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Mars 2016
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Conseil Municipal
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I - Question d'actualité posée par le groupe les Républicains à Mme la Maire de Paris relative à la réforme des conservatoires.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2016


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question d?actualité, la première question prévue, celle qui est posée par le groupe les Républicains.

Madame la Présidente du groupe, qui pose la question ? La parole est donc à M. HODENT.

M. Thierry HODENT. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, je vais aujourd?hui vous parler de la réforme des conservatoires et aussi des chamboulements dans les centres d?animation.

Madame la Maire, vous n?avez plus de politique d?enseignement musical pour Paris. Les professionnels, artistes intervenant en milieu scolaire, professeurs en conservatoire et parents d?élèves s?inquiètent. Et ils ont raison.

Nous demandions une concertation sur l?enseignement musical à Paris en général, et sur la réforme des conservatoires en particulier. Nous avons aujourd?hui un comité de pilotage qui donne dans ses conclusions les axes fixés par l?Exécutif, décryptant vos objectifs.

L?Exécutif dit qu?il veut développer de nouvelles filières, en démocratisant l?accès aux conservatoires, en favorisant l?accueil des adolescents, en accompagnant les pratiques contemporaines de la musique, et enfin en favorisant l?innovation pédagogique.

Au-delà d?un vocabulaire des années 1970, il faut comprendre des intentions bien réelles de remplacer les cours individuels par des filières collectives, d?interdire aux élèves de pratiquer deux disciplines pour réduire les coûts. Or, les cours collectifs sont utiles, mais ils existent et ne peuvent remplacer les cours individuels.

Une fois de plus, Mme la Maire privilégie l?affichage à l?efficacité.

L?Exécutif dit qu?il veut mettre en place un plan d?éveil musical en démocratisant l?accès à l?enseignement artistique et en co-bâtissant un nouveau parcours d?éducation musicale entre le conservatoire et l?école. Il faut comprendre : annuler des cours dans les conservatoires pour les remplacer par des heures dans le cadre de la réforme des A.R.E. ou des rythmes scolaires.

Une fois de plus, Mme la Maire privilégie le quantitatif par rapport au qualitatif.

Enfin, l?Exécutif dit qu?il veut développer les partenariats en donnant une visibilité et une complémentarité à l?offre des conservatoires et en élargissant l?offre de ces conservatoires à des publics éloignés. Il faut comprendre : réduire le magistère supposé illégitime par l?Exécutif des conservatoires sur l?enseignement musical et confier la politique d?enseignement musical au tout-venant.

Une fois de plus, Mme la Maire privilégie l?idéologie à l?intérêt des Parisiens.

Autre sujet : les centres d?animation. Oui, nous associons les deux sujets, contrairement à vous qui avez volontairement divisé les deux sujets, puisque c?est Pauline VÉRON qui pilote les cours de musique dans les centres d?animation. Nous vous le redisons ici, nous aurions tant aimé voir Bruno JULLIARD se saisir de l?ensemble de ce dossier, et ce, dans un souci de cohérence et d?ambition qui manque cruellement à l?ensemble de votre politique. Les Parisiennes et les Parisiens auront donc la possibilité d?expérimenter un enseignement musical inédit en centres d?animation, et d?ailleurs celui d?une pédagogie innovante individualisée en petit groupe. Comme nous l?avions déjà souligné et comme l'a relayé un article du LAB, cela est surtout funeste car ce n?est pas la musique qui sera enseignée à tous, mais bien un nivellement par le bas généralisé. La conséquence encore une fois est une anti-mixité sociale puisque les usagers des centres d?animation qui pourront se le permettre migreront vers l?enseignement musical privé. Notre question sera donc : quelles sont vos intentions réelles par rapport à l?enseignement musical à Paris ? Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Alors, la parole est à M. Bruno JULLIARD pour répondre. Et attention, la citation du LAB en Conseil de Paris mérite qu?on s?y arrête un instant.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Elle mérite une réponse circonstanciée. L?Exécutif parisien, sous votre impulsion, Madame la Maire, s?est engagé dans une réforme ambitieuse et exigeante des conservatoires de musique parisiens. D?ailleurs, bien au-delà des conservatoires, c?est le service public d?éducation musicale que nous souhaitons moderniser. Notre ambition est double. D?abord satisfaire la demande des familles toujours plus nombreuses, en augmentant significativement l?offre d?enseignement musical à Paris.

Deuxième objectif : la diversification du profil des élèves accueillis au sein des conservatoires municipaux puisque nous ne pouvons pas nous satisfaire que seuls un peu plus de 10 % des élèves des conservatoires soient issus des QF1, 2 ou 3, c?est-à-dire des familles les plus défavorisées. Nous souhaitons que, quels que soient les usages, les pratiques culturelles des familles, des parents, les enfants puissent aussi bénéficier d?une éducation musicale de qualité.

Alors comment faire ? Nous souhaitons la construction, l?émergence d?un grand service public de l?éducation musicale à Paris. D?abord, par la mise en place d?un plan d?éveil musical à l?école pour tous les enfants. Nous avons tous les dispositifs, toutes les forces, toutes les bonnes volontés pour mettre en place ce plan d?éveil universel pour tous les petits Parisiens. D?abord en conjuguant évidemment l?effort des conservatoires, et d?ailleurs c?est sous l?impulsion des deux premiers mandats de Bertrand DELANOË, puis de ce mandat-là que nous allons augmenter massivement le nombre de places dans les conservatoires, puisque nous allons en ouvrir encore pendant cette mandature 3.000 supplémentaires avec l?ouverture de deux conservatoires rénovés. C?est en conjuguant l?effort des conservatoires, avec l?investissement des P.V.P. musique dans les écoles, avec ce que nous avons mis en place dans le cadre de l?aménagement des rythmes éducatifs et les nombreux ateliers, chorale à l?école ou encore orchestres. Le lien avec l?ensemble des orchestres que nous soutenons à Paris, je pense notamment à l?orchestre de Paris ou la Philharmonie?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Monsieur MENGUY, le petit bruit de fonds un peu désagréable, si vous pouviez nous l?éviter, on s?en porterait tous beaucoup mieux. Et on va écouter Bruno JULLIARD qui a une voix mélodieuse.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Madame la Maire.

Nous nous appuierons également?

Monsieur MENGUY, souffrez que je vous réponde, cela ne sera pas long !

Je n?en doute pas. Vous voyez d?ailleurs ma joie sur mon visage !

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Et la mienne !

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Nous nous appuierons également sur le tissu associatif d?éducation musicale particulièrement important à Paris, mais également sur les centres d?animation pour mettre en place ce plan d?éveil musical universel pour l'ensemble des jeunes enfants parisiens.

A partir de ce plan d?éveil musical, nous souhaitons que, quelles que soient les envies, les passions naissantes des enfants, nous puissions leur offrir une poursuite d'éducation musicale. Cela pourrait être le cas dans les conservatoires, dans les centres d'animation. Cela pourrait être le cas encore avec les P.V.P. à l'école ou alors grâce aux associations musicales dans les différents arrondissements. Nous mettrons en place les partenariats nécessaires avec toutes ces structures pour la poursuite de l'éducation musicale pour le plus grand nombre d'enfants ou d'élèves parisiens.

Troisième axe : l'évolution des offres et des pédagogies, notamment dans les conservatoires. En effet, avec le développement des cours collectifs - mais je voudrais tordre le cou à une rumeur que vous alimentez à chaque Conseil de Paris, malgré le fait que je vous démontre que ce n'est pas le cas - lorsque nous amplifions le nombre de cours collectifs dans les conservatoires, cela ne se fait jamais au détriment des cours individuels, mais toujours en addition et en supplément des cours individuels dans les conservatoires. Quant à la suppression des cours individuels de musique dans les centres d'animation, je vous ai déjà indiqué qu'il n'y avait aucun lien avec la réforme des conservatoires. En revanche, comme nous nous y sommes engagés dans un comité de pilotage précédent, nous souhaitons, en effet, renforcer les liens entre les centres d'animation, le contenu de leurs cours d'éducation musicale et les conservatoires de musique pour qu?en effet, l'offre soit cohérente et que l'ensemble des attentes des élèves, mais également des parents et des familles, puissent se voir apporter une réponse, soit dans les centres d'animation, soit dans les conservatoires ou même dans les associations d'éducation musicale. Je conclurai en parlant de méthode, en vous disant que nous avons lancé une soixantaine d?expérimentations, mis en place un comité de pilotage. Je m'étonne, Monsieur HODENT, que vous soyez victime d'une sorte de dédoublement de votre personnalité. Dans ces comités de pilotage, systématiquement, vous-même qui êtes présent, assidu d'ailleurs, vous louez non seulement le contenu, mais également la méthode, vous lancez systématiquement un satisfecit aux professeurs des conservatoires, aux directeurs des conservatoires quant au travail réalisé. Puis, lorsque vous arrivez en Conseil de Paris, je ne sais par quel miracle vous souhaitez transformer cette réforme et ce Conseil de Paris en un théâtre d'opposition qui m'apparaît assez inopportun. Si nous souhaitons ensemble relever le défi qui est celui d'une éducation musicale de qualité pour tous, on a besoin de toutes les volontés et j'espère compter sur la vôtre.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Bruno JULLIARD.

Monsieur HODENT, vous souhaitez redire un mot ?

M. Thierry HODENT. - Oui. Merci, Monsieur le premier adjoint, de votre réponse qui ne me satisfait que partiellement. Bien évidemment, je participe au comité de pilotage avec vous. Ceci dit, tout le monde peut progresser et je souhaite que, vous aussi, vous participiez à cette progression. Je vous fais état, non seulement de ma position personnelle, mais aussi de la position de nos électeurs et des enseignants du monde des conservatoires et en dehors des conservatoires. Ces questions sont des questions d'actualité. D'autant plus que j'ai été assez sympathique dans ma question puisque je ne vous ai pas parlé des extensions du conservatoire dans le 18e arrondissement qui n'ont pas été faites, des problèmes de gestion dans le 10e arrondissement qui existent et sont malheureusement dramatiques pour certains et, enfin, des problèmes d'organisation dans le 14e arrondissement. Ce que je voulais dire en conclusion de notre réponse à votre réponse, notre position est claire. On demande juste un engagement sur trois choses. Elles sont assez simples. D'une part, ne pas réduire les cours individuels sur les prochaines années. Si vous vous engagez à cela, nous l'acceptons bien volontiers puisque c'est ce que nous vous proposons. Ne pas réduire les cours dans les conservatoires au profit des heures dans les écoles dans le cadre des A.R.E. Et, enfin, ne pas interdire à des élèves de s'inscrire dans deux disciplines différentes. Voilà nos questions et nos préoccupations. Pour le reste, je vous laisse la responsabilité de vos paroles. Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci.