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Mars 1998
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Conseil Municipal
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5- Evocation des élections régionales.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 1998



M. Bertrand DELANOË. - Monsieur le Maire, je souhaite faire un rappel au règlement sur l'ordre du jour puisque se tient, aujourd'hui, en même temps que le Conseil de Paris, le Conseil régional, dont plusieurs membres du Conseil de Paris sont membres par ailleurs.
Je souhaiterais par ailleurs, si vous l'acceptez, faire quelques brefs commentaires sur l'interpellation des Parisiens à propos de cette actualité. Je souhaite le faire très brièvement, Monsieur le Maire...
(Protestations sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
... Si vous le refusez, je distribuerai ma déclaration aux élus et à la presse...
(Exclamations sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
J'en ai pour une seconde...
M. LE MAIRE DE PARIS. - N'en profitez pas pour détourner le débat. Sous cette réserve, vous avez brièvement la parole avant que nous ne passions au budget.
M. Bertrand DELANOË. - Monsieur le Maire, je vous demande la parole pour trois minutes pour commenter...
Mme Arlette BRAQUY. - Non ! Au nom de quoi ?
M. Bertrand DELANOË. - ... ce que les Parisiens nous disent à propos de la situation. Je vous demande de pouvoir le faire. Si vous le refusez, je distribuerai mon intervention...
Mme Arlette BRAQUY. - Distribuez !
M. Bertrand DELANOË. - Vous me permettez, Monsieur le Maire ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - Allez...
M. Bertrand DELANOË. - Bien.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, Paris ne peut rester indifférent à la question fondamentale que l'actualité politique pose à chacun, celle de l'avenir même des valeurs qui forgent l'identité de notre démocratie...
(Mouvements divers sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
Nous tous, représentants à égalité d'une cité universellement reconnue comme l'un des berceaux de l'idéal humaniste hérité des Lumières, nous avons le devoir de préserver l'image et le rang de Paris sur la scène nationale et internationale.
Oui, nous avons un devoir à l'égard de ces idéaux bafoués ces derniers jours, devoir à l'égard de l'Histoire aussi qui livre des enseignements que certains ont délibérément jetés à la poubelle de leurs pauvres ambitions !
Chaque année, le 25 août, nous honorons la mémoire de ceux qui, par leur courage physique et moral, ont contribué à ce que le Général de Gaulle puisse évoquer ici même...
(Vives protestations sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
Mme Arlette BRAQUY. - Pas vous ! Pas ça !
M. Jean-Philippe HUBIN. - Cela, c'est merveilleux ! François Mitterrand défend le Général de Gaulle !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, attendez... Nous répondrons aux propos de M. DELANOË, mais faisons-le dans le calme et la dignité.
Vous avez la parole.
M. Bertrand DELANOË. - Chaque année, le 25 août, nous honorons la mémoire de ceux qui, par leur courage physique et moral, ont contribué à ce que le Général de Gaulle puisse évoquer ici même, à l'Hôtel-de-Ville de Paris, ce " Paris outragé, mais (ce) Paris libéré "...
(Mouvements divers sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
Parmi eux, il y avait des représentants de la droite, qu'elle soit gaulliste ou démocrate chrétienne. Il y avait des représentants de la gauche, qu'elle soit socialiste ou communiste.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Chers collègues, Madame, Messieurs, laissez parler M. DELANOË, qui va être bref.
M. Bertrand DELANOË. - Je serai d'autant plus bref qu'on me laissera parler, Monsieur le Maire.
Je ne veux donner de leçon à personne, je rappelle des faits incontestables et nous ne cherchons à tirer aucun profit d'une situation qui heurte tant et tant de consciences, au-delà des clivages partisans.
Je souhaite simplement que tous les vrais républicains puissent aujourd'hui éviter à Paris la défaite morale, intellectuelle et démocratique qui s'est produite ailleurs.
Je garde d'ailleurs en mémoire un slogan récent qui voulait faire de notre Région le coeur exemplaire de la France.
Nos différences de projets sont légitimes et utiles à la démocratie mais ce qui est en cause, dans les circonstances présentes, c'est l'avenir même des valeurs républicaines dont je veux continuer de croire qu'elles nous sont communes.
Nous tous, ici, disposons d'un droit et d'un devoir égal à les défendre face aux héritiers du pétainisme revendiquant l'inégalité des races et les thèses négationnistes.
Ceux-ci n'innovent pas et ce sont leurs précurseurs que Georges Bernanos, qui n'est pas un penseur de gauche, apostrophait déjà avec force en disant : " Quand je vous vois tripoter une vérité de vos doigts agiles, de vos doigts d'escamoteurs, de vos doigts sacrilèges, disait Bernanos, je sais que vous profanez ".
Aujourd'hui, l'enjeu est là : s'opposer à toute nouvelle profanation de la vérité, du choix librement exprimé par le suffrage universel et des valeurs hors desquelles le pacte républicain sombrerait au profit de l'ombre surgie de couloirs sordides.
Cet après-midi, la Capitale de la France, le Paris républicain qu'il soit de droite ou de gauche n'a pas le droit de manquer son rendez-vous avec la démocratie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. MALBERG.
M. Henri MALBERG. - Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs, je ne vois pas de raison qu'on ne puisse, pendant trois minutes, s'exprimer dans la sérénité, et aux personnes qui seraient tentées de m'interrompre, d'une façon que je ne qualifierai pas, je voudrais dire qu'ils se retournent avant et qu'ils regardent les huit noms d'élus, morts pour la France, qui sont inscrits ici.
Mme Arlette BRAQUY. - Il y en a 85 millions ailleurs !
M. Henri MALBERG. - Il n'y a pas que les communistes qui soient morts pour la France, évidemment, mais s'ils veulent être injurieux, qu'ils pensent à ces huit noms et qu'ils me donnent trois minutes, s'il vous plaît, pour m'exprimer.
M. Marc-Henri CASSAGNE. - Les murs de cette salle ne sont pas assez grands pour porter les noms des 85 millions de morts du communisme.
Mme Arlette BRAQUY. - Et cela ne vous gêne pas ! C'est trop facile !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame, s'il vous plaît.
Monsieur MALBERG, si vous voulez intervenir, faites-le maintenant.
M. Henri MALBERG. - Je ne veux me livrer à aucune polémique ni à des procès d'intention. Les enjeux sont graves et ils concernent ce qu'il y a de plus profond dans l'engagement de nombre d'entre nous.
Je veux exprimer une tristesse profonde et, quelque part, de la colère devant les événements politiques que le pays a connu ces derniers jours.
J'ajoute aux raisons du groupe politique auquel j'appartiens, des raisons qui tiennent à mon histoire personnelle.
Les pires idées viennent, pour la première fois depuis Vichy et Hitler, de retrouver une respectabilité.
Une digue a cédé. Celle qui, depuis la Résistance et la Libération, considérait que l'extrême droite, héritière du vichysme et des ligues factieuses de 1934, celle qui considérait que le racisme, l'antisémitisme, la haine de la démocratie et de l'autre ne faisaient pas partie de l'acceptable ou même du fréquentable.
Un interdit porteur d'une grande moralité civique et politique a cédé.
Cette digue n'a pas cédé parce que le pays aurait fléchi, se serait rallié à l'idéologie de la haine, mais du fait de ce que les commentateurs ont appelé des lâchetés, des trahisons, de la tricherie, la recherche d'avantages au détriment de ce qu'il y a d'essentiel, le bien public.
Des hommes et des femmes ont pris le risque insensé de faire du Front national l'un des pivots d'une recomposition politique. Evidemment, cela a coûté des régions à la gauche. Mais le pire, c'est que la démocratie elle-même, le suffrage universel, la volonté de la majorité des Français se trouvent bafoués et que la France se renvoie cette image à elle-même.
Je ne pense pas que la place de la France en Europe et dans le monde, la qualité de ses relations économiques et politiques, son rayonnement en sortent grandis.
D'ailleurs, ce ne sont pas seulement les électrices et les électeurs de gauche qui sont humiliés, méprisés. Ce sont tous les citoyens, ceux qui se sont abstenus sans connaître cet enjeu et ceux qui ont voté à droite à partir d'engagements répétés de leurs candidats qu'ils refuseraient toute alliance avec le Front national.
Evidemment, tout cela appelle beaucoup de réflexions sur la vie politique, sur le besoin de répondre aux attentes du pays.
Il faut maintenant un sursaut de la société elle-même. Il faut un sursaut auquel la gauche et la formation à laquelle j'appartiens s'efforceront d'apporter le meilleur d'eux-mêmes, mais pas seulement eux.
Pour conclure, je voudrais remarquer que ce n'est pas la première fois que de telles menaces apparaissent et je suis convaincu que la République, cette fois encore, sera plus forte que l'affront.
Mes derniers mots : je n'imagine même pas que le mal déjà fait puisse s'étendre aujourd'hui ailleurs ou chez nous.
Mme Arlette BRAQUY. - Ah oui, parce que sans vous... !
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. SARRE.
M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement des citoyens, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, chers collègues, nous vivons des jours difficiles et c'est pourquoi il faut s'exprimer sur le fond, en y mettant toutes ses convictions en faveur de la République.
Mes chers collègues, en acceptant de faire élire 5 présidents de région grâce aux voix du Front national, des élus régionaux de droite viennent de commettre une lourde erreur, une erreur historique qui va à la fois contre l'intérêt de la République et contre l'intérêt de la droite républicaine.
Je suis de ceux qui se réjouissent de l'attitude ferme du Président de la République, M. CHIRAC.
Je suis de ceux qui se réjouissent des déclarations faites par M. Philippe SEGUIN et dirigeants du R.P.R.
C'est cette clarté qui fait que les candidats du R.P.R. aux présidences de régions ont résisté à la tentation de pactiser avec un parti dont l'anti-gaullisme viscéral remonte à Vichy et à l'O.A.S.
(Mouvements divers sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ").
Mais je constate aussi que l'U.D.F., les voix qui se sont élevées pour refuser cet accord n'ont pas été entendues. Je voudrais toutefois souligner l'attitude claire et courageuse, républicaine de M. HUMBERT en Franche-Comté qui n'a pas hésité à démissionner puisqu'il était élu avec les voix du Front national !
M. Jean-Philippe HUBIN. - Il faut voter pour lui !
M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement des citoyens, maire du 11e arrondissement. - C'est donc pour ces élus une véritable capitulation. Et je voudrais dire que si certains ne réalisent pas que le Front national est un parti fondamentalement antirépublicain, c'est une coupable cécité politique !
Comme l'ont demandé également Raymond BARRE et François BAYROU, il faut que les Présidents qui ont été élus grâce aux voix du Front national démissionnent !
(Mouvements divers sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ").
Au nom du Mouvement des citoyens, je m'associe à ces demandes. Et je souhaite vivement que retrouvant dignité et sens de la République, ces élus fourvoyés démissionnent dans les prochaines heures. Il est indigne de garder un siège dans ces conditions-là !
(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement des citoyens, socialiste et communiste).
On peut espérer qu'aujourd'hui, en Région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, la dernière partie du piège tendu par le Front national ne se refermera pas sur elle, et qu'il ne trouvera pas une voix R.P.R. ou U.D.F. pour voter Jean-Marie LE PEN.
M. Jacques TOUBON, maire du 13e arrondissement. - M. BLISKO est élu par le Front national !
M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement des citoyens, maire du 11e arrondissement. - Le mal est fait car ces alliances, il faut le préciser, ne consistent pas simplement à permettre au Front national d'obtenir un strapontin dans les exécutifs régionaux. Non, il s'agit d'un accord sur un programme avec des conditions précisées et mises par le Front national dont ce respect de l'entité régionale, je cite, qui pourra justifier demain tous les dérapages antirépublicains.
J'en appelle, pour conclure, mes chers collègues, à celles et ceux qui vont se réunir cet après-midi pour qu'en Ile-de-France il n'y ait pas de déviation, qu'il n'y ait pas d'errements, de dérapage, et que le vote des électrices et des électeurs quels qu'ils soient, soit respecté.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement des citoyens, socialiste et communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur ROMANI, vous avez la parole, au nom du groupe " Rassemblement pour Paris ".
M. Roger ROMANI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.
Nous avons été ce matin véritablement stupéfaits par l'intervention de nos collègues présidents des groupes de gauche. Ils sont mal placés pour nous donner des leçons, eux qui ont soutenu l'ancien Chef de l'Etat qui, dès 1983, a tout fait pour faire la promotion du Front national au moment décisif.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
Je dois dire qu'il avait commencé bien tôt. Puisque le nom du Général de Gaulle a été prononcé, je rappelle à nos collègues que François Mitterrand avait bénéficié des voix du candidat Tixier-Vignancourt en son temps.
Je rappelle également qu'il a été évoqué le piège tendu à la droite républicaine par M. LE PEN. Je rappelle que M. HOLLANDE et les amis des collègues présents ont tout fait, pendant ces journées, pour mettre ce piège en exergue et aider à ce qu'il fonctionne bien.
M. Claude ESTIER. - C'est honteux, Monsieur ROMANI !
M. Roger ROMANI, adjoint. - Ce qui est honteux, mon cher collègue, c'est de donner des leçons de morale aujourd'hui, alors qu'en 1997 plusieurs députés socialistes ont été élus grâce au maintien du Front national dans les triangulaires voire leurs voix dans les duels où ils ont demandé aux électeurs du Front national de voter socialiste.
Je dois dire véritablement que leur morale est évolutive et qu'elle ne se révèle que lorsque leurs intérêts électoraux sont en cause.
Pour ce qui nous concerne, je dois le dire avec une certaine solennité : le groupe que je préside, Monsieur le Maire, tient à rappeler que la Capitale de la France est Compagnon de la Libération, que nous, à Paris, nous ne nous sommes jamais compromis avec le Front national, ce qui n'est pas le cas de la gauche en province et à Paris.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
Et qu'à partir de là, fidèles à nos convictions, fidèles à nos dirigeants, fidèles à l'idéal républicain qui nous anime, fidèles à la Capitale de la France républicaine, les élus R.P.R. souhaitent et feront en sorte qu'il n'y ait pas de compromissions car nous nous n'en avons jamais voulu avec le Front national, mais je rappelle que ce n'est pas votre cas, Messieurs, et que nous n'avons pas de leçon de morale à recevoir de vous !
(Vifs applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Monsieur DOMINATI, vous avez la parole, au nom du groupe " Paris-Libertés ".
M. Jacques DOMINATI, premier adjoint. - Monsieur le Président, je dis " Monsieur le Président " parce que je suppose que nous ne sommes pas réunis en formation de Conseil municipal compte tenu de l'ordre du jour et des débats. Je crois que la démocratie, c'est aussi le respect de certaines règles, et ce n'est pas forcément la pétaudière.
Je vais intervenir sur la forme et sur le fond.
Sur la forme, je considère que ce débat ne doit pas avoir lieu ici, avec de grands textes préparés à l'avance, très grandiloquents avec lesquels on veut troubler purement et simplement le déroulement de cette Assemblée qui est une assemblée municipale.
Donc, sur la forme, je le dis aujourd'hui, comme je le dis depuis si longtemps, il y a une procédure à respecter, et si on est réuni en Conseil municipal, on doit se conduire en Conseil municipal, ce que hélas nous ne faisons jamais, et c'est ce qui, dans l'esprit des Parisiens, nous porte tort.
Sur le fond, c'est une erreur sur le plan démocratique d'avoir engagé, ici ce débat.
Sur le fond, oui la démocratie est en danger, parce que lorsqu'il y a 3,5 millions de personnes qui votent pour un parti que nous avons dénoncé comme étant raciste, xénophobe et antisémite, effectivement, la démocratie est en danger.
La question que nous devons nous poser est de savoir exactement quelles sont nos responsabilités aux uns et aux autres. Ce n'est pas à la suite d'une séance, comme nous le faisons, où les invectives prennent la place des réflexions, que l'on peut réellement faire quelque chose. Vous êtes en train de mettre de l'huile sur le feu et tout se passe exactement comme si vous souhaitiez que demain, dans ce pays, il y ait face à face le Front national et vous.
Je vous dis que c'est une affaire dangereuse. Si la démocratie est en danger c'est parce que vous la mettez en danger. Dans ces conditions, je crois, Monsieur le Maire, que vous avez eu tort d'ouvrir ce débat.
J'affirme ici qu'aucune voix de notre groupe n'ira, ni aujourd'hui, ni demain, rejoindre des voix ou des accords avec le Front national.
Que l'on cesse de nous faire des procès. Moi je ne fais de procès à personne. Je tiens à vous faire savoir que s'il faut ouvrir les dossiers de l'histoire on les ouvrira ensemble.
Je vous remercie, Monsieur le Maire. Je voudrais qu'on passe à l'ordre du jour.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Le débat est clos. J'ai voulu, dans un esprit d'ouverture, en tant que libéral, donner la parole aux représentants des groupes qui souhaitaient s'exprimer. Ce n'est pas un sujet qui est à l'ordre du jour, même si c'est un sujet grave et difficile.
Est-ce qu'il y a un autre représentant d'un groupe qui souhaite s'exprimer ?
Il n'y en a pas ? Le débat est clos.
Je voudrais dire deux mots : reprenant les observations des représentants des groupes de la majorité, je voudrais dire qu'il va de soi - était-il besoin de le demander ou de vouloir l'exprimer - que ceux qui sont ici les représentants élus démocratiquement, et qui représentent le suffrage universel, qui ont toujours été attachés à une certaine conception de la liberté, et de la démocratie, ne puissent envisager un seul instant de s'allier avec ceux qui ont pris les positions que rappelait tout à l'heure M. DOMINATI. Certainement pas !
D'ailleurs, ici je rappelle que les dirigeants principaux des mouvements - de cette opposition nationale et de cette majorité municipale - ont été d'une clarté sans ambiguïté. Nous les soutenons, nous les approuvons.
Je crois que les choses sont claires. Comment peut-on imaginer qu'il en soit autrement pour nous à Paris, cela a été rappelé notamment par M. Roger ROMANI, fidèles au Général de Gaulle ?
Il n'en est pas question. Il y a des choses qui ne peuvent pas s'imaginer sur le plan politique et aussi sur le plan moral.
Il est vrai qu'il y a des électeurs auxquels nous devons nous adresser pour leur dire un certain nombre de choses.
Pour le reste, et sans vouloir engager une polémique, ce qui est tout de même assez irritant, venant de la part de vos amis, c'est que vous vouliez donner des leçons de morale.
Nous n'accepterons jamais ces alliances, je viens de le rappeler. Cela vous arrange parce qu'ainsi vous pouvez gagner des majorités, donc vous êtes des alliés objectifs du Front national.
Vous savez, Monsieur CAMBADELIS, le Front national n'existait pas avant 1981.
M. Jean-Christophe CAMBADELIS. - Ah non ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - Il avait 1 % aux élections, Monsieur CAMBADELIS.
Il y a une exception, c'était en 1965, lorsque M. Tixier-Vignancourt avait eu 5 %. Qu'avait-il dit et fait en 1965 avec ses 5 % ? Il avait demandé de voter pour qui ? Et contre qui ? Contre le Général de Gaulle. Alors un peu de pudeur !... C'est ma première observation.
Deuxième observation : en 1997, chacun sait que la majorité que vous avez remportée était en très grande partie due à la concordance objective avec le Front national qui, dans certaines circonscriptions, s'est maintenu.
C'est grâce à cela que vous avez été au pouvoir. C'est grâce aux actions diverses en faveur du Front national.
Lorsqu'on dit que le Front national demande de voter pour vous et certains élus, est-ce qu'il y a eu des réactions à propos de ces élections ? Non.
Est-ce que vous vous êtes élevés, au nom de la morale, pour les condamner. Pas un mot !
Nous, nous sommes fermes et déterminés dans l'esprit de la République, mais pas vous, et pas cela !
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").