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Mai 2016
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Vœu déposé par le groupe les Républicains relatif à l'établissement public central chargé de la restauration scolaire.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2016


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je mets maintenant en discussion le v?u n° 10 relatif à l'établissement public central chargé de la restauration scolaire. Mme BERTHOUT a la parole.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Madame la Maire, Madame l'adjointe à la Maire, vous avez décidé unilatéralement de centraliser les 20 caisses des écoles jusqu'alors autonomes. En clair, en centraliser les achats et la gestion des personnels, les maires devenant les simples présidents spectateurs de commissions des menus conçus par les mastodontes de la restauration scolaire. Car à qui ferez-vous sérieusement croire que les marchés centralisés destinés à fournir 22 millions de repas par an dans les écoles parisiennes échapperont à l'appétit vorace des ogres de la restauration scolaire ? Et qui pourrait sérieusement apporter la démonstration que l?allotissement de quelques miettes permettrait d'éviter la disparition programmée des petits ? Pour arriver à vos fins, vous avez utilisé la grosse ficelle de cuisine. Un rapport à charge censé démontrer que les caisses des écoles gérées par la droite comme par la gauche d'ailleurs, il y en a pour tout le monde, sont globalement très mal gérées. Parmi la masse d'inexactitudes, d?erreurs et de mensonges par omission, je ne citerai que trois exemples caricaturaux. L?équilibre économique des caisses : le rapport d'octobre 2015 retient une séquence qui va de 2010 à 2014, mais il n'analyse que les comptes de 2010 à 2013 pour mieux pointer, je cite "la dégradation financière des caisses". Et pour cause, la situation s'est améliorée en 2014 ! Sur l'évolution de la masse salariale, le rapport s'attarde sur l'accroissement annuel global de l'ensemble des caisses de 3 % entre 2010 et 2014, mais il omet sciemment au passage la situation des caisses qui, comme dans le 5e arrondissement, mais il y en a d'autres, maîtrisent parfaitement l'évolution de la masse salariale. Chez nous, moins 0,7 % par an. Le prix de revient, la cerise sur le gâteau, est établi pour 2015 sur des données partielles remontées au début de l'automne et bien évidemment les gains de productivité réalisés par les caisses ne sont pas mis en avant. Etrange quand on sait que certaines ont fait progresser les gains de productivité sur la durée en augmentant parallèlement la qualité des assiettes. Dans le 5e arrondissement, 60 % de produits bio labellisés avec pas moins de six composants pour le déjeuner, un goûter bio à 100 %, 75 % des approvisionnements en filière courte. Curieusement, sans doute mensonge par omission, la partie du rapport consacrée à la qualité des assiettes n'est pas renseignée pour mon arrondissement, ce qui est un comble. Vous parlez de partage de bonnes pratiques et de propositions constructives. Je vous en fais une, c'est celle que nous avons faite dans notre arrondissement et d'autres : augmenter le bio, conforter les filières courtes en maîtrisant totalement l?approvisionnement. Par exemple, en achetant les bêtes sur pied, en faisant de l'abattage sur place, en adaptant quotidiennement les commandes aux capacités de production et d'offre de nos petits producteurs, tout en réduisant les coûts de revient. Ah oui, mais voilà, mais voilà pour faire cela, il faut laisser une gestion décentralisée et vous n'en voulez pas ! D'ailleurs, dans le communiqué de presse sorti la semaine dernière, vous dites bien que vous voulez des commandes groupées pour, je vous cite :"avoir des coûts plus faibles". Alors, vous êtes à la tête de l'Exécutif depuis 2001, vous auriez pu associer le versement de vos subventions aux caisses des écoles au respect de bonnes pratiques, pourquoi n'avez-vous pas bougé ? Vous nous faites la leçon en inventant une nouvelle fable : la centralisation permettrait d'améliorer l'emploi et la formation des personnels. Vous leur promettez un statut unifié, une grande partie n'en veut pas. En laissant entendre au passage que l?on pourrait ajouter des heures de ménage à leur charge de travail, c'est tout de même incroyable. J'ai entendu tout à l'heure, Madame CORDEBARD, que vous estimez que le fait pour les A.S.E.M. de ne pas faire le ménage était un plus, Madame. Donc, deux systèmes aujourd'hui s'opposent, d'un côté la centralisation, et de l'autre la responsabilisation et la défense des filières courtes.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Madame CORDEBARD, pour deux minutes.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe. - Madame la Maire de Paris, Madame la Maire du 5e arrondissement, mes chers collègues, votre v?u présente, dans ses considérants, un grand nombre d?erreurs et de contrevérités, et votre intervention était tout en nuance. J?ai apprécié. A croire que pendant les deux heures que j?ai passées à répondre à vos questions, bien légitimes d?ailleurs, à votre demande, Madame la Maire du 5e arrondissement, vous m?avez bien peu écoutée. Vous le savez donc, la restauration scolaire, gérée actuellement par les 20 caisses des écoles, offre un service très hétérogène aux Parisiens, d?abord par la qualité de l?assiette. Les objectifs de la Ville de 50 % minimum d?alimentation bio et labellisée pour tous les petits Parisiens sont loin d?être atteint. Nous sommes autour de 20 % aujourd?hui, et nous ne nous y résoudrons pas. Il faut peut-être convenir que l?ensemble des enfants parisiens ont droit à la même qualité, et ces objectifs ne peuvent pas être atteints dans le cadre du modèle actuel. C?est une des raisons de cette réforme. Soyez rassurée, je vous l?ai déjà dit, je vous le redis : les arrondissements qui sont déjà au-delà de cet objectif ne perdront rien. C?est un engagement que nous prenons et qu?Anne HIDALGO, la Maire de Paris, m?a demandé fermement de prendre devant chacun d?entre vous. Ensuite, les conditions d?emploi des personnels ne sont pas homogènes, voire même très insatisfaisantes dans un certain nombre de cas. Et non, Madame BERTHOUT, les personnels ne seront pas démobilisés parce que nous leur proposerons une amélioration de leurs conditions de travail, lorsque nous leur proposerons des parcours de formation, la possibilité de vrais parcours professionnels, de mobilité. Je tiens ici d?ailleurs à leur rendre hommage pour leur engagement quotidien au service de l?ensemble des enfants parisiens. Je note d?ailleurs, et en plus, que les plus fervents opposants à cette réforme sont souvent ceux qui refusent avec obstination les dispositifs de résorption de l?emploi précaire proposé et financé par la Ville de Paris. S?agit-il de mépris à leur endroit ? Je le crains. Je regrette enfin que contrairement au personnel de vos caisses, vous refusiez de participer?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Mais laissez parler ! Vous savez, cela n?enlèvera rien à vos arguments. Cela permettra juste d?être un peu courtois et d?écouter les réponses qui vous sont faites, mais si vous voulez juste poser des questions et ne pas avoir les réponses, là, c?est un autre sujet. Mais ce n?est pas le sujet de notre Assemblée. Alexandra CORDEBARD.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe. - C?est précisément ce que je regrette également, que contrairement au personnel de vos caisses, vous refusiez de participer à la construction de ce nouveau service municipal au service de l?ensemble des Parisiens. Je regrette également que vous vous employiez à inquiéter les familles en colportant de fausses informations, alors qu?il y a tant à gagner à les associer aux décisions que nous avons à prendre. Je continuerai pour ma part à le faire, en veillant à ce qu?ils disposent des bonnes informations, notamment en leur rappelant que les modes de production ne sont pas concernés par la réforme, que les cuisines de vos écoles notamment, et de l?ensemble des écoles, resteront en fonction dans les mêmes conditions qu?actuellement, en leur rappelant que les petits producteurs, notamment locaux, pourront poursuivre leur collaboration avec la Ville. Et à ce propos, je peux vous dire que la filière "bio" y trouvera même le moyen de se développer, dès lors qu?elle disposera d?une certaine visibilité sur ses débouchés. Enfin et pour conclure, je souhaite que les maires d?arrondissement gardent le pilotage local de ce service. J?espère pouvoir en discuter avec eux, avec vous dans les prochaines semaines, afin de trouver le bon système de gouvernance et écrire les grandes lignes du contrat d?objectif liant l?établissement public à la Ville. Je souhaite également que les groupes politiques et les parents d?élèves y soient étroitement associés. Vous vous en doutez, j?émets donc un avis défavorable à votre v?u, qui n?apporte aucune solution autre que le conservatisme, qui entretient les inégalités entre arrondissements et s?oppose ainsi à la majorité des Parisiens ayant élu Anne HIDALGO, avec cette volonté d?offrir à tous les enfants parisiens un service public de la restauration de meilleure qualité et bénéfique pour leur santé.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Alexandra CORDEBARD. Je donne la parole pour des explications de vote. Je crois que Madame? Mais, Madame BERTHOUT ! Vous savez, cela ne figurera même pas au compte rendu tellement c?est inaudible. Explication de vote : Mme Béatrice LECOUTURIER, pour l?UDI-MODEM.

Mme Béatrice LECOUTURIER. - Merci, Madame la Maire. Nous voterons pour ce v?u déposé par le groupe des Républicains, car votre projet de vouloir centraliser les caisses des écoles va à l?encontre de la logique de déconcentration souhaitée par les maires d?arrondissement, dans le cadre de la réforme du statut de Paris. Vous retireriez une nouvelle fois une prérogative qui revient à ces maires d?arrondissement, et même si nous réaffirmons que la qualité du contenu des assiettes doit effectivement être la même pour tous les petits Parisiens, quel que soit l?arrondissement dans lequel ils habitent, il revient à chaque caisse des écoles de faire les choix budgétaires et alimentaires qu?il convient, et non pas à un organisme centralisateur. Je profite également de cette occasion pour vous demander que le rapport qui a été réalisé sur la restauration scolaire à Paris soit diffusé à tous les Conseillers de Paris, et non pas uniquement aux maires d?arrondissement. Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Bien. Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 10, avec un avis défavorable de l?Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le v?u est rejeté. Je vous remercie.