Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Mars 2016
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif au métier de guide-conférencier.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le v?u n° 83 lui-même est relatif aux guides, aux conférences et à leur métier. La parole est à Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, l?ubérisation s?étend à de nombreux domaines de la société et il s?étend également aux guides-conférenciers, figurez-vous.

Il y a une vraie bataille menée par les guides-conférenciers depuis décembre 2014, suite à une décision gouvernementale de dérèglementer la profession et justement de permettre quelque part à des personnes qui n?auraient pas accès à la qualification de guide conférencier, de faire leur propre métier. C'est un problème de taille, car il faut savoir que la préservation et le partage de notre patrimoine sont étroitement liés à la qualité du travail des guides conférenciers. D'ailleurs, la France est signataire des chartes et conventions de protection du patrimoine de l'UNESCO, qui définissent clairement que la protection de ce patrimoine s'effectue en premier lieu par la qualité de la transmission qui en est faite. Alors sachez que depuis, des plateformes se développent pour justement mettre en relation des organismes de tourisme avec des auto-entrepreneurs, qui vont faire office de guides conférenciers sans avoir le diplôme de guide conférencier. Vous comprenez bien, même si certains élus soufflent dans cette Assemblée, que c'est néanmoins problématique et extrêmement grave, parce qu'aujourd'hui ce sont les guides conférenciers, peut-être que c'est la culture et que cela ne vous préoccupe pas beaucoup, mais demain ce sera un autre domaine. Je crois qu'au contraire, notre Assemblée parisienne se doit d'interpeller le Gouvernement pour exprimer son attachement à la qualification des guides conférenciers, et à l'exigence que dans l'ensemble des musées, bâtiments et édifices patrimoniaux de notre ville, qui est tout de même une capitale touristique internationalement connue et reconnue, la qualité de la transmission du patrimoine culturel soit bien respectée. Par ailleurs, que nous prenions l'engagement à l'intérieur de l'ensemble des édifices culturels de la Ville, que ce soit bien le métier de guide conférencier comme médiateur culturel qui soit respecté. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci, Madame SIMONNET, vous avez un peu délégué, je vous ai reconnue.

Bruno JULLIARD ?

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Je répondrai à ce v?u après échange avec mon collègue Jean-François MARTINS. D'abord, Madame SIMONNET, vous évoquez une décision gouvernementale de déréglementation de la profession de guide conférencier. Je tiens à préciser qu'elle n'a pas été mise en ?uvre, puisque la loi MACRON n'a pas intégré de mesures sur le sujet, contrairement à ce qui avait été un temps prévu. D'ailleurs, le Gouvernement a réaffirmé dans un courrier adressé par le Premier Ministre au représentant des guides conférenciers, qu'il n'était pas question de remettre en cause le régime d?autorisation préalable d'exercice du métier de guide conférencier, ni même la carte professionnelle. Aujourd'hui, en effet, l'activité de guidage est libre en France, sauf pour une partie restreinte qui est réglementée, puisque une carte professionnelle est indispensable pour les musées de France et les Monuments historiques. La Ville de Paris s'attache bien sûr à respecter cette réglementation absolument essentielle pour la qualité de l'offre touristique de notre ville. Néanmoins, il peut arriver qu'un groupe soit guidé par une personne ne possédant pas la carte professionnelle, je pense par exemple à un responsable d?une association du champ culturel ou social qui accompagne un groupe spécifique, association parfois que nous-mêmes subventionnons, ce qui demande donc aussi des compétences spécifiques ou encore d?un enseignant de l'Education nationale ou d'une école d'art. Je ne crois pas que dans ces cas précis, cela se fasse au détriment d'une présentation d'excellence de notre histoire et de l'image de la culture française à laquelle vous tenez tout particulièrement, et vous avez parfaitement raison. C'est la raison pour laquelle il me semblerait un peu contre-productif d'adopter une position totalement jusqu'au-boutiste. Je vous propose donc certes, un avis favorable de l?Exécutif à votre v?u, avec tout de même un amendement. Remplacer "que la Ville de Paris exige que la visite des lieux patrimoniaux et de ses institutions culturelles soit assurée par des guides conférenciers" par "que la Ville de Paris fasse en sorte que la visite de ses lieux patrimoniaux soit prioritairement assurée par des guides conférenciers possédant la carte professionnelle", pour qu?il puisse y avoir, comme c'est d'ores et déjà le cas aujourd'hui, quelques très rares exceptions. Je pense notamment aux associations du champ culturel ou même du champ social, qui peuvent parfois accompagner un groupe spécifique. Si vous acceptez ce tout petit amendement, Madame SIMONNET, ce sera un avis favorable à votre v?u.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Acceptez-vous, Madame SIMONNET ?

Mme Danielle SIMONNET. - J'accepte et je pense que dans ces cas de convention et de partenariat, nous essayons également de faire en sorte que les conservateurs de nos musées mettent à disposition l'ensemble des compétences pour que cela ne déroge absolument pas à la qualité et la rigueur de la transmission culturelle qui s'effectue. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Pour une explication de vote du groupe Ecologiste de Paris, Aurélie SOLANS.

Mme Aurélie SOLANS. - Merci. La Ville de Paris, à travers ses guides conférenciers et médiateurs culturels, tâche d'offrir le meilleur à tous les publics. Nous pensons entre autres aux publics du champ social. Nous vous renvoyons aux deux documentaires témoignant du travail des guides conférenciers de la Ville auprès des enfants bénéficiant de l?Aide sociale à l?enfance, et au sein du Musée d'art moderne de la Ville de Paris, et auprès des adultes apprenant le français au Petit Palais, documentaire qui illustre la qualité et la créativité de leur travail. Nous voterons donc ce v?u amendé dans un sens qui nous convient parfaitement, puisque introduisant une priorité de la Ville à leur embauche, sans exclure tout projet de valeur qui pourrait s'adapter à un contexte spécifique. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 83 ainsi amendé, avec un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le v?u amendé est adopté. (2016, V. 87).