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Mars 2016
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe UDI-MODEM relatif au devenir des sections européennes et orientales des établissements parisiens.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le v?u référencé n° 50, déposé par le groupe UDI-MODEM, est relatif au devenir des sections européennes et orientales des établissements parisiens. C?est Béatrice LECOUTURIER qui nous en parle, pour deux minutes.

Mme Béatrice LECOUTURIER. - Merci, Monsieur le Maire. Ce v?u découle de la réforme des collèges qui doit s'appliquer lors de la prochaine rentrée scolaire et qui suscite encore de nombreuses interrogations, tant au niveau des professeurs qu?à celui des parents d'élèves. Je pense notamment à la suppression des classes européennes et bi-langues clouées au pilori de l'élitisme. Pour faire tomber un tabou concernant ces classes qui ne seraient fréquentées que par des enfants issus de milieux sociaux favorisés, je souhaiterais rappeler qu'à Paris, ce sont 31 collèges classés en REP et REP+ qui offrent la possibilité aux élèves de quartiers défavorisés de suivre ces filières d'excellence que sont les classes européennes et bi-langues. Même le rapport de l'Ecole d'économie de Paris nuance fortement ce procès en élitisme de ces classes bi-langues, classes qui s'adressent davantage aux bons élèves motivés qu'aux élèves bien nés. Face à ce très fort mécontentement engendré par l'abandon des classes bi-langues, une mesure dérogatoire a été mise en place laissant les recteurs d'Académie seuls décisionnaires du maintien ou de l'abandon de ces classes, créant, de ce fait, une forte inégalité territoriale. Ce nouveau dispositif concerne les enfants d'écoles élémentaires entrant au collège à la rentrée prochaine et qui ont appris, durant leur scolarité, une autre langue que l'anglais. A Paris, le Recteur d'académie a, semble-t-il, choisi de maintenir ces classes bi-langues à travers cette mesure dérogatoire. C'est pourquoi, Monsieur le Maire, nous souhaitons que le Recteur d'académie puisse nous éclairer précisément sur le devenir des 176 sections européennes et orientales des établissements parisiens, qu'il puisse nous apporter la certitude du maintien de l'ensemble des classes bi-langues "nouvelle version" à Paris et, enfin, qu'il puisse nous présenter une cartographie détaillée des langues enseignées à l'école primaire autres que l'anglais. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - La parole est à Mme Alexandra CORDEBARD.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe. - Mes chers collègues, chère Madame LECOUTURIER.

J'entends vos questions au Recteur. Nous avons déjà eu un débat au sein de cette Assemblée sur ce sujet qui n'est pas de notre compétence. Je peux regretter, puisque vous me demandez mon avis et celui de l?Exécutif, que dans votre v?u vous ne reveniez pas sur les raisons qui amènent le Ministère à proposer cette réforme du collège.

Aussi, je vous le demande à nouveau. Devons-nous nous satisfaire des 150.000 élèves qui sortent chaque année du système scolaire sans diplôme et qui alimentent les statistiques du chômage des jeunes ? Devons-nous rester immobiles face à cette spirale de l'échec ? Je ne crois pas.

Devons-nous généraliser les expérimentations qui se sont montrées efficaces quand on sait que le modèle actuel ne fonctionne pas aussi bien qu?il le devrait ? J'en suis convaincue.

L'enjeu de cette réforme est bien que tous les moyens alloués aux établissements à travers leur dotation horaire globale bénéficient à tous les élèves et ne soient plus réservés en moyenne à 13 % d'entre eux, comme c'est le cas aujourd'hui. Offrir les mêmes enseignements à tous les élèves pour les tirer vers le haut est bien le signe d'un projet profondément républicain. Sur la question de l'enseignement des langues étrangères, la très grande majorité des bi-langues de continuité seront maintenues. Cela signifie que les élèves qui auront appris une autre langue étrangère que l'anglais en école élémentaire, pourront continuer cet apprentissage au collège. Ce maintien des bi-langues de continuité permet d'encourager le développement de l'apprentissage d'autres langues que l'anglais, à l'école élémentaire notamment. Par ailleurs, vous le savez, une attention particulière sera portée au réseau d'éducation prioritaire, en déployant une offre linguistique diversifiée dès le premier degré. Enfin - et vous n'y faites pas référence dans votre v?u - tous les élèves apprendront une seconde langue dès la 5e. J?insiste sur le fait que cette mesure s?adresse à tous les élèves. La Ville n?est pas le pilote de la réforme mais il me semble qu'offrir les mêmes chances à tous les élèves, grâce à l'aide personnalisée en direction des élèves en difficulté, va dans le bon sens. Vous m'avez demandé mon avis, vous l'avez compris, je suis en profond désaccord avec vous et j'émettrai un avis défavorable à l'adoption de ce v?u.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe UDI-MODEM, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? La proposition de v?u est repoussée.