Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Mai 2016
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

2016 DAC 661 - Contrat pluriannuel de performance 2016-2020 entre la Ville de Paris et l’établissement public "Paris Musées".

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le projet de délibération DAC 661 concerne le contrat pluriannuel de performance entre la Ville de Paris et l?établissement public "Paris Musées". Je donne la parole successivement à Sandrine MÉES et Danielle SIMONNET, cinq minutes chacune.

Mme Sandrine MÉES. - Merci, Monsieur le Maire. Nous partageons un certain nombre de préoccupations qui sont formulées dans le contrat pluriannuel d?objectifs et de performance 2016-2020 de "Paris Musées", tout en restant prudents sur certains aspects. Tout d?abord, sur l?axe de la diversification des publics, la stratégie pour atteindre des publics éloignés des musées s?appuie sur des programmes de médiation culturelle en direction des jeunes, notamment des jeunes bénéficiaires de l?Aide sociale à l?enfance, en direction aussi des personnes qui apprennent le français, des quartiers et des associations des quartiers "politique de la ville", et bien que cette stratégie pour atteindre des publics éloignés des musées soit de grande qualité, nous pensons qu?elle ne touche pas encore suffisamment de public, en nombre de visiteurs, proportionnellement à la fréquentation globale, puisqu?elle ne touche hélas que 11.000 personnes sur plus de 3 millions de visiteurs. Cependant, la qualité du travail effectué par les équipes pour effectivement atteindre ces publics doit être soulignée. Je pense notamment à l?exposition qui a été organisée et réalisée par le musée Victor Hugo et réalisée par les détenus, dans le centre pénitentiaire de Réau, donc des initiatives tout à fait remarquables. Ensuite, sur l?axe des ressources humaines, nous pensons que cet axe doit être central. Tout d?abord, nous pensons qu?il y a un manque de personnel, car trop de salles sont fermées, et cela entrave le parcours des collections, notamment au musée Carnavalet. Nous avons pu constater qu?il y a eu des primes qui sont arrivées en retard pour le personnel, et c?est dommage, parce que le personnel contribue au rayonnement des musées. Et le contrat de performance ne doit pas oublier les agents en cours de route, mais doit marcher de pair avec eux pour être une réussite. Je conclurai sur trois aspects, qui ne concernent pas uniquement le contrat de performance : tout d?abord, sur la gouvernance, nous nous interrogeons sur le fait qu?à notre connaissance, il n?y a pas de représentant des usagers au C.A. ou dans une autre instance de gouvernance. Est-ce que vous pouvez nous dire si cela pourrait être envisageable ? Deuxièmement, nous rappelons qu?au sujet du besoin de financement, on ne doit jamais oublier l?éthique, et qu?une attention particulière doit être apportée au partenariat conclu par "Paris Musées" pour qu?il soit en conformité avec les engagements éthiques environnementaux et sociaux de la Ville de Paris. Et je me souviens qu?une charte était en préparation, si j?ai bon souvenir, pour essayer justement de bien cadrer ces financements. Enfin, nous soulignons l?importance de garder la gratuité d?accès aux collections permanentes, ce qui permet quand même à un certain nombre de catégories de la population, comme les retraités modestes et les jeunes travailleurs, d?accéder à nos musées à volonté. Merci beaucoup.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Danielle SIMONNET, pour cinq minutes maximum.

Mme Danielle SIMONNET. - Ecoutez, moi, je m?abstiendrai sur ce projet de délibération, pour plusieurs raisons : vous savez que j?ai toujours été contre, déjà dans l?ancienne mandature, la création d?un établissement public et administratif des musées, parce que je ne suis pas d?accord avec ce modèle d?un établissement autonome, et hélas, l?évolution, je trouve, me donne raison, et je préférerais avoir tort. Premier problème : je trouve que l?axe "diversification des publics" est essentiel, puisque l?objectif, normalement, de la politique municipale depuis 2001, c?est bien de contribuer à une appropriation sociale de la culture par toutes et tous, et donc, de contribuer à la plus grande diversification des publics qui vont dans les musées parisiens, les musées de la Ville de Paris notamment, puisque c?est là qu?est notre compétence. Il y a eu des engagements forts en début de mandature 2001 en faveur de la gratuité, et notamment de la gratuité des collections permanentes, et il eut été souhaitable de voir un prolongement de cette démarche vers une extension de la gratuité. Or, que s?est-il passé ? Eh bien, plutôt que de continuer et de faire en sorte qu?il y ait une gratuité sur les expositions temporaires, on a vu au contraire une augmentation des tarifs des expositions temporaires, et notamment aussi une augmentation des tarifs des audio-guides, et ces augmentations-là ont justifié des baisses conséquentes des moyens alloués par la Ville à l?établissement public et administratif des musées. Je n?ai plus du tout les chiffres en tête, mais je me souviens, à un moment donné, d?une année où on a eu 1,9 million d?euros en moins. Alors, je crois que ce n'est pas sur le dernier budget, mais sur le budget d?avant. Vous nous préciserez ce qu?il en est pour ce budget-ci. Mais voilà, c?est inquiétant et puis, je sais qu?il y a des recours, notamment au mécénat, pour essayer de compenser, mais vous connaissez aussi mon désaccord, parce qu?on est en train d?organiser finalement un transfert de la compétence vers le privé de la politique publique. Alors, évidemment, tout cela ne dépend pas que de la Ville, puisque la question du financement des politiques publiques est : comment est-ce qu?on met à contribution ceux qui ont les moyens financiers, qu?il s?agisse de richesses particulières ou qu?il s?agisse de grandes entreprises ? Eh bien, c?est une réforme fiscale qui serait nécessaire pour y pallier, et donc, je comprends bien la recherche de la Ville d?autres financements, mais le problème est que cela amène une autre logique en termes de politique culturelle et l?augmentation des visuels de telles et telles entreprises, sociétés dans les musées parisiens pose vraiment question. Mais évidemment, je salue tout le travail qui est fait en termes de médiation pour atteindre de nouveaux publics, parce que je pense que c?est vraiment un axe essentiel, et que ce n'est pas simplement la gratuité, mais vraiment un travail d?éducation populaire, de médiation, avec d?autres partenaires associatifs pour aller chercher et construire de nouveaux partenariats avec d?autres structures, d?autres institutions, pour permettre de faire venir d?autres publics, mais justement, sur ce point aussi, je pense que cela nécessiterait des moyens humains beaucoup plus conséquents. Maintenant, je voudrais profiter de ma dernière minute de temps de parole pour vous poser une série de questions. J?ai été alertée sur une réforme de la surveillance en cours, une réorganisation : j?aimerais que vous me précisiez ce qu?il en est également. Il y aurait une menace de suppression de 30 postes ou elle aurait déjà eu lieu. Je voudrais que vous nous précisiez si oui ou non, il y a eu des suppressions de postes ou si c?est moi qui suis mal informée ou qui ait mal compris, ce qui est tout à fait possible. Les agents de nuit devraient soit passer de jour, soit basculer dans d?autres directions et donc, il y a une forte inquiétude de la part des agents. Qu?en est-il exactement dans cette gestion ? Est-ce qu?ils sont amenés à aller d?un musée à un autre ? Vous savez que c'est important pour des agents de savoir exactement où on travaille, d'avoir une continuité et d'être entendu. Je voudrais donc avoir plus de précisions. Le dernier sujet, c'est tout ce qui relève de l'analyse des risques psycho-sociaux. Visiblement, il y aurait un point de blocage à nouveau au niveau de l'établissement public administratif des musées. Le CHSCT a le droit, si cela est voté au sein du CHSCT, de demander un recours à un expert agréé pour faire un audit particulier sur les risques psycho-sociaux. Ce recours qui aurait été demandé a-t-il été refusé ? Est-ce possible que l'on puisse le refuser ? Je voudrais des précisions sur ce point car cela me semble extrêmement important qu'on respecte vraiment les droits des salariés, le droit notamment dans le CHSCT d'avoir sur cette question des risques psycho-sociaux la possibilité de recourir à des audits agréés par le Ministère. Voilà toutes les questions que je souhaitais vous poser concernant ce projet de délibération. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à M. Bruno JULLIARD pour vous répondre.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Merci à Mme MÉES et à Mme SIMONNET pour leurs interventions. Ce projet de délibération est important parce qu'il traite du nouveau contrat pluriannuel de performance 2016-2020. Je n'aime pas trop ce terme, mais il se trouve qu'il nous est administrativement imposé. Il est important parce qu'il s'agit du deuxième contrat de performance qui lie "Paris Musées" à la Ville de Paris, le premier faisant directement suite à la création du nouvel établissement public ; et il visait à poser les bases du fonctionnement de ce nouvel établissement public avec des objectifs très importants, notamment en matière de gestion des collections, l'inventaire, le récolement ou encore la programmation dans l'ensemble de nos musées. Contrairement à vous, Madame SIMONNET, je n'ai pas vraiment de religion, en tout cas, d'avis préconçu sur la nécessité ou l'opportunité ou pas que les musées de la Ville de Paris appartiennent plutôt à un établissement public ou soient régis en régie directe au sein de la Direction des Affaires culturelles. Cela dit, je me permets simplement de constater que tous les critères d'évaluation des musées de la Ville de Paris sont très nettement plus positifs après ces quelques années d'existence de l'établissement public "Paris Musées" que lorsqu'ils étaient en régie directe au sein de la Direction des Affaires culturelles. C'est tout simplement parce que, tant dans l'amélioration du travail collectif au sein même des musées que dans la nécessité d'une certaine autonomie de gestion des musées de la Ville de Paris au quotidien, tout cela se traduit par une facilité de gestion qui a permis des succès très importants. Je pense évidemment au succès public et critique des expositions des différents musées de la Ville. Nous sommes aujourd'hui et depuis maintenant deux à trois années consécutives à plus de 3 millions de visiteurs dans nos musées. Plus de 100.000 ?uvres ont été mises en ligne. Des travaux importants ont été engagés et vont l'être dans les mois à venir. Les éditions de nos expositions ont été renouvelées. De nouveaux publics ont été conquis avec la mise en place d'actions sur-mesure musée par musée. Je veux saluer l'engagement individuel, collectif de toutes les équipes des musées de la Ville de Paris qui s'y sont investies avec beaucoup de conviction, beaucoup d'engagement, avec des résultats qui doivent toujours être plus importants - on va y veiller dans les années qui viennent. Je veux vraiment saluer le caractère absolument exemplaire du travail réalisé par "Paris Musées" et qui sert d'exemple non seulement pour d'autres établissements culturels relevant de la Ville de Paris mais également à d'autres musées qui ne relèvent pas de la Ville de Paris, mais qui prennent exemple sur le travail de "Paris Musées". Je souligne aussi l'autofinancement qui, en effet, a très nettement augmenté lors de ce premier contrat de performance. Je précise tout de même que cela a, en effet, permis certaines diminutions de la subvention de la Ville de Paris. Encore que, si nous avons pu faire une diminution de la subvention de la Ville de Paris à "Paris Musées", c'est essentiellement pour des raisons comptables, en raison - je ne rentre pas dans les détails - d'un boni de liquidation de l'ancienne association "Paris Musées" qui s'occupait notamment de la gestion d'expositions temporaires dans les musées de la Ville de Paris. J'ajoute que nous avons particulièrement veillé à ce que, année après année, le budget de fonctionnement de "Paris Musées", lui, continue à augmenter année après année pour garantir le développement de "Paris Musées", ce qui a été le cas. Les avancées réalisées ces dernières années permettent d'envisager une nouvelle phase de développement de "Paris Musées". Je ne rentre pas dans le détail parce que c'est parfaitement bien expliqué dans ce contrat pluriannuel de performance que nous avons mis beaucoup de temps à rédiger dans les moindres détails. Je pense notamment : - à la valorisation et à l'enrichissement des collections : c'est évidemment le c?ur de l'activité de nos musées ; - à la programmation d'expositions temporaires encore plus ambitieuses : c'est notamment le cas en ce moment avec de très belles expositions dans la totalité de nos musées ; - au développement du numérique : nous venons de lancer un portail en ligne des collections d'une grande qualité, 180.000 ?uvres avec notices et nous allons poursuivre cet effort ; - au développement d'une offre culturelle pluridisciplinaire, originale et complémentaire des expositions temporaires ; - à l'attention portée aux publics, qu'il s'agisse de mieux les accueillir, d'en conquérir de nouveaux, de mieux les accompagner et évidemment en allant toujours au-devant des publics les plus en difficulté. Je terminerai en citant deux éléments. Premièrement, le grand plan de rénovation des musées qui est un axe essentiel de ce nouveau contrat de performance, avec notamment la rénovation complète du musée Carnavalet, le déménagement du musée Jean Moulin - musée de la Libération, des travaux importants dans d'autres musées - je pense notamment au musée d'Art moderne, notamment des travaux d'accessibilité. Deuxièmement, la modernisation de la gestion de "Paris Musées" devra se poursuivre avec une attention particulière portée à la gestion des ressources humaines notamment. Je souhaite dire qu'il y a des progrès réalisés dans la gestion des ressources humaines au sein de l'établissement public "Paris Musées". En effet, nous lançons une réforme de la surveillance de nos musées, essentiellement de la surveillance de nuit de nos musées. Cela ne se traduit en aucun cas par des suppressions de postes, mais nous permettra des redéploiements de postes pour notamment que l'ensemble des salles, par exemple, du musée Carnavalet puissent être ouvertes lorsque nous rouvrirons le musée. Il y a besoin, pour cela, d'améliorer l'organisation de la surveillance des musées sans, évidemment, qu'il y ait des suppressions de postes. Enfin, l'ensemble des procédures du CHSCT seront tout à fait respectées. Je vous vois bien informés par une des organisations du CHSCT, mais je précise bien qu'évidemment, la procédure sera entièrement respectée.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 661. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DAC 661).