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Juin 2010
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2010, IV - Question d'actualité déposée par le groupe U.M.P.PA. à M. le Maire de Paris relative à la hausse des transports parisiens.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2010


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je demande de ne pas l?interrompre pendant que Mme DOUVIN pose la question d'actualité au nom du groupe U.M.P.P.A.

Mme Laurence DOUVIN. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Mercredi dernier, Jean-Paul HUCHON, président du S.T.I.F., a fait voter une hausse historique des transports publics ; c'est la plus forte augmentation de ces 10 dernières années. Une telle hausse à un moment où la crise fait vivement sentir ses effets est à la fois inacceptable et indéfendable.

A Paris, nous avons déjà subi une hausse lourde des impôts locaux, 26 %, avec la création d'un impôt nouveau, la taxe foncière départementale. Vous avez ensuite fait voter une hausse des tarifs des cantines scolaires qui va frapper les classes moyennes. Au S.T.I.F., les représentants de votre majorité, Mme LEPETIT, M. GAUDILLÈRE, ont approuvé et voté l'augmentation des tarifs de transports, donc, à partir du 1er juillet, les Parisiens vont voir leurs tarifs progresser de près de 7 % pour atteindre plus de 60 euros pour les zones 1 et 2 et ce n'est qu'un premier pas si cette augmentation amène vers un tarif unique fixé aux alentours de 100 euros. Il y a toujours, je vous le fais remarquer, un silence assourdissant sur le montant de ce tarif unique annoncé lors de la campagne par le Président HUCHON pour 2012.

Il est plus que temps de cesser de considérer les Parisiens comme étant tous des nantis ; ils n'ont pas à servir de variable d'ajustement aux multiples erreurs de gestion des Exécutifs, qu'ils soient municipal ou régional. Les Parisiens, oui, ils ont la chance d'avoir un réseau dense et un temps de parcours plus faible, mais cela n'en fait pas des privilégiés taxables à merci et le penser, ce serait mépriser la gravité de la situation.

De plus, cette hausse est en contradiction avec la politique de report de la voiture particulière vers les transports collectifs, politique que nous cherchons à favoriser. En effet, si on augmente le tarif des transports dans ces proportions, cela risque bien de pousser certains usagers à revenir à d'autres usages motorisés, reprendre une voiture et adopter un deux-roues motorisés, comme on en voit le nombre exploser. Et cela va évidemment augmenter la pollution et générer des problèmes de sécurité routière. On va donc là à contre-courant du but recherché.

Nous vous demandons, Monsieur le Maire, où sont passées les promesses écologiques du Président de la Région et les vôtres ?

Décidément, l'application du Plan climat à Paris semble bien avoir du plomb dans l'aile.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme Annick LEPETIT.

Mme Annick LEPETIT, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Je souhaite d'abord, Madame DOUVIN, vous dire que le vote que nous avons effectué la semaine dernière au Conseil d'administration du S.T.I.F. montre l'intérêt que Paris porte au fonctionnement des transports pour toute l'Ile-de-France.

Je tiens, bien évidemment, à marquer notre souci de solidarité avec les autres départements. Je souhaite que nous dépassions le débat qui opposerait le "Paris des nantis" à la "banlieue des déshérités". Il existe à Paris, comme dans les communes limitrophes de Paris, des secteurs très durement touchés par la précarité et la pauvreté.

De plus, Madame DOUVIN, ne nous trompons pas ! Vous avez, comme moi, remis par le S.T.I.F. un tableau qui montre que les tarifs de tous les départements ont été augmentés de la même manière : 3,80 euros par mois en plus à partir du 1er juillet - je souhaite d'ailleurs, si vous en êtes d'accord, Monsieur le Maire, que ce tableau soit diffusé à l'ensemble des conseillers de Paris -, sauf, c'est vrai, la zone 1-5 et 1-6, c'est-à-dire nos concitoyens qui ont les parcours les plus longs entre Paris et la grande banlieue.

Madame DOUVIN, au sein de votre groupe, vous vous êtes divisés sur ce vote.

Oui, je vous le rappellerai, si vous voulez avoir le résultat des votes, mais je ne veux pas prendre plus de temps, donc je continue.

Vous vous êtes divisés sur ce vote au sein de votre groupe.

Moi, je pense que Paris, comme d'autres départements, a raison de tendre vers l'équilibre du budget du S.T.I.F. 2010 car, à ce jour, ce n'est pas encore le cas.

Alors, Madame DOUVIN, il faudra nous expliquer, puisque vous venez de dire que vous souhaitez davantage d'offre de transport, comment on fait, comment nous finançons ! Vous le savez, le S.T.I.F. dispose seulement de deux leviers :

- celui d'augmenter les tarifs des titres de transport ;

- celui d'augmenter les contributions des collectivités locales.

Donc, si vous êtes contre l'augmentation des tarifs, j'imagine que vous êtes favorable à l'augmentation des contributions locales, donc que vous êtes favorable à la hausse de l'impôt ? Je n'avais pas cru comprendre cela !

Alors, il faudrait arrêter les contradictions parce qu'au bout du compte, c'est l'offre de transports et les capacités à investir qui vont en être touchées. L'Etat, jusqu'à ce jour, concernant l'Ile-de-France, ne participe pas à l'offre nouvelle, en tout cas pas pour le moment. Contrairement à ce qui avait été demandé par le Premier Ministre, les autres possibilités d'augmenter les ressources du S.T.I.F., celles qui ne sont pas justement entre les mains du S.T.I.F., par exemple le versement transport ou de nouvelles taxes, n'ont pas été traduites dans la loi de finances 2010, ni dans la loi du Grand Paris. Ce qui veut dire que nous devrons être vigilants. Et quand je dis "nous", j?espère que c'est l'ensemble des élus, et notamment des parlementaires parisiens, qui veilleront à ce que l'augmentation du versement transport soit traduite cette fois-ci dans la loi de finances 2011, parce que pour le moment nous perdons beaucoup de temps.

Nous avions une réunion ce matin, où tous les élus d'ailleurs étaient conviés, pour avoir le compte rendu de la concertation préalable sur la désaturation de la ligne 13 par le prolongement de la ligne 14, concertation préalable qui a été menée en janvier et février derniers. Le problème, et tous les élus autour de la table ont posé cette question : Comment fait-on financièrement, puisque pour le moment nous ne savons pas ce que l'Etat va mettre au pot ? Comment faisons-nous aussi pour phaser les projets, puisque nous ne connaissons pas encore le dossier de débat public du Grand Huit ?

Donc, nous sommes malheureusement retardés par des projets qui, au lieu d'être conçus de façon cohérente et en coexistence, pour l'ensemble des Franciliens, pour l'ensemble de nos concitoyens, sont pour le moment opposés et nous sommes stoppés. A un moment donné, il va bien falloir donner la vérité des coûts, Madame DOUVIN.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame LEPETIT.

Madame DOUVIN, un mot ?

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

Effectivement, un mot, d'abord à Mme LEPETIT parce que je pense qu'elle le sait : au S.T.I.F., nous sommes assez peu de représentants parisiens et donc, en dehors de ceux de la majorité, il y a Mme CUIGNACHE-GALLOIS, pour le Centre et Indépendants, et moi-même. Je pense que notre vote a été parfaitement homogène, donc il y a eu une certaine erreur dans les propos de Mme LEPETIT.

La crise ne justifie absolument pas tout et certainement pas une hausse qui s'élève à plus du double de l'inflation.

Ce que je trouve le plus choquant, c'est que même les tarifs sociaux sont en hausse, puisque la carte Solidarité Transport augmente de 5,81 %, celle qui est hebdomadaire, et celle qui est annuelle de 6,71 %. S'il y a une injustice sociale, elle est quand même bien là.

Enfin, on pourrait s?attendre à une amélioration de la qualité de service et de la fréquence des bus, par exemple, du R.E.R. et des métros en panne, eh bien, rien : cette hausse, apparemment, c'est payer plus pour ne rien avoir de plus.

Je m'adresserai au final au Maire de Paris en lui disant d'arrêter de faire passer l'intérêt politique de ses amis avant celui des Parisiens parce que c?est d?eux d'abord qu'il doit s'occuper.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je suis interloqué par votre dernière phrase. Donc, nous allons passer à la question suivante, c'est mieux, parce que je pense qu?on aura l'occasion d'en reparler !