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Mai 2016
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2016 DPE 39 - Convention de partenariat avec Eco-Emballages en vue de l’expérimentation de stations de tri "TRILIB" sur six arrondissements (1er, 2e, 4e, 13e, 18e et 19e).

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2016


 

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet DPE 39 relatif à une convention de partenariat avec Eco-Emballages en vue de l?expérimentation de stations de tri "TRILIB" sur six arrondissements (1er, 2e, 4e, 13e, 18e et 19e). La parole est à Mme Marie-Laure HAREL, pour cinq minutes.

Mme Marie-Laure HAREL. - C'est donc un bon projet que vous nous soumettez, surtout dans un contexte où comme vous l'avez reconnu, Monsieur PENINOU, Paris est très en retard sur le tri. Le taux de recyclage à Paris est en effet très problématique, puisqu'il tourne autour de 15 %, alors que les normes européennes se situent plutôt autour de 50 %. Votre trajectoire 0 déchet est très belle, très idéaliste, mais tout de même un peu utopique. La collecte des plastiques souples tarde à être mise en place faute d'investissement du SYCTOM dans les dernières années. Je remarque aussi que dans les derniers rapports sur le prix et la qualité des services publics de déchets, le taux d'enfouissement stagne encore et toujours alors qu?il devrait diminuer. Par ailleurs, le plan national de relance du tri, qui prône une meilleure information sur le tri et que la Ville de Paris applique en distribuant dorénavant des guides aux Parisiens, est là aussi une bonne initiative. Cela correspond à un v?u que j'avais déposé en juin 2014, que vous aviez magnanimement voté si je me souviens bien. Dans ce v?u, je demandais que les Parisiens soient mieux informés et davantage encouragés à procéder au tri. Depuis deux ans, malheureusement la situation n'a pas du tout évolué puisqu'il y a toujours un tiers des volumes collectés dans les bacs jaunes, donc qui devraient être recyclables, qui finissent enfouis ou incinérés puisque les Parisiens ont été induits en erreur et n?ont pas su introduire leurs déchets dans le bon bac. Dès qu?une erreur est détectée dans un bac jaune, c'est l'intégralité du bac qui ne peut être recyclée. Les Parisiens doivent de toute évidence être mieux informés, puisque les erreurs dans les bacs sont très fréquentes et que l?effort de leur part pourrait être décuplé, puisqu?il y a encore énormément de déchets qui chaque année pourraient être recyclés et ne le sont pas. Sur 3,5 millions de tonnes d'ordures ménagères collectés annuellement, 2 millions sont des déchets qui pourraient être recyclés et ne le sont pas. A titre informatif et d?encouragement, les informations que distribue la Mairie de Paris désormais sont les bienvenues. Nous saluons donc l'initiative que vous avez prise et nous la voterons. Je me permets - j'y pense, je n'avais pas pensé à l'écrire - de rappeler que la Mairie de Paris pourrait, elle-même, être exemplaire puisqu'on parle de l'écologie dans son ensemble. Je rappelle que l'ensemble des flottes de bennes à ordures restent encore loin d'être parfaites d'un point de vue écologique puisque beaucoup roulent encore au diesel. L'effort doit être fait du début à la fin de la chaîne par l'ensemble des acteurs. En tout cas, l'initiative que vous prenez là reçoit tout notre soutien.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Madame HAREL, je vous remercie. Je donne la parole, pour vous répondre, à M. Mao PENINOU.

M. Mao PENINOU, adjoint. - D'accord. Je pensais qu'il y avait un autre intervenant, mais qui a dû se retirer. Ce dont je me félicite pour la durée du Conseil de manière générale. Je vais donc en profiter pour répondre plus longuement à Mme HAREL, d'abord pour me féliciter que l'on se retrouve - et ce n'est pas la première fois - sur la stratégie zéro déchet adoptée à l'unanimité par le Conseil de Paris au début de cette mandature. Je salue votre euro-enthousiasme même si je crains qu'il ne soit un peu plus modéré dans la réalité et que, si quelques villes, à l'exemple de Milan en Italie ou de Lorient en France, ont pris une certaine avance en termes de tri des déchets, la moyenne européenne reste, je le crains, en-dessous des 50 %. Toutefois, c'est un objectif que nous pouvons nous fixer ensemble. Je tiens à vous rassurer sur la question des plastiques souples. En effet, il y a eu pendant un certain temps des problèmes d'investissement pour équiper nos usines. D'ailleurs peut-être liés au fait qu'aujourd'hui, le territoire SYCTOM, qui représente environ 10 % de la population française, ne bénéficie que de 4 % ou 5 % à peine des aides apportées aux collectivités locales de la part des éco-organismes. J'espère, en alliance avec le Président du SYCTOM, que nous arriverons à inverser cette tendance. En tout cas, dès l'année 2017, c'est-à-dire dans quelques mois, l'ensemble des plastiques, quelles que soient leurs caractéristiques, souples ou pas, y compris avec des résidus, pourront être mis dans la poubelle jaune. Cela simplifiera les consignes de tri. Or, je suis tout à fait d'accord avec vous : pour réussir une politique de tri, il faut à la fois de la simplicité dans le geste de tri, de la proximité pour que cela se fasse près de chez soi et de la visibilité pour que l'on y pense régulièrement. C'est tout à fait dans cet objectif que se situe l'expérimentation de "TRILIB", une expérimentation dont l'objet est de savoir comment cela fonctionne dans des quartiers de caractères différents pour pouvoir la généraliser le plus rapidement et le plus efficacement possible. De ce point de vue, nous nous retrouvons. Une précision pour finir, sur la question des bennes. Je vous sais, comme nous tous, très sensible à l'équilibre des comptes de la Ville de Paris et des finances de la Ville de Paris. La Maire de Paris a pris une décision extrêmement ferme et extrêmement claire en début de mandat : plus aucun matériel roulant diesel ne pourra être acheté. Nous l'avons donc immédiatement mis en application à la D.P.E. y compris pour la collecte des ordures ménagères. Cela a nécessité, vous le savez, à la fois un lobbying intense vis-à-vis des constructeurs, mais aussi une alliance avec les grandes villes européennes pour faire avancer rapidement les constructeurs. Nous avons bon espoir que des choses se développent. En tout cas, nous n'avons plus acheté aucune benne de ce type ; nous ne le ferons plus. Néanmoins, permettez qu'il nous faille une mandature pour renouveler l'ensemble de notre parc de bennes. En tout cas, je me réjouis que nous puissions voter unanimement - j'en suis certain - ce projet de délibération.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci pour cette belle unanimité pour l'instant. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPE 39. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2016, DPE 39). Unanimité donc. Je vous remercie.