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Mai 2016
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Vœu déposé par le groupe les Républicains relatif à la mendicité agressive porte de Saint-Ouen.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2016


 

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Le v?u référencé n° 52, déposé par le groupe les Républicains, est relatif à la mendicité agressive porte de Saint-Ouen. La parole est à Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement? Monsieur DUBUS ? Vous avez la parole.

M. Jérôme DUBUS. - Merci, Monsieur le Maire. Je voudrais attirer votre attention et l'attention de tous les Conseillers de Paris sur ce qui se passe aux portes de l'Est parisien actuellement. Nous avons, depuis plusieurs mois, des phénomènes de mendicité agressive, que ce soit porte de Clignancourt, porte de Saint-Ouen, mais je pourrais multiplier les portes, des phénomènes de mendicité agressive où des enfants sont exploités puisque les parents les laissent mendier entre les voitures, et ce phénomène s'accroît. Il s'accroît et il se multiplie, maintenant, par l'installation quasi quotidienne de marchés de la misère - ce que l'on appelle "les marchés de la misère" - porte de Clignancourt, porte de Saint-Ouen. Nous avons même connu porte de Montmartre des phénomènes qui ont obligé la R.A.T.P. à modifier le parcours des bus, car ils ne pouvaient plus passer à cause de cet envahissement par plusieurs dizaines de personnes tous les jours. Malheureusement, je constate que peu ou rien n'est fait. J'ajoute que les services de la propreté doivent intervenir tous les jours, l'après-midi, pour faire en sorte que tout soit nettoyé, que ce n'est pas toujours fait, mais voilà ce qui se passe aux portes de Paris. L'avenue de Saint-Ouen est aujourd'hui un phénomène extrêmement récurrent. Nous avons pu obtenir l'évacuation de plusieurs centaines - nous ne savons pas très bien, d'ailleurs, quelle est la provenance géographique de ces personnes, donc je n'en dirai pas plus - mais nous avons pu obtenir l'évacuation, au mois d'octobre dernier, grâce à l'intervention de Brigitte KUSTER auprès de la préfecture de police, de ces personnes. Oui, Madame LEPETIT, vous pouvez rire, mais c'est la vérité. Si vous vous occupiez de votre circonscription, cela irait peut-être mieux. Voilà. Je suis obligé d'intervenir sur ce sujet en demandant à la Maire de Paris et à la Préfecture de police, peut-être à Mme le député si elle veut s'en occuper - ce serait bien -, d'intervenir pour que cela cesse. Merci.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Monsieur DUBUS. Pour vous répondre, la parole est à Mme Colombe BROSSEL.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci. Très sincèrement, ces sujets de vente à la sauvette, de tranquillité publique et de capacité à rester dans une gestion sereine, apaisée, partagée de l'espace public, méritent mieux que le débat que nous sommes en train de commencer à avoir, chers collègues. Votre v?u, et j'ai pensé à un moment, en vous écoutant, Monsieur DUBUS, que votre intervention allait faire un pas de côté par rapport à votre v?u. Votre v?u et votre intervention n?ont manifestement pour objectif que de laisser imaginer les habitants que rien n'est fait, que peu est fait et que nous aurions oublié - les élus, qu'ils soient de l'arrondissement ou qu?ils soient de Paris - d'échanger avec la Préfecture de police sur le sujet. Il faudrait donc que nous saisissions officiellement la Préfecture de police sur ce sujet. Enfin, écoutez, restons sérieux et, très honnêtement, je vous en fais la proposition. Soyons ensemble pour avancer sur ces sujets qui sont des sujets complexes, qui nous mobilisent beaucoup, sur lesquels nous avons des échanges réguliers en Conseil de Paris et qui sont des sujets sur lesquels les habitants attendent plus de nous qu'une mise en scène de saisines officielles des uns ou des autres, alors que nous travaillons quasi quotidiennement sur ces sujets. La dernière visite conjointe entre les services de la Préfecture de police et les élus d'arrondissement - je pense notamment au 18e arrondissement - a eu lieu le 18 avril. Nous sommes en train, évidemment, de travailler notamment sur la question des états généraux sur la vente à la sauvette. Ne mettons pas en scène de façon artificielle des divergences ou des manquements qui n'existent pas. Vous ne pouvez pas, d'un côté, dire que peu ou rien n'est fait et, de l'autre, rappeler que les services de la D.P.P., de la D.P.E., de la Mission Tramway sont mobilisés les uns et les autres. Nous le sommes aux côtés des élus d'arrondissement et nous le faisons évidemment en lien avec les services de la Préfecture de police. Merci à eux, d'ailleurs, de leur engagement. C'est la raison pour laquelle j'apporterai un avis défavorable à votre v?u.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame BROSSEL, pour ce rappel. Le maire du 18e arrondissement, M. Eric LEJOINDRE, a demandé la parole.

M. Eric LEJOINDRE, maire du 18e arrondissement. - Quelques mots parce que le 18e arrondissement a été évoqué. D'abord, pour me surprendre du ton qui est celui de ce v?u et surtout, de la réaction tardive de nos camarades élus du 17e arrondissement parce que s?il y a bien un sujet sur lequel, dans le 18e arrondissement, nous travaillons depuis longtemps? Je veux saluer l'engagement très important de la Préfecture de police. J'étais moi-même sur place porte Montmartre, porte de Saint-Ouen, avec le commissaire RIGON, avec de nombreux responsables, avec la police de la Ville de Saint-Ouen aussi, puisque nous travaillons sur la porte Montmartre depuis très longtemps.

Cet engagement très fort qui est celui de mon équipe, celui de l?équipe de la Maire de Paris et celui de la préfecture de police, nous a déjà permis d?obtenir, notamment porte de Saint-Ouen où nous avons été amenés, nous les élus du 18e arrondissement, à demander à faire en sorte qu?à notre initiative soit installés un certain nombre de dispositifs pour empêcher les réinstallations. A l'époque, j'aurais bien aimé être un peu moins seul d'ailleurs sur cette question, notamment en matière de financement puisque vous savez que ces dispositifs sont en partie payés sur l?état spécial de l?arrondissement du 18e même si une partie sert le 17e. Je voudrais vraiment que chacun ait une approche beaucoup plus constructive de cette question et évite de mélanger les choses. Il y a la question de la mendicité agressive aux portes de Paris, il y a la question des sauvettes qui ne relèvent pas du tout du même registre et qui ne sont dans les mêmes logiques, et il y a la question des grands marchés de la misère sur lesquels nous travaillons depuis nombreuses années. Je pense qu'un peu plus de travail et un peu moins de paroles seraient utiles sur ce sujet et, en tout cas, c'est ce que nous essayons de faire dans le 18e.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup. Madame la maire du 17e arrondissement, vous avez la parole.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. - Si Mme BROSSEL est étonnée du ton du v?u, alors qu?elle s?est rendue apparemment dans le 18e, je l?invite à ne pas hésiter à se rendre dans le 17e. S?il vous plaît, acceptez, si cela ne vous dérange pas, que les élus d'arrondissement que nous sommes, tout aussi légitimes que vous, relayions le ras-le-bol de nos habitants. C'est aussi simple que cela. Je remercie la Préfecture de l'écoute et des moyens affectés temporairement, car cela ne peut pas être pérenne. Cela a été d?ailleurs souligné dans le v?u, il y a eu une amélioration en 2015, néanmoins en 2016 cela revient, et il nous a donc paru en effet pertinent, Madame BROSSEL, que cela vous gêne ou pas, que nous relayions à nouveau cette inquiétude et la nécessité d'une mobilisation car cette mobilisation, à l'heure actuelle, fait défaut sur certains lieux. Permettez-moi de vous citer la porte de Saint-Ouen. Pour la porte de Clichy nous avons réussi une amélioration et nous souhaitons qu'il en soit de même sur la porte de Saint-Ouen et ce, de manière pérenne. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Madame la maire du 17e. Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe les Républicains, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est repoussée. Je vous remercie.