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Juin 2010
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2010, DVD 193 - Approbation des objectifs poursuivis pour l'aménagement de la place de la République (3e, 10e, 11e). Approbation des modalités de la concertation liées à ce projet.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2010


 

Mme Anne LE STRAT, adjointe, présidente. - Nous passons maintenant à l'examen du projet de délibération DVD 193 relatif à l'approbation des objectifs poursuivis pour l'aménagement de la place de la République (3e, 10e, 11e). Approbation des modalités de la concertation liées à ce projet, sur lequel le groupe "Les Verts" a déposé les amendements nos 113 et 114.

(M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, remplace Mme Anne LE STRAT au fauteuil de la présidence).

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Bien, je donne la parole à Mme la Présidente Danielle FOURNIER.

Mme Danielle FOURNIER. - Merci.

Je vais présenter le v?u n° 113.

C'est un v?u qui complète le projet de délibération sur les objectifs globaux d'aménagement de la place de la République et qui précise un certain nombre de points sur lesquels nous souhaiterions amender le programme pour réaffirmer le symbole républicain et revaloriser le patrimoine historique, et transformer ce qui est pour l?heure un carrefour en véritable place urbaine.

Pour aussi réduire la circulation motorisée au profit des circulations douces et des transports en commun, pour renforcer l'attractivité de la place et dessiner un lieu de rassemblement métropolitain en créant, comme l?a dit le Maire d?ailleurs hier, un lieu de respiration à l'échelle des quartiers, un lieu de solidarité, de rassemblement festif et culturel non marchand pour toutes les générations et enfin faire que, sur cette place, soient renforcées la biodiversité et la place de la végétation.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Formidable !

La parole est à M. le Maire du 3e arrondissement.

M. Pierre AIDENBAUM, maire du 3e arrondissement. - J'ai combien de temps ?

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - 5 minutes !

M. Pierre AIDENBAUM, maire du 3e arrondissement. - Ah, quand même ! Je prendrai moins que cela.

Dans ce projet de délibération, je voudrais tout d'abord remercier Mme l?adjointe au Maire, Annick LEPETIT, pour souligner la manière dont a été menée cette opération de requalification de la place de la République depuis le début, souligner la qualité de la concertation qui a permis d'élaborer le cahier des charges pour ce grand projet qui nous tient à coeur.

Dans cette démarche, je crois que le slogan de démocratie locale participative a pris tout son sens.

Je voudrais aussi souligner la qualité d?écoute depuis que le Cabinet TVK a été choisi, sa qualité d?écoute pour la suite de la mise au point de ce projet.

Enfin, me réjouir que les recommandations qui ont été faites à l'issue du choix du lauréat aient été prises en compte. Particulièrement, naturellement, en tant que maire du 3e arrondissement, je me réjouis que les recommandations que j'avais faites - et je n'en citerai que deux - ont été prises très largement en compte dans le projet, c'est-à-dire, d'une part, d'abord, le doublement de la largeur du trottoir, côté sud, côté 3e arrondissement, où il y a les habitants, les commerces, qui verra donc une superbe promenade, je dirais même une très belle esplanade.

Souligner aussi que l'étude des traverses, puisque la circulation sera côté 3e arrondissement? On a fait un certain nombre de recommandations qui ont été d'ailleurs reprises unanimement, afin que ces traverses soient sécurisées au maximum, de manière que le passage des personnes, et je pense en particulier aux personnes en situation de handicap, de la place vers le Sud et du Sud vers la place, ait été pris en compte.

Je l?ai dit, les modalités de la concertation ont été exemplaires et dans cette continuité, il nous est donc demandé aujourd'hui d'approuver les modalités afin de poursuivre cette démarche. Faire participer tous les acteurs de la ville, les habitants, les commerçants, les associations, les conseils de quartier, prouve, s'il en était besoin, que ce projet sera un projet qui aura été élaboré aussi avec l'ensemble des Parisiens et des Parisiennes.

Voilà, je vais m'arrêter là pour dire tout simplement que ce projet magnifique, je crois qu'on peut le dire, va un peu révolutionner, puisqu'on parle de République, ce coin de Paris et qu'enfin la République retrouve toute sa grandeur et soit fidèle à ses valeurs.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Maire.

La parole est à Mme TISSOT, pour 5 minutes.

Mme Claude-Annick TISSOT. - Monsieur le Maire, je ne pourrai pas m'empêcher de faire un commentaire désagréable sur ce projet de délibération.

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

Je voudrais quand même rappeler que la Municipalité s'était quand même vantée d'avoir mené une concertation sans précédent pour la définition du programme d?aménagement en amont du choix du jury et que le projet définitif a été arrêté par le Maire de Paris.

Dans ces conditions, je me pose tout simplement la question : pourquoi relancer une nouvelle concertation ? Est-ce pour calmer les inquiétudes des riverains que, par ailleurs, nous n'avons cessé de dénoncer ? Inquiétudes confirmées lors de la réunion du 18 mai dernier, au cours de laquelle, après la présentation du projet, plus de 40 questions ont été posées sans qu'aucune réponse ne leur ait été donnée.

Est-ce cela, d'ailleurs, Madame LEPETIT, ce que vous appelez concertation ?

Les v?ux déposés sur ce projet de délibération par les partenaires de la majorité municipale tendent à prouver que les inquiétudes demeurent, tant sur les modalités de la concertation que sur le projet lui-même : report de circulation et de stationnement dans les quartiers adjacents, nécessaire réorganisation des voies qui débouchent sur la place, enfin, sécurisation des piétons, notamment au regard des voies cyclables.

La liste est longue.

Je rappellerai que le souhait que les élus du groupe U.M.P. avaient exprimé, à savoir que ce projet ambitieux d'aménagement de la place de la République puisse faire l'objet d'une expérimentation, afin de réaliser un véritable bilan de l?opération telle qu?elle est prévue, en termes de flux de circulation, aussi bien automobiles, vélos, taxis, piétons, bus. Il s'agit là d'une revendication qui nous paraît tout à fait légitime et qui devrait d'ailleurs être généralisée pour tout projet d'aménagement urbain aussi important et coûteux.

Cette expérimentation, Madame LEPETIT, pourrait d'ailleurs très bien être mise au service de votre recherche de plus de concertation.

Vous comprendrez dans ces conditions que, sans la prise en compte de cette demande, nous voterons contre ce projet de délibération.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame TISSOT.

La parole est à Mme Delphine BURKLI.

Mme Delphine BURKLI. - Merci, Monsieur le Maire.

La place de la République, depuis sa création en 1862 par Napoléon III, elle s?appelait alors la "place du Château d?eau", a une position éminemment stratégique dans Paris et constitue un véritable carrefour essentiel de la Capitale.

Aujourd'hui, vous nous soumettez un nouveau projet de délibération sur l?aménagement de cette place emblématique de Paris et je souhaite orienter mon propos sur les fortes répercussions en termes de circulation et de déplacements que votre projet pose pour le Centre et le Nord-Est de Paris.

En effet, en tant qu'élue d?un arrondissement limitrophe de la place, le 9e arrondissement, je me sens quelque peu concernée par les conséquences que cet aménagement aura immanquablement sur la circulation et les déplacements dans l'arrondissement. Cette inquiétude s'explique par le fait que j'ai pu mesurer, depuis votre aménagement du boulevard de Magenta, les conséquences négatives sur la circulation rue La Fayette et carrefour Cadet, des artères sans cesse embouteillées jusque tard dans la soirée.

Cet aménagement de la République nous concerne tous, pas simplement les élus et les habitants des 3e, 10e et 11e arrondissements. Au total, ce sont 9 arrondissements sur les 20 que compte la Capitale qui seront directement impactés par votre projet : les 2e, 3e, 9e, 10e, 11e, 12e, 18e, 19e et 20e arrondissements. Je m'étonne alors que vous ayez décidé de la physionomie de la future place sans tenir la moindre réunion de concertation dans ces arrondissements.

Il est primordial, en effet, de gérer efficacement les flux d'axes de circulation majeurs, allant de l'Opéra Garnier à l'Ouest aux Halles au Sud, à Barbès au Nord et à Nation et Bastille à l'Est, tout en respectant la qualité de vie des riverains et leur environnement.

Pour revenir sur le fond de ce projet de délibération, je m'étonne de l?absence d?information sur trois points : l?évaluation des répercussions sur l?ensemble des 9 arrondissements, la mise en double sens de circulation des grands boulevards et le coût global de l'opération.

D'abord, l'évaluation.

Je souhaiterais savoir si vous avez estimé les conséquences de l'aménagement prévu pour le Centre et le Nord-est de Paris et comment vous comptez assurer la fluidité de la circulation.

Il m'apparaît, en effet, plus que nécessaire de présenter à la population des études de circulation claires et précises, sur les perspectives de circulation à grande échelle, en employant les moyens techniques mis à la disposition de vos services.

Evidemment, c'est moins idyllique que les visuels colorés d'une place piétonne verte et sans voiture, que vous avez présentés jusqu'à maintenant, mais ces outils de simulation dynamique, prenant en compte les aménagements de voirie, les cycles des feux tricolores, les flux de véhicules, la fréquence des transports en commun devraient nous permettre de visualiser les points durs et les difficultés de déplacement que nous pourrons rencontrer à l?avenir, une fois l'aménagement terminé.

Sans cette modélisation, nous serons incapables d?évaluer les répercussions de l?aménagement de la place sur son environnement.

Deuxièmement, la mise en double sens de circulation des grands boulevards : elle devient l?Arlésienne ! C?est une mesure sur laquelle le Maire de Paris, alors candidat en 2008, pendant la dernière campagne municipale, s?était engagé et qui ne figure pas dans ce projet de délibération, alors qu'elle aurait un impact positif sur le fonctionnement de la place et sur le projet présenté. C'est une proposition que nous soutenons depuis des années parce que c?est une mesure de bons sens, tout simplement. L'axe République-Opéra est aujourd'hui une autoroute urbaine, pénalisante pour la vie culturelle et le développement économique des quartiers environnants.

Je terminerai, enfin, mon propos sur le coût de l'opération.

Là encore, je m'interroge sur le montant très élevé, sans vraiment comprendre ce que représente la somme de 17,5 millions d'euros pour le contribuable parisien. Votre justification dans l'exposé des motifs manque de clarté. Cette somme prend-elle en compte le montant des études déjà accomplies et celles restant à réaliser ? Quelle est, enfin, la qualité des matériaux que vous pensez utiliser pour le réaménagement de la place ?

Autant de questions importantes qui appellent des réponses, même à ce stade du projet.

Monsieur le Maire, oui, le réaménagement de la place de la République est nécessaire mais est-il bien raisonnable de traiter cette place comme un espace coupé du monde, sans évaluer les répercussions importantes sur les autres arrondissements de Paris ? L'importance des sommes engagées doit garantir à l'ensemble de nos concitoyens un projet d'avenir moderne et aéré, un aménagement de qualité pour l?ensemble des usagers de l'espace public.

Dans l'état actuel des choses, sans évaluation de l?impact du projet sur les déplacements et sans réponse de votre part sur l?argent public engagé, je ne peux me prononcer favorablement sur ce projet de délibération, je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme Liliane CAPELLE, pour cinq minutes.

Mme Liliane CAPELLE, adjointe. - Deux ! Merci, Monsieur le Maire.

Je veux simplement vous dire la joie qui est la mienne de pouvoir m'exprimer sur ce projet de délibération. Pourquoi ?

Parce qu'enfin, cette place aura une fonction sociale et culturelle évidente. C'est la réalisation d'un rêve d'une parisienne amoureuse de sa ville, voir cette place ne plus être un sens giratoire mais un espace rendu à la vie, rendu aux citoyens, aux visiteurs, il me tarde de voir les enfants et les familles, les étudiants, les plus anciens, jouer, écouter de la musique, regarder un spectacle ou même ne rien faire simplement, être là un livre à la main et juste profiter de ces instants de bonheur partagé.

Pour en arriver à ces résultats, il nous faudra concerter évidemment, et c?est le sens du projet de délibération qui nous est proposé aujourd'hui.

Alors j'entends ici et là et avant même que la concertation ne soit mise en place, qu'elle n'a pas lieu, qu'elle n'aura pas lieu, que l'on ne prendra rien en compte, etc.

Pour tous ceux qui étaient présents à la première réunion qui s'est tenue Salle Olympe de Gouges et qui ont pu en toute liberté poser leurs questions, ils ont pu constater d'où venaient les invectives réactionnaires et organisées.

En fait, cette petite équipe en campagne attaque le projet qui a été choisi, mais c'est simplement une pure opposition de forme. Un autre projet aurait été choisi, les arguments auraient été retournés. La réalité, c'est le conservatisme de tous ceux qui ne veulent surtout pas que cela change, mais qui ne veulent pas le dire. Ce problème n'est pas nouveau et quand la place Léon-Blum a été requalifiée, c'étaient déjà les mêmes arguments tenus par les mêmes personnes. La place a été refaite avec succès, et donne satisfaction à tous.

Le vrai problème qui avait été évoqué lors de cette réunion à Olympe de Gouges, je voudrais vraiment simplement m'en faire l'écho parce que c'est un vrai problème, c'est l'inquiétude des commerçants qui craignent, à juste titre, de voir leur commercialité diminuer.

Il faudra simplement leur dire qu'il n'en sera rien, et c'est ce message que je voudrais transmettre à celles et ceux qui, en tant que commerçants, font aussi vivre ce quartier.

Ils n'ont absolument rien à craindre, bien au contraire. Je sais qu'ils seront entendus dans leurs demandes, dans les différentes instances de concertation qui vont être mises en place.

Effectivement, je voudrais aussi saluer le travail réalisé par Annick LEPETIT.

Pour conclure, quelques mots, vive la République ! Sociale, cela va sans dire.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Je redonne la parole à Mme FOURNIER qui, impressionnée par l'Assemblée, a oublié son deuxième amendement.

Allez-y.

Mme Danielle FOURNIER. - Je n'ai rien oublié du tout, mais d'habitude on donne la parole pour chaque v?u ou amendement. Et ce ne sont pas des v?ux, mais deux amendements.

Je fais vite, certainement.

Ce deuxième amendement porte sur la concertation et la participation des habitants des élus, des associations, des habitants, de tous ceux qui sont concernés.

Et donc, l'amendement qu?il est proposé d'ajouter au projet de délibération concerne les diverses modalités de la concertation.

Tout d'abord, la création d'un Comité permanent de concertation, qui regroupe certes les maires d'arrondissements limitrophes, mais aussi les représentants des conseils de quartier, les associations locales et d'usagers de l'espace public, qui peuvent donc participer à ce Comité de concertation.

Ensuite, évidemment, il faut concerter mais aussi annoncer et donc, une série de réunions publiques, de concertations dûment annoncées associant tous les acteurs que je viens de nommer.

Pour compléter ce dispositif, l'organisation d'ateliers thématiques ouverts à tous.

Pour favoriser aussi la compréhension de l'ensemble du projet, une exposition sur la place elle-même, et dans les mairies d'arrondissement, pour présenter l'ensemble des projets soumis à l'examen du Jury.

La mise à disposition du public, à l'occasion de l'exposition que je viens rapidement de mentionner, d'un registre pour recevoir les contributions et les remarques des visiteurs.

Enfin, la possibilité de laisser les observations des uns et des autres sur le site Internet de la Ville de Paris.

Voilà les compléments que je voulais apporter.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci pour ces compléments extrêmement clairs.

La parole est à Mme Annick LEPETIT.

Mme Annick LEPETIT, adjointe, au nom de la 3e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, comme l'a très bien dit Pierre AIDENBAUM, le maire du 3e, ce projet de délibération nous est proposé pour approuver la concertation. C?est en fait un projet de délibération juridique.

Je rappelle que la délibération qui détaillait les grands objectifs et le programme de concours a été votée par notre Conseil, en juillet 2009.

Je citais Pierre AIDENBAUM, j'en profite pour le remercier ainsi que le maire du 10e, Rémi FERAUD, et le maire du 11e, Patrick BLOCHE, pour leur implication dans ce projet que nous portons maintenant depuis plusieurs mois ensemble. Je voulais également remercier les autres intervenants, peut-être répondre à Mme TISSOT, qui, étant membre du Jury, a choisi l'équipe TVK pour travailler sur cette future place de la République. Elle sait combien nous avons débattu entre nous, longuement, avant que le choix du Jury ne se fasse, mais, effectivement, ce choix a été précédé d'une première étape de la concertation, qui était un peu un appel à idées, et où les habitants, nombreux, ont été sollicités. Ils ont d'ailleurs répondu par d'impressionnantes contributions, que ce soit localement, dans le cadre des conseils de quartier, avec l'aide des mairies d'arrondissement, mais aussi de façon plus parisienne si je puis dire, puisque les autres arrondissements, les autres Parisiens, tout le monde était convié à cette première étape de la concertation.

Alors, j'entends bien, Madame TISSOT, que ce n'est pas le choix que vous aviez fait, vous personnellement, et chacun est libre du choix qu'il fait au sein d'un Jury. Mais il est logique, normal, que lorsqu'il y a eu concertation, lorsqu'il y a délibération du Jury, c'est le Maire de Paris, in fine, qui décide, et d'ailleurs c'est le cas pour nombre de projets. Après concertation, c'est le Maire qui décide, et tant mieux parce que sinon, nous n'en serions peut-être pas là aujourd'hui en 2010, et tout ce qui a été fait ces dernières années à Paris.

Plus globalement, je voudrais répondre au premier amendement qui a été proposé par Danielle FOURNIER, l'amendement 113, qui propose de réduire la circulation motorisée au profit des circulations douces. Je pense que notre objectif principal, et je sais que vous le partagez, est de transformer ce carrefour routier, aujourd'hui, en une véritable place urbaine, demain. Et cela ne fait pas débat entre nous, je pense. Le projet choisi est en parfaite cohérence avec cet objectif. Et donc, pour ma part, je préfère parler d'un meilleur partage de l'espace public qui me paraît plus respectueux des différents modes de déplacement.

Par ailleurs, vous souhaitez inscrire la continuité cyclable avec le canal Saint-Martin, c?est vrai que ce n?est pas le périmètre du projet en tant que tel, c?est pourquoi je ne peux pas retenir votre amendement. En revanche, je partage votre préoccupation et je m?engage à ce que nous regardions cet aspect. D?ailleurs, les services de la Direction de la Voirie et des Déplacements ont déjà commencé à y travailler.

Enfin, vous demandez que le projet préserve la possibilité du passage du tramway des gares. J?ai envie de répondre que ce projet n?empêche pas spécifiquement le passage d?un futur tramway des gares. Vous souhaitez également un objectif sur la biodiversité. Je vais juste, sans être trop longue, rappeler le programme du concours, qui est cité d'ailleurs dans le programme que nous avons voté : le réaménagement doit être l'occasion de renouveler et d'embellir la présence du végétal sur la place. Il s?agira de renforcer et de valoriser la présence des arbres. Je rappelle que le projet retenu prévoit d?augmenter de 30 % le nombre d'arbres sur la place.

Je dirai quand même un mot, même si ce n'est pas l'objet de notre projet de délibération sur les demandes de l'opposition, à savoir l'expérimentation voiture. Je dis voiture, mais c'est vrai, je reconnais, Madame TISSOT, que vous avez dit : l'expérimentation pour toutes les circulations. Là, il y a une évolution parce que jusqu'à présent, et cela a été dit d'ailleurs par Mme BURKLI, ce qui préoccupait fortement l'opposition et qui demande une expérimentation, c'est par rapport au flux des voitures : c?est une expérimentation in vivo.

L'engagement que je peux vous donner, c'est que vous aurez toutes les études en matière de circulation, pas seulement des voitures, des études macro, mais aussi plus finement des études micro sur le périmètre de la place de la République d'ici mi-juillet.

Alors, l?étude macro est prête mais nous souhaitions présenter l'ensemble, pour qu'il n'y ait pas à nouveau de procès d'intention sur notre volonté de rendre bien évidemment ces études totalement transparentes.

Concernant la concertation, j'ai parlé de la première étape, je veux dire un mot sur la deuxième. D?ailleurs, je veux répondre aussi à Mme FOURNIER qui souhaitait que nous puissions avoir une concertation permanente. J'ai envie de dire qu'elle est quasi permanente, puisqu'en ce moment même, en tout cas tout au long du mois de juin, se déroulent des ateliers thématiques.

Je vais même être précise, il y en a un le 10 juin, qui se déroule à la mairie du 3e arrondissement, accueilli par Pierre AIDENBAUM et son équipe, dont le thème concerne le piéton. Evidemment, il s'agit des trottoirs, des passages piétons, de la circulation des personnes à mobilité réduite.

Le 17 juin, il y a un atelier qui se déroulera à la mairie du 11e arrondissement, qui concerne davantage les vélos, les pistes cyclables, l?espace partagé, le stationnement, etc.  Je n'y reviens pas parce que nous avons parlé longuement du vélo ce matin.

Enfin, le 24 juin, un troisième atelier, cette fois-ci en mairie du 10e arrondissement, qui concerne les transports en commun et tout ce qui touche à l'intermodalité.

Donc, bien évidemment, j'invite toutes celles et tous ceux qui le souhaitent à venir à ces ateliers pour faire des propositions, parce que c'est vrai que les réunions publiques sont davantage axées sur l'information des habitants, sur un échange, sur un débat. Mais les véritables concertations, c'est-à-dire celles où nous pouvons travailler sur des propositions émanant de celles et ceux qui souhaitent en faire, se passent davantage en ateliers. Bien sûr, nous aurons d'autres réunions publiques.

Enfin, la mise en double sens des grands boulevards, c'est une étude que nous faisons en parallèle, bien évidemment. Nous l'avons déjà dit, le projet de l'équipe TVK permet la mise en double sens des grands boulevards.

C'est vrai, vous avez raison Madame BURKLI, cela fait de longues années que l'on en parle, qu'il y a des études. Vous connaissez la volonté du Maire de Paris et la future place de la République permet le double sens des grands boulevards, mais là aussi cela fait partie des études de circulation que nous sommes en train de mener.

Enfin, je réponds sur le budget qui est alloué pour cette future place de la République. Vous avez donné le chiffre. C'est un chiffre global. C'est une somme qui correspond à d'autres aménagements de même envergure, dans d'autres villes de France ou dans d'autres capitales européennes.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci Madame.

Nous allons donc passer aux opérations de vote.

Je mets aux voix l'amendement n° 113?

Mme Annick LEPETIT, adjointe, rapporteure. - Il faut demander le retrait d'abord.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Vous le maintenez ?

Mme Danielle FOURNIER. - Non, nous allons retirer les amendements n° 113 et n° 114, vu les engagements pris sur la continuité cyclable, les assurances sur le tramway des gares, l?augmentation du nombre d?arbres sur la place de la République, les ateliers participatifs.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame.

Les amendements n° 113 et n° 114 sont retirés.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 193.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2010, DVD 193).