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Juin 2010
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2010, Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à la réforme de l'Education nationale dite de "mastérisation".

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2010


 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 11 dans le fascicule, déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, relatif à la réforme de l'Education nationale dite de "mastérisation".

La parole est à Mme Olivia POLSKI et, s'agissant d'un v?u non rattaché, pour une minute seulement.

Mme Olivia POLSKI. - Merci, Monsieur le Maire.

Les conditions dans lesquelles va se dérouler la prochaine rentrée scolaire à Paris sont très préoccupantes. Outre les difficultés majeures engendrées par les suppressions massives de postes dans l'Education nationale depuis plusieurs années, par les postes difficilement pourvus d'emploi de vie scolaire, par la possibilité laissée aux établissements de passer ou non à la semaine de neuf demi-journées, la réforme de la formation des maîtres, dite de "mastérisation", va avoir pour conséquence de désorganiser massivement les écoles parisiennes au détriment des élèves et des enseignants.

Le dispositif qui semble prévu pour la rentrée prochaine à Paris est alarmant : il y aurait 173 enseignants stagiaires sans formation dans les écoles parisiennes. Une centaine d'entre eux sera donc affectée dans une classe. Une même classe aura, de la rentrée aux vacances de la Toussaint, un enseignant sortant d'I.U.F.M., puis de novembre à mai un enseignant stagiaire qui sera néanmoins déchargé une journée par semaine et remplacé par un autre enseignant, et enfin, en juin, il sera en responsabilité complète de la classe. Les élèves d'une même classe verront donc défiler au moins trois enseignants dans l'année, dont un débutant et un sans formation.

L'unique objectif de cette mesure, réaliser à tout prix des économies, coïncide avec l'envoi il y a une semaine par le Ministre de l'Education nationale d'un mode d'emploi de suppressions de postes à l'attention des recteurs et des inspecteurs d'académie. Au nom de la Révision Générale des Politiques Publiques, c'est un véritable démantèlement de notre école républicaine, garante d'égalité et de justice sociale, qui est proposé :

- suppression des R.A.S.E.D. ;

- augmentation du nombre d'élèves dans le primaire et dans le secondaire, par classe ;

- suppression de la scolarisation à 2 ans ;

- retour sur les décharges horaires des enseignants ;

- et enfin, remise en cause de l'enseignement obligatoire que sont les itinéraires de découverte.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Vous avez déjà parlé durant 2 minutes, il faudrait conclure.

Mme Olivia POLSKI. - L'école ne devrait surtout pas, en période de crise, être considérée comme une charge à réduire, mais bien comme un investissement pour l?avenir. La communauté éducative parisienne se mobilise pour dénoncer cette réforme et son implication académique. Parce que nous avons besoin dans nos établissements de stabilité, de sérénité, et d'un nombre suffisant d?enseignants formés pour que les enfants puissent apprendre et progresser dans les meilleures conditions, nous vous demandons, Monsieur le Maire, de bien vouloir intervenir auprès du Ministre de l'Education nationale et du Recteur de l'Académie de Paris, pour obtenir l'abandon total de cette mesure. Je vous remercie.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Madame.

Pour vous répondre je donne la parole à Mme Colombe BROSSEL.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci, Madame POLSKI, ainsi qu'aux élus de votre groupe. Oui cette réforme pose trois problèmes, un problème de fond d'abord, aujourd?hui, enseigner n'est donc plus considéré et reconnu comme étant un métier, et un métier qui s'apprend. On est passé à une conception, de mon point de vue, extrêmement dangereuse de ce qu'est le métier d'enseignant et le métier d'enseignant ne nécessite plus aujourd'hui, pour les gens qui nous gouvernent, pour les gens qui gèrent le Ministère de l'Education nationale, des compétences particulières, et j'ai bien peur que dans 10 ans nous nous retournions et nous regardions ce qu'étaient la formation professionnelle, la formation initiale, ce qu'était le métier d'enseignant jusqu'à 2010, et que nous nous disions, eh bien oui, c'est à ce moment-là que tout a basculé.

Cela pose, en effet, un deuxième type de problème, les conséquences pour les petits parisiens de ce que sera leur année pour un certain nombre d'entre eux, une année chaotique dans un dispositif qui n'a pas été pensé, qui est totalement non géré, non encadré. Ce sont bien les enfants qui feront les frais de cette inorganisation, qui de mon point de vue est le signe d'un manque d'intérêt et d'un manque de reconnaissance pour le métier d'enseignant et pour les enseignants eux-mêmes.

Et troisième point, vous avez eu raison de le souligner, j'en profite d'ailleurs pour dire, à ce titre, évidemment que les organisations syndicales enseignantes se battent contre la mastérisation mais également les parents et nous avions la semaine dernière plus d'une dizaine d?écoles occupées par les parents qui protestent et refusent la mise en ?uvre de la mastérisation dans le système national et dans leurs écoles.

Et je disais troisième point, ne nous voilons pas la face, ce dispositif n'a été pensé que pour une seule chose, mais d'ailleurs, et j'ai déjà eu l'occasion de le dire ici, c'est bien le seul mode de réflexion aujourd'hui d'un certain nombre sur les questions éducatives : comment mettre en ?uvre la RGPP au sein de l'Education nationale. Cette réforme aura permis facialement et budgétairement de gagner 15.000 postes. Comme vous l'avez fait remarquer, on prépare déjà la suite et des fuites très organisées dans la presse ont déjà commencé à nous sensibiliser sur les différentes mesures qui allaient permettre au Ministre de d'Education nationale de remplir sa feuille de route et de se séparer de 10.000 ou 15.000 personnels dans l?Education nationale. Notre école est en train de mourir de cela.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2010, V. 116).