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Mai 2016
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Vœu déposé par le groupe les Républicains relatif aux conséquences des manifestations sur la place de la Nation.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le v?u référencé n° 49, déposé par le groupe les Républicains, est relatif aux conséquences des manifestations sur la place de la Nation. La parole est à Mme Valérie MONTANDON, pour deux minutes.

Mme Valérie MONTANDON. - Merci, Monsieur le Maire. Des dégradations et des violences récurrentes ont eu lieu lors des manifestations du 9 mars dernier, du 31 mars, du 9 avril, du 28 avril et du 1er mai à la place de la Nation. Des affrontements violents ont duré plusieurs heures, avec notamment des jets de pierres, de pavés et de bouteilles. Les façades des commerces et des immeubles ont été dégradées et les commerçants, leurs employés et les riverains, souvent en état de choc, ont dû se barricader. Les jours de manifestation, les commerces de la place Nation, mais aussi des rues adjacentes rencontrent de grandes difficultés pour travailler et la fréquentation de leur clientèle et leur chiffre d'affaires ont été durement impactés. Mes chers collègues, manifester est un droit incontestable et les actes de dégradation et de violence doivent être inlassablement et fermement condamnés. Ceci est une évidence, mais l'objet de ce v?u est de permettre une accalmie, un répit pour les commerçants et les riverains. La grande majorité des manifestations à caractère social ont leur itinéraire qui se termine ou débute à la place de la Nation. Les riverains et les commerçants du quartier de la place Nation ont le droit, Monsieur le Maire et Monsieur le Préfet, d'avoir du répit et il nous apparaît juste et urgent de rééquilibrer les parcours des manifestations et d'aider les commerçants à compenser leurs pertes d'activité. Pour ces raisons, avec mes collègues Christian SAINT-ETIENNE, Atanase PÉRIFAN et Nathalie FANFANT, nous vous demandons, Monsieur le Maire, de saisir le Préfet de police sur la nécessité de varier les itinéraires des manifestations, afin que la place de la Nation soit moins sollicitée et de mettre en place un fonds d'indemnisation pour les commerçants impactés, afin de compenser leur perte d'activité. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Monsieur le Préfet de police ?

M. LE PRÉFET DE POLICE. - Je rappelle simplement ce que vous savez, Madame la Conseillère, les manifestations et celles à caractère revendicatif en particulier, ne sont pas soumises à autorisation mais à simple déclaration, et l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, se borne à recommander des changements d'itinéraires si ceux-ci présentent des difficultés au regard de l'ordre, de la sécurité ou de la tranquillité publique. Dans ce contexte et dans ce cadre légal limité, bien évidemment, l'objectif des services de la Préfecture de police est de conseiller et d'accompagner le choix des organisateurs qui déclarent une manifestation sur les itinéraires les plus adaptés, et sans pour autant concentrer les manifestations exclusivement sur le site de la Nation. Je constate d'ailleurs que depuis plusieurs semaines, les manifestations se sont, pour un grand nombre d'entre elles, déroulées plutôt sur la rive gauche, avec une certaine fréquence d'itinéraires se rapprochant de l'Assemblée nationale ou de Matignon. En conclusion, cela dépend aussi un peu des circonstances. Incontestablement, les grandes places, comme la République, la Nation, la Bastille, ou Denfert-Rochereau, voire la place d'Italie, constituent des sites privilégiés d'arrivée ou de départ des cortèges au regard de leur symbolique, et compte tenu de leur capacité d'accueil, et du fait que le plus souvent, on y accède par des avenues relativement larges qui permettent le déroulé normal d'une manifestation d'une certaine ampleur. Ce sont toutes ces raisons qui doivent être prises en compte au moment où s'apprécie la déclaration déposée en Préfecture, et lors de la négociation éventuelle qui peut être conduite avec les organisateurs.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Madame Colombe BROSSEL ?

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Un mot rapide sur ce v?u. J'émettrai un avis défavorable, pour deux raisons. D'abord, parce que M. le Préfet a eu l'occasion de le dire et force est de le constater, il suffit de regarder le parcours d'un certain nombre de manifestations depuis quelques semaines, il y a évidemment une volonté de diversifier les parcours en fonction de ce que vient d'exposer M. le Préfet. Et donc, il n'était pas besoin de produire ce v?u en Conseil de Paris pour se rendre compte de cela. Deuxième sujet, répéter, car je crois que cela a été évoqué en Conseil du 12e arrondissement, qu'en dehors des manifestations revendicatives qui sont du ressort de la Préfecture de police, la Ville autorise peu de manifestations festives à Nation. Et puis, sur la question de l?indemnisation des commerçants, il n?y a pas eu d?arrêté préfectoral demandant leur fermeture et il ne peut donc pas s?agir du ressort de la Ville de Paris, mais plutôt des assureurs. Et je sais l?implication de la maire du 12e arrondissement pour accompagner l?ensemble des commerçants présents. Pour toutes ces raisons, j?y apporterai un avis défavorable.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe les Républicains, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est repoussée.