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Mai 2016
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2016 DASES 181 G - Subvention (38.300 euros) à 8 associations intervenant dans le champ de l'information et du soutien aux aidants.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le projet de délibération DASES 181 G est relatif à l'attribution d'une subvention à 8 associations intervenant dans le champ de l'information et du soutien aux aidants. La parole est à Mme Karen TAÏEB puis à Mme Aurélie SOLANS. L?information et le soutien aux aidants, Karen TAÏEB ?

Mme Karen TAÏEB. - Oui, merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues, ce projet de délibération a pour objet plusieurs subventions et conventions pour un montant total de 38.300 euros pour 8 associations qui agissent dans le domaine de l'information et du soutien aux aidants. C?est l'occasion surtout de rappeler toute l'importance des actions menées et que nous devons encore amplifier en direction des familles et des proches de personnes handicapées qui s'en occupent souvent seuls sans pouvoir être relayés. La collectivité parisienne encourage depuis longtemps les initiatives associatives visant à soutenir les familles et les aidants dans leur vie quotidienne, mais nombreux sont ceux qui finissent par quitter leur emploi et même toute vie sociale pour s?occuper presque uniquement et exclusivement de la personne dépendante. La charge de travail qui leur incombe est non seulement épuisante mais chronophage au point de ne plus avoir de temps pour eux-mêmes, du temps libre pour vaquer à leurs occupations, aller au cinéma, au théâtre, chez le médecin ou tout simplement ne rien faire. Pourtant, le décret du 17 mars 2004 prévoit d?organiser pour l'entourage des périodes de répit car le répit est un droit fondamental. Que ce soit le plan Alzheimer, le plan A.V.C. ou plus récemment le plan Autisme, tous ont intégré le droit au répit pour les aidants parmi leurs objectifs prioritaires. Mais qu?en est-il dans la vraie vie ? Il est donc indispensable de soutenir ces associations qui ?uvrent dans ce sens mais aussi de continuer à créer des centres d'accueil de jour, de former des professionnels d?aide à la personne pour les gardes à domicile, de développer les nouvelles technologies de surveillance à distance et d'expérimenter d?autres solutions qui existent comme le baluchonnage, très prisé au Canada, qui consiste en ce que le proche aidant passe le relais à un ou plusieurs baluchonneurs, comme on les appelle, sur un temps plus ou moins long. Si nous pouvons nous féliciter de tout ce qui est fait pour le maintien à domicile, pour plus l'autonomie, notamment avec l?A.P.A., les aidants ne doivent pas en connaître le revers de la médaille, une médaille qu'ils méritent largement. Merci.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci, Karen TAÏEB. La parole est à Mme Aurélie SOLANS.

Mme Aurélie SOLANS. - Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues, des petites subventions à des associations pour encourager les initiatives visant à soutenir les familles et les aidants dans leur vie quotidienne, des petites subventions en faveur d?un enjeu important, cela vient d'être dit, sur lequel, avec notre Schéma départemental pour l'autonomie et la citoyenneté des Parisiens en situation de handicap 2012-2016, la collectivité parisienne agit mais pour lequel beaucoup reste à faire. Aujourd'hui, près de 1.100 personnes font appel à leurs aidants familiaux au titre des aides humaines de la P.C.H., la prestation compensatoire du handicap. Parmi ces aidants, on estime que 10 % doivent renoncer à toute activité professionnelle ou la réduire. Je peux le constater lors de chaque commission pour l?autonomie et les droits des personnes handicapées de Paris où nous avons à traiter des demandes de personnes, les aidants familiaux doivent être pris en considération dans nos politiques. Ces aidants, ce sont les parents, les s?urs, les frères, les enfants de la personne handicapée. Ils prennent une part primordiale et souvent prépondérante à la prise en charge, à l?accompagnement dans le quotidien, dans les soins, les démarches. Ils complètent ou même parfois pallient les intervenants professionnels, les dispositifs. Ils assurent aussi quand les places en structure font défaut. Nous nous devons donc de construire des dispositifs qui prennent en compte les besoins des personnes handicapées et aussi les besoins de leurs aidants. Ils doivent pouvoir conserver une vie sociale, un travail, trouver des moments pour souffler dans cet engagement pour leurs proches en fonction de leurs projets, de leurs souhaits bien sûr. Des structures spécialisées dans cette aide à domicile existent. Les fameux S.A.V.S., qui proposent une assistance, soit à domicile, soit dans les structures d'hébergement rattachées à des établissements. Ou encore les "SAMSAH", qui accompagnent en journée des adultes en situation de handicap qui ont besoin de soins réguliers et un accompagnement médical et paramédical en milieu ouvert. Et puis, des actions dites de répit, proposées par la Ville ou des associations. Il s'agit d'une solution intéressante pour les familles qui ne souhaitent pas recourir à une institution à plein temps, avec par exemple des séjours vacances. Pour les parents d'enfants avec des handicaps ou des pathologies sollicitant une attention permanente, c?est à mon sens une très bonne solution. D'une certaine façon, c'est de pouvoir accéder à un service, comme tout parent qui envoie en colonie de vacances son enfant. Nous venons, par une telle offre, soutenir les projets de maintien à domicile des familles qui somme toute ne demandent qu'à souffler, à prendre un temps pour soi. Les solutions d?accueil et de répit actuellement proposées aux aidants à Paris sont encore insuffisantes et doivent être développées. D'autant qu?au-delà de l'épuisement physique et moral que peuvent connaître les aidants, s'ajoute la problématique des aidants vieillissants qui ne peuvent plus, pour certains, assurer leur rôle. Le prochain schéma handicap de Paris devra s'atteler pleinement à répondre à ces problématiques, séjours de vacances, accompagnement à domicile et relais dans la ville, et notamment et surtout en matière de création de places en établissements spécialisés pour garantir que chacun des projets au domicile reposant sur les aidants familiaux ne soit pas par défaut. Pour les jeunes adultes, les solutions qui permettent de faciliter leur prise d'indépendance malgré le handicap doivent se développer avec des appartements et un accompagnement adapté, avec des dispositifs qui commencent à faire leur preuve. Pour finir, le projet de délibération qui nous est présenté ici le souligne, il faut aussi travailler à favoriser leur accès au droit et donc communiquer davantage. La M.D.P.H. doit jouer un rôle important sur ce plan, mais aussi toutes les associations et l'ensemble des dispositifs municipaux. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à M. Bernard JOMIER.

M. Bernard JOMIER, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Merci aux deux intervenantes d'être intervenues sur cette question, qui ressort de façon fréquente et répétée dans les débats autour de la prise en charge des personnes en situation de handicap, mais aussi comme Dominique VERSINI pourra vous l?expliquer, dans le cadre du vieillissement et de la prise en charge des personnes âgées. Cette question des aidants dans les travaux qui ont démarré du prochain schéma pour les personnes en situation de handicap, est revenue régulièrement, et je ne doute pas que ce sera un des axes du schéma qui vous sera présenté en fin d'année. C'est une question fondamentale, parce que l'épuisement des aidants est un phénomène que nous connaissons bien. C'est un phénomène qui a des conséquences pour les aidants eux-mêmes et pour les personnes en situation de handicap, c'est un facteur d'institutionnalisation non justifié, qui ne devrait pas avoir lieu. Ce n?est pas une institutionnalisation liée à un choix. C'est un facteur d'éloignement de la vie et d'une bonne inclusion dans la cité, un éloignement de la culture, des loisirs, de l'éducation, qui met en jeu et en ?uvre la présence des aidants. A tous égards, ce soutien aux aidants est fondamental pour les personnes en situation de handicap. Là, vous avez un projet de délibération qui soutient huit associations, pour un montant total de près de 40.000 euros, mais bien d'autres ?uvrent. Dans la démarche de préparation du schéma, il apparaît assez évident que la M.D.P.H. doit jouer mieux son rôle de centre de ressources. Je souscris aux propos d'Aurélie SOLANS sur ce point. La M.D.P.H. a un véritable rôle à jouer pour servir aux aidants, à l'entourage des personnes en situation de handicap, pour mieux les aider, mieux les soutenir et leur permettre là aussi de former la chaîne humaine. Ces dispositifs humains sont indispensables autour de la personne en situation de handicap pour garantir sa bonne inclusion dans notre société. C'est trop peu sans doute, j'en conviens, mais c'est déjà beaucoup ce que nous faisons. Et surtout, lors de l'adoption du prochain schéma, ce sera une priorité qui vous sera soumise, je n'en doute pas. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 181 G. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DASES 181 G).