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Mars 1998
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Conseil Municipal
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17- 1998, DFAECG 28 - Créations, suppressions d'emplois et répartition par grade de certains corps dans les services municipaux de la Ville de Paris au titre de 1998.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 1998



M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons au projet de délibération DFAECG 28 relatif aux créations et suppressions d'emplois.
M. MORELL a la parole.
M. Alain MORELL. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, le débat budgétaire inclut de fait cette délibération sur les créations et suppressions d'emplois et leur répartition.
Au-delà de votre exposé des motifs, plein d'autosatisfaction et de présentation en trompe-l'oeil, cette délibération souligne une réalité bien différente de votre discours complaisant. Derrière votre argumentation purement idéologique sur la réduction budgétaire et sur la productivité du personnel apparaît un véritable archaïsme de gestion. Il montre qu'il n'y a en tout cas pas de productivité de votre pensée et l'amendement déposé aujourd'hui par l'U.D.F. le souligne avec cynisme, avec inconvenance aussi. La conception que vous avez est peu respectueuse des personnels de la Ville.
Si vous me permettez, par rapport à cette gestion, une comparaison plutôt familiale et un peu familière, je dirai qu'il ne s'agit pas d'une maison bien tenue, mais d'un entretien " pour la vue ", comme l'on dit, c'est-à-dire superficiel, inefficace et où tout reste à faire avec beaucoup plus de sérieux.
Je m'explique.
Hormis les prestations obligatoires du Département, également quelques services bien visibles, comme les parcs et jardins, et enfin certains rattrapages et ajustements qui résultent d'un début de respect, très tardif, trop tardif, de la loi P.M.L., globalement les effectifs baissent et l'on arrive à ce paradoxe un petit peu désolant qu'avec un personnel compétent, riche de très nombreux savoir-faire et métiers, avec des hauts fonctionnaires de très bon niveau, eh bien ! Malgré tout cela, Paris apparaît comme une ville à l'administration dépassée, comme une armée paralysée, comme une collectivité qui ne progresse pas.
Or, c'est à l'abri de cet archaïsme des structures que prospère généralement l'opacité et souvent à l'ombre de cette opacité que s'épanouit le clientélisme. Les mécanismes d'attribution des subventions, on l'a vu, leur circuit administratif inefficace qui passe par les dédales invraisemblables de votre cabinet indécemment pléthorique, tout cela illustre bien la désuétude de vos conceptions pour administrer une ville comme Paris, et enfin votre incapacité à en moderniser le fonctionnement avec souplesse.
Je précise encore : combien de réformes qui ont été préparées par les fonctionnaires les plus lucides et conscients sont mises en jachère ou au congélateur - c'est comme vous voulez - par le Maire, par son cabinet, ses adjoints, faute au fond de quoi ? De capacité à décider, à diriger, à administrer efficacement.
Il y a la réforme des directions, plus tacticienne qu'efficace.
Il y a la réforme de l'A.S.P.P. et de l'AGOSPAP sans cesse différée, de querelles de cabinets en contre-projets pour aboutir à la paralysie.
Il y a la répartition des tâches, donc des effectifs, entre les mairies d'arrondissement et l'Hôtel-de-Ville, qui est à peine bredouillée à cause de votre incapacité structurelle à concevoir une administration plus démocratique, plus moderne, plus proche des gens.
Il y a le manque de personnel pour de nombreux services nouveaux aux Parisiens, à cause de la lourdeur de votre management et de votre incapacité politique à vous adapter dans la réalité - je veux dire au-delà des discours plaqués - aux besoins nouveaux des Parisiens.
Il y a également vos tergiversations pour, finalement, ne pas prendre en compte actuellement, concrètement ni une résorption volontariste de l'emploi précaire ni l'aménagement - réduction du temps de travail d'une manière intelligente et négociée car, dans ce cas-là, on peut en même temps améliorer le service aux Parisiens et la vie des personnels.
De grandes villes savent le faire, en particulier les villes de gauche mais, pour vous être agréable, je ne vais citer que Bordeaux, Bordeaux qui est gérée par un éminent ancien élu parisien qui, lui, met en oeuvre ce dossier.
Tout cela montre à quel point Paris aurait besoin d'intelligence économique et administrative pour utiliser l'argent public avec plus d'efficacité, plus d'adaptation aux besoins de notre époque et des Parisiens.
Il est clair que vous et votre majorité, vous n'y parvenez pas. Pour l'instant, les Parisiens attendent, les personnels attendent et sont désorientés, ce qui n'est pas bon, ce qui est mauvais pour Paris, pour ses habitants, mais également pour le rayonnement de notre Capitale.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur.
La parole est à M. DESTREM pour répondre à l'orateur.
M. Alain DESTREM, adjoint, au nom de la 2e Commission. - Monsieur le Maire, M. MORELL tient parfois des propos que je ne m'explique pas bien.
Je ne peux pas laisser dire que nous ne sommes pas à l'écoute des personnels, car ceci serait en complète contradiction avec les relations que nous avons nouées tant avec les organisations syndicales qu'avec l'ensemble des directions municipales.
La deuxième remarque, c'est que je ne peux pas accepter non plus que M. MORELL dise que (je cite) : " l'administration serait dépassée... ".
M. le Secrétaire général de la Ville, responsable de l'administration parisienne, qui travaille avec moi régulièrement, ne pourrait concevoir que je laisse dire que " son administration est dépassée "...
Notre administration parisienne me paraît être un modèle. Il suffit de voir le nombre des personnels d'autres collectivités locales qui nous sollicitent pour venir travailler à la Ville de Paris.
Nous offrons à la Ville, à travers 150 métiers, la possibilité d'évoluer et, comme cela a été dit cet après-midi par Jean-Marc BOULENGER de HAUTECLOCQUE, nous sommes parmi les premiers employeurs parisiens.
Par ailleurs, en matière de formation, chaque employé qui entre à la Ville bénéficie d'un " guide de formation " l'aidant à évoluer au sein de la Ville, dans le cadre de ces 150 métiers.
Monsieur MORELL, ce que nous souhaitons avant tout, c'est avoir le sens de la gestion des affaires publiques.
Ce que nous essayons de faire dans le cadre de notre budget, c'est d'utiliser au mieux les compétences qui sont mises à disposition de la Ville.
Les évolutions budgétaires débattues aujourd'hui traduisent un souci de bonne gestion, un souci d'efficacité, un souci de productivité. Nous demandons à chaque directeur, sous l'autorité du Secrétaire général, de veiller à réfléchir à la productivité de ses services, avec tous ses collaborateurs, pour faire en sorte que nous puissions avoir les " bons agents aux bons endroits ".
Le Maire de Paris a été clair en ce domaine : politique de proximité prioritairement, proximité des citoyens dans les quartiers, dans les arrondissements. C'est là que doivent être déployée la plus grande partie de nos employés.
Dans le cadre de notre budget, au-delà de la réorganisation menée il y a deux ans, nous allons nous assurer dans les jours qui viennent, après délibération de la Commission d'appel d'offres, les services d'un consultant extérieur qui va nous aider à réfléchir sur la répartition de nos effectifs par rapport aux orientations données par la majorité municipale.
Nous pourrons en tirer des propositions, qui seront d'ailleurs publiques, qui pourront être données à l'ensemble du Conseil de Paris afin de mieux optimiser notre organisation, de faire en sorte que les effectifs soient bien " en phase " avec la politique que nous souhaitons mener, de veiller, enfin, à rester dans une limite de dépenses salariales étudiées et justifiées.
En effet, 8 milliards de francs de masse salariale, c'est tout de même une masse non négligeable. Nous n'avons pas le droit de ne pas nous poser des questions sur son niveau et son évolution dans le temps.
Je dirai, enfin, que quelles que soient les orientations budgétaires que nous arrêtons sous l'autorité de M. Jean-François LEGARET, nous avons de nombreuses obligations qui dépendent de l'Etat, que ce soit le G.V.T., les accords dans la Fonction publique, la résorption de l'emploi précaire. Je rappelle, d'ailleurs, que ce n'est pas là une obligation, mais une simple faculté.
En conclusion, je me dois de souligner, au-delà du nombre de suppression nette d'emplois, environ 127 agents à la fin de l'année en moins à rapporter aux 37.000 emplois existant à la Ville, Monsieur MORELL, la volonté que nous avons de satisfaire au fonctionnement de nouveaux services. Nous avons parlé en 2e Commission, soit des crèches, soit de nouveaux établissements scolaires, soit des établissements de proximité qui nécessitent, bien entendu, à partir du moment où ils sont construits, des personnels affectés pour les faire vivre. C'est ainsi que, malgré des contraintes importantes, nous avons près de 300 emplois nouveaux cette année, sans compter l'emploi précaire.
Je dois dire que la gestion de la Ville, dans l'état actuel de notre connaissance de celle-ci, des travaux que nous menons en concertation avec les directeurs et les organisations syndicales, nous fait estimer que la gestion de l'ensemble des personnels de la Ville, sous l'autorité du Secrétaire général et sous l'autorité de l'adjoint aux Personnels, est une bonne gestion. Tous les personnels de la Ville ne peuvent que s'en féliciter.
C'est en tout cas ce que je sais et ce que j'entends. Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ").
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Merci, Monsieur DESTREM.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFAECG 28.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, les groupes socialiste et apparentés, communiste, du Mouvement des citoyens, des Indépendants, Mmes BILLARD, SCHERER, SILHOUETTE, MM. BLET et MESMIN ayant voté contre, Mme SCHNEITER et M. REVEAU s'étant abstenus. (1998, DFAECG 28).