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2016 SG 11 - Communication - Les Jeux Olympiques et Paralympiques, accélérateurs de politiques publiques. Vœu déposé par le groupe les Républicains relatif au programme d'accompagnement de la candidature. 2016 DJS 114 - Subvention à l'APSAP-VP au titre de la saison 2016-2017. 2016 DAE 284 - Subvention (320.000 euros) et convention avec l’association "Paris et Compagnie" (2e). 2016 DASCO 38 - Subvention (23.000 euros) avec convention à l’association "Cap Sport Art Aventure et Amitié" (CAP SAAA) (15e).

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2016


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, j'ai proposé à l'équipe olympique de Paris de nous rejoindre ici puisque nous allons engager à présent la discussion sur la communication sur les Jeux Olympiques et Paralympiques, en tant qu?accélérateurs des politiques publiques. Il y aura également trois projets de délibération. Je veux accueillir ici Tony ESTANGUET et Bernard LAPASSET qui va arriver avec des athlètes qui nous ont rejoints, un qui siège toujours parmi nous, Jean-François LAMOUR, je l'ai vu passer, il est ici chez lui, mais je voudrais bien sûr le saluer. Je veux saluer Denis MASSEGLIA qui va nous rejoindre également, Marie-Josée PÉREC, athlète triple championne olympique sur 400 et 200 mètres sur deux olympiades différentes - c'est le plus grand palmarès olympique du sport français avec Tony ESTANGUET -, et Brahim ASLOUM, boxeur, champion olympique aux jeux de Sydney en catégorie mi-mouches. Je veux les remercier d'avoir accepté d'être avec nous ce matin. Vous le savez, cette candidature que nous portons tous ensemble est une candidature que nous portons en étant derrière les athlètes et derrière nos deux coprésidents Tony ESTANGUET et Bernard LAPASSET pour gagner, pour remporter cette fabuleuse médaille que serait celle de pouvoir organiser les Jeux à Paris en 2024. Mes chers collègues, il y a donc un peu plus d'un an, notre Assemblée a décidé à une très large majorité d'engager Paris dans une candidature aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Depuis, nous avons franchi plusieurs étapes importantes : l'entrée officielle en candidature, la constitution du Groupement d'intérêt public "Paris 2024" réunissant le Mouvement sportif, la Ville, l'Etat et la Région, ainsi que le dévoilement du concept et des sites retenus pour accueillir les Jeux. Nous avons ?uvré sans relâche pour bâtir une candidature porteuse d'espoir et de progrès. Cette année écoulée a affirmé le sens profond de cette candidature. Au-delà de l'événement en lui-même, le travail consacré à la préparation doit constituer l'opportunité historique pour les Parisiens et les Franciliens de voir la protection de leur environnement se renforcer, leur réseau de transport s'améliorer, leur accès au logement se simplifier, leurs services publics se perfectionner, leur participation s'accroître, leurs horizons professionnels s'élargir et leur cadre de vie s'embellir. Nos habitants aspirent à des progrès légitimes et cette candidature peut et doit accélérer l'obtention de ces progrès nécessaires. En nourrissant les dynamiques existantes, nous garantissons la construction d'un héritage à la hauteur des attentes citoyennes. Chacune de ces priorités identifiées trouve une réponse dans le plan d'action que nous vous soumettons aujourd'hui. Celui-ci se décline en 43 mesures élaborées et enrichies grâce à de nombreuses consultations fondées sur des objectifs clairs. Offrir aux habitants des moyens nouveaux, simples et accessibles de pratiquer du sport à Paris, créer des événements et des lieux de partage et de vivre-ensemble, concevoir des modes innovants de transport, de construction et d'aménagement pour faire de Paris un modèle de ville durable, consolider les liens territoriaux dans le cadre du Grand Paris et, enfin, renforcer l'attractivité et l'innovation parisienne pour obtenir des retombées économiques en termes de croissance et d'emploi. Le sport est un des piliers de l'identité parisienne et il doit continuer à envahir nos territoires. Nous poursuivons déjà une politique singulièrement volontariste comme en témoigne le plan "Nager à Paris", l'appel à projets innovants "Paris, terrain de jeux", cher Jean-François MARTINS qui êtes la cheville ouvrière de l'ensemble de ce plan, ou encore l'installation d'agrès dans l'espace public, notamment sur les berges de la Seine. Pour accélérer encore le développement de la pratique sportive et réduire les inégalités sociales dans l'accès au sport, les mesures du plan d'action permettront de mettre à disposition de tous les Parisiens un équipement sportif en accès libre et gratuit à moins de 5 minutes à pied de chez lui. Près de 27 équipements complémentaires seront ainsi mis en place progressivement pour atteindre cet objectif avant 2020. Pour faire reculer les inégalités dans la pratique sportive, nous doublerons le nombre de créneaux dédiés au handisport et aux sports adaptés d'ici 2024. Parce que nous soutenons autant les pratiques amateurs de proximité que la pratique de haut niveau, nous créerons des classes à horaires aménagés pour les sportifs d'excellence dans les collèges et lycées parisiens dès la rentrée 2016-2017.

Il existe par ailleurs une convergence forte entre les valeurs parisiennes de respect, d'égalité et d'inclusion, et les principes soutenus par l'olympisme. Bernard LAPASSET nous rejoint et je suis ravie de le saluer. Tout à l'heure, Guy DRUT viendra aussi. Ils arrivent aux heures où leurs avions le leur permettent. Je remercie, en tous les cas, nos deux patrons de l'équipe olympique d'être ici présents. Il existe donc, je l'ai dit, une convergence forte entre les valeurs parisiennes et les principes soutenus par l'olympisme. Il y a donc là une occasion unique de proposer un travail éducatif auprès des petits Parisiens, d'accélérer la lutte contre les inégalités territoriales et sociales, et d'encourager l'engagement citoyen. Dans ce but, nous créerons des équipements sportifs dans l'habitat social, notamment via la réaffectation d'espaces bâtis résiduels dans le parc existant en faveur de la pratique sportive. Nous mettrons également en place dans les crèches parisiennes un plan de développement des compétences psychomotrices des jeunes enfants. Dès 2017, près de 1.000 enfants et familles seront concernés par cette action. Nous appliquerons aussi le principe "une ?uvre culturelle par équipement sportif" pour rapprocher les publics culturels et sportifs. A travers son Plan Climat énergie territoriale, son plan de déplacement, sa politique en matière de tri des déchets ou encore ses agendas d'accessibilité programmée, la Ville de Paris poursuit des objectifs ambitieux en matière de développement durable. Notre ambition pour la candidature olympique est qu'elle soit elle-même la plus exigeante possible sur le plan environnemental. Nous enclenchons là un cercle vertueux dans lequel la candidature aux Jeux Olympiques et Paralympiques est à la fois un laboratoire d'expériences et un encouragement à l'excellence pour accélérer l'avènement d'un Paris durable et résilient. Vous le savez, je souhaite que la baignade dans la Seine soit rendue possible en 2024. En y réduisant la pollution bactériologique, nous ?uvrerons à préserver notre environnement autant qu'à améliorer le cadre de vie de ses habitants. Je nous invite toutes et tous, déjà, pour la grande baignade de 2024. Je ne doute pas qu'anciens élus, que nous serons sans doute, et futurs élus que nous ne connaissons pas encore, nous serons heureux, avec nos co-présidents, de nous baigner dans la Seine en 2024. Pour lutter contre la pollution atmosphérique, nous encouragerons la reconquête de l?espace public au profit des piétons et des circulations douces. Le projet de réalisation d'une ligne olympique sur les quais hauts de la rive droite de la Seine s'inscrit pleinement dans cette perspective. Nous progresserons également en matière de prévention et de tri des déchets. Notre ambition est claire : les Jeux Olympiques et Paralympiques ne devront générer aucun déchet qui ne soit recyclé ou valorisé. Le présent plan fixe donc un objectif zéro déchet en 2024. A cette fin et dans une logique d'économie circulaire, la Ville de Paris dans son ensemble parviendra à un taux de 65 % de déchets recyclés d'ici 2024 et à l'arrêt intégral de l'enfouissement des déchets. La solidité de notre candidature et la valeur de son héritage futur reposent également sur notre capacité à accélérer la dynamique métropolitaine. Nous prévoyons des mesures concrètes visant à rapprocher les populations et à créer des référentiels communs. Nous organiserons une rencontre métropolitaine des conseils de jeunes qui pourrait préfigurer une instance pérenne de la jeunesse métropolitaine. Pour intensifier les échanges entre les territoires de Paris et de Seine-Saint-Denis, notamment via la facilitation des déplacements doux et piétons, nous réaménagerons la porte de la Chapelle. Nous adopterons, par ailleurs, une convention liant Paris, le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, Plaine-Commune et "Paris Terres d?envol" afin de créer un projet de territoire commun sur certains sujets précis. Enfin, si nous avons réussi à hisser Paris parmi les trois villes les plus attractives au monde et à en faire un pôle mondial de l'innovation, nous devons saisir l'opportunité de cette candidature pour accroître encore davantage notre rayonnement. Ainsi, nous favoriserons l'emploi via la création d'une formation en ligne en anglais sur l'accueil à Paris. Nous améliorerons également la sécurité publique grâce au lancement de la plateforme d?innovation "Nec mergitur" que nous avons organisée ensemble avec M. le Préfet de police et le Ministre de l'Intérieur, qui fait converger des expertises et permet l'expérimentation de dispositifs innovants. Je tiens à insister sur le fait que la mise en ?uvre de ce plan commencera dès 2016, avec des premiers résultats concrets attendus dès la fin de l'année 2017. Ce choix de penser et de mettre en place un héritage avant même la décision du C.I.O., le 13 septembre 2017, est à la fois la preuve de notre adhésion profonde et sincère aux valeurs de l'olympisme et de notre souhait que la candidature soit pleinement mise au service des Parisiens. Mes chers collègues, la candidature de Paris aux Jeux de 2024 n'a de sens que si elle s'inscrit dans le cadre d'un projet territorial de long terme qu'elle renforce et qu?elle enrichit. Le plan d'action que nous vous proposons aujourd'hui, fondé sur cette conviction, est aussi ambitieux qu'inédit. Je veux, bien sûr, remercier Jean-François MARTINS et ses équipes qui ont travaillé à l'élaboration de ce plan avec un immense niveau d'exigence, afin que cette candidature constitue un puissant catalyseur de transformations territoriales et sociales souhaitées par les habitants. Je veux aussi remercier l'ensemble des adjoints qui ont pris part à ce plan, les maires d'arrondissement, le Secrétariat général qui, avec l'ensemble des directions, s'est impliqué, et vous-même, Monsieur le Préfet de police. Je salue également l'ensemble du Mouvement sportif, avec leurs représentants ici présents aujourd'hui. Au c?ur de notre démarche, se trouve leur engagement précieux en faveur d'une candidature sobre et éthique, unie et partagée, valorisant toutes les forces vives de notre société. Un grand écrivain parisien amoureux du sport, Antoine Blondin, a écrit que "les sortilèges de Paris tiennent aux monuments et aux sites, mais également à cette impression qui vous envahit soudain, au débouché d'une rue banale, que le système nerveux du monde passe par là". C'est exactement ce que nous souhaitons pour cette candidature : qu'au-delà des monuments et des sites, elle soit le système nerveux, le point de rencontre de toutes les énergies métropolitaines et internationales qu'abrite et que recèle Paris. Je vous remercie. Merci, mes chers collègues. La conférence d'organisation a convenu d'un débat organisé sur ce thème. Ce thème inclura, dans les temps de parole définis, la présentation du v?u déposé par le groupe les Républicains. La parole, pour commencer, est à Mme Anne SOUYRIS du groupe Ecologiste de Paris.

Mme Anne SOUYRIS. - Merci, Madame la Maire. Cher Jean-François et chers collègues, lors des débats sur la candidature de notre Ville pour l'accueil des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, vous le savez, notre groupe a exprimé ses réticences. Certes, cette communication n'est pas destinée à refaire les débats que nous avons tenus au sein de notre Conseil. Mais avant de partager avec vous les réflexions que nous inspire ce plan d'accompagnement, permettez-moi de prendre quelques minutes pour rappeler les interrogations et les réticences que nous portons sur l?accueil de cet événement. Pour ne parler que de gros sous, au-delà du coût de la candidature extrêmement élevée - quelques 60 millions, au bas mot, dont 10 pour la seule adhésion de Paris, à mettre au rapport avec les 40 millions d?euros que Paris investit dans le sport de proximité tous les ans - les incertitudes d'une telle candidature sont nombreuses. On nous promet des Jeux raisonnables et sobres avec un coût annoncé à 4,5 milliards d?euros - estimation très sobre au regard du coût d'organisation habituellement observé pour ce type d'événement -, mais qui n'est aujourd'hui confirmé par aucun économiste et aucun expert sérieux. Nous aimerions croire cette estimation, mais nous constatons que quasiment aucune ville organisatrice n'a respecté le chiffrage originel annoncé, sans parler des délires mégalomaniaques de Pékin ou de Sotchi. Notre voisin londonien - j'en profite pour saluer l'élection de son nouveau maire - avait annoncé un budget de 5 milliards d?euros. Facture finale : 10 milliards, soit près du double. Côté recettes, les incertitudes sur les retombées économiques pour Paris et l'Ile-de-France sont encore plus fortes. Le C.I.O. qui, on ne le rappellera jamais assez, est exonéré fiscalement pour l'organisation des J.O., capte la quasi intégralité des recettes générées par l'événement au travers d'une politique de sponsoring négociée au niveau international, empêchant une réelle répercussion des flux financiers générés sur les commerces locaux. Nous savons même que, pendant les Jeux, les habitants et les habitantes des villes organisatrices fuient pour ne laisser que les spectateurs des Jeux Olympiques qui vivent et consomment uniquement sur les abords des sites. Et que dire des incertitudes en termes de nuisances pour les Franciliens et les Franciliennes, sur les risques de saturation du réseau de transports ou encore sur les impacts environnementaux de l?organisation d?un tel événement ? Les incertitudes nous semblent donc trop grandes pour prendre le risque d?un engagement de cette ampleur, et au minimum pour ne pas saisir les Franciliennes et les Franciliens d?un vrai débat qui les concerne et qui n?a pas fait l?objet de propositions lors de la précédente campagne électorale. C?était d?ailleurs le sens de notre proposition d?organiser un référendum sur le sujet. Toute la société bruisse du désir de se réapproprier la démocratie, de ne pas être en apesanteur, inertes, pendant les six longues années d?un mandat. A ce désir d?être acteur, et auquel notre majorité répond en partie, avec notamment le budget participatif, nous devons apporter une réponse positive, et en particulier sur l?organisation de Jeux Olympiques qui engagent Paris et l?Ile-de-France en profondeur. Oui, le débat mérite d?être mené. Et aussi bien entendu parce que le rapport coûts/bénéfices, dans le projet de candidature qui nous est présenté, n?est pas que négatif. Des points positifs méritent d?être soulevés, comme par exemple la volonté d?investir dans des infrastructures utiles dans le 93. Ou encore comme certains éléments du plan d?accompagnement qui nous est ici présenté, même si l?ensemble du projet apparaît beaucoup comme un pis-aller pour donner aux Jeux Olympiques un semblant d?acceptabilité. Je ne parlerai pas du point sur la sensibilisation des enfants et des adolescents aux valeurs olympiques. J?espère simplement qu?il ne s?agira pas d?enseigner les valeurs de l?olympisme telles qu?elles sont pratiquées par le C.I.O. qui a bafoué les droits humains à Pékin, accéléré la crise en Grèce ou encore entraîné un désastre environnemental et social à Sotchi et vraisemblablement à Rio également. Je laisserai à David BELLIARD le soin d?aborder les points qui nous semblent plus positifs et qui montrent que J.O. ou pas J.O., nous pouvons avancer vers une ville plus inclusive, plus respectueuse de son environnement et plus accessible. Ce sont ces sujets qu?il nous semble aujourd?hui essentiel de développer. Sans nous faire d?illusions aucune, leurs avancées, qu?évidemment nous soutiendrons, ne peuvent être considérées comme solde de tout compte dans notre appréciation d?accueillir les Jeux Olympiques. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Mais c?est le C.I.O. qui a aussi adopté un agenda 20/20 et le C.I.O. qui fera aussi défiler une équipe de réfugiés lors des Jeux de Rio, le C.I.O. qui est en train de changer fortement, et c?est aussi ce qui nous a conduits à porter cette candidature. Cet agenda 20/20 est en cohérence totale avec les valeurs qui sont les nôtres. La parole est à M. Sergio TINTI, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Sergio TINTI. - Madame la Maire, mes chers collègues, l?accompagnement des grands événements sportifs est essentiel. Il s?adresse directement aux populations et permet de les fédérer autour de l?organisation de ces derniers. C?est grâce à cet accompagnement que nous saurons apporter à la candidature de notre capitale pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, que nous imprimerons la dimension populaire à laquelle nous aspirons tous et à laquelle le C.I.O. sera très attentif. Le plan d?accompagnement des Jeux Olympiques et Paralympiques est le fruit d?un travail important de concertation. Il comprend de nombreuses revendications que notre groupe a portées. Nous nous réjouissons des propositions qui sont faites car elles vont dans le bon sens. La diversité et la qualité des mesures proposées prouvent, encore une fois, les potentialités des grands événements sportifs à irradier et à stimuler les politiques publiques. Il faut s?en saisir. Le premier volet de ce plan concerne le projet "Paris Ville Sportive", qui vise à garantir à toutes et à tous l?accès à la pratique sportive. Nous le savons, Paris est une ville qui souffre de carences en matière d?équipements sportifs. L?une de nos priorités est donc d?améliorer l?offre sportive dans notre capitale. Voilà pourquoi nous partageons l?ambition de créer de nouvelles installations sportives, de nouveaux espaces de pratiques dans l?habitat social, l?ambition de pérenniser et d?élargir l?initiative de l?ouverture de créneaux en soirée, le développement de l?utilisation des installations sportives dans les établissements scolaires et la volonté de soutenir l?autonomie des associations. Favoriser la pratique de toutes et de tous, c?est aussi garantir l?accès aux équipements sportifs aux populations que leur condition physique ou sociale éloigne. L?engagement du plan d?accompagnement en faveur d?une accessibilité universelle et globale des établissements sportifs aux personnes en situation de handicap est donc une mesure que nous soutenons. Elle doit faciliter, et nous pensons que c'est incontournable, l?inclusion des personnes en situation de handicap dans le club existant. Les athlètes Handisport témoignent souvent du fait que les villes, qui ont récemment accueilli les Jeux Olympiques et Paralympiques, ont réalisé un travail considérable d?amélioration de l?accessibilité de leurs infrastructures publiques, et notamment sportives. De plus, le sport se doit d?être accessible aux personnes âgées. Les partenariats avec les E.P.H.A.D. et la Fédération française d?athlétisme, proposés en ce sens, sont très opportuns. Cela dit, nous aimerions voir se multiplier ces partenariats avec d?autres acteurs du mouvement sportif, d?autres fédérations, et voir par ailleurs se développer des jumelages avec des clubs de la Ville, ce qui permettrait de diversifier l?offre d?activités physiques et sportives et d??uvrer concrètement au mieux vivre ensemble. Au-delà des actions nécessaires à mener en direction des publics cibles, il serait intéressant, en envisageant un élargissement à la Région d?Ile-de-France, d?augmenter les subventions dans le cadre du programme "Réduc?sport" qui permet de subventionner une partie des licences sportives des enfants que les parents, à cause de trop faibles revenus, peinent à payer. Par ailleurs, nous soutenons également les dispositions visant à favoriser la pratique sportive au sein des entreprises et au sein des services de la Ville. En ce qui concerne les agents qui travaillent à la Ville et qui sont des garants de la qualité dans le service public des sports, nous aimerions étudier la possibilité d?envisager, dans leur période de formation, une expérience pratique au sein d?un club ou d?une association sportive. Pour ce qui est de tous les agents de la Ville, il sous semble intéressant d?envisager des facilitations, voire incitations, à la pratique d?une activité physique et sportive au choix, pendant une ou deux heure par semaine et ce, en vue d?un épanouissement personnel en plus que d?un souci de santé publique. Le volet "Paris Ville Sportive" ne pouvait pas faire l?économie d?un travail en partenariat avec le scolaire, notamment pour les jeunes sportifs se rapprochant du haut niveau. Nous sommes satisfaits de voir qu?il est prévu que se développent à l?avenir des programmes de continuité éducative et sportive, à la fois au collège et au lycée, dans le cadre des classes à horaires aménagés sportives. La sensibilisation des enfants et des adolescents aux valeurs de l?olympisme nous paraît également une bonne initiative, tout comme l?enseignement de son histoire. C?est d?ailleurs un projet que notre camarade, Catherine VIEU-CHARIER, portera dans le cadre du volet "Paris inclusif et solidaire". A ce propos, nous avançons l?idée de la création d?une classe de 6e olympique, en accord avec le Ministère de l?Education nationale. Les élèves de ces classes se verraient proposer un programme qui mêlerait la sensibilisation à l?universalité des valeurs olympiques, l?apprentissage des pratiques sportives et l?étude de leur évolution dans le temps. Cette classe serait invitée à participer aux différentes manifestations tout au long de l?année scolaire 2016-2017. En somme, une classe olympique qui pourrait marquer une génération de jeunes citoyennes et citoyennes. Nous sommes tous convaincus que l?école est le premier lieu de démocratisation des pratiques sportives. Mais nous sommes aussi tous conscients des progrès qui restent encore à faire, afin de créer les conditions nécessaires à la concrétisation partout de cette idée. C?est la raison pour laquelle nous mettons l?accent sur la création de nouvelles installations sportives à proximité des établissements scolaires, ainsi que sur les efforts importants à fournir dans le domaine des transports scolaires, afin d?augmenter le temps de pratique sportive scolaire. Il est indispensable que le projet olympique, dans lequel nous nous lançons, permette de faire entrer encore un peu plus le sport dans nos écoles. D?ailleurs, les propositions retenues par les Parisiennes et des Parisiens qui ont participé à la première soirée de concertation dans le cadre de "Ensemble construisons Paris 2024" vont dans ce sens. Enfin, nous considérons que le volet "Paris métropolitain" mérite également une attention particulière. Nous avons émis le souhait d?un projet de candidature olympique et paralympique qui s?appuie fortement sur le département de la Seine-Saint-Denis. Cela doit se traduire par des projets de politique publique communs, et bien évidemment par une indispensable association des populations. Le renforcement des liens avec les territoires de Seine-Saint-Denis permettra d??uvrer à la construction de l?axe fort que vous aviez appelé, Madame la Maire, de vos v?ux dès le début de cette aventure que nous approuvons. Pour conclure, permettez-moi, Madame la Maire, de revenir sur les quatre concertations populaires que vous avez lancées sous le nom de "Ensemble construisons Paris 2024" et que j?ai mentionnées il y a peu. Après avoir participé à la première de ces concertations, le 10 mai dernier avec Jean-François et Colombe BROSSEL, je ne peux que constater et me réjouir de ce premier succès qui montre la force de notre volonté commune de continuer à travailler sur une candidature collaborative dans laquelle la participation citoyenne a toute sa place. Pour que la candidature de Paris soit portée et promue par la population, il faut lui donner les moyens de s?en saisir. Nous ne sommes pas de l?avis de ceux qui pensent qu?il s?agit d?une opposition entre partisans et adversaires de notre candidature. Cette idée ne prend pas en compte l?intelligence de nos concitoyens et leur capacité à inventer une nouvelle manière de penser et de créer une candidature des Jeux Olympiques en 2024. Nous ne sommes pas pour une opposition entre adversaires et partisans au projet, nous sommes pour un projet commun qui porte un espoir commun de partage et de progrès, notamment pour nos jeunes générations. Merci, Madame la Maire.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Sergio TINTI. La parole est à M. Jean-Bernard BROS, président du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

M. Jean-Bernard BROS. - Madame la Maire, mes chers collègues, cher Jean-François, à quelques jours du coup d?envoi de l?Euro 2016, qui a déjà conduit à la modernisation de nombreuses infrastructures sportives en France, le groupe RGCI se félicite des 43 mesures évoquées dans ce plan d?accompagnement. Les jeux à Paris, c?est cette occasion unique de proposer aux Parisiens un événement qui dépasse très largement le sport. Parce qu?ils font rêver, parce qu?ils font vibrer et parce qu?ils laisseront un héritage conséquent à notre Métropole, cette candidature de Paris aux Jeux Olympiques 2024 est un véritable challenge que nous devons relever ensemble. Dès le bloc de départ, nous allons oser faire preuve d?audace et de créativité pour faire gagner Paris. Osons des J.O. durables, des J.O. ambitieux et responsables, osons de grands projets pour bâtir, construire l?identité de notre territoire du Grand Paris. C?est comme cela que nous réaliserons notre Grand Chelem. Aussi, les mesures d?accompagnement doivent être porteuses d?ambitions fortes pour l?attractivité de notre ville, mais aussi pour le quotidien des Parisiens. Avec ces 43 mesures, je le crois, les J.O. 2024 à Paris seront un événement mondial aux héritages conséquents. Je pense au domaine du sport, bien évidemment, mais également à ceux de la solidarité, de l?environnement, de l?attractivité, de la sécurité et de la construction métropolitaine. C?est pourquoi les élus du groupe RGCI se félicitent de voir que notre candidature à ce grand événement est construite dans un souci de l?avenir. Fédérer autour des valeurs olympiques, c?est porter les valeurs d?amitié, de respect et de paix dans toutes les composantes de la société. Le sport est un repère pour notre société. Il intègre, il partage, il fait cohabiter dans le respect des différences. Nous avons également besoin de ce projet pour développer la pratique sportive. Penser à ces jeunes qui vont commencer le sport après avoir découvert cet événement sportif. Encourager la pratique sportive, c?est améliorer le bien-être des Parisiens, mais aussi la cohésion de notre société. Enfin, ce projet, c?est aussi développer des politiques publiques essentielles pour de nombreux Parisiens. Je pense là au logement, mais aussi au transport et plus généralement, à l?aménagement de notre ville. Transformer durablement le quotidien des Parisiens, c?est à la fois mettre le sport et ses valeurs au c?ur de la société, mais aussi apporter des infrastructures qui changent le quotidien de chacun. Nous retrouvons ces deux aspects dans ce plan d?accompagnement, Madame la Maire, de notre candidature. Nous nous en félicitons. 10.000 athlètes, 4 milliards de téléspectateurs, des millions de supporters et des emplois créés pour l?événement : oui, les Jeux Olympiques à Paris seront porteurs d?un dynamisme économique à court terme, mais nombre d?Olympiades ont été organisées sans penser l?avenir. Que va-t-il se passer après la compétition sportive ? Nous devons penser dès aujourd?hui à l?héritage que les jeux laisseront aux Parisiens et aux habitants de la Métropole. Les grands événements, quand ils sont construits dans le souci de l?avenir, de manière à la fois ambitieuse et responsable, laissent un héritage matériel et immatériel qui modèle notre société et les inscrivent dans le futur. Transport, loisirs, équipements sportifs, etc. : les avancées seront fortes dans certains domaines. Je pense notamment à la baignade dans la Seine, chère à Mme la Maire de Paris - j?attends d?ailleurs de la rencontrer en maillot de bain en 2024 -, mais aussi au développement de modèles du transport innovant. C?était juste pour la faire sourire. Si elles sont co-construites avec de nombreux acteurs, à l?image des acteurs privés et associatifs, nous ne pouvons que nous féliciter de cela. Avec Paris 2024, nous déclinerons les valeurs de l?olympisme partout et pour tous, nos Jeux Olympiques seront construits et partagés avec les Parisiens. C?est une démarche positive et généreuse porteuse d?un véritable dynamisme pour Paris. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C?est moi qui vous remercie, Monsieur le Président. Madame Anne-Charlotte BUFFETEAU, vous avez la parole, pour le groupe les Républicains.

Mme Anne-Charlotte BUFFETEAU. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, la candidature de Paris pour l?organisation des J.O. 2024 est sur les bons rails. L?unité politique est au rendez-vous, le monde sportif français, parfaitement représenté par MM. LAPASSET et ESTANGUET, est fortement mobilisé. Le milieu économique l?est aussi : trois nouveaux groupes, la M.A.I.F., Orange et Vivendi, ont récemment acquitté le ticket d?entrée de 2 millions d?euros au club des entreprises partenaires de la candidature de Paris. Ils rejoignent la Française des Jeux, la R.A.T.P., La Poste, B.N.P. Paribas, JCDecaux, la Caisse des dépôts et Elior. Le financement à parité public-privé des 60 millions d?euros nécessaires à la candidature est en bonne voie. Le monde associatif est lui aussi très impliqué. La signature d?un partenariat stratégique avec "WWF France" place résolument Paris 2024 sous le signe du respect de l?environnement. La confiance est là et elle est justifiée par les atouts incroyables de Paris. 95 % des sites existent déjà, avec notamment le football au Parc des Princes, le tennis à Roland Garros, l?athlétisme au Stade de France ou le basket et le judo à Bercy, mais aussi des sites spectaculaires : les sports équestres au château de Versailles, le beach volley au pied de la Tour Eiffel, l?escrime au Grand Palais et le tir à l?arc sur l?esplanade des Invalides. Et bien sûr, la perspective d?un héritage pour Paris et sa proche banlieue, avec notamment le centre aquatique, le village des médias et le village olympique et paralympique.

Les indicateurs sont donc au vert, reste à accélérer encore le mouvement pour l?emporter en septembre 2017. C?est l?objet de votre plan d?action, dont nous partageons l?ambition : faire en sorte que cette candidature soit utile aux Parisiens, faire en sorte qu?ils soient au c?ur de ce grand projet. Ce souci de proximité rejoint d?ailleurs le v?u que nous vous proposerons afin que les maires d?arrondissement soient étroitement associés à la campagne "Paris 2024". Il est effectivement essentiel de décliner notre démarche au plus près des habitants.

Nous partageons également la nécessité de faire de notre candidature un accélérateur des politiques publiques. Inutile en effet d?attendre la décision du C.I.O. pour agir. Votre plan d?accompagnement prévoit donc des mesures concrètes en faveur du sport : un parcours piétonnier et sportif de 35 kilomètres, des accès cyclables aux sites olympiques et l?emblématique mesure, par exemple, de la baignade dans la Seine, sur laquelle reviendra mon collègue Jean-Didier BERTHAULT tout à l?heure. Et une promesse que je trouve très intéressante : que chaque Parisien dispose à moins de cinq minutes de chez lui d?un équipement sportif. Cet engagement répond à un véritable besoin des habitants, qu?ils expriment avec force lors des budgets participatifs, ou lorsqu?ils souhaitent bénéficier de créneaux sportifs plus étendus. Cet objectif promeut une approche positive du sport, qui sort des salles pour conquérir la rue. Cet héritage, que vous qualifiez, Madame la Maire, de soft, est aussi celui qui va le plus sûrement concrétiser "Paris 2024" dans l?esprit du grand public. Et puis, s?il faut tout de même émettre une réserve, je souhaiterais que vous preniez l?engagement de saisir l?opportunité de notre candidature pour que soit considérablement améliorée l?accessibilité des transports aux personnes à mobilité réduite. Ce projet n?a de sens que s?il est partagé par le plus grand nombre, et notamment les plus faibles d?entre nous. Je crois que nous serons tous d?accord pour dire que l?heure est venue pour la Ville, la Région Ile-de-France et le S.T.I.F. de faire les efforts qui s?imposent et qui ont trop longtemps été repoussés. Je suis certaine que nous y parviendrons. Permettez-moi pour conclure de vous dire ma fierté de participer au G.I.P. Il est très précieux de constater qu?au-delà de ce qui peut nous diviser, il existe des valeurs supérieures, autour desquelles nous nous retrouvons tous, et en cela, "Paris 2024" est déjà une victoire. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Anne-Charlotte BUFFETEAU. La parole est à Mme Ann-Katrin JÉGO, pour le groupe UDI-MODEM.

Mme Ann-Katrin JÉGO. - Madame la Maire, mes chers collègues, depuis l?origine, nous soutenons la candidature de Paris pour les Jeux de 2024, et ce sans ambiguïté ni faiblesse. A aucun moment, votre opposition ne vous a manqué sur ce sujet, sachant se faire entendre pour vous soutenir et murmurer pour rappeler ses inquiétudes. Les Jeux Olympiques sont un événement fort dont Paris et la France ont bien besoin, durant cette période où tout va mal et où les Français sont découragés. Notre pays, aujourd?hui déchiré, peut se retrouver autour des valeurs de l?olympisme, celles de l?effort et du partage. Avoir de nouveaux objectifs, se dépasser, découvrir la différence ne peut que nous aider à retrouver le chemin de la joie et du vivre ensemble. Mais pour préserver nos chances de l?emporter, ne tombons pas dans le piège qui a déjà coûté si cher aux précédentes candidatures parisiennes. Soyons particulièrement vigilants durant cette période qui précède les échéances majeures pour notre pays, les présidentielles et les législatives. Pour réussir, chacun le sait, la candidature de Paris doit éviter la tentation du "trop politique" et laisser une large place au monde sportif et associatif. Je salue à cette occasion les représentants sportifs présents ce matin. Avant d'en venir au terme de votre communication, je voudrais vous interroger sur Roland Garros et son devenir. En effet, l'entêtement à vouloir étendre le site sur les serres d'Auteuil contre l'avis des associations a abouti à une impasse juridique qui crée de lourds aléas sur cette partie du dossier de la Ville de Paris pour 2024. En tant qu?élue du 16e arrondissement, je ne vous cache pas mon inquiétude à ce sujet, y compris d'ailleurs sur la pérennité même du site à Paris. Aussi, je sollicite vos éclaircissements sur cette épine dans le pied de la candidature parisienne. Pour le reste, vous souhaitez utiliser la perspective de 2024 pour accélérer, voire densifier votre projet municipal dans plusieurs domaines. Comment pourrait-on s'opposer à vos orientations ? Permettez-nous, en revanche, de nous inquiéter de l'absence de chiffrage de tous ces beaux projets apparus à l'occasion de la constitution du dossier olympique. La situation budgétaire de la Ville de Paris est tendue, vous le reconnaissez vous-mêmes. La situation financière de la France n'est pas meilleure, aussi, pour notre crédibilité vis-à-vis du mouvement olympique, il m'apparaît indispensable que vous puissiez sans tarder chiffrer ces engagements et, bien sûr, les inscrire dans un calendrier précis. Au-delà de cette précision pour le moins capitale, je voudrais attirer votre attention sur deux sujets, à mon sens, majeurs, la sécurité et l'emploi. Paris 2024 doit être l'occasion pour la Ville de Paris d'effectuer un grand bond en avant en matière de sécurité afin de rattraper son retard en la matière. Notre monde est violent et la sécurité demeure non seulement la première des libertés mais aussi l'une des demandes prioritaires des Parisiens. A cet égard, l'organisation de l'Euro 2016 fait figure de répétition et se doit d'être irréprochable. Toute faille dans le dispositif serait alors, bien évidemment, versée au dossier des Jeux 2024 et pénaliserait lourdement notre dossier de candidature. J'espère que sur ce sujet vous serez en mesure de nous donner des informations précises. Il en va de même pour le volet économique de votre projet. Nous avons besoin des entreprises. Besoin des entreprises pour réussir la candidature de Paris, besoin des entreprises pour construire les équipements olympiques. J'espère qu'à cette occasion, nous saurons nous inspirer des bonnes pratiques économiques initiées à Londres dont parlait Bernard LAPASSET, qui ont permis de faire travailler sur les Jeux plus de 90 % d'entreprises issues du Royaume-Uni. En ces temps de crise, Paris 2024 est une formidable occasion de mettre en ?uvre un patriotisme économique de bon aloi. Nous avons aussi besoin, au-delà de 2024, de conforter le rôle économique de Paris et je m'étonne que les conclusions consensuelles établies au sein de la M.I.E. "Fabriquer à Paris" n'ait pas trouvé place dans le projet que vous venez de présenter. La sécurité et l'emploi sont donc deux priorités avérées pour les Parisiens. Elles doivent trouver une place prépondérante dans notre marche vers 2024. Sous réserve de leur chiffrage, le groupe UDI-MODEM ne peut qu'approuver vos orientations en matière de logement, d'écologie, d'accessibilité et, bien sûr, d'équipements sportifs afin de rattraper les nombreuses années de retard. En conclusion, permettez-moi de souhaiter que tous nos efforts restent concentrés sur la réussite de la candidature de Paris. Il s'agit de convaincre les instances du Comité Olympique et de rassurer les Parisiens, faute de quoi le monde merveilleux décrit dans votre communication et les belles promesses qui l'accompagnent ne verraient pas le jour et ce serait bien dommage. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous. Monsieur Rémi FÉRAUD, Président du groupe Socialiste et Apparentés, vous avez la parole.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Madame la Maire, mes chers collègues. Permettez-moi tout d'abord de saluer les deux co-présidents du Comité de candidature, Bernard LAPASSET et Tony ESTANGUET, qui honorent le Conseil de leur présence. C'est un signe fort de notre engagement commun. Je voudrais saluer la démarche qui a été la vôtre, Madame la Maire, d'accompagner une candidature portée avant tout par les sportifs. Leur présence ici aujourd'hui est à la fois le signe de notre engagement total pour faire réussir cette candidature, mais aussi la preuve que c'est avant tout un événement sportif porteur des idéaux universels de l'olympisme. Oui, même si on ne l'entendait pas forcément dans l'intervention qui précédait la mienne, la candidature de Paris aux J.O. de 2024 suscite beaucoup d'enthousiasme et d'espoir. C'est un grand projet à la fois pour Paris, pour la Métropole comme pour le rayonnement de la France. C'est un projet dont nous avons besoin et que nous portons avec passion. D'emblée, l'organisation des J.O. à Paris a été pensée comme un accélérateur de nos politiques publiques dans tous les domaines de notre action. C'est l'objet de la communication de ce matin et je salue le travail remarquable de Jean-François MARTINS qui, avec tous ses collègues, prépare sérieusement et activement notre Ville. Conformément aux objectifs de l'agenda olympique 2020, la candidature de Paris va s'appuyer au maximum sur des sites existants, sur des stratégies de développement déjà en cours. Ainsi, de nombreux secteurs parisiens ou métropolitains pourront bénéficier de mutations positives comme la porte de la Chapelle, favorisant le lien entre Paris et la Cité de Saint-Denis. Notre plan d'action prévoit, en outre, de nombreuses transformations de la vie des Parisiens et usagers de Paris dont certaines interviendront très vite. Ainsi, tous les Parisiens pourront bénéficier d'un équipement sportif en accès libre à moins de cinq minutes de chez eux. Ce sont 27 équipements supplémentaires qui seront aménagés d'ici 2020 dans Paris. De même, notre plan permettra de doubler le nombre de créneaux dédiés au handisport d'ici 2024. C'est une mesure très importante pour assurer l'égalité d'accès au sport pour tous. Le plan s'adresse également aux scolaires en permettant la création de classes à horaires aménagés pour les sportifs dans les collèges et lycées parisiens. Dès la prochaine rentrée, chaque arrondissement bénéficiera au moins d'un établissement pourvu de ce type de classe. C'est une mesure qui prouve combien l'esprit des Jeux peut être bénéfique à l'ensemble de la société parisienne et peut faire bouger vite les choses. Parmi les mesures très emblématiques que prévoit le plan, il y a bien sûr aussi celles qui touchent notre fleuve. Tout le projet de Paris 2024 est relié par la Seine, la Seine qui reliera de nombreux sites de compétition avec le village olympique et paralympique. La Seine sera également le c?ur de la célébration populaire autour des Jeux. Des espaces festifs seront installés le long de ses berges, depuis longtemps rendues aux piétons, en 2024. Dans une route réservée au public des Jeux, la majorité des sites sera reliée sur les quais hauts de la rive droite. Cela permettra également de diminuer la pollution automobile. Là encore, la candidature permettra d'accélérer le projet de ligne de transports en commun à haut niveau de service que nous avons présenté pendant la dernière campagne et sur laquelle nous travaillons aujourd'hui. Plus encore, la Seine deviendra un emblème fort de l'intégration du sport dans la société en devenant un site de compétition pour la natation en eau libre et le triathlon. La promesse de baignade dans la Seine ne date pas d'hier. Elle n'avait pas pu se réaliser en raison de mesures techniques très coûteuses, mais dès 2017, la baignade va devenir possible dans certains canaux, puis des zones de baignade pourront être mises en place dans la Seine. C'est évidemment une évolution très importante qui complètera notre politique de reconquête des berges et d'accès pour tous à des activités gratuites et populaires. Au nom du groupe Socialiste et Apparentés, j'exprime donc notre engagement total et enthousiaste aux côtés de la Municipalité et du Comité de candidature pour ce plan d'action et une candidature olympique qui bénéficiera à tous les Parisiens. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Président, merci pour le soutien de votre groupe. Madame Danielle SIMONNET, vous avez la parole pour deux minutes.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, vous vantez la candidature de Paris aux J.O. comme un accélérateur des politiques publiques. Cela signifie-t-il que si Paris ne l'emporte pas, la Ville devrait renoncer à engager une politique sportive ambitieuse, une recherche de performance touristique, une ambition écologique ? Je ne vois pas une seule mesure annoncée qui dépende en soi des J.O. et ne mériterait pas d'être impulsée indépendamment de la candidature à ses Jeux. En revanche, je vois toutes les mesures qui pourraient être mises en place si nous renoncions aux Jeux. Je reste convaincue que les Jeux Olympiques dans leur forme actuelle sont une aberration économique et écologique. Tous les J.O. ont coûté bien plus cher que les estimations initiales. Bon nombre de dépenses liées au gigantisme de l'évènement seraient bien mieux investies pour abonder les équipements de proximité, qu'il s'agisse du sport ou des transports. Les seuls bénéficiaires de ces jeux, ce sont les multinationales qui en profitent pour signer des contrats juteux avec l?Etat via des partenariats public/privé sur les grandes infrastructures et une saturation de l'espace public de publicité. Non, je ne me félicite pas de voir ainsi les Vinci, BNP Paribas, ou JCDecaux et j'en passe s'engouffrer dans ces P.P.P. Les parlementaires ont d'ores et déjà prévu d?exonérer d'impôts les organisateurs des J.O. Aucune étude n'a réussi à démontrer les retombées en termes d?emploi et de niveau de revenu des habitants. Au contraire, c'est au peuple, en retour, de payer les factures par plus d'austérité. L?austérité, vous l'entendez dehors, elle est en train de s'exprimer, ce sont les agents, les fonctionnaires tous confondus, de nombreux secteurs de la Ville de Paris qui estiment qu'on ne leur donne pas les moyens de pouvoir mener à bien leur mission. Vous avez bien raison de parler d'héritage et celui-ci risque de se solder en une grosse facture sous forme de plus d'austérité à subir en retour. Aujourd?hui comme hier, les J.O. pour moi c?est non.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame SIMONNET. Monsieur BELLIARD, pour le groupe Ecologiste de Paris.

M. David BELLIARD. - Merci, Madame la Maire, mes chers collègues, comme l?a rappelé Anne SOUYRIS, notre groupe porte une analyse critique sur l'organisation des Jeux Olympiques par notre Ville. Toutefois, je constate avec intérêt que certains points que nous défendons depuis longtemps sont mis en exergue dans le plan d'accompagnement qui nous est présenté. Ainsi du tramway traversant Paris d?Est en Ouest, proposition que nous avions portée lors des élections municipales. D'ailleurs, j'en profite pour apporter une petite précision, si des projets très "écolos" et positifs sont présentés et mis en valeur dans ce document, ce n'est pas tant grâce à la candidature pour les Jeux Olympiques, que parce qu?une majorité de Parisiennes et Parisiens a soutenu le projet de la gauche et des Ecologistes que nous leur avons présenté en 2014. Idem, nous avons toujours soutenu la volonté de développer la pratique sportive pour différents publics, jeunes, familles, seniors, personnes en situation de handicap, agents de la Ville, entreprises, le sport doit pouvoir être pratiqué par toute personne qui en exprime le souhait, et nous savons qu?à Paris, les contraintes restent fortes. Nous ne pouvons donc que saluer l'augmentation des créneaux existants dans les équipements, la mise en place de structures légères dans l?espace urbain, ou encore la définition de nouvelles aires urbaines consacrées à l'activité sportive. A la lecture de ce projet, je ne peux que m'étonner de la disparition de certains terrains d?éducation physique comme au boulevard Ménilmontant dans le 11e arrondissement, qui est pourtant très utilisé par les jeunes du quartier. Les éléments pour diminuer l'impact écologique de l'événement avec une logique de 0 déchet ou encore le respect de la charte des événements écoresponsable ou la valorisation de la biodiversité méritent d'être soulignés, mais un autre défi retient tout particulièrement notre attention. Nous avons bien entendu votre souhait, Madame la Maire, que nous puissions nous baigner dans la Seine d'ici à 2024. Il y a quelques années d'ailleurs des membres du bureau Exécutif d'Europe Ecologie Les Verts s'y étaient adonnés au prix de quelques plaques sur la peau. Les analyses montrent en effet la présence dans la Seine de divers polluants et bactéries nocives, et même si la situation s'améliore petit à petit, nous devons aller plus loin pour améliorer la qualité de l'eau et partager les usages du fleuve. C'est un beau projet environnemental, social et sportif. Enfin, un point plus particulier a attiré notre attention avec la mise en place de continuités cyclables, qui participeront à une nette amélioration de l'offre pour les cyclistes et favoriseront la pratique du vélo. C'est particulièrement vrai pour les axes traversant le périphérique, qui aujourd'hui sont difficilement utilisables. Avec ou sans J.O., cette question est une priorité pour développer la pratique du vélo à Paris et dans la Métropole. Enfin, permettez-moi pour terminer de souligner l'importance que revêt la question de l'accessibilité aux sites aux personnes en situation de handicap. Notre ambition doit être de permettre une accessibilité totale et ce, quels que soient les handicaps, de tous les lieux à Paris. Pour les J.O. cela implique a minima de permettre un parcours accessible sur les lignes 1 et 13 qui relient le village olympique aux installations du Champ de Mars, qui seront utilisées pour les épreuves olympiques et paralympiques. On parle donc de travaux d?importance dans une partie des stations avec percée pour installer un ascenseur et des plateformes sur les quais pour faciliter l'entrée dans les rames pour les utilisateurs de fauteuils roulants. C'est d'ailleurs ce qui a été fait à Londres et c'est ce que nous souhaitons à Paris. Je ne doute pas que l?Exécutif régional qui soutient lui aussi le projet d?accueillir les J.O. saura dépasser les envolées lyriques pour faire de l?accessibilité une réalité. C'est d'ailleurs le cas pour beaucoup d'actions présentées dans ce plan. Il faudra des moyens pour que les propositions écologistes et inclusives qui sont portées devient une réalité et que tout cela ne reste pas lettre morte. Si les J.O. peuvent au moins nous aider à réaliser quelques propositions positives présentées dans ce plan, nous aurions tort de nous en priver, même si cette ambition forcément chère ne devra pas se faire au détriment d'autres installations utiles aux Parisiennes et aux Parisiens en termes de qualité de vie, d?égalité sociale et territoriale faisant en sorte que nos efforts pour valoriser le lien social et l'émancipation de chacune et chacun par le sport ne soient pas un simple trompe-l'?il.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur BELLIARD. Nicolas BONNET-OULALDJ, président du groupe Communiste et Front de Gauche.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Madame la Maire, chère Marie-José PEREC, cher Brahim ASLOUM, cher Tony ESTANGUET, cher Bernard LAPASSET, je crois que notre candidature doit franchir une étape importante, celle de la mobilisation des Parisiens, et bien au-delà, le soutien de la population française. Nous partageons cet objectif que la candidature doit être un levier au service des progrès auxquels les Parisiens aspirent, en répondant aux exigences du C.I.O., sans trahir nos engagements de campagne, et laissant un héritage avec des avancées concrètes dans tous les domaines. Le plan d'accompagnement y répond en grande partie, mais je pense que nous pouvons l'améliorer. Si nous voulons convaincre, nous devons comprendre les préoccupations du moment, pour que notre projet de candidature soit en phase avec la population. Je vois deux grandes questions que l'on peut approfondir. La première, celle de la paix dans le monde, et la seconde, celle de l'emploi et du droit du travail. On parle de radicalité en ce moment, alors je vais revenir aux racines de l'olympisme en parlant de la charte. Le but de l'olympisme est de mettre le sport au service du développement harmonieux de l'homme, en vue de promouvoir une société pacifique. Si l'objectif premier de l'olympisme est de promouvoir un monde pacifique, la filiation entre les Jeux Olympiques et la paix ne va pas de soi. Les contradictions sont tellement importantes entre les objectifs humanistes inscrits dans la charte et la réalité commerciale médiatique et géopolitique des jeux, que le message olympique n'est plus entendu par une grande partie de la population. Le défi auquel le Mouvement olympique est confronté, c'est celui des valeurs universelles d?émancipation humaine qui font sens. Je pense que nous devrions inscrire notre projet dans la logique de la déclaration universelle des Droits de l'Homme vers plus de démocratie, de paix et de justice sociale. Pour ce faire, je vous fais deux propositions, Madame la Maire. Sur la paix, pourquoi ne pas mettre au c?ur de notre projet, un partenariat avec l'UNESCO dont le siège est à Paris, ce serait un symbole fort. De même, notre adhésion à l?Association des maires pour la paix devrait être mise à profit pour que la culture de paix soit au c?ur du projet Paris 2024. Sur l'emploi et les conditions de travail, comme nous le savons, c'est la première préoccupation du moment et c'est un élément essentiel de progrès social et de paix. En accord avec la recommandation du C.I.O. sur les clauses relatives au travail dans les contrats passés avec les villes hôtes, je vous propose que l'on travaille dès maintenant à un protocole pour que la candidature de Paris soit exemplaire sur le travail décent à partir des conventions fondamentales de l'O.I.T. Cela signifierait que tous les acteurs économiques qui sont partenaires de notre candidature respectent les principes de l'O.I.T. et notamment la responsabilité sociale des entreprises et que les travailleurs migrants et détachés jouissent des mêmes droits et avantages que ceux imposés dans notre pays. Je conclurai avec un rappel du Front populaire, vous allez inaugurer l'exposition demain, l'appel de Léo Lagrange du 10 juin 1936, qui rappelle que : "la semaine des 40 heures, les congés payés, l'accession de la classe ouvrière et des masses populaires de notre pays à une vie que le travail n?absorbera pas intégralement posent devant nous le problème de l?organisation des loisirs. Loisirs sportifs, touristiques, culturels où doivent s'associer complètement les joies du stade, les joies de la promenade, du camping, du voyage, des spectacles et des fêtes". Il ajoutait : "nous voulons que l'ouvrier, le paysan et le chômeur trouvent dans le loisir la joie de vivre et le sens de leur dignité". Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Monsieur BONNET-OULALDJ. Monsieur Pierre-Yves BOURNAZEL, pour le groupe les Républicains.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Madame la Maire, Monsieur l'adjoint au Maire, mes chers collègues. Les Jeux Olympiques sont un rêve, n?est-ce pas cher collège Jean-François LAMOUR, le double champion olympique présent ici de notre groupe les Républicains. Oui, Paris rêve des jeux. Oui, nous portons ce rêve pour les Parisiennes et les Parisiens. Il y a bien un idéal dans l'esprit olympique. Un idéal de concorde, un idéal humaniste, un idéal de dépassement de soi. Cet idéal nous invite à dépasser les clivages politiques, à dépasser la temporalité d'un mandat électoral, à dépasser les frontières étroites de notre Capitale. Oui, Paris 2024 est d?abord et avant tout la candidature du Mouvement sportif et des athlètes. Mais notre responsabilité collective, à la Ville de Paris, au niveau de l?Etat et au niveau de la Région Ile-de-France, c?est d'additionner toutes nos forces au service de ce rêve pour qu?il devienne réalité. Les Jeux Olympiques sont une formidable opportunité d'accélérer nos politiques publiques et ce, dans tous les domaines. L'objectif 2024 sera ainsi le meilleur moyen de sécuriser et de finaliser la réalisation du Grand Paris Express qui va moderniser et transformer profondément notre réseau de transport : un projet qui s'accompagne du plan d'urgence et de rénovation des rames, porté par le Syndicat des transports d?Ile-de-France. D'ici 2024, c'est le quotidien de l'ensemble des Franciliennes et des Franciliens qui va s'en trouver amélioré, avec des territoires désenclavés, des conditions de déplacement dignes de ce nom. D'ici 2024, c'est aussi l'attractivité de Paris, l'attractivité de la Région-Capitale qui sera renforcée par ces nouvelles liaisons vers les aéroports et les pôles de compétitivité. Mes chers collègues, les Jeux Olympiques devront également nous permettre de créer de nouveaux logements, en particulier pour les classes moyennes, notamment à travers la reconversion du village olympique. Le site de Saint-Denis Pleyel sera exemplaire, un modèle innovant en termes d'urbanisme et de production d'habitat. Dessinons ensemble la Région-Capitale du XXIe siècle, le Paris du XXIe siècle, une ville, une région belle, attractive, verte et solidaire. La candidature de Paris et de la Région-Capitale représente aussi un moyen d'accélérer la mise en accessibilité des sites sur notre territoire à travers les Jeux Paralympiques et de changer le regard sur le handicap dans notre pays. Cette évolution des mentalités doit être une dimension majeure de notre engagement pour Paris 2024. Accélérer les politiques publiques, c?est faire en sorte que Paris suive le tempo des métropoles internationales où la vie va toujours plus vite, c'est-à-dire mette en ?uvre l'extension des horaires des services publics et l'ouverture des commerces le dimanche. On ne peut se projeter en 2024 sans prendre en compte les nouveaux besoins, les nouveaux rythmes de vie des Parisiennes et des Parisiens. Cette volonté d'accélérer la modernisation de notre territoire?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Juste un instant, Monsieur BOURNAZEL, parce qu?il y a beaucoup de bruit dehors. Je demande à tous ceux qui en rajoutent à l'intérieur de vraiment... C'est pénible. On ne s'entend pas et c?est important.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Madame la Maire.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je vous en prie.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Cette volonté d?accélérer la modernisation de notre territoire nous engage à faire preuve d'ambition dans la construction de grands projets pour Paris et pour la Région-Capitale. Dans cette perspective, il ne faut pas se limiter à la seule requalification de la porte de la Chapelle, que j?ai toujours portée et soutenue. C'est l'ensemble des portes de Paris qui nécessitent de bénéficier du pouvoir d'accélération d?une candidature aux Jeux Olympiques. Porter une vision pour 2024 doit nous permettre d'aller encore plus loin dans la réflexion sur la cohésion territoriale de la Métropole régionale. Parlons, par exemple, du périphérique. Oui, dans notre programme municipal, nous avions initié un projet de couverture, d'aménagement et de valorisation du périphérique. Avec la candidature de Paris 2024, nous disposons là d'une opportunité unique de recoudre cette cicatrice urbaine. Notre candidature doit être le déclic pour sortir concrètement, physiquement Paris de son isolement vis-à-vis de sa banlieue. Notre candidature doit être le moment de faire fructifier l?imagination, l?inventivité des urbanistes, des architectes, des opérateurs et des partenaires publics et privés. Pour la Région-Capitale, Paris 2024 représente un moteur de croissance et de création d'emplois. C'est un message de confiance et d'optimisme que l'obtention des Jeux permettra d'envoyer à toutes les entreprises et à toutes celles et tous ceux qui rêvent d'investir à Paris dans notre Région-Capitale. Outre les grands chantiers qui offriront des retombées immédiates, ils pourront se convertir en leviers de croissance et d?innovation. Dans cette perspective, l'accès des entreprises franciliennes à ces marchés constitue une priorité à laquelle nous devrons veiller pour transformer l'essai. Pour les J.O. de Londres 2012, la part des entreprises locales a dépassé 90 %. En France, seulement 58 % des marchés ont été attribués à des entreprises tricolores pour l'Euro 2016. Pour Paris 2024, essayons ensemble de viser plus haut. Les Jeux Olympiques et Paralympiques sont le moyen de faire rayonner notre belle capitale et notre pays au niveau international. Offrir une vitrine exceptionnelle au savoir-faire de nos entreprises, donner une meilleure visibilité et lisibilité à notre Capitale et à notre Région sur la scène internationale, c'est l'enjeu de cette candidature. La réussite de ces Jeux réside dans la capacité à renforcer le sentiment commun d'appartenance des Parisiennes et des Parisiens à une capitale, à faire ce travail de résilience suite aux terribles attentats qui ont frappé notre ville et ses habitants. La formation d'une génération 2024 qui émergera au sein de nos écoles, de nos lycées, de nos C.F.A., de nos entreprises, c'est l'enjeu de la mobilisation de la jeunesse parisienne et francilienne. Cet héritage immatériel si difficile à transmettre, c'est aussi cela qui nous permettra de juger d'un effet durable des Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris. Avec Bernard LAPASSET et Tony ESTANGUET, nous disposons de deux personnalités fortes qui ont une énergie et un enthousiasme communicatifs. Ils ont l'expérience. Ils connaissent l'exigence du haut niveau. Ils savent les attentes et le soutien qu'il y a derrière eux. Avec vous, Madame la Maire, dans l'intérêt général, nous travaillons ensemble, nous dépassons les clivages politiques afin de faire réussir Paris, de faire réussir la France. J'ai confiance dans nos forces et dans nos atouts pour gagner. Après deux tentatives, Paris a appris de ses échecs. Aujourd'hui est venu le tour de Paris. C'est son moment. C'est le moment de Paris.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur BOURNAZEL. Permettez-moi de saluer l'arrivée de Guy DRUT, grand champion olympique et aussi un acteur très important de cette candidature. J'avais salué tout à l'heure Jean-François LAMOUR, en disant que c'est un grand champion olympique. Il est ici chez lui et, en plus, élu de Paris. Je crois que cela ne peut que nous réjouir toutes et tous. Je vais donner la parole à Eric HÉLARD pour le groupe UDI-MODEM.

M. Eric HÉLARD. - Merci.

Madame la Maire, Monsieur le Préfet de police, la France est un pays profondément attaché, depuis Pierre de Coubertin, aux valeurs de l'olympisme. Notre pays et Paris attendent depuis 1924 cet honneur renouvelé et cette chance historique, après les malheureux échecs de 1992 et 2012. Sommes-nous prêts ?

Je veux profiter de votre communication, Madame la Maire, pour, dans un premier temps, poser les conditions qui doivent être réunies pour décrocher la victoire le 13 septembre 2017 et, dans un second temps, déterminer les principaux écueils qu'il nous faudra éviter pour y parvenir. Des conditions pour être à la hauteur de l?enjeu, j?en vois cinq. L'esprit collectif : pour avoir les meilleures chances de l'emporter, il fallait tout d'abord s'assurer de la réalité de la volonté de l'Etat et de la Région d'accompagner le projet. C'est chose faite. La motivation : c?est une condition indispensable, car se présenter à une telle compétition sans l'ardeur et la force nécessaire, c'est l'échec assuré. Mais nous l?avons. La mobilisation : elle se fait autour du Mouvement olympique français, autour de Tony ESTANGUET et de Bernard LAPASSET, que je salue. Elle est réelle. Elle a su rassembler toutes les fédérations et le mouvement paralympique. C'est positif. La confiance : c'est peut-être là le maillon faible. L'opinion publique a été globalement marquée par les dérapages budgétaires des dernières organisations, sans compter l'image désastreuse des J.O. d'hiver de Sotchi où les valeurs de l'olympisme ont été durement mises à mal. Les sondages le montrent : selon la dernière étude publiée par l?I.F.O.P. du 12 avril dernier, 59 % seulement des Parisiens sont favorables aux J.O. de 2024. Ce n'est pas un résultat extraordinaire. C'est beaucoup moins bien qu?à Los Angeles ou à Rome. Il faut dire que l?époque n?est pas à l'optimisme. La dépression française existe, accentuée par les craintes liées au terrorisme, à la crise économique dure qui frappe nos compatriotes, à la crise de confiance abyssale des Français envers leurs dirigeants actuels. Cinquième condition : l'unité. Elle est nécessaire. Un consensus fort est obligatoire si nous voulons porter cette candidature jusqu'au bout, car il va falloir tenir le rythme jusqu'en 2017, au moment où notre pays va connaître de fortes turbulences politiques du fait de son calendrier électoral, sans omettre le risque de crise sociale. Votre responsabilité est forte, Madame la Maire. Vous êtes en première ligne et il faut continuer à fédérer des acteurs qui n'ont pas forcément les mêmes enjeux, les mêmes intérêts. Ce n'est pas chose aisée, mais vous pouvez compter sur notre groupe pour y veiller. Les écueils à éviter sont nombreux. Il ne faut pas les sous-estimer. Il faut tout d'abord du souffle. Je trouve qu'il en manque un peu dans cette communication qui tend, parfois, à se confondre à un "copier coller" de votre programme municipal. La sécurité : six malheureuses lignes en fin de texte, alors que nous serons aussi et peut-être, surtout, jugés sur ce point. En matière budgétaire, le projet est évalué à 6 milliards d?euros. Il est présenté comme maîtrisé, transparent et durable. C'est bien, mais il ne faut pas oublier que Londres et Tokyo ont vu leur budget exploser notamment en raison du coût de la sécurité. Il faut, je pense, en tenir compte dès à présent, d'où l'importance de la réussite de l'Euro 2016 qui sera un test de notre capacité à organiser un grand événement en termes de logistique et de sécurité. Nous n?avons pas le droit à l?erreur. Le handicap, je trouve que l'on en a parlé peu ce matin. Les Jeux sont aussi des Jeux Paralympiques. Il faut impérativement accélérer la mise en accessibilité des équipements et des transports parisiens ; c'est un impératif car nous sommes en retard. Le Grand Paris Express s'est pour l?instant distingué par ses retards et ses problèmes de financement. Sur ce point, et parce que la France poursuit également le projet rapproché de l'Exposition universelle, il convient de trouver les moyens de mutualisation des objectifs. Profitons de la naissance de la Métropole du Grand Paris, échelon idéal pour engager les concertations appropriées et bâtir un projet auquel chacun peut participer et s'identifier. La requalification urbaine. Londres s'était illustrée par une politique ambitieuse de réhabilitation de quartiers sur East London. Je regrette que dans cette vision à 2024 Paris se limite à une timide promesse de mutation de la porte de la Chapelle car c'est bien l'ensemble des portes de Paris, en particulier celles du Nord, qui demandent une requalification. Enfin, c'est aussi d'un état d'esprit qu?il s'agit. Si nous voulons être en phase avec la modernité de la ville-monde, ne soyons pas frileux sur l'ouverture des commerces le dimanche. Débloquons la situation parisienne et faisons des efforts en termes d'accueil des touristes et de service. Recevoir les Jeux, c'est une opportunité de réaliser un saut qualitatif pour se mettre aux standards d'autres grandes métropoles mondiales. Je n'ose pas parler de la propreté. Nous avons des atouts incontestables, nous disposons déjà de la quasi-totalité des équipements, mais Los Angeles aussi. Le rêve californien est fort, la machine américaine est lancée. Ne négligeons pas Rome et Budapest. Attention à l?arrogance française, notre péché mignon mais dangereux. En conclusion, Madame la Maire, je veux vous dire ici que toutes et tous sur ces bancs nous ressentons profondément la force et la modernité du message olympique, un message de paix, de fraternité et d?humanisme. Il vous appartient désormais, en travaillant en équipe, en associant toutes les bonnes volontés dont nous faisons partie, de parvenir à enclencher une forte dynamique de soutien et susciter ainsi l'engouement populaire, qui seul peut nous faire gagner le 13 septembre 2017. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur HÉLARD. Engouement derrière nos capitaines. Si j'ai tenu à ce que nos capitaines de cette équipe olympique soient présents ici à cette tribune, c'est parce que nous sommes à leur service. Depuis le début, ce sont eux qui nous indiquent et qui nous disent. On a mis la question des athlètes, du confort des athlètes, de la perception des athlètes au c?ur même de la proposition que nous faisons. Nous sommes vraiment ici derrière eux. Aujourd'hui, avec tous les athlètes présents, je peux vous dire que c'est un grand jour car il y a 10 médailles d'or olympiques dans cette salle, ce qui ne s'est jamais produit. A eux tous, ils totalisent 10 médailles d'or ; ce n'est quand même pas rien et c'est un jour historique pour le Conseil de Paris. Véronique LEVIEUX, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Mme Véronique LEVIEUX. - Merci, Madame la Maire. Chers collègues, Madame, Messieurs les représentants du Mouvement sportif olympique français, permettez-moi tout d?abord de reprendre quelques phrases prononcées le 17 février dernier par Tony ESTANGUET, coprésident du Comité de candidature aux côtés de Bernard LAPASSET, lors de la présentation de la candidature Paris 2024 : "Imaginer l'olympisme sortir des stades pour s'offrir à tous, sur les berges de Seine devant les plus beaux monuments parisiens et permettre à chacun de s?initier au sport, d'échanger avec les plus grands champions et de vivre les épreuves en direct. Imaginer le sport au c?ur de la Ville. Avec Paris 2024, nous portons également l'ambition de lancer un héritage, de transformer durablement le quotidien des gens". Cet héritage durable auquel il est fait référence, c'est celui que vous nous proposez, Madame la Maire, de construire dès maintenant à travers cette communication. Ainsi, d'ici 2020, sera mis à disposition de chaque Parisien un équipement sportif en accès libre à moins de 5 minutes de chez lui. C'est un objectif majeur. Déjà, la Ville s'est engagée à améliorer la pratique sportive dans l?espace public, notamment sur la base des budgets participatifs avec l'installation de différents modules. Avec cet objectif, 27 nouveaux équipements complémentaires seront créés dans des zones d'habitat social. Le développement du sport de proximité se concrétisera dès cet été grâce à la conquête sportive des berges Rive droite qui, du tunnel des Tuileries à celui d?Henri IV, offriront un linéaire de plus de 3 kilomètres qui bénéficieront de divers aménagements sportifs. L?enjeu du développement du sport de proximité au c?ur de la ville trouve également sa place dans l'habitat social avec l'obligation que le cahier des charges des bailleurs sociaux intègre l'hypothèse d'un équipement sportif ou le réaménagement d'espaces existants. Toujours en écho à Tony ESTANGUET, qui s'exprimait en ces termes, "nous serons la jeunesse, celle qui grandira avec nous". La communication propose de porter cette jeunesse au travers de plusieurs actions. Le renforcement du dispositif des classes à horaires aménagés pour les sportifs d?excellence, qui permettent aux jeunes d'avoir une pratique sportive compétitive de haut niveau et un enseignement scolaire complet. L?objectif est de créer une telle classe dans chacun des 4 districts académiques de Paris avec une continuité du parcours entre collège et lycée. La création du dispositif "Jeunes talents 2024", pour faire émerger une génération désireuse de devenir actrice du changement. Ce programme sera lancé dès cette année par un appel à projets innovants auprès des 13-18 ans pour sélectionner 20 jeunes chaque année qui bénéficieront de formations d'accompagnement spécifique. Il est proposé un plan de développement des compétences psychomotrices des jeunes Parisiens dans 20 crèches dès 2016-2017, qui impliquera 1.000 enfants et familles et sera mené en partenariat avec des gymnases de proximité. Il y a les jeunes, les plus jeunes ainsi que les seniors, pour lesquels il est proposé de renforcer l'activité sportive sur la base des activités proposées avec la carte "Senior plus". C?est celle proposée par le C.A.S.-V.P. La communication met en évidence le développement de la marche à pied, et des ateliers de marche dans les E.P.H.A.D. seront créés ainsi que des groupes de marche en lien avec la Fédération française d'athlétisme. Si la marche concerne les seniors, elle concerne évidemment toute la population. Il s'agit là d'une question de santé publique dans l'espace urbain, dont la conception doit de plus en plus intégrer les enjeux de santé environnementale. Différents outils d'information et d'incitation seront créés en faveur de la marche à travers par exemple une signalétique spécifique donnant une durée des trajets pour piétons d?un point à un autre, ainsi qu?une campagne de communication pour la promotion de pratiques quotidiennes permettant un exercice physique simple. L'héritage sera autant celui des nouveaux aménagements qui resteront après les Jeux que celui qui se construit dès maintenant, suscitant des changements dans nos mentalités, dans nos pratiques sportives grâce à un rapport à la ville facilité au quotidien. En ce sens, cette communication olympique ambitieuse révèle toute la synergie et l?interaction entre la candidature portée par le Mouvement sportif au premier chef et la Mairie de Paris qui apporte sa détermination et ses moyens. Elle révèle comment la candidature en elle-même permet à la Mairie d?accélérer ses politiques publiques au bénéfice des Parisiens. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Madame LEVIEUX. Monsieur Jean-Didier BERTHAULT, pour le groupe les Républicains.

M. Jean-Didier BERTHAULT. - Merci, Madame la Maire. Les projets fédérateurs et portés par toute une population sont suffisamment rares au cours d'une mandature pour que ce soit souligné, et mes collègues Anne-Charlotte BUFFETEAU et Pierre-Yves BOURNAZEL l'ont fait. S'il y a bien un podium sur lequel nous ne monterons pas aujourd'hui, c'est celui de la contestation où Mme SIMONNET a gagné, je crois, la médaille d'or, talonnée par le groupe des Verts pour la médaille d'argent, ce matin même. Vous le voyez, je crois que c'est une grande fierté pour notre Assemblée de pouvoir nous exprimer aujourd'hui devant les sportifs ici présents, devant Bernard LAPASSET et Tony ESTANGUET, devant Guy DRUT, Marie-Josée PÉREC, Brahim ASLOUM. Je n'oublie pas Jean-François LAMOUR ; ce n'est pas parce qu'il est chez lui ici qu'il faut l'oublier et je l'associe comme vous à cet élan olympique. Mon intervention portera spécifiquement et plus techniquement sur un des objectifs de cette communication, qui est certainement parmi les plus ambitieux : celui d'améliorer la qualité sanitaire de la Seine et des canaux pour y permettre la baignade. Certes, comme vous le rappelez d?ailleurs vous-même, cette idée n'est pas récente et a déjà fait l'objet d'une promesse d?un de vos plus illustres prédécesseurs. Il faut d?ailleurs rappeler qu'aujourd'hui jamais depuis plus d'un siècle la qualité de la Seine n'a été aussi bonne. Il s'agit donc d'un objectif autour duquel nous pouvons tous nous accorder mais qui va nécessiter que nous nous en donnions rapidement les moyens concrets si nous ne voulons pas que cela reste un v?u pieu. Si nous avons déjà progressé dans ce domaine, cela est dû aux investissements engagés depuis plus de 40 ans dans l'assainissement, à l?adéquation des moyens d'épuration des stations d?épuration du S.I.A.A.P. comme vous le soulignez, avec la population de la Métropole parisienne et la mise en conformité aux normes européennes des rues et des C.E. Le S.I.A.A.P. illustre, avec le nombre d'espèces de poissons en Seine - 3 dans les années 70, 33 aujourd?hui -, le fait que si vous vous baigniez demain en Seine, vous seriez au milieu de 33 espèces de poissons différentes. Cette qualité se concrétise par un bon état écologique environnemental et non sanitaire, et vous insistez d?ailleurs sur cette différence fondamentale. La mission du S.I.A.A.P. est d'épurer les eaux afin d'être en conformité avec le S.D.A.G.E., qui ne comporte pas d'objectifs sanitaires. Les stations du S.I.A.A.P. éliminent déjà 99,9 % des bactéries à l?origine de la pollution sanitaire, mais pour atteindre le seuil visé en bactéries pour la baignade dans le rejet effectué en Seine, il faudrait en éliminer sur les stations entre 99 % et 100 %, presque un peu comme avec de la javel si nous voulons imager cet enjeu. Vous le voyez s?il semble envisageable d?organiser dès 2016 une compétition de natation dans les canaux ou le bassin de la Villette, dans lequel il n?y a pas de rejet d?eaux usées, la baignade en Seine ou en Marne devra répondre à beaucoup plus d?exigences. Deux préalables sont absolument indispensables et doivent faire l?objet d?un consensus et d?un engagement très fort de la Ville : replacer le sujet au niveau métropolitain et régional, ce qui n?est pas le cas dans votre communication, et acter des engagements budgétaires. Sur ces deux sujets, nous sommes très loin du compte puisqu?aucune allusion n?est faite aux investissements nécessaires qui devront aussi être réalisés pour la Marne, car son bon état sanitaire en amont est déterminant pour la Seine, et qu?en terme de financement vous n?évoquez que l?étude, en espérant solliciter des soutiens auprès de l?Agence de l?eau et de l?Etat, dont nous savons tous que, dans ce domaine, ils ont déjà réduit la voilure. Se baigner en Marne et en Seine est une problématique de temps sec et de temps de pluie. Deux chiffres importants pour comprendre cette problématique : un litre d?eau usée va rendre impropre à la baignade localement plus de 10.000 litres d?eau de rivière. Par temps sec, le S.I.A.A.P. peut envisager de désinfecter les rejets de Valenton et de Noisy, même s?ils ne sont que partiellement contributeurs à la qualité d?eau de Paris intra-muros. Les coûts d?investissement seraient de l?ordre de 50 à 150 millions d?euros selon les techniques utilisées, plus bien évidemment les coûts de fonctionnement. Cela ne peut pas suffire pour la baignade car d?autres sources plus diffuses impactent la qualité dans Paris : les mauvais branchements d?eau usée dans les réseaux d?eau pluviale qui rejettent donc aussi par temps sec, et tous les autres rejets directs d?eaux usées au fleuve. Pour Paris, cela concerne toute la zone amont, particuliers, industries, communes, départements, depuis environ Villeneuve-Saint-Georges sur la Seine et Gournay sur la Marne, jusque dans Paris même avec les constructions en bord de fleuve non raccordées, les habitations flottantes ou les bateaux. Par temps sec, ces rejets divers sont plutôt faibles en quantité d?eau et n?impactent pas le bon état écologique mais peuvent être très impactants en bactéries. Nous avons donc l?absolue nécessité d?investir en amont sur la Marne, si nous voulons assurer la qualité de l?eau de la Seine en aval. C?est une évidence hydrographique qui sera toujours supérieure à toute logique financière. Par temps de pluie s?ajoutent aux sources citées plus haut tous les déversoirs d?orage pour éviter les inondations, dont une part plus ou moins importante est mélangée aux eaux usées. Le schéma directeur a permis de limiter ces déversements au fleuve par temps sec et par temps de pluie, et d?atteindre le bon état écologique et environnemental de l?amont de Paris jusqu?à Sartrouville et aussi sur la Marne. Mais pour la bactériologie et donc la baignade, il faut définir jusqu?à quel seuil d?événements pluvieux on veut se protéger, hauteur d?eau, période de retour, intensité, etc. Les gros orages d?été sont bien sûr très impactants et sur plusieurs jours. Si on veut se protéger contre des pluies avec des périodes de retour de cinq ou dix ans, cela peut coûter jusqu?à plusieurs centaines de millions d?euros. Pour mémoire, le méga tunnel à Londres, avec déjà une problématique par temps sec sur eaux usées, c?est près de 5 milliards d?euros. Mais dès les petites pluies, avec une période de retour inférieure à un an, la qualité s?altère cependant déjà rapidement et les actions à mener sont très nombreuses et dispersées sur un large territoire, car il faut agir sur tous les réseaux départementaux, Paris, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne jusqu?à Yerres dans l?Essonne, et communaux de ces zones ainsi que les rejets directs aux deux fleuves des particuliers, industriels ou des voiries. C?est donc un travail de longue haleine pour ces partenaires avec des besoins surtout humains pour le contrôle des branchements, l?exploitation, la maintenance, l?amélioration des réseaux locaux, les politiques de désimperméabilisation. Le rôle des grands lacs de Seine, comme celui des barrages des voies navigables de France, peuvent présenter un intérêt limité complémentaire, mais avec un effet décalé, et non pas sur un événement ponctuel. Pour l?instant, les chiffres donnés ne sont que de très grosses estimations. Il est nécessaire de les affiner par des études plus précises, ce qui est proposé, mais il est indispensable d?affirmer ici notre volonté de prendre des engagements financiers précis. Le conseil d?administration du S.I.A.A.P. a proposé que le travail se termine sur le schéma directeur d?assainissement de la zone S.I.A.A.P. pour l?atteinte des objectifs du S.D.A.G.E., soit prolongé avec l?ensemble des acteurs concernés par la baignade au niveau de la Métropole et de la Région. Cela permettra d?établir un état des lieux précis, de définir les actions adaptées et de les chiffrer. En tout état de cause, à moins d?augmenter de manière significative la redevance d?assainissement, ce qui ne peut constituer la solution, compte tenu du poids que cela aurait sur les finances locales et sur la facture d?eau de l?usager, il faudra trouver les sources de financement pour ce défi. L?objectif de la baignade ne peut donc pas être un simple argument de communication, il est un enjeu majeur de la politique d?investissement environnemental sur l?ensemble de nos installations liées au traitement de l?eau à Paris, mais aussi dans tout le bassin de la Seine et de la Marne. Je le souligne une nouvelle fois pour que tout soit dit clairement pendant ce débat : se baigner à Paris ne peut se concevoir sans impliquer les collectivités en amont sur la Seine et la Marne, mais aussi en aval pour que les Hauts-de-Seine et les Yvelines bénéficient de la meilleure qualité de l?eau du fleuve et puissent accompagner efficacement leurs investissements. Je dirai pour conclure que tous les acteurs institutionnels, qui souhaitent aujourd?hui parvenir à tenir cette promesse de se baigner dans la Seine et la Marne, vont devoir se mouiller, car notre Ville ne peut se contenter de communiquer sur ce sujet et de faire porter les responsabilités et le coût financier par d?autres. Nous avons déjà eu ce débat au sein du S.I.A.A.P. qui est, je le rappelle, la seule institution capable de permettre la réalisation de cet objectif, mais ce Conseil de Paris est l?occasion de rappeler ces enjeux et d?obtenir des réponses et des engagements précis de l?Exécutif, pour que notre belle devise de la Ville "Fluctuat Nec Mergitur" s?applique aussi aux Jeux Olympiques. Merci beaucoup.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous pour votre expertise très poussée de ce sujet, que l?on aborde là sur l?aspect parisien puisque nous sommes au Conseil de Paris, mais qui bien évidemment, et vous l?avez souligné, a une dimension métropolitaine. La parole est à Mme Marinette BACHE, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Mme Marinette BACHE. - Madame la Maire, chers collègues, cher Jean-François, malgré l?énorme masse financière qu?ils font transiter, les appétits financiers qu?ils aiguisent, les intérêts privés qu?ils exacerbent, les J.O. 2024 peuvent devenir, je le crois, sous notre impulsion les J.O. pour toutes et tous. Nous avons le temps de développer cette dimension d?ici 2024, mais il me semble primordial d?aider les Jeux Olympiques à renouer avec l?idéal de l?olympisme. Il faut démocratiser les Jeux, permettre l?immixtion citoyenne dans leur préparation et leur déroulement. Le Paris populaire doit être porteur de jeux populaires. Les J.O. Paralympiques ne peuvent être considérés comme des Jeux de seconde zone, mais doivent être inclus pleinement dans cette grande fête du sport. Je suis donc heureuse que cette communication parle des Jeux Olympiques et Paralympiques comme d?un ensemble et qu?elle jalonne déjà ce parcours nécessaire à l?inclusion citoyenne avec des concrétisations dès 2016 et 2017. Je salue le projet de délibération en faveur de l?association "CAPSAAA" en faveur du sport pour les personnes en situation de handicap, ainsi que le doublement du nombre de créneaux dédiés aux handisports et aux sports adaptés. Pour faire des Jeux populaires, toutes et tous doivent se sentir concernés par l?événement sportif, faire en sorte, comme cela est justement écrit, que le sport envahisse la ville. Il faut donc faire tomber les barrières de l?argent qui se confondent souvent avec le lieu de résidence. Ainsi, les classes à horaires aménagés pour sportifs d?excellence bénéficieront dès 2017 à l?ensemble des Parisiens. La baignade dans la Seine est un formidable enjeu et un défi écologique et démocratique. Elle permettra une réappropriation par l?ensemble des Parisiennes et des Parisiens du c?ur de notre ville. Nous devrons veiller à en démocratiser l?accès. Elle sera l?heureuse continuité du plan "Nager à Paris", de l?appel à projets innovants "Paris terrain de jeux" ou encore de l?installation d?agrès sur les berges de Seine. Se baigner dès 2017 dans les canaux et dans le bassin de la Villette, au c?ur du Paris populaire, en constituera les heureuses prémices. La clef de voûte de cette invasion du sport réside dans la mise à disposition de tous d?un équipement sportif en accès libre et gratuit à moins de 5 minutes à pied. Ce n?est pas un slogan, 27 équipements complémentaires seront mis en place avant 2020 et la réaffectation d?espaces bâtis résiduels dans le parc social est prévue. Faire tomber les barrières passe aussi par des symboles. La réalisation d?une ligne olympique passant par la majorité des sites, outre son utilité réelle, sera un trait d?union entre l?Est et l?Ouest de notre Capitale. Il faut associer la jeunesse à cet événement tant l?idéal olympique peut l?inspirer, d?ailleurs cet idéal pourrait-il survivre sans adhésion de la jeunesse à ses valeurs ? La mise en place d?une rencontre métropolitaine des Conseils de jeunes est un début enthousiasmant. Au-delà, j?aimerais savoir si des pistes de travail sont à l?étude avec l?Education nationale, les associations de quartier, les M.J.C., le riche tissu associatif de notre ville, afin que des rencontres soient organisées entre les petits Parisiens, les petits Franciliens et les athlètes. Si des visites de structures seront mises en place, pourquoi pas penser leur présence à certaines compétitions. Cela nous éviterait le public morose des stades de la Coupe du monde 1998 qui contrastait tant avec la joie et la fraternité dans les rues de Paris. Comme vous le dites, Madame la Maire, les Jeux sont principalement ce que les pouvoirs publics et le mouvement sportif en font. Je suis fort heureuse de voir que notre Municipalité, porteuse du Paris pour toutes et tous, consciente que la force des Jeux réside dans leur dimension populaire, entend porter fortement l?idée des Jeux pour toutes et tous. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Madame Marinette BACHE. La parole est à M. LEJOINDRE, pour le groupe Socialiste et Apparentés, maire du 18e arrondissement.

M. Eric LEJOINDRE, maire du 18e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. Après mes collègues, je voudrais me réjouir de cette communication qui démontre l?importance de cette candidature aux J.O. pour notre ville, et notamment pour les quartiers populaires parisiens qui en bénéficieront. La candidature qui représente d?ores et déjà un formidable accélérateur de nos politiques est un révélateur de la priorité que nous portons à ces quartiers et notamment aux portes de Paris. Sur le plan urbain, le lien entre Paris et la Seine-Saint-Denis sera dynamisé, permettant à terme d?effacer la barrière du périphérique. Au-delà de ce qui est déjà prévu pour la porte Pouchet, la candidature accélèrera les transformations des portes de Saint-Ouen, de la Chapelle et de la Villette, qui ont déjà entamé leur mutation. On voit là les effets positifs des J.O. pour ces quartiers, qui bénéficieront d?une amélioration de la qualité de vie pour les habitants et du lien facilité avec nos voisins. Au-delà, la création d?équipements sportifs dans l?habitat social, aussi bien dans les nouvelles constructions qu?en réutilisant des espaces délaissés du parc ancien, bénéficiera d?abord aux quartiers populaires. Et je veux saluer l?ensemble des mesures qui sont prévues dans ce plan pour favoriser l?intégration par le sport et la culture en utilisant l?enthousiasme et la mobilisation autour de ce projet fédérateur. Notre candidature réussira, parce que tous les Parisiens se mobiliseront, et nous aurons besoin de l?énergie et de la créativité de nos quartiers. Le sport est un formidable outil pour favoriser l?expression de ces talents, et la mobilisation autour de cette candidature y contribuera, à n?en pas douter. Et je n?oublie pas les opportunités très fortes en matière d?emploi. Voilà pourquoi cette candidature de Paris aux J.O. me semble bien engagée, et voilà pourquoi la méthode aujourd?hui mise en ?uvre garantit que Paris bénéficiera sur le long terme de ce projet, grâce au plan d?accompagnement présenté. Oui, les J.O. sont un puissant levier au service du progrès auquel les Parisiens, et notamment dans les quartiers populaires, aspirent.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Eric LEJOINDRE. Et dernière oratrice : Catherine BARATTI-ELBAZ, pour le groupe Socialiste et Apparentés, maire du 12e arrondissement de Paris.

Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, Mesdames et Messieurs les champions, la candidature de Paris aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 est une formidable occasion de développer l?attractivité de nos territoires et de favoriser le développement de nos infrastructures. Cette candidature est aussi de nature à accélérer et mettre en synergie une dynamique métropolitaine au travers de nos grands projets au bénéfice des habitants de l?ensemble du Grand Paris. Je me félicite ainsi que notre projet consacre une vision centrée sur la jeunesse, la maîtrise des coûts et l?héritage. Un budget resserré, car une part importante des équipements sportifs existe déjà où sera réalisée, même sans les J.O., dans le cadre de notre plan d?investissement pour la mandature. Et certaines propositions seront réalisées dès cette année. Nous portons par exemple, dans le 12e arrondissement, le beau projet de créer une nouvelle salle sportive à Bercy, équipement qui alliera à la fois sport de haut niveau et sport de proximité, au bénéfice de l?attractivité de l?Est parisien, dans un souci de rééquilibrage de nos équipements. La rénovation très réussie de l?AccorHotels Arena est une première étape majeure. Le projet de construire à proximité une deuxième Arena d?au moins 7.000 places, respectueuse des espaces verts, est une nouvelle opportunité à saisir. Cet équipement sera un atout quotidien pour notre ville et mon arrondissement, au-delà des J.O. Je me réjouis de ce projet que j?accompagne, avec la volonté qu?il soit un nouveau levier pour poursuivre la requalification du quartier de Bercy, en préservant le parc, auquel nous sommes tous très attachés, en apaisant les quais et en requalifiant les abords de l?Arena. Je pense aussi au projet que nous portons de créer une ligne de transport à haut niveau de service sur les quais de la rive droite. Celle-ci reliera les grands sites olympiques entre eux, mais également les quartiers de nos arrondissements aux berges de Seine bientôt ouvertes aux piétons. Un mot encore pour dire combien la dimension métropolitaine est présente dans notre candidature, et qui devient de ce fait aussi un facteur d?accélération dans la construction de la Métropole du Grand Paris lancée depuis janvier. Je salue le vote d?ailleurs très majoritaire du Conseil métropolitain en soutien à la candidature de Paris aux J.O. 2024. En effet, les Jeux Olympiques sont un puissant vecteur de cohésion métropolitaine et la candidature olympique de nos territoires contribue au renforcement des liens et des passerelles entre tous les territoires de la Métropole du Grand Paris, et aussi en amont de la Seine et de la Marne, comme cela vient d?être rappelé. L?implication forte de la Seine-Saint-Denis dans cette candidature est un signal fort que nous envoyons à ce territoire, l?un des plus jeunes de l?Ile-de-France et de la France. Par cette candidature et les investissements prévus, ensemble, nous construisons un projet structurant pour notre Métropole ; ensemble, nous mobilisons notre jeunesse dans un même objectif ; ensemble, nous faisons tomber toutes les barrières pour porter les valeurs de l?olympisme qui nous rassemblent ; ensemble, nous défendons les atouts de nos territoires métropolitains pour qu?ils puissent accueillir le monde et renforcer durablement son attractivité ; ensemble, nous voulons démontrer qu?il est possible d?accueillir les J.O. avec un projet sobre et respectueux de l?environnement ; ensemble, nous rêvons des Jeux, et cela fait du bien.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Merci pour ce rêve ! D?abord, merci pour ce débat et les conditions dans lesquelles il s?est déroulé, de courtoisie et d?engagement, et de parole libre. Merci à toutes et à tous. Je donne la parole à Jean-François MARTINS pour répondre, avant de passer ensuite au vote, et permettez-moi à nouveau de le remercier pour le travail qu?il accomplit sur les questions sportives. Jean-François ?

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Chers collègues, Messieurs les co-présidents, cher Bernard, cher Tony, Monsieur le Ministre, cher Guy, chers membres du C.I.O., chère Marie-Jo, cher Brahim, être candidat aux Jeux Olympiques à Paris est une double ambition pour notre ville : la première, celle d?affirmer notre passion pour l?olympisme, le partage que nous avons de ses valeurs et la vocation et la tradition de Paris d?accueillir le monde, mais la deuxième ambition de cette candidature, c?est de croire profondément qu?un tel événement peut accélérer le développement de notre ville et la qualité de vie de ceux qui y habitent. C?est précisément ce deuxième point qui est l?objet de ce plan aujourd?hui : accélérer le développement de notre ville grâce à la candidature. Henri Didon, que vous connaissez tous, je n?en doute pas, proviseur du lycée Albert-le-Grand d?Arcueil, en 1891, en exhortant ses élèves à la pratique sportive, les engageait à ce que le drapeau, je cite, "les conduise souvent à la victoire, toujours à la lutte", en concluant par ces trois mots : "citius, altius, fortius" : plus vite, plus haut, plus fort. Henri Didon, devenu entretemps ami de Pierre de Coubertin, a inspiré le baron qui, à Paris - c?est un clin d??il de l?Histoire -, en Sorbonne, en 1894, a proposé comme devise de l?olympisme lors de la création du C.I.O. à Paris que ces trois mots, "citius, altius, fortius", soient désormais la devise du Mouvement olympique. Eh bien, c?est cette devise que nous nous devons d?appliquer aujourd?hui à Paris et aux priorités des Parisiens. Sur le transport, sur le logement, sur l?inclusion, sur l?environnement, grâce à ce plan, nous irons plus vite, plus haut et plus fort, grâce à cette candidature. Sur ces priorités des Parisiens, nous irons souvent à la victoire, toujours à la lutte. Et pour répondre à celles et ceux un peu chagrins ce matin, qui considèrent que nous n?avions pas besoin des jeux pour accélérer un certain nombre de ces politiques publiques, je veux leur dire - Madame SIMONNET, Madame SOUYRIS - que dans l?époque où nous vivons, délivrer de la politique publique et de la transformation sociale ne se fait plus exclusivement à coups de débauche de normes ou de débauche d?argent public. Il est quelque chose de plus précieux encore dont nous avons besoin plus que jamais, et un certain nombre dans cette Assemblée l?ont démontré : c?est de l?énergie, de la bonne volonté, de la capacité à se dépasser, de la concorde entre des acteurs pourtant parfois différents et l?inventivité et la créativité que crée l?énergie de tels événements. C?est par exemple le cas de la baignade dans la Seine, Jean-Didier BERTHAULT l?a dit, et vous avez raison : cela nécessitera un effort bien au-delà de Paris ; cela nécessitera de sortir parfois de nos schémas de pensée traditionnels ; cela nécessitera des nouveaux schémas de financement ; tout cela, l?énergie, l?impératif catégorique quasiment que crée une candidature olympique, va libérer des énergies et peut-être du financement?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je demande vraiment, parce que c?est très pénible, ce brouhaha... Je sais qu?il est essentiellement lié à l?extérieur, mais si on peut ne pas l?aggraver et écouter notre collègue dans ses réponses, ce serait courtois. Merci beaucoup. Il allait parler d?argent en plus. Jean-François.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Vous avez raison, Monsieur BERTHAULT, mais on est d?autant plus enclin à mettre de l?argent collectivement, et chacun à sa juste part, à l?intérieur et à l?extérieur du périphérique, que l?on a cette ambition commune : accueillir les Jeux Olympiques, améliorer la situation de nos villes, la "baignabilité" de nos fleuves, et que l?exemple que nous avons démontré sur le bassin de la Villette va engager. Et les premières discussions au S.I.A.A.P. avec les communes limitrophes montrent qu?il y a une envie commune d?aboutir, qui nous permettra rapidement, à la fin de l?étude, de chiffrer et d?avoir l?état d?esprit qui nous permette d?y arriver. C?est ce que nous permet cette candidature.

Mais c?est exactement la même énergie et la même envie d?aboutir collectivement que crée cette candidature qui nous permet, par exemple, d?avancer sur la stratégie zéro déchet, d?avancer avec les bailleurs sociaux, cher Yann, sur la création d?espaces sportifs dans l?habitat social ; c?est cette même énergie qui nous permet d?avancer avec la Seine-Saint-Denis sur une convention cadre qui notamment intègre la continuité des pistes cyclables ; ou c?est également cette énergie, comme l?a rappelé Pierre-Yves BOURNAZEL, qui nous permet d?investir dans les transports. Cette énergie, mais aussi cet enthousiasme que permet la candidature, c?est celui d?ailleurs dont une grande partie des Conseillers de Paris ont fait preuve ce matin. Cet enthousiasme, c?est celui des entreprises qui vont être mobilisées dans ce plan pour créer des dispositifs d?incitation à la pratique sportive des salariés. Cet enthousiasme, c?est celui des jeunes qui vont ensemble créer une assemblée métropolitaine pour construire la démocratie de cette génération à l?échelle de la Métropole. L?enthousiasme, c?est celui des Parisiens, qui n?attendront pas pour redécouvrir leur histoire olympique et célébrer au vélodrome de la Cipale, à la piscine Georges-Vallerey, au stade de Colombes, l?histoire olympique de Paris. L?enthousiasme, c?est celui des élus locaux et des maires d'arrondissement. Je réponds au v?u qui n'a finalement pas été présenté par le groupe L.R. en disant qu'évidemment, ils ont toute leur place et que, par conséquent, j'émettrai un avis favorable sur la capacité de ce plan à se décliner dans les arrondissements. Cette candidature a vocation à être effective dès maintenant et, Anne SOUYRIS, vous avez mentionné l'investissement que mettait la Ville dans cette candidature. Ces 10 millions d'euros, nous les mettons évidemment pour gagner cette candidature. Ne mélangeons pas les choux et les carottes, on va les dépenser sur trois ans quand 40 millions d'euros, c'est le budget des sports sur un an. Donc, comparez 10 à 120 millions d'euros.

Au-delà de ces règles arithmétiques, puisque nous investissons 10 millions d'euros, les Parisiens sont légitimes à souhaiter que ces 10 millions d'euros produisent des effets dès cette année, dès 2016 et dès 2017. Là encore, c'est la philosophie de ce plan, avec une grande partie de ces mesures qui vont, sans même savoir si nous serons désignés - bien que Bernard et Tony sachent déjà au fond d'eux-mêmes que nous serons désignés - sans même attendre cette désignation, nous devons atteindre des résultats en 2016 et en 2017. Par exemple, le bassin de la Villette sera baignable cet été en compétition, en 2017 en loisirs, un gymnase chaque dimanche sera ouvert pour des activités sportives en famille dès cette année. Les expérimentations d'activité de motricité dans les crèches seront mises en ?uvre, là encore, dans les deux ans. L'amélioration de l'accueil touristique avec la création dématérialisée d'un "pass" pour les touristes n'attendra pas? Madame SIMONNET, je m'exprime en direction du co-président du groupe des "Verts". Si vous pouviez le laisser écouter, vous seriez adorable. Une fois n'est pas coutume. Ce sont des résultats qui interviendront dès maintenant, donc dès que cet argent est investi. Ces résultats concrets de l'olympisme n'attendront pas que nous soyons désignés "ville candidate". Magie de l'olympisme et cela en est la plus belle preuve ce matin, preuve que l'olympisme n'a pas attendu que nous soyons ville organisatrice pour infuser dans cette ville le climat de concorde et de paix si propre à l'olympisme qui a conduit nos débats ce matin. Chers collègues, je vous invite donc à lever le bras plus haut, plus vite, plus fort pour adopter avec une grande concorde ce plan d'accompagnement pour la candidature de Paris aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Jean-François, avec une forme olympique ce matin, merci beaucoup. Il n'y a pas de vote sur la communication, mais je vais mettre aux voix les v?ux et projets de délibération. D'abord je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 1 déposé par le groupe les Républicains avec un avis favorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Qui ne prend pas part au vote ? Le v?u est adopté. (2016, V. 99). Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 114. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Qui ne prend pas part au vote ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DJS 114). Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAE 284. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Qui ne prend pas part au vote ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DAE 284). Maintenant, je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 38. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Qui ne prend pas part au vote ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DASCO 38).

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, merci d'avoir adopté ce plan d'accompagnement. Merci à nos athlètes, merci à nos capitaines d'être ici présents. Le Conseil va se poursuivre et c'est Alexandra CORDEBARD qui vient tout de suite me remplacer. Merci à vous.

(Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, remplace Mme la Maire de Paris au fauteuil de la présidence).