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Juin 2010
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2010, DVD 97 - Adoption du schéma d'orientations pour le développement du vélo à Paris. Vœu déposé par l’Exécutif. Vœu déposé par groupe "Les Verts" relatif à la création d’un itinéraire continu entre le parc André Citroën et le parc de Bercy, d’ici 2014. Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à la mise en œuvre d’aménagements cyclables dans le 13e arrondissement. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à la mise en œuvre d’aménagements cyclables dans le 13e arrondissement. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à la mise en œuvre d’aménagements cyclables dans le 13e arrondissement. Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à un projet d’une piste en contre sens cyclable rue Amelot, assurant la liaison sécurisée entre la place de la Bastille et la place de la République. Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à la mise en place d’un itinéraire cyclable autour du Champ de Mars. Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à une étude des possibilités d’aménagement de contre sens cyclable et des discontinuités cyclables dans le 15e arrondissement. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à l’amélioration de la traversée est/ouest et de la liaison entre les bois. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à la création d’une piste cyclable sur les Champs Elysées. Vœu déposé par l’Exécutif relatif à l’insertion d’un itinéraire cyclable sur l’avenue des Champs Elysées. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à l’extension des zones 30. Vœu déposé par l’Exécutif. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à la création de nouveaux doubles sens cyclables. Vœu déposé par la Majorité municipale du 18e arrondissement, relatif à la généralisation des doubles sens cyclables "Objectif d’une ville 30". Vœu déposé par le groupe "Les Verts" pour que les futurs quartiers verts du 18e arrondissement bénéficient rapidement des doubles sens cyclables. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" pour que l’ensemble des rues du quartier vert Montmartre soit mis en double sens cyclable. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à la généralisation des doubles sens vélo dans le 20e arrondissement. Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à la distribution des brochures réalisées sur le double sens cyclable. Vœu déposé par le groupe Centre et Indépendants relatif aux conditions d’information et de sécurité dans le cadre du schéma d’orientations pour le développement du vélo. Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à la mise en place d’une expérimentation du dispositif "Paris respire" rue du Commerce. Vœu déposé par l’Exécutif. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à l’extension de l’opération "Paris respire". Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à la communication des chiffres d’utilisation, de rotation des vélos, d’indisponibilité et des stations Vélib’ du 20e arrondissement. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à la création de places de stationnement dédiées aux vélos aux abords des nœuds de transports en commun. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à la faisabilité de la circulation des vélos dans les grands parcs et jardins. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à un itinéraire de loisir “tour du bois” dans le Bois de Vincennes. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à la création d’un "chèque vélo". Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à la Nuit du vélo à Paris. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à la participation de la Ville de Paris à la "Fête du vélo". Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à l’augmentation de la durée d’utilisation gratuite du Vélib’. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à la création d’une opération "Paris vélo" d’apprentissage et de perfectionnement de la pratique du vélo, sur la pelouse de Reuilly. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à la création d’une maison du vélo associative et d’ateliers de réparation. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif au recyclage des épaves de vélos. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à l’augmentation du nombre de places de stationnement dédiées aux vélos. Vœu déposé par l’Exécutif. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à la création sur la voirie parisienne d’au moins 150 boxes de stationnement sécurisés pour vélos, d’ici 2014. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à l’implantation d’un remonte pente dans le 20e arrondissement. 2010, DVD 33 - Approbation du programme 2010 d'itinéraires cyclables, de double sens cyclables en zone 30 et d'aires de stationnement. Demande de subventions correspondantes auprès de la Région d'Ile de France dans le cadre de la 2e tranche du quatrième contrat "Réseau Vert". Signature de l'avenant au contrat "Réseau Vert" pour les doubles sens cyclables. Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à la concertation sur les besoins en petits aménagements cyclistes, complémentaires des aménagements structurant du Plan Vélo. Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif aux itinéraires cyclables dans le 15e arrondissement. Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif au gabarit des rues dans lesquelles sont installés des contresens cyclables. Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif au bilan des accidents mettant en cause des vélos. Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à la sécurité pour les cyclistes (port du gilet jaune et du casque). Vœu déposé par le groupe Centre et Indépendants relatif aux conditions de sécurité des doubles sens cyclables dans les "zones 30".

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2010


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous examinons les projets de délibération DVD 97 et DVD 33. Tout le monde a compris que ce sont les deux projets de délibération qui concernent le plan vélo.

Mes chers collègues, depuis neuf ans, l'offre de vélos à Paris s'est considérablement développée.

260 kilomètres de pistes cyclables ont été réalisées, et avec Vélib' et ses 75 millions d'utilisateurs en moins de trois ans la conception même des déplacements dans la Ville a été profondément modifiée.

Aujourd'hui, avec le schéma d'orientation pour le développement du vélo à Paris, nous vous proposons de franchir une nouvelle étape.

Quels en sont les principaux axes ?

D'abord, la continuité entre tous les aménagements. On pourra traverser Paris à vélo, aller d'un quartier à un autre sans rupture d'itinéraire.

Deux grandes traversées Nord-sud et Est-ouest seront ainsi finalisées.

La première reliera le bois de Vincennes au bois de Boulogne, et la seconde, le canal de l?Ourcq à l'aqueduc de la Vanne.

Dans un deuxième temps, l'axe à la fois central et symbolique des Champs-Élysées sera aménagé ainsi qu'un parcours longeant la Seine dans tout Paris.

Par ailleurs, nous améliorerons la lisibilité, c'est-à-dire la clarté du réseau cyclable afin que les axes que l'on peut emprunter soient clairement identifiés.

11 itinéraires sécurisés sont déjà définis, ils bénéficieront d'une signalisation particulière et d?aménagements de voirie adaptés.

Parce que le stationnement demeure un obstacle majeur à l'utilisation du vélo, nous avions prévu de créer 1.000 places chaque année d'ici 2014, mais je crois que la préparation de cette séance, les échanges qui ont eu lieu devraient nous permettre de décider, je l'espère en tout cas, d'en créer 2.000 chaque année d'ici 2014.

Ainsi, la pratique du vélo sera beaucoup plus simple et accessible à tous.

Mais il y a un préalable bien sûr, c'est la sécurité.

Je ne détaillerai pas ici l'ensemble des mesures de sensibilisation et d'information dans ce domaine.

Je tiens simplement à indiquer que nous ferons porter un effort tout particulier sur un problème majeur : l'angle mort des poids lourds, responsable de la quasi-totalité des accidents de vélo.

Enfin, sur ce sujet plus encore que sur tous les autres, nous devons regarder au-delà des limites administratives de Paris.

Nous avons ainsi voulu donner au vélo une dimension métropolitaine, et je remercie M. Pierre MANSAT de l'impulsion qu'il a donnée à cet aspect du dossier.

C'est bien entendu le sens de l'extension de Vélib' à la banlieue et c?est dans le même esprit que nous aménagerons dans les quatre ans dix nouvelles portes de Paris pour créer une fluidité et surtout une continuité entre notre ville et les communes voisines.

Voilà, mes chers collègues, je proposerai en outre au Conseil de Paris, comme cela m?a été demandé, d'organiser à l'automne un débat organisé - pardonnez-moi pour la répétition - sur l?ensemble de la politique des déplacements dans notre Ville.

Car le schéma qui vous est soumis aujourd'hui s'inscrit dans une vision plus large des transports urbains.

D'ailleurs, le vélo est un peu plus qu'un mode de transport, c'est un moyen d'apprécier la Ville dans sa diversité, sa totalité, et même de la regarder.

Le projet qui vous est proposé ce matin est donc important pour le mouvement de notre capitale. Je tiens à remercier chaleureusement Annick LEPETIT, qui porte ce projet avec intelligence et persévérance, et j'invite notre Assemblée à adopter le schéma d'orientation pour le développement du vélo à Paris.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

Il y a un beaucoup d'inscrits. 18, c?est énorme. Cela veut dire qu'il va falloir que chacun respecte les cinq minutes.

La parole est d'abord à M. Claude DARGENT.

M. Claude DARGENT. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, chers collègues, les deux projets de délibération que nous examinons maintenant marquent une nouvelle étape.

Une nouvelle étape majeure dans le développement du vélo à Paris.

Cette étape est inspirée par la même détermination que celle qui anime la politique de déplacement conduite par notre ville depuis 2001, celle de la multiplication des offres de transport alternatives à la voiture individuelle. Nous sommes plusieurs membres de notre Assemblée à recourir au vélo dans Paris et en tant que tels, nous pouvons collectivement témoigner combien en la matière nous revenons de loin.

Qu?on s?en souvienne un instant, malgré quelques mesures bien limitées imputables à M. Jean TIBÉRI il y a 10 ans, il fallait beaucoup de courage pour faire du vélo à Paris à cette période.

Souvenons nous juste un instant des axes rouges, que la Municipalité de droite avait mis en place afin de permettre aux voitures d'aller toujours plus vite.

C'est dire si la tâche de la nouvelle majorité en 2001 s'annonçait difficile. Et il convient ici de saluer la politique qui a été conduite en matière de vélo depuis neuf ans sous votre autorité, Monsieur le Maire, par la nouvelle majorité municipale conjuguant volonté politique, courage et pragmatisme.

Cette vision a porté ses fruits depuis 2001. Les taux de croissance de pratique du vélo, l'extension du réseau cyclable, la création de zones 30 témoignent à leur tour de l?effort qui a été conduit.

Comme représentant de notre Conseil auprès de l'association "Impact" qui réunit les capitales européennes autour de la problématique des transports, je peux en porter ici témoignage : Paris fait figure de ville pionnière dans ce domaine désormais, un de ses plus beaux fleurons étant évidemment le système Vélib'.

Une étude sur l'économie du vélo publiée en octobre 2009 a d?ailleurs démontré une corrélation entre l'effort en matière d'investissement public et la part modale du vélo. Certaines villes d'Europe du nord, qui ont commencé plus tôt, ont désormais de l'ordre de 10 % de déplacements mécanisés assurés en vélo et Paris, qui a commencé plus tard, en prend allègrement le chemin.

Cette évolution amène donc aujourd'hui l?Exécutif à proposer à notre Conseil un nouveau schéma d'orientation pour la période 2010-2020 et sa déclinaison opérationnelle pour 20102014.

Alors, nous l'avons vu, l'objectif est cette fois de multiplier par deux la pratique du vélo dans la prochaine décennie, de porter le réseau d'aménagement cyclable à 800 kilomètres, soit le double du réseau de 2008.

Une des caractéristiques de ce plan est de mettre l'accent sur la liaison avec les communes riveraines de Paris ; dix portes seront ainsi réaménagées. Et puis, vous l'avez évoqué, deux grands axes à dimension régionale connectés aux grands itinéraires cyclables franciliens seront réalisés : la traversée ouest-est et la traversée entre le nord et le sud, l'ensemble de ces aménagements étant conduits en concertation avec l'ensemble des acteurs concernés.

Les élus des arrondissements ont été encouragés à proposer des itinéraires intégrés à la déclinaison 2010 du plan Vélib?.

Ainsi, mes collègues maires Patrick BLOCHE et Jérôme COUMET nous proposent chacun dans un v?u plusieurs aménagements cyclistes supplémentaires. Pour le 11e, il s?agit de sécuriser la liaison Bastille-République par la rue Amelot ; pour le 13e, il s'agit d'aménager le quai François-Mauriac, le boulevard Vincent-Auriol, la porte de Vitry et la place de Rungis.

S'agissant du 7e, à l'initiative de Laurence GIRARD, conseillère d?arrondissement, je relaie devant notre assemblée la proposition d'un itinéraire cyclable alternatif permettant d'éviter d'emprunter les avenues de Suffren et de La Bourdonnais.

Enfin, les élus de gauche du 15e ont souhaité relayer les demandes des associations par un v?u portant sur des aménagements cyclables complémentaires porte d?Issy, rue Falguière, et pour l?accès au pont Mirabeau et demandent également qu?une expérimentation du dispositif "Paris respire" soit lancée rue du commerce.

Vous le voyez, c'est donc non seulement avec satisfaction mais même avec enthousiasme que les élus socialistes, radicaux de gauche et apparentés voteront ce nouveau schéma d'orientation pour le développement du vélo. Il faut en effet poursuivre et amplifier la nouvelle révolution des transports que nous conduisons à Paris : une révolution douce des transports doux, mais une révolution quand même, pour le plus grand bénéfice des Parisiennes, des Parisiens, et bien au-delà !

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. Jacques BOUTAULT.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Monsieur le Maire.

Plus personne dans notre Assemblée ne conteste que le vélo est un mode de déplacement économique, pratique, particulièrement adapté au milieu urbain et qui a en outre le mérite d'être bon pour la santé, celle des cyclistes, mais aussi celle de l'ensemble des citadins puisqu'il ne produit aucun gaz à effet de serre. À ce titre, le vélo est le seul véhicule individuel qui mérite le soutien des autorités publiques hors aides aux déplacements des personnes à mobilité réduite, car seul son usage ne crée aucune pollution locale ou délocalisée. Il n'a aucun impact sur le changement climatique. Sa pratique, je l'ai dit, est même recommandée par les autorités médicales.

Mais derrière cet apparent consensus, le développement du vélo continue de susciter de nombreuses polémiques. Loin de concerner les seuls cyclistes, le vélo interroge l'ensemble de notre rapport à la rue et à son partage, autrement dit, notre rapport à la ville.

Les cyclistes parisiens sont encore confrontés à des difficultés pour circuler et stationner ; le sentiment d?insécurité est tenace, et se déplacer tous les jours à Paris en vélo ressemble trop souvent à un véritable parcours du combattant : véhicules garés en travers des pistes, deux-roues motorisés circulant dans les couloirs de bus, Code de la route inadapté au vélo, le tout parfois renforcé par de mauvaises campagnes de communication ; autant de freins au développement du vélo à Paris.

Le schéma d'orientation qui nous est proposé est donc le bienvenu.

En effet, la transformation de Paris en véritable ville cyclable ne peut se concevoir que comme l'aboutissement d'une politique de déplacement cohérente, orientée vers le développement du transport en commun et de l'ensemble des circulations douces.

Paris est une ville dense où l'espace public est relativement rare et où la voiture est omniprésente. Ainsi, cette politique de promotion du vélo passe-t-elle par une réduction de la place de la voiture et de sa vitesse de circulation.

C'est d'abord le cas sur les plus grands axes. La sécurisation des déplacements à vélo y suppose des aménagements spécifiques tels que les couloirs de bus élargis en site propre ou des pistes cyclables. La continuité de ces aménagements reste mal assurée et nous nous félicitons de voir le renforcement de ces continuités de parcours inscrit parmi les objectifs prioritaires du plan vélo soumis à notre approbation.

Toutefois, si Paris veut rattraper le retard qu'elle accuse en matière de vélo sur les grandes capitales européennes telles qu?Amsterdam, Copenhague et Berlin, ces aménagements sont encore insuffisants.

Un essor plus massif du vélo nécessite l'adaptation progressive de l'ensemble de la voirie à ce mode de déplacement spécifique.

C'est là l?objectif que nous nous étions assignés et que nous avons commencé de remplir sous la précédente mandature, avec notamment la création de 36 quartiers verts qui mettaient en place la réduction de la vitesse de la circulation, le double sens cyclable, la modification des plans de circulation, etc., conditions qui permettent aux cyclistes, qu'ils soient aguerris ou non, de se déplacer rapidement et en toute tranquillité.

Mieux, ces mesures de réduction de la vitesse et de la densité du trafic automobile sont loin de ne profiter qu'aux seuls cyclistes. Elles bénéficient en tout premier lieu à la sécurité des piétons, qu'ils soient riverains ou visiteurs, renforcent l?attrait des quartiers concernés, améliorent le cadre de vie des habitants et enfin, permettent de réduire considérablement la pollution et les nuisances qu'elle entraîne.

C'est dans cette même logique que s'inscrit la généralisation des doubles sens cyclables dans les zones 30. Rappelons que cette mesure a été instaurée par le Gouvernement après un long travail de persuasion du club des villes cyclables, à l'époque où mon collègue et ami Denis BAUPIN en était le président.

Où est-il ? Ah ! Il est ici. Merci, Denis !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous perdez votre temps...

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Les temps de courtoisie sont décomptés ?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous êtes quasiment à cinq minutes !

M. Jacques BOUTAULT maire du 2e arrondissement. - Ce décret gouvernemental ne s?applique qu'aux zones 30. Pourtant, le double sens cyclable est souhaitable sur l'ensemble des voies où la vitesse de circulation est inférieure à 50 kilomètres heures sous réserve de certains aménagements de sécurité.

C?est pourquoi nous souhaitons que la Ville ne se contente pas de respecter le strict minimum légal mais qu'elle poursuive une politique audacieuse et use de l?ensemble des moyens que lui confère la loi pour favoriser une ville apaisée où la circulation des cyclistes et des piétons ne soit plus entravée par celle de la voiture.

La Ville doit donc se donner des objectifs clairs, celui d'une généralisation à terme des double sens cyclables sur l'ensemble des voies et celui de l'extension des zones 30 à l'ensemble de son territoire, en commençant par les quartiers centraux, comme cela est prévu dans le Plan de déplacement de Paris.

Ce partage de l'espace public ne doit pas prévaloir pour la seule circulation mais également pour le stationnement, et nous nous réjouissons d'avoir été entendus sur notre demande de plus de places de stationnement pour vélo supplémentaires créées par an à Paris, et nous vous en remercions.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous avez largement dépassé votre temps de parole : concluez maintenant !

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - En définitive, nous nous réjouissons de l?adoption de ce plan vélo qui va, nous l'espérons, permettre de relancer cette politique de vélo à Paris, qui était un peu endormie depuis trois ans et qui nous semble pourtant indispensable afin de revoir nos ambitions à la hausse.

C'est le sens des propositions que nous avons formulées dans nos v?ux et amendements.

Merci pour votre attention.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vraiment, j'insiste auprès de tous les orateurs, tenez votre temps de parole ! Sinon, on ne s?en sortira pas.

Vous allez peut-être vous répéter les uns et les autres ; je ne sais pas, je vois toute une série?

Ce ne sera pas le cas de M. NAJDOVSKI.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. J'éviterai la répétition.

L'adoption du schéma d'orientation pour le développement du vélo marque une étape importante de la mandature. Ce schéma porte une ambition pour la décennie à venir, après le premier schéma 2002-2010.

Il s?agit de définir précisément les axes que notre Municipalité entend promouvoir afin de faire de Paris une ville cyclable à l'horizon de la fin de la décennie.

Les nouveaux aménagements sont attendus avec impatience, qui permettront de donner un nouveau souffle au développement du vélo depuis l?avènement de Vélib' en 2007.

Mon collègue Jacques BOUTAULT vient d?insister sur les aménagements nouveaux à réaliser pour faire de notre capitale une ville apaisée, où la circulation non motorisée, qu?elle soit celle des piétons ou celle des cyclistes, aura la priorité avec les transports collectifs.

Je voudrais, pour ma part, évoquer l?accompagnement du développement de la pratique du vélo.

En premier lieu, notons que ce schéma d?orientation pour le vélo est soumis à l?examen de notre Assemblée, alors que s'est tenue ce week-end la Fête du vélo, à l?initiative de plusieurs associations cyclistes. Il nous semble que l'occasion aurait été belle pour la Ville de Paris de saluer l'adoption de son plan vélo en donnant son concours aux organisateurs. Il est dommage que la Ville de Paris n'y ait pas participé.

Bien sûr, nous le savons, Paris n?a pas pour autant renoncé à la promotion du vélo et dès le mois de septembre, dans le cadre de la semaine des mobilités durables, des animations seront proposées, car le développement de l'usage du vélo ne suppose pas que la création de nouveaux aménagements, aussi nécessaires soient-ils. Il passe également par la promotion d'une véritable culture du vélo et dans cette démarche, les associations de cyclistes sont un partenaire primordial sur lequel la Ville peut s'appuyer pleinement. Les associations, par l'expertise qu'elles ont su développer, par leur énergie militante, par leur proximité avec les usagers, sont les mieux à même de promouvoir cette culture.

C'est bien pour cette raison que nous souhaitons que la future Maison du vélo puisse être gérée par des associations de cyclistes. Ce serait là l'occasion de renforcer l?activité de ces associations, mais aussi de répondre aux besoins des cyclistes en information, en animation ou en assistance technique. Ces besoins sont nombreux et spécifiques au vélo et nous souhaitons obtenir l'engagement de l?Exécutif que le vélo sera bien au centre des activités de cette maison et qu?il ne s?y verra pas noyé dans la promotion de scooters ou de voitures électriques, qui ont certes un intérêt, mais qui n?ont rien à voir avec les besoin des cyclistes.

C?est le sens de l?un des v?ux que notre groupe a déposé au sujet des anciens locaux de la Maison roue-libre située boulevard Bourdon.

Pour remplir pleinement ses missions, la future Maison du vélo devra également être dotée de moyens adéquats, en termes d'emplois à temps plein et de budget de fonctionnement de ce lieu, comme c'est déjà le cas pour les maisons du vélo existantes en région.

Il reviendra bien sûr aux animateurs de cette future Maison du vélo de définir plus précisément les activités qui y seront développées. A notre sens, il serait tout à fait souhaitable qu'elle offre, comme bien des Maisons du vélo, la possibilité de venir réparer soi-même son vélo ou d'apprendre à le faire.

On le sait, en effet, pratiquer le vélo nécessite un entretien de son véhicule. Pour bien des cyclistes parisiens qui ont choisi ce mode de déplacement avant tout par souci de simplicité et de rapidité, ces petites réparations peuvent représenter une contrainte.

Si Vélib? rencontre un succès aussi important, c?est précisément parce qu?il offre à chacun la possibilité d'utiliser un vélo sans se soucier ni de son entretien ni de son stationnement ni de sa protection contre le vol.

C'est là le sens de notre proposition d?un chèque vélo de 50 euros qui serait accordé à tout Parisien qui choisirait d?acheter un vélo neuf, et ce, pour lui permettre d'acquérir un antivol, un équipement de sécurité ou pour effectuer les premières réparations.

Une telle mesure serait également l?occasion de soutenir le réseau des vélocistes parisiens, qui ont un rôle essentiel à jouer pour le développement de la pratique du vélo en ville.

Soutenir le vélo, c'est aussi se préoccuper du recyclage des vélos. La Ville de Paris a lancé,  avec la Préfecture de police, une opération de ramassage des épaves de vélo. Ces épaves, une fois identifiées comme telles, loin d?être de simples déchets qui vont être gaspillés en partant en décharge ou à l?incinération, sont, en réalité, un gisement de matières premières qui peuvent être confiées à des entreprises en vue d'être réparées ou recyclées. C'est le principe de l'économie circulaire que défendent les écologistes ; rien ne se perd, tout se transforme.

Des initiatives prennent forme pour développer le recyclage des vélos que notre Ville peut soutenir. C'est, par exemple, le cas du réseau le recyclage. Ce réseau regroupe les associations françaises qui gèrent des ateliers vélos, ainsi que d?autres structures aux particuliers qui souhaiteraient développer cette activité sur leur territoire.

Nous proposons dans un v?u que les épaves de vélo enlevées par les services de la Ville et la Préfecture de police soient cédées gratuitement à des structures associatives ou de l'économie sociale et solidaire pour être réparées, recyclées et revendues. C'est toute une économie et des emplois qui peuvent être créés.

Développer la culture du vélo en Ville, c'est aussi, bien sûr, favoriser l'apprentissage de la pratique du vélo en milieu urbain, pour les enfants comme pour les adultes.

C?est pourquoi nous proposons un v?u pour la création d'une opération Paris Vélo pour l'apprentissage et le perfectionnement de la pratique du vélo.

Notre v?u en faveur du développement de "Paris Respire", opération qui consiste à réserver des rues ou des voies des bois aux piétons et aux cyclistes, participe aussi de cette orientation.

Enfin, nous souhaitons favoriser les déplacements domicile - travail à vélo. Pour cela, les grands itinéraires régionaux structurants sont primordiaux et l?aménagement des portes de Paris, véritables frontières bien souvent infranchissables, est indispensable.

Nous proposons, dans un v?u, d?augmenter d?un quart d?heure la durée de gratuité de Vélib', aujourd'hui limitée à la première demi-heure.

En effet, avec l'extension de Vélib' aux communes limitrophes, le périmètre d'utilisation des Vélib' a été sensiblement augmenté. Si nous voulons encourager l'usage de Vélib' pour les trajets domicile - travail, il nous semble important que les 45 premières minutes soient gratuites, car une demi-heure peut être une durée un peu courte pour des trajets entre les communes limitrophes de Paris et certains quartiers de la capitale. Nous espérons, là encore, que cette proposition trouvera une issue favorable.

Vous l'aurez compris, Monsieur le Maire, et je conclurais là-dessus, c'était une véritable "vélorution" que nous appelons tous pour faire de Paris une capitale cyclable et pour faire du vélo un mode de déplacement à part entière.

Je voudrais conclure sur une note poétique, comme nous l'invite l'écrivain Didier TRONCHET avec son "Petit traité de vélosophie", lorsqu?il nous dit que le bonheur est sur la selle ; je le cite : "L'alternance régulière pied gauche pied droit, qui engendre la rotation tranquille, voire pépère, du pédalier n?est pas sans rappeler le va-et-vient du pendule et ses vertus hypnotiques, car peut-être s'agit-il aussi d?hypnose quand le tic-tac métronomique des moyeux et le mouvement de pompes alternatives des genoux entraînent le vélo vers l?avant et son passager dans un état d'apaisement, entre veille et rêve, entre sol et ciel".

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", socialiste, radical de gauche et apparentés et Communiste et élus du Parti de Gauche).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Cher collègue, vous avez largement dépassé votre temps de parole. Cela ne va plus ! Vraiment, maintenant, je ne l'accepterai d'aucun élu, quel que soit...

(Mouvements divers).

Cela suffit ! Quant à la poésie, je ne commente pas.

La parole est à M. Denis BAUPIN, pour cinq minutes.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Je ne pensais pas que c?était mon tour dès maintenant?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous pouvez faire moins.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Je vais voir?

D?abord, je voudrais me réjouir, Monsieur le Maire, vous vous en doutez, de ce débat ce matin et de l'ambiance dans laquelle il se déroule. Je voudrais me réjouir que cette politique se poursuive, je voudrais me réjouir des propos positifs qui ont été émis sur les avancées que Paris a déjà réalisées en matière de politique cyclable et qu'aujourd'hui, à lire les v?ux présentés par les différents groupes, j'ai l'impression qu'un certain nombre de difficultés que l'on pouvait rencontrer relèvent du passé, les mentalités ont évolué et c'est une bonne chose, je m'en réjouis et j'imagine que, peut-être, le fait que le nombre de déplacements cyclables dans la capitale ait augmenté de 100 % dans la mandature précédente n'y est pas pour rien ; cela a permis réellement de changer la façon dont nos élus, nos concitoyens, vivent le vélo dans la ville.

Je voulais juste, en complément de ce qu'ont dit Jacques BOUTAULT et Christophe NAJDOVSKI, présenter quelques-uns des v?ux que nous avons déposés pour enrichir ce schéma directeur.

Le premier porte sur Vélib', mais Christophe NAJDOVSKI vient de le présenter rapidement, il porte sur la durée de gratuité. Nous ne proposons pas simplement de porter de 30 minutes à 45 minutes la gratuité pour tous les usagers, ce qui pourrait apparaître comme une simple surenchère, mais à partir d?une certaine distance, c?est-à-dire au-delà de 5 kilomètres de trajet. L?idée est bien que Vélib' doit garder son système de rotation qui fait son succès, mais avec l'extension territoriale, il y a de plus en plus d'usagers qui parcourent des distances supérieures à 5 kilomètres qui sont difficiles à effectuer en une demi-heure.

Le deuxième v?u qui a été adopté à l?unanimité du Conseil du 20e arrondissement concerne une évaluation que nous souhaiterions sur les stations Vélib' et leur achalandage et, notamment, vous vous en doutez, les stations qui sont en haut des pentes, et nous en avons pas mal dans le 20e arrondissement ; le sentiment général des élus comme des habitants du 20e est qu?aujourd'hui, ces stations sont mal achalandées et que si on veut pouvoir utiliser un Vélib', il faut soit se lever très tôt le matin, soit y renoncer pour quasiment toute la journée. Nous aimerions avoir des chiffres publics et que l'on puisse, au travers de cela, en tirer des enseignements sur le travail fait par la société prestataire, voire sur des adaptations.

D?ailleurs, dans notre v?u n° 106, nous faisons la proposition concrète d'examiner - c?est une étude que nous proposons la possibilité de mettre en place à Paris un dispositif qui existe déjà dans une ville norvégienne, à Trondheim, depuis 17 ans, et qui donne satisfaction depuis 17 ans : un remonte-pente vélos. Je rassure tout le monde, il ne s?agit pas d?un remonte-pente comme ceux que l?on trouve sur les pentes de ski, qui défigurerait Paris ; il s'agit d'un système implanté sur le trottoir, donc qui est extrêmement discret ; il suffit de caler sa pédale dessus et, ensuite, on est remonté tout en haut de la pente.

Le Conseil du 20e arrondissement a adopté à l'unanimité le v?u demandant cette étude, en vue d'une implantation du système sur l?avenue Gambetta. Pourquoi l?avenue Gambetta ? Parce qu?elle est au centre de l'arrondissement et qu?elle est l'axe prioritaire utilisé par les cyclistes, sachant que la rue de Belleville, comme la rue de Ménilmontant, sont des rues bien plus pentues encore. L?avenue Gambetta a l?avantage d?avoir très peu de croisements.

Pour qu?un système comme celui-là puisse fonctionner, il faut qu'il y ait peu de carrefours et il y en a donc un seul entre l?avenue du Père Lachaise et le sommet du cimetière, justement le long du trottoir, là où en plus il y a extrêmement peu de piétons qui utilisent ce trottoir.

Notre proposition est que l?on examine cette possibilité de mettre en place pour la première fois à Paris ce dispositif. J'invite les uns et les autres, s'ils pensent que ce système ne serait pas totalement fiable, à regarder ce qu?en dit l?ADEME notamment, qui a publié une fiche qui résume bien le fait que depuis dix-sept ans ce système fonctionne à Trondheim, qu?il donne satisfaction, qu?il y a aujourd?hui 4.500 abonnés à ce dispositif. Ce qui en dit long sur la fidélisation qu'a pu rencontrer un système comme celui-là.

Nous pensons que c?est un complément utile aux subventions que la Ville de Paris a décidé de mettre en place pour l'achat de vélos à assistance électrique, parce qu?il faut évidemment faire tout ce que l?on peut pour compenser les difficultés dues à la topographie parisienne.

Toutefois ces vélos à assistance électrique ne sont évidemment pas utilisés par tout le monde : il y a beaucoup d'usagers encore avec des vélos classiques. Les Vélib' ne sont pas à assistance électrique de toute façon. Donc, ce dispositif de remonte pente serait utile pour l'ensemble des usagers à vélo qui ne disposent pas de ces vélos à assistance électrique.

Enfin, quatrième et dernier v?u que je souhaitais présenter, le v?u n° 82 concerne les Champs-Élysées. Nous avons, dit-on, la plus belle avenue du monde sur les Champs-Élysées. On pourrait considérer en regardant (en dehors des journées où tout d'un coup des pelouses gigantesques sont mises en place sur ces Champs-Elysées), que c'est plutôt la plus belle autoroute du monde et qu'il se serait temps que nous puissions avancer sur le fait de pouvoir y partager mieux l'espace et y protéger les circulations douces.

Il ne m?a pas échappé que la compétence de cette avenue incombe à la Préfecture de police, donc le travail ne pourrait se faire qu'en accord avec cette dernière.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Il faut conclure, Monsieur BAUPIN. Tout le monde dépasse et vous êtes dix-huit !

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Je ne pensais pas avoir dépassé mon temps. On n?a pas une bonne évaluation de sa propre?

M. LE MAIRE DE PARIS. - C'est pour cela. Je suis là pour vous aider.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Mais je vous remercie beaucoup depuis longtemps, Monsieur le Maire, cela ne m'avait pas échappé.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Cela fait neuf ans que je vous aide.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - C'est long.

Je propose que sur la plus belle avenue du monde nous ayons une piste cyclable qui en fasse réellement un lieu attractif pour tous.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Vous pouvez l'applaudir quand même, ce n'est pas parce qu'il a abrégé.

Alors, Madame TAÏEB, vous avez la parole pour cinq minutes et pas une seconde de plus.

Mme Karen TAÏEB. - Je ne pense pas que je vais les dépasser.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, le XXIe siècle sera celui du vélo à Paris ou ne sera pas et, nul n?est parfait, c'est une automobiliste qui vous le dit.

Ce n'est donc plus une prophétie mais une réalité. Depuis 2001, la pratique a augmenté de façon exponentielle, une réponse concrète ayant été donnée depuis la précédente mandature aux adeptes de la petite reine, avec la réalisation de plus de 260 kilomètres d'aménagements cyclables et la création notamment du Vélib' qui connaît dès le début de son installation un véritable succès.

D'ici 2014, comme vous l?avez tous rappelé, ce seront 700 kilomètres d'aménagements cyclables qui seront réalisés, complétant ainsi le réseau existant et s'élargissant aux communes voisines.

La généralisation des doubles sens cyclables aux 65 zones 30 de la Capitale va également dans le sens d?une plus grande place donnée aux cyclistes parisiens. Cela impose par ailleurs que les uns soient soucieux de la sécurité des autres. Autrement dit, piétons, cyclistes, automobilistes, deux-roues, conducteurs d?autobus doivent être vigilants et responsables de leur propre sécurité et de celle des autres, sans égoïsme.

Je remercie d?ailleurs Annick LEPETIT qui a envisagé, dans le plan vélo que nous votons aujourd?hui, une série d'axes d'information-prévention. Car la sécurité passe par l'information. J'ai notamment souhaité par un v?u que les jeunes piétons et cyclistes, écoliers et collégiens, soient informés de façon claire et simple de la nouveauté du double sens cyclable, qui risque de surprendre au début de sa mise en application.

Le partage du macadam parisien doit être à la fois intelligent et sûr. Paris peut donc désormais, comme vous l'avez dit, Monsieur le Maire, être traversé, apprécié, visité à vélo. Différentes opérations "Paris Respire" ont permis à de nombreux piétons, rollers et cyclistes de profiter de la capitale autrement.

Pour prolonger ce plaisir, je propose dans un second v?u que soit mise à l'étude l'organisation d'une Nuit du vélo à Paris, "tous en fluo", événement qui pourrait avoir lieu chaque année sur un parcours sans voiture, bien sûr. Pourquoi pas sur les voies sur berge ou alors sur la plus belle avenue du monde ? L'occasion de goûter à la beauté d'une ville la nuit.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je suis pour ces v?ux parce qu?elle a été très en dessous de son temps de parole. Elle m'a facilité la tâche.

Bien sûr que Danielle FOURNIER va en faire autant.

M. Sylvain GAREL. - Et tous nos v?ux seront adoptés après !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Allez, la parole est à Mme Danielle FOURNIER.

Mme Danielle FOURNIER. - Oui, du vélo, jour et nuit et pas simplement UNE nuit ou UN jour, comme pour la Fête du vélo, mais effectivement tous les jours et à toute heure du jour et pourquoi pas de la nuit.

Je ne rappellerai pas les effets bénéfiques de la pratique du vélo sur la santé des cyclistes, ni ses avantages liés à son coût, un des modes de transports le moins cher, ni les conséquences positives en termes écologiques. Je pense que d'autres orateurs l'ont fait avant moi.

D'ailleurs, la pratique du vélo à tout âge et en toutes saisons s'est développée à Paris et, pour les raisons que je viens de donner plus haut, elle doit être encouragée.

Pour cela, nous avons formulé un nombre certain de v?ux, même une trentaine de v?ux, pour accompagner le plan vélo, l'affiner, et peut-être aller plus loin. Je vais revenir sur certains d'entre eux.

Tout d'abord, nous pensons qu'il faut rassurer les cyclistes sur leurs capacités par des formations. Ce sera une des vocations de la Maison du vélo. Il faut aussi leur permettre de se perfectionner, étant entendu que les automobilistes et les camionneurs doivent eux aussi être sensibilisés à l?existence de cyclistes urbains, puisque ce sont eux qui passent le permis et non les cyclistes.

Un autre élément pour développer la pratique du vélo est la création d'itinéraires continus, ouverts sur la banlieue et directs, tant il est vrai que le cycliste ne contourne pas mais essaye d?aller toujours au plus vite d'un point à un autre.

C?est pour cela que la piste sur les Champs-Élysées qu?évoquait Denis BAUPIN, qu'a reprise Karen TAÏEB tout à l?heure, est vraiment un axe important, à la fois d'un point de vue symbolique et d?un point de vue pratique puisqu?elle permettra de relier des itinéraires déjà existants. Sans compter que l?on peut imaginer l'évolution de la ville, le plaisir des Parisiens et des touristes de pouvoir tranquillement descendre et remonter les champs à vélo et à l'air libre.

Outre ce v?u, nous avons proposé aussi, pour favoriser les itinéraires continus, que l?on autorise la circulation des vélos dans les grands parcs et jardins, comme cela a pu être fait dans certains cas, que ce soit donc ouvert à d'autres parcs.

Enfin, une fois arrivé à destination, le cycliste a besoin de stationner son vélo. Nous avons déposé un v?u et insisté pour développer le nombre de places de stationnement, notamment près des gares et des stations de RER, pour faciliter l'intermodalité.

Ceci doit s'accompagner à notre sens de la création de boxes. Nous avons proposé 150 boxes dans un premier temps, comme cela a pu se faire dans d'autres villes, qui évidemment rassureraient le cycliste et sécuriseraient le vélo.

Enfin, n'oublions pas que le vélo est parfois abandonné pour diverses raisons sur la voirie et nous proposons que soient recyclés les épaves des vélos. Elles pourraient être cédées, une fois ramassées par les services de la Ville et de la Préfecture de police, à des structures d'économie sociale et solidaire, des structures qui privilégient des emplois de réinsertion sociale, pour réparation, recyclage et remise en route de ces vélos.

Ainsi, nous avons déposé une trentaine de v?ux. Nous avons eu des discussions vraiment très fructueuses avec le cabinet d?Annick LEPETIT. Nous maintiendrons un certain nombre de v?ux pour aller plus loin que de simples études. Ce que nous demandons, ce sont des réalisations visibles et utiles pour l'ensemble des Parisiens et de ceux qui visitent notre Capitale.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, y compris d'avoir contribué à notre gain de temps.

Pour les v?ux, comme il y en a vraiment beaucoup, ce que je souhaite c'est que pendant le débat soit retirés ceux qui n'ont plus d'objet, comme cela on ira plus vite dans les votes.

Je donne maintenant la parole à Mme Aline ARROUZE.

Mme Aline ARROUZE. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, je vais rejoindre le peloton des intervenants précédents pour saluer le volontarisme dont a fait preuve notre Municipalité pour développer la place du vélo à Paris et l'aménagement cyclable. L'été 2007, le lancement de Vélib' a permis au vélo de trouver pleinement sa place comme mode de transport courant à Paris, ce qui était inimaginable il y a quelques années, tant l?accent avait été mis par la Droite sur le tout-voiture.

Depuis son lancement, Vélib' comptabilise un total impressionnant de 71 millions de déplacements. L?offre de stationnement pour vélos s'est également considérablement étendue. L'engagement de notre collectivité pour la pratique du vélo a été un franc succès, ce dont témoigne l'augmentation du nombre de cyclistes de 120 %. Le vélo est un mode, comme mes collègues l'ont dit, de déplacement respectueux de l?environnement et silencieux.

Quelques bémols au tableau, cependant.

Le déplacement à vélo est en effet un mode de transport complémentaire aux autres et nous ne devons pas perdre de vue l'exigence d'un engagement continu pour l'amélioration générale de l'offre de transport, y compris les transports en commun. On aimerait voir l?Etat se soucier davantage de ce sujet qui préoccupe quotidiennement Parisiens et Franciliens.

Rappelons à cet égard l'absence de financement du tramway T3 par l'Etat qui, en revanche, impose sans concertation le projet ferré Grand Huit présenté par Christian BLANC, qui n'améliorera en rien les conditions de transport de Paris et de la banlieue.

L'augmentation du prix des transports en commun à Paris se fera sans amélioration de l'offre.

Si notre collectivité a su donner au vélo toute sa place à Paris, soulignons que ce mode de transport ne convient pas à tout le monde. Les données statistiques montrent que la tranche d'âge la plus intéressée est entre 26 et 45 ans. Ces utilisateurs sont principalement des hommes.

Plus généralement, malgré les efforts considérables et les succès de notre Municipalité pour banaliser l'usage du vélo à Paris, il reste un obstacle majeur qui constitue encore maintenant un frein à son développement : la persistance d'un sentiment de danger quand on circule en vélo à Paris.

La sécurisation de la pratique du vélo nous semble être la priorité. Le projet d'extension des aménagements cyclables va, bien entendu, dans ce sens. Nous approuvons les 680 kilomètres de réseau cyclable. Nous approuvons la circulation des vélos dans les zones de circulation douce, la circulation à double sens, dont ont parlé mes collègues. Il serait souhaitable qu'un bilan d?étape puisse être réalisé sur ce point dans les meilleurs délais.

Enfin, le développement de la prévention et la formation de tous les usagers, quel que soit le mode de déplacement, demeure une nécessité. Car, après 50 années de priorité donnée au véhicule automobile, il reste nécessaire de changer les comportements en faveur d'un plus grand respect de chacun sur les voies de circulation, et je pense aussi aux piétons.

Sécuriser la pratique du vélo pour développer son usage, c'est également pour nous favoriser la sécurisation du véhicule lui-même en développant l'offre de stationnement et les systèmes de gardiennage. Les bailleurs sociaux réalisent des parcs vélos dans les bâtiments, les parkings et les espaces libres ; nous les remercions.

Le second levier sur lequel je souhaite insister et qui doit, selon nous, améliorer le développement du réseau cyclable concerne la prise en compte de sa dimension métropolitaine. Les projets d'aménagement des portes parisiennes nous semblent, à cet égard, pertinents. De nombreux Parisiens travaillent en banlieue et ont pris l'habitude d'utiliser le vélo pour s?y rendre. L'arrivée aux portes constitue un véritable arrêt forcé, car celles-ci sont des zones particulièrement accidentogènes.

Nous avons déposé un v?u visant à la mise en place d'une concertation avec les communes voisines de Paris, afin d'étudier concrètement avec elles les modalités de stationnement et de franchissement de ces portes.

Enfin, il nous semble important d'ouvrir des pistes de réflexion pour favoriser l'accès à la pratique du vélo en direction des catégories de la population qui y renoncent pour des raisons financières ; je pense ici en particulier aux bénéficiaires de minima sociaux, aux chômeurs, aux étudiants. Il est, selon nous, souhaitable d'envisager pour eux un tarif social leur permettant d'accéder au service Vélib'.

Ainsi, j'exprime le soutien de mon groupe à la poursuite du développement du vélo à Paris présenté dans ce schéma d'orientation pour lequel nous voterons.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à M. MARTINS.

M. Jean-François MARTINS. - Oui, Monsieur le Maire, l'enjeu de la transformation de notre modèle de société en un modèle moins dépendant du carbone et plus conscient de la finitude des ressources impose la transformation de notre ville et de nos mobilités. Au-delà de ce simple objectif écologique pour Paris, le développement des mobilités douces est aussi un levier important pour l'amélioration de la qualité de la vie, pour la réduction des nuisances sonores et pour un espace public retrouvé, mieux partagé et plus équilibré entre les habitants. Après plusieurs années d?investissements réguliers de la Ville de Paris dans la promotion de la pratique cycliste, que je souhaitais souligner et féliciter aujourd'hui, ce schéma représente l'occasion de faire passer le vélo dans la Capitale d'un mode de transport qui fut marginal à un véritable nouveau mode de vie, un véritable nouveau partage équilibré de l'espace public.

Pour ancrer durablement ce mode de vie, Monsieur le Maire, transformer la ville en son c?ur, en son centre et jusqu'à ses symboles est primordial.

A ce titre, la formalisation de deux grands axes, très symboliques, du Nord au Sud et de l?Est à l?Ouest, sont deux opérations structurantes que nous soutenons avec enthousiasme et qui étaient depuis bien longtemps nécessaires.

Je dois reconnaître, Monsieur le Maire, que ce plan constitue une réponse structurée, satisfaisant à un grand nombre d'attentes exprimées par les usagers et les associations depuis plusieurs années : aménagement des portes, expérimentation du "tourner à droite", généralisation des sas vélos, développement tant attendus - on espère cette fois-ci qu'il ne restera pas au stade des promesses - des stations vélos dans les gares et développement des contresens cyclables dans les zones 30.

Evidemment, un grand nombre de ces nouveautés ne se feront pas sans un temps d?adaptation de l?ensemble des usagers de la route qui devront s'habituer à ce nouveau partage de leur espace mais le cap est le bon, il s'agira de le maintenir.

Il s'agira d'être particulièrement vigilant sur ce que ces nouveaux dispositifs, ces nouvelles mesures soulèveront comme questions de sécurité et à quel point ce nouveau partage pourrait, à certains égards, tendre les relations entre certains usagers de la route. J?espère que, sur ce sujet, vous bénéficiez du concours de la Préfecture de police pour assurer au mieux la protection et la sécurité des usagers du vélo.

Un point cependant, Monsieur le Maire, me conduira à mettre un petit bémol à mon enthousiasme matinal à propos de ce plan vélo : c?est la manière peut-être un peu solitaire que la Ville a de conduire sa politique en matière de vélo. En particulier en matière de stationnement - et vous avez entendu un grand nombre d'orateurs ce matin soulever la faiblesse du nombre de stationnements pour les vélos à Paris -, ce problème du stationnement typiquement pourrait trouver dans une démarche plus collégiale un certain nombre de réponses. Aujourd'hui, les 1.000 places que vous nous proposez, 2.000 avec l'amendement qui a été déposé depuis hier matin, sont prévues uniquement dans l'espace public. Or, les places nouvelles de stationnement que nous trouverons ne pourront pas toutes être dans l'espace public, elles seront situées sur des espaces plus privés ; je pense en particulier à l?absence totale d?intégration des entreprises dans le plan que vous nous présentez aujourd'hui. Elles disposent aujourd'hui d'un outil qui s'appelle le P.D.E., le Plan de déplacement en entreprise, grâce auquel elles peuvent stimuler la pratique du vélo auprès de leurs salariés et disposer de parkings de stationnement dans les entreprises.

Je crois que l?absence de stimulation, d'incitation de la part de la Mairie de Paris est un manque, qui pourrait pourtant contribuer à l'augmentation du nombre de places.

De la même manière, les bailleurs sociaux sont trop mollement incités à la création de ces parkings vélos, tout comme les opérateurs de stationnement automobile ne sont pas aujourd'hui obligés d'ouvrir des espaces vélos gratuits dans l'enceinte des parkings automobiles ; nous le regrettons.

Monsieur le Maire, ce plan est une belle étape dans la transformation de notre ville, mais nous devons rapidement être capables de répondre aux besoins nouveaux, notamment de stationnement, que cette transformation ne manquera pas de créer et nous devons répondre à ces besoins de manière collégiale, avec l'ensemble des acteurs, publics et privés, pour permettre à l'ensemble des usagers du vélo de profiter de leur ville.

Je voterai donc ce plan mais je voterai également les v?ux qui permettront de le densifier.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur.

La parole est à Mme CUIGNACHE-GALLOIS.

Mme Edith CUIGNACHE-GALLOIS. - Merci, Monsieur le Maire.

Je tiens d?abord à vous féliciter, Monsieur le Maire, pour votre habileté politique qui s'accorde si bien avec les saisons !

Au mois de juin, une délibération pour le développement du vélo et le mois prochain, en juillet, à l?approche de Paris-Plage, votre plan pour la fermeture des berges. Il y a là un vrai sens de la météo !

Plus sérieusement, vous nous proposez de renforcer le réflexe vélo. Très bien ! Nous sommes évidemment favorables au renforcement du réflexe vélo. Mieux se déplacer à vélo, mieux partager l?espace public sont des préoccupations qui nous animent dans notre groupe de manière constante et même l'hiver.

Pour autant, si nous considérons que le vélo peut être un moyen de transport et doit être valorisé, incité, renforcé, il s'impose d?en rappeler le cadre. Le vélo ne représente actuellement que 2 % des transports. D'ailleurs, il semblerait que l'engouement pour Vélib' s'essouffle. Qui pourrait croire qu'il devienne le mode principal de développement, de tous les Parisiens ? Personne ! Et pourquoi ?

Mais pour la bonne raison que c'est un mode de transport qui s'adresse finalement à des privilégiés, qui sont des gens bien portants et qui vivent dans Paris intra-muros. Or une politique de déplacement doit inclure tout le monde, pas seulement les privilégiés qui sont extrêmement minoritaires et qui ont le loisir d'utiliser le vélo comme un mode de transport à part entière. Je vous rappelle que pour circuler à vélo dans Paris, il ne faut pas être trop âgé, ni trop jeune d'ailleurs.

Il vaut mieux ne pas être malade, il ne faut pas être handicapé, il ne faut pas craindre les intempéries, la pluie, le vent, la neige, le froid ou les grosses chaleurs. Il ne faut pas avoir à véhiculer des enfants ou transporter des choses lourdes. Il ne faut avoir de courses à faire avant de rentrer à la maison. On peut aussi s'habiller en mode cool et vivre près de son lieu de travail. Cela élimine pas mal de monde.

Ces privilégiés ont donc la chance, et j?en fais partie, de vivre à Paris dans les meilleures conditions et c'est à ceux-là uniquement que s'adresse votre plan. Il s'agit d'une politique plus discriminante qu'il n'y paraît, alors faisons en sorte qu'elle soit sécurisante pour tous.

Il faut penser la vie de manière responsable et la faire évoluer, certes, mais sans oublier les contraintes de la vie économique, de la vie familiale, de la vie au quotidien, sans oublier que Paris, c?est aussi une ville monde, que le Grand Paris avec sa dimension et ses distances sont là, c?est une capitale dont vous portez la responsabilité. Il ne s'agit pas de lancer des projets pour faire plaisir, ou pour faire plaisir à vos amis. La proposition que vous nous faites aujourd'hui est acceptable, mais elle ne doit pas dériver. Oui nous sommes favorables à la philosophie du vélo, mais non, nous sommes contre l'idéologie du vélo. Car c'est bien cela qui suscite des craintes. Les réactions recueillies dans les conseils de quartier ne révèlent pas un enthousiasme délirant, c'est le moins que l'on puisse dire. De vives inquiétudes y sont exprimées, les contresens cyclables font peur.

Crainte pour les cyclistes du non-respect de la limitation, il faut en tenir compte, c'est important justement pour que cela marche.

Crainte pour les cyclistes de la limitation de vitesse.

Crainte pour les piétons d'être renversés par un vélo que l'on n'entend pas.

Crainte pour les automobilistes de se trouver face à face avec des vélos auxquels on ne s'attend pas.

Crainte pour les commerçants que cela ne fasse un barrage supplémentaire entre leur porte et le trottoir.

Crainte pour les riverains que l'on supprime encore des places de stationnement.

C'est pourquoi nous disons oui, mais avec une grande prudence. Particulièrement lorsqu'on voit la pression que les uns exercent pour généraliser les zones 30 et le contresens cyclable à l?ensemble de Paris, ce qui irait à l'encontre des attentes des Parisiens. Est-ce cette pression qui vous a conduit, Monsieur le Maire, à commencer les travaux avant même que l'on ne vote cette délibération ? Pourquoi cette précipitation antidémocratique car il y a nombre d'arrondissements où les travaux ont déjà commencé ?

Si nous sommes d?accord sur l'idée d'augmenter les zones 30, il faut qu'elles soient bien définies, limitées, nettement circonscrites et raisonnables. Il serait inimaginable de faire de Paris une vaste zone 30.

Concernant le principe même du contresens maintenant, nous estimons qu'avec des équipements suffisants ils peuvent permettre, en effet, d'éviter des ruptures de charge trop violentes. Un double sens peut s?avérer sécurisant et pratique. Je sais que ce n'est pas évident pour ceux qui ne font pas de vélo.

Cependant, encore faudra-t-il s'assurer que les limitations de vitesse seront respectées et que les rues offriront une largeur suffisante pour garantir la sécurité des vélos. C'est là votre responsabilité de prendre les mesures d'aménagement nécessaires en concertation avec les arrondissements.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Il faut conclure.

Mme Edith CUIGNACHE-GALLOIS. - Je conclus.

Notre vision s'inscrit dans une approche réaliste et raisonnable. Le partage de l'espace public demande de pouvoir rattraper le retard en la matière, nous sommes d'accord. Mais on ne peut pas faire ce chemin vers une bonne harmonie avec un esprit de division entre les modes de transport, de déplacement, c'est ce que nous voulions vous dire. Le développement du vélo est nécessaire à condition qu'il ne concentre pas toute l'attention, tous les efforts, et qu'il ne prenne pas toute la place au profit de quelques-uns contre tous les autres.

Merci, Monsieur le Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme Lynda ASMANI.

Mme Lynda ASMANI. - Monsieur le Maire, j'ai une proposition à vous faire, je ne dépasse mon temps de parole et vous acceptez ma proposition.

Je vous ai entendu le dire à propos de Mme Karen TAÏEB.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous êtes redoutable, poursuivez votre intervention.

Mme Lynda ASMANI. - Je souhaitais intervenir sur le schéma d?orientation, car au-delà de la pratique du vélo que je soutiens naturellement, nous ne sommes pas de sombres obscurantistes, ma préoccupation est d?abord celle de la sécurité routière, et en particulier celle des enfants. Vous l'avez vu ce matin dans la presse, la sécurité routière met en place une grande campagne de prévention et les accidents de la route sont la première cause de mortalité chez les jeunes entre 18 et 24 ans et les moins de 18 ans.

Même si le vélo n'est pas une voiture, c'est bien toujours la voiture ou l'automobiliste qui peut tuer un cycliste. C'est d'ailleurs le sens du v?u que nous avons déposé tout à l'heure et qui sera débattu plus tard.

Je crois sincèrement que votre principe du double sens cyclable, Monsieur le Maire, risque d'être contre productif et qu'il pourrait même avoir l'effet inverse recherché par votre majorité et notamment envers les jeunes débutants qui pourraient s'aventurer dans les rues de la Capitale. Il est en effet prévu de les autoriser à rouler en contresens dans des zones 30. Or, il s'agit bien de sens interdits, et nous avons appris un code de la route y compris quand nous étions enfants, et nous avions appris qu'un sens interdit c'était un sens interdit.

Si l?on peut éduquer les adultes, peut-être est-ce un très mauvais exemple pour les plus jeunes, car au fond si je peux prendre un sens interdit à vélo, je peux aussi le prendre en scooter et un certain nombre d'adolescents pourrait peut-être entendre cette petite musique.

Le deuxième risque est celui des mauvaises habitudes, et au fond lorsque j'entends qu'un certain nombre de v?ux visent à généraliser les zones 30 dans tout Paris, je crois que la crainte que j?exprime aujourd?hui est totalement fondée.

Je n'ose pas imaginer les problèmes que cela engendrerait pour la Préfecture de Paris, et je parle sous le contrôle du Préfet de police de Paris, en termes d'accidents.

Je comprends votre volonté, Monsieur le Maire, de faciliter la circulation des vélos après avoir fait des rues de Paris un véritable labyrinthe, mais nous ne pouvons accepter que cela se fasse au détriment de la sécurité des Parisiens.

C?est pourquoi afin d?éviter cela, et dans la volonté d?être toujours constructif, il nous semble indispensable de prendre toutes les mesures utiles et responsables car la sécurité doit être notre préoccupation première en termes d'aménagement, évidemment, mais aussi en termes de protection des usagers.

Je voulais aborder très brièvement un autre sujet, qui est celui du port du casque à vélo, pratique fort répandue dans toutes les grandes capitales européennes. Certes, il y a une culture, mais elle a été encouragée fortement, et je crois qu'aujourd'hui la question de sa pertinence est posée dans les conditions urbaines que nous connaissons à Paris. Tous les efforts que nous pourrions faire sont les bienvenus, mais je crois que puisque le débat sur le port du casque obligatoire avait été posé dans le cadre du Grenelle de l'environnement, notamment pour les moins de 16 ans, et pourquoi pas pour les moins de 12 ans, je vous demande, Monsieur le Maire, que nous ayons ce débat qui mérite vraiment largement d?être étudié pour les enfants de moins de 12 ans, car ils sont les plus vulnérables et nous devons les éduquer à de bonnes habitudes, il nous revient de les protéger et de former leur esprit à une bonne pratique.

Le comité interministériel à la sécurité routière l'avait envisagé en 2007, et compte tenu des 1.000 rues, je crois, dont vous envisagez de changer le sens de circulation en zone 30 dans Paris, cela me semble évidemment une bonne proposition.

Un dernier point à propos de certaines rues, pour vous montrer que nous ne sommes pas dogmatiques, si je prends l?exemple de la rue Legouvé dans le 10e arrondissement tout à fait par hasard, qui est une toute petite rue, il n'y a aucun problème. En revanche, si je prends l'exemple d'artères plus importantes du 7e arrondissement, la rue de l'Université ou la rue de Grenelle, qui sont des rues très fréquentées sur un axe important, je crois qu'il est plus accidentogène que des petites rues perpendiculaires à ces grands axes puissent débouler comme cela en contresens.

Il y a aussi des rues très pentues, je ne vais pas revenir sur les propos de M. Denis BAUPIN.

Je suis certaine, Monsieur le Maire, que vous serez le garant d?une bonne cohabitation entre les poussettes, les fauteuils roulants, les piétons, les personnes non voyantes et les automobilistes.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous avez dépassé votre temps.

Mme Lynda ASMANI. - Je vous remercie de vous occuper de la sécurité de vos administrés.

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme Laurence DOUVIN.

Mme Laurence DOUVIN. - Monsieur le Maire, lors de la campagne pour les dernières élections régionales, nous nous étions prononcés en faveur du doublement du nombre des voies cyclables à Paris. Nous nous réjouissons donc de constater que le plan vélo que vous nous proposez s'inscrit tout à fait dans cette logique.

Pour autant, il ne peut réussir que si l'ensemble des problèmes relatifs à la circulation est soulevé, car il y a d'autres modes que le vélo dont il faut bien sûr tenir compte.

Quand on touche aux conditions de circulation d?une métropole comme Paris, il est impossible de créer 240 kilomètres d'itinéraires cyclables d'ici 2014 et 160 de plus d'ici 2020 sans conséquences majeures sur les autres modes.

Or, dans cette communication, il n'y en a pas un mot, pas un mot sur les difficultés d'un nouveau mode de cohabitation entre vélos et piétons, pas un mot sur les places de stationnement supprimées dans une situation déjà déficitaire, pas un mot sur l'espace de roulement pris aux camions, voitures, deux-roues motorisés.

Pourquoi ? Parce que comme d'habitude, la question des reports n'est pas traitée, évidemment puisque selon vous elle n'existe pas. C?est certainement une pure invention de notre part : chacun sait que le trafic motorisé disparaît par l'opération du Saint-Esprit.

Présenter aux Parisiens un plan global de circulation qui précise la place et les voies réservées à chaque mode est vis-à-vis de la transparence à laquelle vous êtes tant attaché une obligation dont pourtant vous vous dispensez en dépit de nos demandes répétées. Je veux croire que le débat que vous nous annoncez ce matin, à notre demande, sur le stationnement, lèvera un coin du voile.

En ce qui concerne le plan vélo lui-même, nous avons quelques inquiétudes qui demandent à être levées.

Tout d?abord, sur le plan du stationnement, l'offre est très inégale selon les quartiers mais surtout majoritairement insuffisante. 1.000 places par an ne suffiront pas, et la recherche d'emplacements qui ne doivent pas pénaliser, ni les piétons, ni les autres modes, est trop timide. L?espace de stationnement de surface n'est pas extensible : il faut donc développer le stationnement dans les immeubles et surtout organiser le recours au stationnement gratuit pour les vélos dans les parcs concédés, comme c'est le cas à Bordeaux par exemple.

En ce qui concerne la mise en ?uvre des contresens cyclables à réaliser dans les zones 30 avant juillet 2010 à la suite du décret du 30 juillet 2008 dont je rappelle, puisque personne ne le dit, qu'il est d'origine gouvernementale, il est à noter que la concertation locale avec les arrondissements n'a pas toujours donné satisfaction.

Si je me fie à l'exemple du 17e arrondissement, elle a été bâclée pour entrer dans les délais impartis par la loi. Pourtant, il aurait été certainement possible de ne pas installer 100 % des contresens cyclables à grand-peine en un mois, ce qui évidemment laisse peu de temps pour se pencher sur des situations qui auraient mérité un examen plus approfondi.

La sécurité, je pense que vous en conviendrez avec moi, est la première des exigences. C?est pourquoi nous avons déposé trois v?ux à ce sujet. Le premier consiste à demander un bilan d'étape en matière d'accidentologie au bout d'un an afin de voir quelle est la situation et quels sont les points noirs susceptibles d'être amendés.

Je précise que nous déposons ce v?u sans aucune idée préconçue sur ces aménagements, mais au contraire dans un vrai souci de maximiser la sécurité.

L'étude de l?A.P.U.R. jointe à la délibération fait un point tout à fait intéressant sur l'accidentologie, dont il ressort que 770 accidents ont eu lieu en 2007, ce qui n'est pas rien, mais surtout qu'une majorité d'entre eux ont eu lieu sur des sites aménagés, ce qui incite pour le moins à la prudence.

Le second v?u que nous proposons vise à demander le port du gilet réfléchissant et à inciter au port du casque de protection par les cyclistes.

On sait bien que les nouvelles dispositions exigent des piétons qui traversent maintenant de regarder de chaque côté, ce qu'ils n'ont pas l'habitude de faire, encore plus quand ils sont à l?écoute de leur mobile. Ce sont de nouvelles habitudes qui ne se commandent pas : il faut donc protéger les uns et les autres.

Enfin, notre troisième v?u est relatif au respect du gabarit des voies. Que se passe-t-il quand un camion et un vélo se trouvent nez à nez sans pouvoir se croiser ? Ou même quand un camion dépasse un vélo qui roule sur sa droite et se trouve face à un autre vélo en contresens ?

Or, le traitement des voies apparaît comme très disparate en dépit des critères que vous annoncez avoir retenus, tels que le niveau de trafic, l?étroitesse de la voie, et la sécurité au niveau des carrefours, mais nous constatons qu?il existe dans des quartiers nombre de rues avec un marquage au sol en cours où ce croisement ne sera pas possible, et je n'ai pas vu de réponse à cette question dans les contre-v?ux de l?Exécutif.

Le plan vélo se présente comme voulant faire de Paris une grande métropole cyclable. Pour nous, il va donc dans le bon sens, et nous le voterons. Mais il n'y a pas et il n'y aura pas que des vélos à Paris, et on ne peut pas négliger ou même mépriser les autres utilisateurs, dont je rappelle que ceux qui sont les plus prioritaires à nos yeux sont les piétons, qui sont les absents de ce plan.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Et vous avez été respectueuse du temps de parole, Madame DOUVIN.

La parole est à M. TRÉMÈGE.

M. Patrick TRÉMÈGE. - Je vous remercie, Monsieur le Maire, j'allais dire M. le Saint-Esprit.

Je vois au moins deux raisons d'approuver ces deux projets de délibération.

La première est d'ordre un peu personnel : c'est vrai qu?en 1995, j'initiais les premières pistes cyclables en site propre et surtout les quartiers tranquilles dans la Capitale, quartiers tranquilles dont la vocation était de pacifier les circulations de proximité, de dissuader les circulations de transit et de favoriser les circulations douces.

La généralisation de ces zones 30 permet aujourd'hui la mise en place de ce décret, mais je suis surtout satisfait de constater que les mentalités ont largement évolué. La prise de conscience de l'urgence climatique, notamment grâce à l'action du Gouvernement, des Ministres BORLOO et JOUANNO, des Grenelle I et II, est aujourd'hui une réalité.

La seconde raison est que dans une cité où plus de 50 % des déplacements s'effectuent sur une distance de moins d'un kilomètre et demi, le vélo doit être un moyen de transport favorisé.

L'ensemble des études menées dans différent pays, et pas seulement aux Pays-Bas où la bicyclette est reine, démontre qu'une circulation affirmée, sinon accrue des vélos, contribue assez efficacement à la tranquillisation des circulations ainsi qu'à la diminution très sensible des accidents.

Contrairement aux idées reçues, l'accidentologie des deux-roues non motorisés est de manière indiscutable extrêmement faible. Les difficultés concernent essentiellement les relations piétons-vélos où le différentiel de vitesse est évidemment préjudiciable aux piétons.

Ce différentiel de vitesse m'incite justement à être très réservé sur la création que vous proposez de pistes sur trottoirs, tant cette solution est source de conflits. Elle ne doit être envisagée qu?en ultime solution, et dans le cas de trottoirs particulièrement larges.

Il n'en reste pas moins que le vélo reste en cas d'accident très vulnérable. Les nouvelles dispositions que nous nous apprêtons à prendre ce matin doivent être entourées d?un certain nombre de précautions car elles vont modifier très sérieusement les conditions de circulation et bouleverser assez considérablement les habitudes. Il faut en être conscient, et ce n'est pas être en arrière de la main que de les appréhender.

Nous aurions pu présenter à notre Conseil une batterie de v?ux essentiellement consacrés à la sécurité qui par leur aspect contraignant auraient pu apparaître comme allant à l?encontre du but recherché, qui reste pour nous l'encouragement à l'utilisation du vélo.

Aussi, n'en avons-nous retenu que deux, qui nous apparaissent essentiels : celui de la visibilité tout d'abord, par le souhait du port d?un gilet réfléchissant singulièrement utile la nuit et par mauvais temps ; le très fort encouragement, ensuite, au port d?un casque léger dont je regrette qu?il ne soit pas proposé dans le cadre de la location Vélib' ; enfin, celui d'écarter du dispositif les rues dont le gabarit ne permet pas à un camion de se croiser avec deux bicyclettes.

Il m?apparaît que ces mesures sont de bon sens ; elles ont été étayées par mon excellente collègue DOUVIN : je n'y reviendrai pas.

Je conclurai, Monsieur le Maire, en indiquant que je voterai cette délibération mais pour autant, je veux souligner que ces mesures qui constituent un rééquilibrage du partage de la rue et qui permettront des itinéraires raccourcis ne peuvent et ne doivent pas être considérées par les cyclistes comme un droit à tout faire et un encouragement à des comportements anarchiques trop souvent constatés et regrettés.

Je fais confiance aux services de la Préfecture pour encadrer ces nouvelles dispositions comme aux associations de deux-roues qui font un travail remarquable de pédagogie.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur.

La parole est à Mme BURKLI.

Mme Delphine BURKLI. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais insister sur les conséquences de la mise en place des contresens en zone 30, en termes de sécurité pour les Parisiens, qu'ils soient piétons, cyclistes ou automobilistes.

Ce projet de délibération, en effet, en favorisant les liaisons cyclables dans les zones où la vitesse des véhicules est réduite, implique de nouveaux comportements aussi bien pour les piétons que pour les automobilistes, sans oublier les deux-roues et les cyclistes en premier lieu.

À la lecture du quatrième contrat "réseau vert" qui nous est soumis aujourd'hui, je m'interroge sur la pertinence des seuls critères retenus par la Ville pour la mise en place de ces contresens cyclables.

Ces critères ont été rappelés par les orateurs précédents : la largeur de la voie, le débit de circulation - inférieur à 3.000 véhicules par jour -, et la limitation de vitesse.

À ces trois critères, je considère, pour obtenir une sécurité optimale des usagers parisiens, qu'il convient d'en rajouter au moins deux autres.

Le premier : le statut de la voie empruntée, commercial ou résidentiel. La voie commerciale n'a pas le même flux piéton et la même rotation de stationnement qu'une voie à caractère résidentiel. Dans le 9e arrondissement, par exemple, le quartier du Faubourg Montmartre, dont une grande partie a été classée en zone 30, est un secteur à forte commercialité, mais aussi doté de grandes entreprises privées, et je pense en particulier au siège d'une grande banque française qui abrite pas moins de 2.000 salariés, rue Sainte-Cécile et compte de nombreux visiteurs quotidiennement.

Le deuxième critère d?évaluation que je vous propose est la prise en compte de la déclivité de la voie ; une voie étroite avec une pente forte est plus accidentogène pour les cyclistes.

Là encore, je prendrai l'exemple de la rue Milton, dans le 9e arrondissement, qui dispose, de surcroît, de deux écoles, une maternelle, une primaire, et d'un collège, et là, la sécurité des enfants ne peut être mise en cause.

Autrement dit, une voie ayant un débit de circulation inférieur à 3.000 véhicules par jour, soit environ 300 véhicules par heure en heure de pointe n'est pas, au regard des deux critères d?évaluation que je vous soumets, une artère assez sûre pour que ce type d'aménagement soit envisagé, sans compter que pour les deux exemples que j?ai pris concernant le 9e arrondissement, l?aménagement des intersections reste indispensable compte tenu d?une faible visibilité, et je pense aux croisements Richer/Saulnier, dans le quartier du faubourg Montmartre et Milton/Hyppolite-Lebas.

Au-delà de ces critères indispensables à la sécurité des Parisiens, je terminerai sur la nécessité de soumettre ces aménagements aux principaux concernés, c'est-à-dire les habitants, mais aussi les commerçants de proximité qui sont trop souvent les oubliés de la concertation.

Enfin, je serai favorable, après la mise en place de tels aménagements, à ce qu'une évaluation soit effectuée dès la fin de cette année, afin d'analyser les difficulté éventuelles, la nature des accidents constatés, le respect des signalisations et celui de la signalisation tricolore.

Je considère que le mieux vivre ensemble passe avant tout par le respect de chacun. Il ne s?agit pas, ici, de monter les uns contre les autres, les vélos contre les piétons, mais bien, et c'est notre responsabilité d'élu, de concilier les attentes de chacun.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.

La parole est à Mme POIRAULT-GAUVIN.

Mme Géraldine POIRAULT-GAUVIN . - Merci, Monsieur le Maire.

Avec l'accord du maire du 15e, Philippe GOUJON, je vais m'exprimer au nom des élus de la majorité du 15e, qui soutiennent globalement le plan vélo proposé aujourd'hui au travers de ces deux délibérations, mais permettez-moi, Monsieur le Maire, de défendre ici le droit d'amendement de l'opposition, parce que la Droite veut prendre toute sa part dans ce projet, elle veut apporter sa contribution.

D'ailleurs, ce n'est pas correct de la part du président de la 3e Commission, qui s'est exprimé au début de notre débat, de ne pas évoquer la proposition des élus de la majorité du 15e qui ont défendu un projet baptisé "Harmonie", que je vais vous présenter, qui a été défendu en Conseil d'arrondissement. Je me suis spécialement déplacée en 3e Commission pour le présenter à tous les élus intéressés par ce sujet.

Bien souvent, Monsieur le Maire, l?Exécutif parisien oublie de rendre hommage au Gouvernement de François FILLON, sans lequel une grosse partie du plan vélo n'aurait pas pu voir le jour.

(Mouvements divers sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

En effet, Monsieur le Maire, grâce aux contresens cyclables prévus?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous en prie ! Pourquoi pas ? Laissez-la parler !

Mme Géraldine POIRAULT-GAUVIN . - ? par le décret du Premier Ministre?

(Intervention hors micro de M. TRÉMÈGE).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Soyez détendu, Monsieur TRÉMÈGE, on vous a écouté aussi attentivement !

Mme Géraldine POIRAULT-GAUVIN . - Monsieur le Maire, s'il vous plaît, je peux m'exprimer ?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je répondais à M. Patrick TRÉMÈGE !

Mme Géraldine POIRAULT-GAUVIN . - J'espère que ce ne sera pas décompté de mon temps de parole.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Mais non ! Ne vous inquiétez pas !

Mme Géraldine POIRAULT-GAUVIN . - Le réseau cyclable parisien, grâce au décret du Premier Ministre, va pouvoir compter sur 185 kilomètres supplémentaires dans votre plan vélo et ce texte impose la création, en effet, de contresens cyclables dans toutes les rues à sens unique situées dans des zones 30 sur le territoire national ; 65 quartiers parisiens seront concernés.

Il serait plus fair-play, Monsieur le Maire, de rendre à César ce qui appartient à César et donc de rendre à FILLON ce qui appartient à FILLON !

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

Petit mémento à usage du Conseil de Paris?

(Mouvements divers).

M. LE MAIRE DE PARIS. - S'il vous plaît !

Vous n'avez pas le sens de l'humour !

Mme Géraldine POIRAULT-GAUVIN . - Sur 800 kilomètres que vous envisagez en 2020 pour Paris, 256 kilomètres ont été réalisés sous les mandatures CHIRAC et TIBÉRI, 185 kilomètres résultent des contresens cyclables prévus par le décret de 2008 ; cela signifie que la Droite aura contribué à 55 % du réseau cyclable parisien.

Je rappelle ces chiffres, pour combattre une idée fausse selon laquelle la Droite serait hostile aux cyclistes.

Les élus de la majorité du 15e souhaitent réellement et complètement être associés à ce plan vélo. Et le 15e présente dans ce débat un plan ambitieux, baptisé "Harmonie", qui a fait l'objet d'un projet de délibération adopté lors du conseil d'arrondissement du 23 mars 2010.

"Harmonie", cela résume bien la philosophie de ce projet : réconcilier tous les usagers de la voie publique autour d?un partage moins conflictuel de celle-ci.

N?opposons pas les automobilistes, les cyclistes, les piétons, mais engageons des solutions pragmatiques !

"Harmonie", c'est la volonté d?encourager l?utilisation du vélo par des personnes qui sont peut-être moins aguerries à ce mode de déplacement et qui n?osent pas, par crainte pour leur sécurité, se lancer.

"Harmonie" est un enrichissement, Monsieur le Maire, un complément du plan vélo ; c?est un réseau de bandes cyclables sur chaussée qui constitue un fil d'Ariane pour le cycliste, qui lui permet de se déplacer dans tout notre arrondissement, le 15e, dans des rues secondaires, moins empruntées, plus sécurisées. "Harmonie" a vocation à s'étendre à d'autres arrondissements, naturellement.

Ce projet consiste en la matérialisation d'itinéraires au sol via un marquage visible qui assure une continuité cyclable.

Pourquoi des bandes cyclables ?

Parce que la bande cyclable constitue une solution intermédiaire entre les aménagements en site propre et les solutions intégrées de type zone 30. Economique, elle n'a besoin que d'un simple marquage, elle est rapidement installée et elle s?avère d'une très grande souplesse d?utilisation.

Pour améliorer la clarté du réseau cyclable et pour compléter votre projet, nous proposons d'intégrer le réseau "Harmonie" à votre plan vélo et c'est l'objet de l'amendement n° 73 que nous défendons aujourd'hui.

Un itinéraire est proposé d'ailleurs dans la délibération que nous vous soumettons, Monsieur le Maire, qui tient compte des contraintes suivantes : conserver un maximum de places de stationnement pour les automobilistes, ne pas mettre en place de séparateurs en béton car ils ne donnent pas satisfaction, ne pas supprimer de file de circulation, ne pas gêner les activités commerciales, notamment les livraisons.

"Harmonie", Monsieur le Maire, est un réseau cyclable pour tous ; "Harmonie", c?est le réseau populaire.

Nous défendons également deux autres v?ux : le v?u 108 pour qu'il soit installé dans le 15e une bande cyclable sur les quais bas de la Seine, du pont Bir Hakeim au pont du Garigliano, et un v?u 107 qui vient en réponse à un v?u présenté par la gauche du 15e, parce que nos propositions nous semblent plus adaptées à la voirie du 15e.

En conclusion, "Harmonie", Monsieur le Maire, ce n'est pas un coup de "com", ce n'est pas non plus une provocation, c'est un projet qui est basé sur des convictions et qui, si nous faisons preuve d'intelligence collective, pourrait rendre de nombreux services aux cyclistes du 15e et d'ailleurs.

Nous voulons défendre un réseau cyclable pragmatique, visible, et non un réseau militant ; nous voulons un réseau cyclable harmonieux, populaire et nous vous demandons, Monsieur le Maire, de respecter le droit d'amendement de l'opposition.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.

La parole est à Mme Pauline VÉRON.

Mme Pauline VÉRON. - Merci, Monsieur le Maire.

Ce nouveau schéma d'orientation pour le développement du vélo participe pleinement de la politique ambitieuse de diversification de l'offre de déplacement que la municipalité parisienne mène depuis 2001, en offrant à ses habitants un véritable bouquet de mobilité.

Cette politique crée tout d'abord de la liberté : celle de pouvoir choisir le mode de déplacement qui correspond le mieux au trajet que l'on souhaite faire et qui peut être différent au cours d'une même journée ou suivant que c'est un trajet professionnel ou de loisir, mais elle crée aussi, et c'est ici le véritable enjeu, une autre façon de vivre ensemble dans l'espace public et donc, cette politique crée une autre ville.

Il s'agit, par ce projet de délibération, d'accélérer cette ambition.

Ce coût de pédale pour le vélo est l?illustration d'une politique volontariste qui entend anticiper les changements profonds dans les modes de déplacement que vont connaître les villes françaises ces 10 prochaines années : passage de 60 % de ménages motorisés à 40 %, et même plus, certainement, dans les c?urs denses des villes comme les arrondissements centraux de Paris, 2 à 3 % de voitures en moins chaque année et une baisse de 20 % du nombre de voitures entre 2000 et 2020.

Par une observation précise des évolutions des mentalités et des pratiques urbaines, la Ville de Paris accompagne ce mouvement profond. Loin de "l'environnement, cela commence à bien faire", cher à notre Président de la République, reflet d'une politique qui troque ses ambitions environnementales contre des intérêts particuliers pour aboutir au sous-Grenelle 2, la Municipalité parisienne aide et accompagne les transformations en profondeur nécessaires et souhaitées par les Français, alors même que la Ville se trouve dans un contexte de crise et de forte contrainte budgétaire.

Le nouveau partage de l'espace public au profit des mobilités douces met à l'ordre du jour la question de comment chaque Parisien, en tant qu'individu, partage avec les autres Parisiens l'espace public, ce que l'on pourrait appeler les "parties communes publiques".

C'est concrètement la question du vivre ensemble qui se pose.

En effet, avant, c'était simple, c'était binaire : en surface, il y avait les voitures et un peu les piétons autour. Par la création d'espaces propres pour les bus, le tramway, les piétons et les vélos, c'est à d'autres usages que l'on a fait de la place et avec qui il devient nécessaire de cohabiter. Derrière les séparateurs, les murets, les oreilles et les lincolns, c'est une question éminemment politique qui apparaît, à la hauteur des réactions polémiques qu'elles déclenchent parfois.

Ainsi, accélérer le développement du vélo, ce n'est pas seulement rompre avec une politique synonyme de dégradation environnementale et de congestion de la cité, c?est également un nouvel art de vivre la ville. Un nouvel art de vivre ensemble au c?ur duquel on retrouve la notion de partage.

Ce meilleur partage de l?espace public, c?est concrètement une part importante des couloirs de bus ouverts aux cyclistes dès 2009, une meilleure adaptation des conditions de circulation pour les cyclistes, avec la quasi-totalité des sens interdits autorisés aux vélos dans les zones 30, soit 1.600 voies aménagées en application du décret du 30 juillet 2008.

A propos de ces doubles sens cyclables, je voudrais rappeler que la Ville de Paris n?a pas attendu ce décret pour mettre en place dès la précédente mandature plus de 30 kilomètres d'aménagement de double sens cyclable.

Et à propos de certaines interventions sur la sécurité, je souhaite préciser que les conditions de la mise en ?uvre de ces doubles sens cyclables relèvent du décret lui-même également.

Cette nouvelle avancée pour le vélo est également l'expérimentation de l'autorisation de tourner à droite au feu rouge pour les cyclistes afin de ne pas leur imposer une contrainte de circulation destinée aux automobilistes, tant que cela ne pose pas de problèmes de sécurité.

C?est également la généralisation du sas vélo permettant aux cyclistes d?attendre le feu vert devant les voitures, le renforcement de l?offre de stationnement sur voirie, en ouvrage et des services associés comme les réparations, l'accompagnement du développement de la pratique du vélo, afin de le rendre plus accessible, avec pour objectif premier la sécurité.

Et c'est enfin un meilleur service Vélib', par le biais de nouvelles formules d'abonnement, et une incitation pour que les entreprises remboursent l'abonnement à leurs salariés.

Compte tenu de cet enjeu du vivre ensemble, qui est de construire un nouvel espace pour vivre ensemble différemment, espérons que cet hémicycle saura dépasser les clivages parisiens partisans, pour faire de Paris la capitale du vélo.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Toutes les caractéristiques parisiennes, tout le monde les garde.

Bien, pour répondre à ce débat très riche, la parole est à Mme Annick LEPETIT.

Mme Annick LEPETIT, adjointe, au nom de la 3e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, il vous est demandé ce matin d'approuver le Schéma d'orientations pour le développement de l'usage du vélo à Paris : c'est le projet de délibération DVD 97. C?est aussi une première liste de réalisations pour l'année 2010, avec le projet de délibération DVD 33. Elles font l'objet d'une subvention de la Région.

Je souhaite vous repréciser ici les enjeux de ce Schéma d'orientation, dont vous aviez approuvé en novembre 2008 le principe d'une mise à jour.

Notre volonté, bien évidemment beaucoup d'orateurs l'ont dit, est de franchir une nouvelle étape en donnant un souffle nouveau à la pratique cyclable. Nous considérons que le vélo est un mode de déplacement d'avenir, adapté aux usages urbains, complémentaire de la marche et des transports en commun, respectueux de l'environnement et bénéfique pour la santé. De plus, c'est un mode de déplacement très économique.

Paris, de par sa densité, sa géographie, se prête particulièrement bien à l?usage du vélo. Le succès de Vélib', au-delà des frontières administratives parisiennes, le prouve.

Mais, pour encourager les Parisiens et les visiteurs à utiliser davantage le vélo et Vélib', il est nécessaire de faire sauter les freins qui existent encore aujourd'hui. C'est d'ailleurs tout l'enjeu de ce nouveau Schéma d'orientations qui fixe pour objectif un doublement de la pratique du vélo à Paris d?ici 2020. Pour cela, nous agirons sur différents leviers, avec une première étape de mise en ?uvre de 2010 à 2014.

Je rappelle très brièvement les six axes qui vont guider notre politique.

Le premier : mieux circuler et partager l'espace public, qu'il concerne la poursuite des aménagements, avec pour priorité la continuité des itinéraires, notamment entre Paris et les communes voisines, et l?évolution des conditions de circulation, la généralisation du double sens cyclable dans les zones 30 en particulier. J'y reviendrai.

Le deuxième axe concerne le développement de l'offre de stationnement sur voirie et en ouvrage. Cela a sans doute un peu échappé à Jean-François MARTINS et à Laurence DOUVIN mais je suis prête, bien évidemment, à ce que nous en discutions ensemble.

Le troisième axe : aider les cyclistes à se repérer, donc la signalétique.

Le quatrième axe : développer l'intermodalité, notamment le stationnement autour des gares et des grands pôles de transports.

Le cinquième axe : accompagner le développement de la pratique du vélo pour améliorer la sécurité des cyclistes, mieux faire connaître les atouts du vélo, notamment auprès des plus jeunes.

Enfin, le sixième axe : faire de la Ville de Paris une administration exemplaire, en incitant ses agents à utiliser le vélo à travers le plan de déplacement de l'administration parisienne en cours d'élaboration, et renforcer bien sûr les transversalités au sein des services de la Ville.

Pour ce qui concerne les projets d'ici 2014, je ne vais évidemment pas tous les citer, mais je souhaite tout de même rappeler les principaux : la réalisation bien sûr de 260 kilomètres d'aménagements cyclables nouveaux, l'aménagement des dix portes, la réalisation de deux grandes traversées cyclables de Paris, avec également l'expérimentation du tourne à droite au feu rouge, la création d'une maison du vélo, l'augmentation du nombre de parkings sur voirie, et également dans les lieux d'habitation privée, la poursuite de campagnes de prévention et les fêtes du vélo que nous accompagnons.

Au total, ce sont plus de 25 millions d'euros qui seront investis par la Ville d'ici 2014, pour la réalisation de ce plan, auquel s'ajoutent bien sûr des crédits des opérations d'espace public, qui intègrent dorénavant le vélo dès l'amont, dès la conception de ces projets. Je pense bien sûr au prolongement du tramway des Maréchaux, au réaménagement de la place de la République, aux voies sur berge. Là aussi, je ne vais pas citer tous les projets.

Vous le voyez, mesdames et messieurs, le vélo est une priorité de notre politique des déplacements. Je remarque avec plaisir qu'elle ne fait plus polémique.

Je remercie tous les orateurs, ils me pardonneront de ne pas les citer, ils ont été très nombreux à s'exprimer. Je les remercie tous d?avoir rappelé l'intérêt de ce mode de déplacement et d'avoir salué l'ambition de Paris de devenir la capitale du vélo.

Si vous le voulez bien, en réponse à vos amendements et à vos v?ux, je vous propose cinq v?ux de l?Exécutif :

Le v?u n° 73 bis, qui répond à l'amendement n° 73 et aux v?ux nos 74, 75, 76, 77, 78, 79, 80, 81, 107 et 108. En effet, il est prévu dans le Schéma vélo que des aménagements soient réalisés pour compléter le maillage, desservir finement les arrondissements, comme par exemple un aménagement entre deux quartiers zone 30 ou relier une zone 30 à un itinéraire principal.

Le v?u de l?Exécutif confirme cette volonté en vous proposant une méthode. Je remercie les auteurs de ces v?ux et de leurs propositions, plus particulièrement ceux qui ont exprimé le souhait de privilégier des aménagements peu coûteux.

Je n'oublierai pas non plus les nombreux maires d'arrondissement qui m?ont sollicitée par courrier. Nous allons donc recenser l'ensemble des demandes, réaliser les aménagements complémentaires utiles.

Concernant l'amendement n° 73, qui propose un réseau spécifique baptisé "Harmonie" dans le 15e arrondissement, je regarderai bien sûr précisément les propositions, notamment leur cohérence avec les arrondissements voisins. Vous comprendrez qu'à l'heure où nous inscrivons pleinement notre réseau dans une approche métropolitaine, en lien avec les communes voisines, promouvoir un réseau à l'échelle d'un arrondissement ne doit pas aller à l'encontre de notre souci de continuité cyclable globale.

Pour les v?ux, qui vont du n° 83 au n° 90, puis du n° 109 au n° 112, je ne vais pas tous les citer mais les auteurs se reconnaîtront, et qui portent sur le double-sens cyclables, les zones 30 et la sécurité des cyclistes, je vous propose un v?u de l?Exécutif.

Vous l'avez remarqué, depuis plusieurs semaines, vous l'avez beaucoup souligné, les travaux d'aménagement des doubles-sens cyclables sont en cours, dans les rues à sens unique pour les voitures des zones 30 de vos arrondissements.

Je souhaite d?ailleurs saluer le travail de la Direction de la Voirie et des Déplacements qui a mis le turbo pour respecter le calendrier des travaux. Ceux-ci s'achèveront au mois de juillet.

Cette mesure a suscité beaucoup de v?ux. Je souligne d'ailleurs qu'aucun ne remet en cause son bien-fondé, mais ils constituent une incitation à poursuivre et à accompagner cette petite révolution des usages.

Le v?u que je vous propose s'appuie sur trois piliers.

D'abord, diminuer la vitesse des véhicules motorisés, condition, vous le savez, d'une meilleure sécurité de l'ensemble des usagers et véritable encouragement à l'usage du vélo. C'est pourquoi je suis favorable à ce que l'on étende et réalise de nouvelles zones à vitesse limitée zones 30, zones de rencontre, comme le proposent les élus du groupe des "Verts".

Deuxième pilier : adapter les conditions de circulation aux cyclistes, en évitant de les contraindre par les règles qui sont imposées aux automobilistes. C'est l'intérêt, justement, du double-sens cyclable, qui ne concerne pas seulement d'ailleurs les zones 30. Je précise que nous n'avons pas attendu le décret du 30 juillet 2008, même s'il a été un booster formidable pour faire des double-sens cyclables : en 2008, plus de 23 kilomètres, presque 24 kilomètres de double sens existaient à Paris, dans et hors zones 30.

Aussi, nous poursuivrons l'aménagement de double-sens, en particulier pour relier les zones 30 et, lorsque cela permet d'éviter de grands détours aux cyclistes, chaque fois que les critères de sécurité sont respectés, nous sommes obligés dans certains cas de faire des dérogations ; c'est le cas à Montmartre.

J'en profite pour répondre à Sylvain GAREL qui demande à aménager l'ensemble des rues de ce quartier. Il le sait, puisque nous avons travaillé ensemble, il est impossible de tout aménager pour des raisons de sécurité. La DVD a fait un travail très fin sur ces aspects-là, en concertation bien sûr avec la Préfecture de police.

Je rassure également les élus U.M.P. qui demandent que soient respectées les normes de sécurité en fonction du gabarit des rues. C'est le cas, bien sûr.

En revanche, je ne suis pas favorable à une application systématique dans l'ensemble des rues à sens unique de Paris :

- d?une part, pour des raisons budgétaires évidentes : nous n?avons pas encore fait l?exercice de chiffrer ce que représenterait la mise à double-sens de tous les sens uniques de Paris, mais c?est considérable.

- d'autre part, il faut laisser le temps de l'appropriation de ces nouvelles règles par tous les usagers. C'est pourquoi je propose un bilan de la généralisation dans les 65 quartiers, avec un volet accidentologie, préoccupation exprimée dans un v?u par les élus U.M.P. Je rappelle toutefois à ce propos, c?est important, que des études de la Ville et des études du C.E.R.T.U. ont montré la non-dangerosité du double-sens cyclable.

Pour votre information, sachez aussi qu'une enquête importante est menée aujourd'hui même par la DVD sur ces nouveaux aménagements.

J'en profite aussi pour exprimer mon souhait que la Préfecture de police exerce davantage son contrôle pour veiller à ce que les aménagements cyclables, dans leur ensemble, pas seulement les double sens, soient bien réservés aux cyclistes.

Enfin, le troisième pilier : il s'agit de la communication et de l'information. Ce sont des aspects primordiaux de l'appropriation des nouvelles règles de circulation. C'est l?objet d?une partie du v?u déposé par les élus du groupe Centre et Indépendants dont je partage la préoccupation. Nous poursuivrons ainsi nos campagnes de prévention ainsi que la communication qui accompagne la mise en place du double-sens cyclable.

Nous privilégions ce type de mesure plutôt qu'imposer le port du gilet jaune ou du casque qui, de toute façon, vous le savez, relève de la loi.

En outre, nous regrettons vivement l?absence d'une communication nationale qui est pourtant le bon niveau, me semble-t-il, pour expliquer toutes ces évolutions du Code de la route.

Je vous propose également un v?u de l?Exécutif, le n° 91 bis, pour répondre aux v?ux n° 91 et n° 92, relatifs à la création et à l'extension de zones "Paris respire". Il existe aujourd'hui 17 zones "Paris respire" depuis les bois jusqu'au Marais, en passant par le canal Saint-Martin et les voies sur berge. Ces zones sont fermées à la circulation le dimanche et les jours fériés à des horaires définis par arrêté. Ces zones connaissent un grand succès, c?est en tout cas ce que me disent les maires d'arrondissements qui en bénéficient déjà et c'est bien évidemment ce que montrent les v?ux déposés aujourd'hui.

Ces demandes de création ou d'extension de "Paris respire" doivent donc être étudiées, au regard de trois critères :

- la limitation des accès ;

- la cohérence des périmètres ; il faut bien évidemment qu'il y ait un accès aux équipements publics ;

- et, bien sûr, les coûts, notamment en personnel. La Préfecture de police le sait car il faut mobiliser des agents qui permettent l'accès restreint aux riverains et aux véhicules de secours.

Je souhaite privilégier les arrondissements qui ne bénéficient pas encore de zone "Paris respire". J'entends avec une attention toute particulière la demande des élus de gauche du 15e de disposer d'une opération "Paris respire" au niveau de la rue du Commerce, mais nous regarderons en détail les autres souhaits, les autres demandes avec les élus d'arrondissement.

Sur le v?u n° 82, présenté par les élus du groupe "Les Verts", qui demandent la création d'une piste cyclable sur les Champs-Élysées, je vous propose un v?u de l?Exécutif le n° 82 bis. C'est une proposition qui est déjà inscrite dans le schéma d'orientation vélo. Elle figure d'ailleurs sur la carte du réseau cyclable à l'échéance 2020. C'est évidemment un symbole extrêmement fort de la volonté du Maire d'accorder toute sa place au vélo dans l'espace public parisien.

Intervenir sur les Champs-Élysées, vous le savez, a un coût. Cela nécessite l'accord de nos partenaires de l'Etat : la Préfecture de police, l'Architecte des Bâtiments de France. Aussi, nous vous proposons d'engager dans cette mandature une étude de faisabilité en vue d'un premier aménagement d'ici 2014.

Je vous propose enfin un v?u de l?Exécutif n° 104 bis, pour répondre au v?u n° 104 des élus du groupe "Les Verts" sur les places de stationnement vélo. Je ne souhaite pas, et je regrette que ce soit le cas dans votre v?u, opposer les vélos aux motos, notamment en matière de stationnement. Vous le savez, nous avons un réel problème d'encombrement de nos trottoirs par les deux-roues motorisés ; nous l'entendons dans toutes les réunion publiques, dans tous les conseils de quartier. C'est pourquoi nous souhaitons créer 3.000 places par an pour les motos.

Quant aux vélos, les réponses aux besoins ne sont pas exactement les mêmes. C'est pourquoi j'ai demandé, depuis 2008, que les places vélo soient séparées des places moto. Il faut, en effet, réfléchir en termes d'usage et de localisation. Je prends un exemple très court, Monsieur le Maire, mais je pense à la future place de la République : nous ne souhaitons pas avoir des deux-roues motorisés qui jonchent ou qui joncheront le nouveau parvis. Donc, il faut prévoir du stationnement moto aux abords, dans les rues voisines. En revanche, venir en vélo place de la République, cela veut dire prévoir des attaches sur la place, aux abords de la place et donc ce n'est pas exactement le même usage.

Pour les vélos, nous le proposons dans le v?u de l?Exécutif, l'objectif est de créer 2.000 places de stationnement par an. Cela correspond au moins à 1.000 places sur voirie et à l?ensemble des places créées en ouvrage : les nouveaux immeubles - c'est dans le plan de déplacements urbains - mais aussi les parkings ouverts au public, les équipements publics. Bref, il faut là un travail collectif pour qu'il y ait davantage de parkings vélo.

Pour l'amendement n° 72 et les six v?ux n° 97, n° 99, n° 100, n° 102, n° 105 et n° 106, je vous propose le retrait.

L'amendement n° 72, présenté par Ian BROSSAT et les élus P.C. est déjà inscrit pleinement dans le projet de délibération que nous sommes en train d'examiner. Cet amendement demande la concertation avec les villes et les départements voisins. Les communes et les départements ont été déjà sollicités pour l?élaboration du Schéma vélo et l'aménagement des dix portes est concerté avec les villes voisines. Bien sûr, nous allons poursuivre cette concertation, en lien avec les maires des communes voisines et, bien sûr, M. Pierre MANSAT qui déploie une grande énergie pour que nous puissions accorder notre réseau cyclable à celui existant ou futur, et c'est bien souvent le cas, des villes voisines.

Le v?u n° 97 déposé par le groupe des élus "Verts" demande un chèque vélo de 50 euros. Juridiquement, ce n'est pas possible de le réserver à l'achat dans les magasins parisiens. Si c?est pour aider les cyclistes ou plutôt les magasins de cycles à vendre des équipements, nous ne pouvons pas réserver cela aux magasins parisiens.

Néanmoins, on peut regarder ce qu?il est possible de faire pour favoriser la pratique du vélo, je pense notamment aux actions de promotion du vélo ou aux cours de remise en selle pour le vélo. Je rappelle que la Mairie de Paris rembourse intégralement l'abonnement Vélib' à ses agents. Nous attendons toujours que l'Etat incite les entreprises à rembourser une partie ou la totalité des abonnements des vélos en libre service en France.

Le v?u n° 99, qui lui aussi émane des élus "Verts", demande à la Ville de Paris de participer à la Fête du vélo. Là aussi, nous organisons sur le parvis de l?Hôtel de Ville, mi-septembre, donc bientôt, un grand événement autour du vélo dans le cadre de la semaine de la mobilité. Par ailleurs, nous soutenons les initiatives des associations comme nous l'avons fait dimanche dernier avec la convergence organisée par l'association MDB.

Le v?u n° 100, défendu par M. Denis BAUPIN, concerne l'augmentation de 15 minutes de la durée gratuite de Vélib?. Je veux lui dire et lui redire que l'on ne peut pas compter 5 kilomètres précisément, parce que les Vélib' ne sont pas équipés aujourd'hui pour compter le kilométrage parcouru.

La Ville perdrait, il faut le savoir, environ 2 millions de recettes si l?on passait de 30 minutes à 45 minutes pour l'abonnement de 29 euros.

Et bien évidemment, cela ne nous empêche pas de réfléchir à d'autres formes d'abonnement. Je pense à l'élargissement de la gamme d'abonnements dont certains prendraient en compte des trajets de 45 minutes, voire plus, parce qu'effectivement, et vous le soulignez dans votre v?u, on peut faire assez facilement des parcours qui dépassent 30 minutes.

Le v?u n° 102, là aussi émanant du groupe des élus ?Verts?, demande la création d'une maison des associations du vélo. Je rappelle que nous l'avons déjà proposé aux associations et que nous sommes en train de travailler sur un cahier des charges pour "habiller", si je puis dire, cette maison et notamment développer des ateliers de réparation. Le Maire de Paris a rappelé récemment que le local boulevard Bourdon serait un lieu dédié au vélo.

Le v?u n° 105 demande la création de 150 box sécurisés d'ici 2014. Pour des questions d'encombrement de l?espace public, je propose d?étudier la création de ces places sécurisées auprès des gares et dans les équipements publics plutôt que sur voirie si possible. Un autre v?u a été déposé en ce sens, que nous allons bien évidemment accepter qui est un v?u là aussi du groupe des Verts, relatif aux places de stationnement près des n?uds de transport. C'est d'ailleurs inscrit dans le schéma d'orientations.

Le v?u n° 106 émane du Conseil du 20e arrondissement et demande la création d'un remonte-pente dans cet arrondissement. Je rappelle que des Parisiens rencontrent des difficultés à faire du vélo lorsque la pente est importante, et cela concerne un certain nombre d'arrondissements, notamment les arrondissements périphériques. C'est pourquoi nous avons décidé, il y a plusieurs mois, de voter une subvention pour les vélos à assistance électrique et nous en sommes depuis le mois de décembre 2009 à 600 subventions. Cette mesure bien sûr concerne tous les Parisiens. Je ne suis pas sûre qu'il faille aujourd'hui réaliser un investissement d'environ 500.000 euros, sans compter les coûts de fonctionnement, pour la création d'un remonte-pente qui intéresserait uniquement les Parisiens habitant en haut de la rue Gambetta. J'ai bien entendu que l?ADEME a fait une fiche sur le remonte-pente, un seul existe pour le moment dans le monde, il est situé dans le Nord de la Norvège, mais je pense que l?ADEME serait aussi bien inspirée d'aider à l'achat d'un vélo à assistance électrique. Toutes les aides de l?ADEME sont supprimées depuis maintenant deux ans.

Il y a enfin un certain nombre de v?ux sur lesquels j?émets un avis favorable.

Le v?u n° 98?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Ne rentrez pas dans les détails.

Mme Annick LEPETIT, adjointe, rapporteure. - Je ne rentre pas dans les détails.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Cela me passionne, j'écoute avec beaucoup d'attention.

Mme Annick LEPETIT, adjointe, rapporteure. - Je peux ne pas répondre aux v?ux?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Quand on y est favorable, c?est plus facile.

Mme Annick LEPETIT, adjointe, rapporteure. - Tout le monde a salué le v?u présenté par Karen TAÏEB et tous les élus socialistes, notamment sa proposition de Nuit du vélo, qui est une très bonne idée.

Le v?u n° 101 proposé par le groupe des "Verts" sur la mise en place d'une opération d'apprentissage et de perfectionnement.

Le v?u n° 94 sur les places de stationnement aux abords des n?uds de transport en commun : nous avons besoin, pour persuader nos partenaires, de réunir toutes nos forces.

Le v?u n° 95, qui porte sur la circulation des vélos dans les grands parcs et jardins. Je sais que ma collègue Fabienne GIBOUDEAUX y est sensible, car le règlement des parcs et jardins adopté en mai dernier autorise la circulation des vélos dans les allées des jardins non clos.

Le v?u n° 96 ne pose également aucune difficulté, car il s'agit de rendre les bois plus attractifs aux cyclistes en y créant des itinéraires de loisir et de promenade.

Le v?u n° 103 qui est déposé par le groupe "Les Verts" : c?est une proposition intéressante, elle est déjà examinée par mon collègue M. François DAGNAUD qui souhaite permettre la récupération des épaves vélos en lien avec les régies de quartier.

Enfin, le v?u n° 93 et j'en terminerai par celui-ci, demande des informations sur la qualité de service de Vélib' dans le 20e arrondissement. Je ne peux que m'associer à cette demande en l?étendant à l'ensemble des arrondissements parisiens.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Que l'on me comprenne bien. Je trouve cette intervention convaincante et compétente. Simplement, je me tourne vers M. François DAGNAUD, je pense que la conférence d'organisation a pris la décision de ne pas faire un débat organisé, et je me demande si cela n'aurait pas mieux valu. Je ne dis pas cela pour M. François DAGNAUD, mais pour les présidents de groupe, quand on y passe ce temps-là, alors tant qu'à faire...

Après, je le dis à tous les groupes, car cela concerne tous les groupes, le sujet et le débat étaient passionnants, j'ai vraiment écouté tout le monde et je remercie tout le monde. Néanmoins, à un moment donné, si l?on a envie d'être performant ensemble, il ne faut pas faire des dizaines et des dizaines de v?ux.

Annick LEPETIT est scrupuleuse, elle répond à chacun, mais il faut essayer, en amont, tous les présidents de groupe, de sérier les choses pour ne pas se disperser.

Sinon, je crains que l?on gâche une partie des bonnes idées évoquées par tout le monde d'ailleurs dans ce type de débat.

Avant de passer aux deux délibérations, nous allons voter les très nombreux v?ux et amendements dont je crois en plus qu'ils ont bougé.

Je vous demande donc d'être attentifs, de ne pas faire de commentaire pendant, et de faire en sorte que tout le monde y voit clair, que l'on sache quoi on vote.

D'abord, l'amendement n° 72 qui a été déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche est-il maintenu ? Est-ce un amendement ou un v?u, est-il retiré ?

Il est retiré, je crois. Merci.

Ensuite, il y a un v?u n° 73 bis, qui répond à l'amendement n° 73, aux v?ux numérotés de 74 à 81 et aux v?ux n° 107 et n° 108.

J?imagine que sont retirés les v?ux correspondants des "Verts" et du PS-RGA. Est-ce le cas ou pas ?

M. Sylvain GAREL. - Exact.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je pose la question à l?U.M.P.P.A. pour le v?u n° 73. Vous le maintenez.

Je mets d?abord aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 73 déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d'un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition d'amendement n° 73 est repoussée.

Je mets maintenant aux voix, à main levée, le projet de v?u référencé n° 73 bis déposé par l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2010, V. 145).

En réponse au v?u référencé n° 82 du groupe "Les Verts", l?Exécutif a déposé le v?u référencé n° 82 bis. J'imagine que le v?u n° 82 est retiré. Oui.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de v?u référencé n° 82 bis déposé par l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2010, V. 146).

Maintenant, il y a un v?u référencé n° 83 bis, écoutez bien, qui répond aux v?ux numérotés de 83 à 90 et de 109 à 112.

J'imagine que pour les v?ux ou amendements des "Verts" et du P.S.R.G.A., ils sont retirés.

Qu?en est-il pour le v?u référencé n° 90 du groupe Centre et Indépendants ? Maintenu ou retiré ?

Mme Edith CUIGNACHE-GALLOIS. - Nous le maintenons.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous le maintenez. Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 90, déposée par le groupe Centre et indépendants, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je pose la même question au groupe U.M.P.P.A. pour les v?ux n° 107 et n° 108. Sont-ils maintenus ? Oui.

L'avis de l?Exécutif est bien défavorable, je ne me trompe pas.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 107, déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 108, déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets maintenant aux voix, à main levée, le projet de v?u référencé n° 83 bis déposé par l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2010, V. 147).

Il y a maintenant le v?u référencé n° 91 bis déposé par l'Exécutif qui répond aux v?ux nos 91 et 92 des groupes P.S.R.G.A. et "Les Verts". J'imagine qu'ils sont retirés.

M. Sylvain GAREL. - Retirés.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Bien.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de v?u référencé n° 91 bis déposé par l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2010, V. 148).

Alors, maintenant, le v?u référencé n° 93 déposé par le groupe "Les Verts" est, à ma connaissance, maintenu avec un avis favorable de l'Exécutif..

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 93, déposée par le groupe "Les Verts", assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2010, V. 149).

Il y a maintenant le v?u référencé n° 94 qui est déposé par le groupe "Les Verts", et qui a un avis favorable de l?Exécutif.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 94, déposée par le groupe "Les Verts", assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2010, V. 150).

Même chose pour le v?u référencé n° 95 du groupe "Les Verts" qui a, semble-t-il, un avis favorable de l?Exécutif.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 95, déposée par le groupe "Les Verts", assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2010, V. 151).

Idem pour le v?u référencé n° 96 déposé par le groupe "Les Verts" ? Oui.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 96, déposée par le groupe "Les Verts", assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2010, V. 152).

Le v?u référencé n° 97, du groupe "Les Verts", est-il maintenu ?

M. Sylvain GAREL. - Oui.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Est-ce que l'avis est bien défavorable, comme je l?ai compris ?

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 97, déposée par le groupe "Les Verts", assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 98, déposée par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2010, V. 153).

Il y a maintenant le v?u référencé n° 99 déposé par le groupes "Les Verts". Est-il maintenu ?

M. Sylvain GAREL. - Oui.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je crois qu?il y a un avis défavorable de l?Exécutif.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 99, déposée par le groupe "Les Verts", assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Il en va de même, me semble-t-il, du v?u référencé n° 100 du groupe "Les Verts". Le maintenez-vous ?

M. Sylvain GAREL. - Oui.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Y a-t-il un avis défavorable sur le v?u n° 100, moi, j'ai écrit défavorable.

Mme Annick LEPETIT, adjointe, rapporteure. - Défavorable.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Comme je ne connais pas tout par c?ur, je lis ce qu'il y a d?écrit.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 100, déposée par le groupe "Les Verts", assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

En revanche, le v?u référencé n° 101 du groupe "Les Verts" a, me semble-t-il, un avis favorable de l?Exécutif. Je ne me suis pas trompé.

M. Sylvain GAREL. - Donc on le maintient.

(Rires).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 101, déposée par le groupe "Les Verts", assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée à l'unanimité. (2010, V. 154).

Donc, peut-être allez-vous retirer le v?u référencé n° 102, Monsieur GAREL ?

M. Sylvain GAREL. - Non : nous le maintenons.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Eh non ! Je suis tout triste.

Mais l'avis est hélas, je crois, défavorable.

Mme Annick LEPETIT, adjointe, rapporteure. - Oui.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 102, déposée par le groupe "Les Verts", assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

En revanche, je crois que le v?u référencé n° 103 déposé par le groupe "Les Verts", est maintenu, et qu'il a un avis favorable.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 103, déposée par le groupe "Les Verts", assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2010, V. 155).

Le v?u référencé n° 104 bis déposé par l'Exécutif répond au v?u référencé n° 104 déposé par le groupe "Les Verts". Le v?u n° 104 est-il retiré ?

M. Sylvain GAREL. - Oui, et nous nous félicitons qu'il y ait 2.000 places de vélos.

M. LE MAIRE DE PARIS. - D'accord.

Madame DOUVIN ?

Mme Laurence DOUVIN. - Monsieur le Maire, s'il vous plaît. J'ai demandé une explication de vote.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Attendez, on arrête tout, brièvement.

Cela aurait été mieux que je le voie avant de commencer le vote.

Mme Laurence DOUVIN. - Vous ne me regardiez pas.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je suis prêt à vous regarder tout le temps. Allez-y.

Mme Laurence DOUVIN. - J'ai demandé tout à l?heure une augmentation du nombre de places de stationnement pour les vélos, donc je ne suis pas contre le fond du v?u, mais nous souhaitons ne pas prendre part à ce vote en attendant le débat sur le stationnement global que vous avez proposé pour la rentrée.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Non, que vous m?avez demandé, et que j'ai accepté : je suis encore plus rigoureux.

Mme Laurence DOUVIN. - Tout à fait.

Merci, Monsieur le Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous ne prenez donc pas part au vote sur le v?u n° 104 bis de l?Exécutif.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u référencé n° 104 bis, déposé par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Un groupe ne prend pas part au vote.

Le projet de v?u est adopté. (2010, V. 156).

Le v?u référencé n° 105 déposé par le groupe "Les Verts" est-il maintenu ? J'ai l'impression que oui.

M. Sylvain GAREL. - Oui.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Mais l?avis est défavorable.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 105, déposée par le groupe "Les Verts", assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Vous maintenez le v?u référencé n° 106, je crains !

M. Sylvain GAREL. - Eh oui ! Le remonte-pente !

M. LE MAIRE DE PARIS. - L'avis est défavorable, n'est-ce pas, Madame ?

Mme Annick LEPETIT, adjointe, rapporteure. - Oui.

M. LE MAIRE DE PARIS. - L'avis est défavorable.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 106, déposée par le groupe "Les Verts", assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 97.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2010, DVD 97).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 33.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2010, DVD 33).

(Applaudissements).

Je vous en remercie tous chaleureusement.