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Mars 2016
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe UDI-MODEM relatif au risque de crue centennale.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le v?u n° 99 est relatif aux risques de crue centennale. Monsieur POZZO di BORGO, vous avez la parole.

M. Yves POZZO di BORGO. - Pendant 15 jours, nous avons eu des exercices grandeur nature pour tester la capacité de Paris à gérer une inondation du type de celle de 1910, et tous les experts sont d?accord : la question est non pas de savoir si une crue centennale se produira, comme à Prague, d?ailleurs, mais quand elle se produira. Plusieurs rapports, notamment un rapport de l?O.C.D.E., indiquent qu?une crue pourrait être évaluée et nous coûter plus de 40 milliards d?euros.

Le plan "Orsec" de la zone de défense et de sécurité de Paris, le plan "Neptune" du Ministère de la Défense prévoient l?organisation des secours, plutôt que la mise en place d?un dispositif de protection en amont. Nous sommes, et d?ailleurs, les exercices qu?il y a eu pendant 15 jours, ont été plutôt? Nous sommes dans la gestion immédiate de la crise, alors que le véritable enjeu, c?est la prévention.

Et la prévention, c?est l?Etablissement public territorial du bassin Seine Grands Lacs, qui élaborait, dès 2001, le projet de barrage de La Bassée, en amont de la capitale, à la confluence de l'Yonne et de la Seine. Il prévoit dix gigantesques casiers capables de stocker 55 millions de mètres cubes d?eau. Ce système, dont le coût est évalué à 500 millions d?euros, permettrait de faire baisser le niveau de l?eau de 50 centimètres, sachant qu?il suffit d?un centimètre de trop pour qu?un fleuve déborde.

L?esprit de mon v?u, c?est de rappeler à la Mairie de Paris qu?il faudrait qu?elle reprenne un peu l?initiative dans ce dossier, parce que si on avait eu à l?époque l?intelligence de mettre 25 à 30 millions d?euros chaque année, le problème serait réglé maintenant. Cela n?a pas été fait, et l?esprit de mon v?u, c?est de dire : "Ecoutez, la Ville de Paris, vous êtes les premiers concernés, vous avez 50 % de parts dans l?Etablissement public territorial de la Seine". C?est un petit peu l?esprit de ce v?u. Est-ce que Paris va se bouger sur ce dossier et ne pas se contenter de mettre des sacs de sable devant le métro ?

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Madame BROSSEL ? Madame BLAUEL, pour les sacs de sable.

Mme Célia BLAUEL, adjointe. - Eh oui, c?est un travail tout à fait conjoint sur cette question de la crue, et je dirais que c?est un plaisir, à la fois pour Mme BROSSEL et moi, de partager ce sujet. Mais sur la forme, Monsieur POZZO di BORGO, vous dire quand même que c?est un peu désagréable de se voir donner des leçons depuis plusieurs semaines, que ce soit dans la presse ou ici, au Conseil de Paris, d?autant que c?est un sujet qui nous occupe fortement, et pas que pendant l?exercice de crue.

Est-ce que je peux juste expliquer ?

Et quand je dis "nous", je parle effectivement de Colombe BROSSEL, mais aussi du Préfet, ou plutôt, devrais-je dire, des préfets, puisque c?est à la fois le Préfet de police et le Préfet de Région, qui est Préfet de Bassin, qui est mobilisé sur cette question, et moi-même. Mobilisés tant sur les dispositifs de prévention parmi lesquels les dispositifs de prévention physiques que sont les Grands Lacs, j?y reviendrai, mais aussi sur la question de la gestion de la crise, ou plus globalement encore sur la construction d?une ville plus résiliente, puisqu?effectivement, vous l?avez dit : cet événement climatique extrême qu?est la crue pèse fortement sur notre ville.

Ayant dit cela, je voulais apporter deux éléments de précision par rapport à votre v?u, d?abord sur le projet de la Bassée en tant que tel, pour rappeler à notre Assemblée qu?il s?agit d?un dispositif qui vise effectivement à compléter le dispositif de protection existant, qui est composé de quatre lacs réservoirs et des batardeaux anti-crue, et dont l?objectif est de temporiser les débits à l?aval de la confluence de la Seine et de l'Yonne. Ce n'est pas exactement la même fonction que nos quatre grands lacs réservoirs. Un tel dispositif permettrait d?abaisser le niveau du plan d?eau à Paris en cas de crue de 20 à 60 centimètres selon les lieux dans Paris intramuros, ce qui n?est pas tout à fait ce que vous avez dit.

Et vraiment, je souhaitais préciser qu?il ne faut pas laisser entendre que même si on avait ce dispositif, un tel ouvrage permettrait d?effacer tous les effets de la crue centennale. C?est faux. Je crois qu'il faut sortir de ce mythe de l'homme qui maîtrise la nature, croyez-moi, c'est fini.

Deuxième élément important : je ne peux pas vous laisser entendre dire que la Ville s'est engluée faute de volonté politique dans ce dossier, ce n'est pas vrai. Je vais répéter ce que M. le Préfet et Mme BROSSEL ont dit lors des questions d'actualité.

Nous avons lancé, dès 2012, le projet du site pilote du casier de La Bassée, qui prévoit un budget conséquent : pour avoir un retour d'expérience et les enseignements nécessaires pour la conception du projet, pour mieux connaître l'efficacité hydraulique de ce projet et avoir des éléments concrets de réponse en matière de fonctionnement.

Des études en parallèle sont lancées dans le cadre du contrat de plan État-Région, notamment sur les alternatives possibles. C'est un projet sur lequel il peut y avoir des alternatives possibles en matière environnementale. Il nous faut tous ces éléments pour aller plus loin sur ce dossier.

Je vous le dis, le Préfet vous l?a dit au moment de la question d?actualité, le Secrétaire d'Etat en charge du dossier vous a aussi répondu et en plus, on vous dit tous les trois la même chose, c'est merveilleux ! Il n'y a donc aucune raison que la Maire de Paris reprenne le "leadership" de manière particulière sur cette question, d'autant que nous avons un travail coordonné, constructif avec nos homologues, que ce soit au sein de l?E.P.T.B. Seine Grands Lacs, avec le futur V.P. Métropole en charge de la GEMAPI ou avec la Région et les préfets. Pour toutes ces raisons, je vous demanderai de retirer votre v?u. Dans le cas contraire, je donnerai un avis défavorable.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je sens que vous ne retirez pas, Monsieur POZZO. Vous maintenez ?

M. Yves POZZO di BORGO. - Cela fait 15 ans que la Ville de Paris met des sacs de sable devant les sorties de métros, et c'est ridicule. Je dis que vous avez tort de ne pas faire. Je maintiens donc ce v?u, car entre le Ministre et vous, vos réponses sont caricaturales !

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous avons une explication de vote du groupe Communiste. La parole est à M. Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Monsieur le Maire. Mon cher collègue POZZO di BORGO, je partage vos préoccupations, mais nous ne voterons pas votre v?u, parce que vous m'avez entendu tout à l'heure, j'ai interpellé M. le Préfet sur le sujet, et mon point de vue n'est pas le même que le vôtre. Ce n'est pas à Paris de prendre le leadership. On a un débat au sein de cet établissement interdépartemental sur l'évolution du statut de l?Etablissement. Je suis plutôt pour que l'État prenne ses responsabilités et pas seulement Paris. La question que j'ai posée cet après-midi à M. le Préfet était une question sur la nécessité d'une politique d'investissement à contresens des politiques d'austérité. Je voudrais vous entendre sur ce sujet, c?est se dire à un moment donné qui va financer. Je ne partage pas non plus votre point de vue, car vous mettez la Métropole dans la boucle. Oui la Métropole a compétence GEMAPI, mais elle n'a pas les financements, et je ne crois pas aujourd'hui que la Métropole sera en capacité de mettre 600 millions d'euros pour financer l'intégralité du projet. J'en appelle plutôt à l'État, à la responsabilité notamment du Préfet de Région dans le cadre du plan contrat État-Région, et donc j'en saisis Mme PÉCRESSE, puisque votre groupe participe à l?Exécutif régional maintenant, pour regarder de près aussi ces financements. Nous ne voterons pas votre v?u, mais je partage pleinement votre préoccupation pour que le projet de La Bassée soit réalisé.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 99, avec un avis défavorable de l'Exécutif, tout en précisant que cela ne tranche pas le débat sur l?homme qui maîtrise la nature ou pas.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ? Le v?u est rejeté.