons déjà débattu, et qui d?ailleurs est dans la suite du débat que nous avons pu avoir au précédent Conseil sur votre volonté de supprimer les cours individuels d?instruments de musique dans les centres d?animation.

Je vois M. JULLIARD qui opine de la tête, mais pourtant, Monsieur JULLIARD, dans les centres d?animation, vous ne souhaitez plus qu?il y ait ces cours individuels d?apprentissage des instruments de musique et vous voulez les transformer par une pédagogie, comment savez-vous le dire ? Adaptée en petits groupes ou plutôt pédagogie individualisée en petit groupe.

Et, dans les conservatoires, c?est pareil, on est dans la même situation. On a besoin, surtout dans les premières années, de l?apprentissage des instruments de musique, d?avoir ces cours individuels. Car la pédagogie du collectif est adaptée pour beaucoup d?enseignements, mais comprenez qu?un cours en petit groupe à plusieurs sur certains instruments, ce n?est juste pas possible. Quand vous discutez avec les enseignants et les professionnels, ils vous l?expliquent.

Si on souhaite démocratiser l?accès des conservatoires, et je sais que c?est notre volonté ici, eh bien on poursuit et on amplifie l?augmentation des capacités d?accueil. On augmente et on continue de créer des conservatoires, ce qui a d?ores et déjà été fait dans les précédentes mandatures. Puis en même temps, on accentue le travail de sensibilisation le plus en amont. Et d?ailleurs on engage une amélioration des conditions de l?entrée dans l?apprentissage des instruments de musique, aussi dans les centres d?animation, pour donner envie d?aller dans les conservatoires.

Je pense qu?il est tout à fait important de ne pas engager une réforme sans une réelle concertation. Donc, là aussi, je vais vous voir opiner de la tête, mais la concertation, cela ne veut pas dire : discussion en petits groupes avec certains et pas avec d?autres. Cela veut dire : on se met autour de la table avec l?ensemble des acteurs. Oui, Monsieur Mao, je dois conclure?

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Monsieur PENINOU, s?il vous plaît, autrement je vous appelle Madame Danielle !

Mme Danielle SIMONNET. - Je vous vois bien et je vais conclure.

C?est comme cela qu?on l?appelait dans les mouvements étudiants, excusez-nous !

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - C?est cela, oui?

Mme Danielle SIMONNET. - Je souhaite donc que vous renonciez à cette réforme. Vous savez que prochainement, en avril, il va y avoir une très grande assemblée générale, pas simplement des enseignants des conservatoires?

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Il faut conclure quand même !

Mme Danielle SIMONNET. - ? mais également des intervenants dans les centres d?animation. Entendez cette contestation, remettez tout sur la table pour que la discussion ait lieu avec l?ensemble des professionnels bien mieux placés pour en décider.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à M. Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Je vais faire très bref parce que, en réalité, l?essentiel des éléments de réponse, je les ai d?ores et déjà apportés à l?intervention de tout à l?heure lors des questions d?actualité du groupe les Républicains, qui malheureusement avaient la même tonalité que votre intervention, Madame SIMONNET.

L?ambition que nous avons pour l?éducation musicale à Paris est double. Je l?ai dit tout à l?heure : augmenter l?offre d?éducation musicale d?abord, d?où l?augmentation du nombre de places dans les conservatoires, et ensuite diversifier le profil des élèves dans un souci d?une meilleure représentation sociale des jeunes élèves parisiens.

Nous avons plusieurs ambitions, plusieurs outils pour arriver à ces résultats que je ne redéveloppe pas : la sensibilisation musicale à l?école, les partenariats avec les acteurs du champ social et de l?enseignement musical, notamment les centres d?animation mais pas uniquement, ou encore la diversification des cursus au sein même des conservatoires. Ce qui me permet simplement de dire un mot sur cette question de la pédagogie. Je trouverais regrettable que, pour des questions politiciennes, de la même manière qu?il est impossible dans notre pays d?avoir un débat sur la pédagogie à l?école parce que ce débat est systématiquement privatisé pour des ambitions politiciennes, nous ne laissons pas faire ceux qui sont les spécialistes, à savoir les pédagogues. Il y a des chercheurs, il y a des chaires à l?université qui s?occupent de ces questions de pédagogie et d?enseignement, je ne comprends pas pourquoi on voudrait absolument politiser ce point-là. Et je citerai un exemple. Avec mépris, vous parlez de la pédagogie individualisée en petits groupes, mais j?ose à peine le dire, parce que vous l?avez dit avec mépris, tout comme tout à l?heure le représentant du groupe les Républicains, mais il se trouve que, dans les conservatoires, les enseignants sont eux-mêmes les professionnels, c?est eux les pédagogues et pas vous, ce n?est pas moi. C?est eux qui savent comment bien enseigner à un élève en conservatoire. Il se trouve que c?est eux-mêmes qui préfèrent organiser un cours avec deux ou trois élèves d?une heure ou une heure et demie, plutôt qu?une succession de 30 minutes avec un seul élève. Ce n?est pas quoi qui le décide, ce n?est pas moins cher, ce n?est pas pour faire des économies, c?est parce qu?ils considèrent qu?un enfant progressera plus au contact d?autres enfants et que c?est ainsi que l?on pourra permettre un meilleur apprentissage de la musique, notamment dans les conservatoires. C?est la raison pour laquelle je vous propose de faire confiance aux professeurs et aux pédagogues.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - J?imagine que vous ne retirez pas votre v?u, Madame SIMONNET ?

Mme Danielle SIMONNET. - Il y a un scoop ! Non, je ne retire pas mon v?u. Bien évidemment je n?ai pas été convaincue.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Pour une explication de vote du groupe les Républicains, la parole est à M. Pierre-Yves BOURNAZEL.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur JULLIARD, je ne pense pas que Mme SIMONNET cherche à politiser mais à aborder un sujet, qui est un sujet qui revient de la part de nombreux Parisiens qu'ils soient parents ou qu?ils soient simplement des enfants, et pourquoi pas écouter effectivement les professionnels, les enseignants, qui eux ne sont pas d?accord avec votre propos. Savoir écouter et respecter des hommes et des femmes qui au quotidien sont engagés dans les conservatoires, ce n?est pas un problème. Au contraire, c?est une solution pour prendre les bonnes décisions.

Je rappelle que notre groupe est attaché à trois points : d?abord ne pas réduire les cours individuels auxquels les uns et les autres sont légitimement attachés ; ne pas réduire non plus les cours dans les conservatoires au profit d?heures évidemment dans les écoles au titre des A.R.E. ; et ne pas interdire à des élèves de s?inscrire dans deux disciplines.

Je crois qu?à partir de ces trois idées, on peut construire une politique en matière d?équipements culturels de qualité et de proximité, une politique solide et fiable dans la durée et dans l?intérêt de tous les Parisiens.

Laissez-moi conclure sur un point, il y a aussi une autre priorité. Je suis élu du 18e arrondissement. Cette extension du conservatoire, c?est pour quand ? Des centaines de familles qui sont refusées chaque année, cela ne vous touche pas ? Cela ne vous fait rien ? Quand est-ce que la Ville de Paris va avoir une vraie politique crédible de soutien à nos conservatoires ? Est-ce qu?au fond vous aimez nos conservatoires, ces équipements culturels de proximité ? Ou est-ce que vous préférez au fond toujours les grands mastodontes et donner plus à ceux qui ont déjà beaucoup ?

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Allez, vous n?avez qu?une minute avec un discours serein. Merci. La parole est à Mme Raphaëlle PRIMET pour une explication de vote du groupe Communiste.

Mme Raphaëlle PRIMET. - On votera le v?u de l?Exécutif, bien qu?il reste pour nous encore généraliste. Il redonne des objectifs que nous partageons. Il y a des phrases qui rassurent, comme sur la question des cours collectifs qui viennent en complément et en aucun cas en substitution des filières d?apprentissage individuel. On est rassuré aussi sur le fait que cette réforme soit envisagée d?une manière globale, c?est-à-dire en tenant compte de l?enseignement musical dans son ensemble, et donc y compris avec les centres d?animation. Il est redit et affirmé qu?il n?y aura pas de diminution des moyens et que des moyens budgétaires ont déjà été engagés. Donc, pour le moment, nous restons positifs. On jugera sur pièce au terme des concertations. Et je me demande, vu que cette question revient à tous les Conseils et que c?est une question qui passionne, dans quelle mesure on ne devrait pas avoir ici dans cette enceinte un débat organisé avec des professionnels aussi qui pourraient venir nous en parler.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Sur la pédagogie et le passage des précepteurs à l?Education nationale, cela me semblerait intelligent, en effet.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 82 avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le v?u est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 82 bis de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ? Le v?u est adopté. (2016, V. 86).