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Octobre 1996
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34 - 1996, D. 1490 - Subvention au théâtre de la Main-d'Or (11e)

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 1996


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération D. 1490 portant attribution d'une subvention au théâtre de la Main-d'Or. (11e).
La parole est à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, je tiens à vous féliciter pour ce projet de délibération...
(Exclamations sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
... mais c'est surtout à Mme MACÉ de LÉPINAY que j'adresse mes plus sincères félicitations...
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
... voilà un théâtre qui a des difficultés financières importantes, qui a été mis sous le contrôle d'un administrateur judiciaire ; la Ville, consciente que le théâtre de la Main-d'Or présente un travail d'un intérêt certain, a décidé de lui accorder son soutien contre vents et marées. Je ne peux que m'en réjouir. Malgré une faible fréquentation, 31 % en 1995, c'est-à-dire une moyenne de 76 spectateurs par représentation, soit 32.528 spectateurs pour 428 représentations - il y a deux salles - la Ville subventionne ce théâtre à hauteur de 400.000 F. Mme MACÉ de LÉPINAY mène courageusement le combat pour aider à la survie de la "Main d'Or", c'est très bien.
Mais je souhaiterais vivement connaître les raisons qui la poussent pour des situations identiques, à accorder sa grâce à tel théâtre plutôt qu'à tel autre. Pourquoi le théâtre de la Main d'Or et pourquoi pas le théâtre du Jardin ? Considère-t-elle 30.000 enfants - moyenne annuelle de jeunes spectateurs fréquentant le théâtre du Jardin - comme quantité négligeable ?...
(Exclamations sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Mes chers collègues, Mme SCHNEITER seule a la parole.
Mme Laure SCHNEITER. -... ou juge-t-elle les spectacles de Jacques DOUAI et d'Ethéry PAGAVA comme des navets ? Le Cirque de Pékin, Maurice BEJART, MIRO, PREVERT.... autant de références à la renommée internationale, autant de spectacles applaudis par la critique, les enfants et leurs familles qui n'ont visiblement pas eu l'heur de lui plaire, à moins qu'elle n'en ait vu aucun ! Des personnalités modestes, comme le professeur SCHWARTZENBERG, M. Louis LEPRINCE-RINGUET, M. Marcel LANDOWSKI, auteur de la loi sur les activités périscolaires, et tant d'autres qui ne m'en voudront pas de ne pas les citer, ont apprécié le travail et les spectacles de Jacques DOUAI et d'Ethéry PAGAVA. Des soutiens prestigieux mais insuffisants face à l'opinion personnelle de Mme MACÉ de LÉPINAY et de Mme de PANAFIEU.
La décision de supprimer les subventions de ce théâtre remonte à 1993, sans doute à cause d'informations inexactes, notamment sur le nombre de spectateurs.
Nous savons également dans quel état lamentable M. USÉ, l'ancien directeur du concessionnaire L.V.M.H., a laissé le Jardin. Le groupe L.V.M.H. le reconnaît lui-même, maintenant.
Nous savons aussi que le comité de surveillance du Jardin, sous la responsabilité de la Ville, qui devait se réunir chaque année, ne l'a pas été depuis 1986, et en tout cas pas jusqu'en 1995.
Les bruits les plus faux et les plus fous continuent à circuler sur les dettes du théâtre alors qu'il suffirait d'une subvention minimum de 900.000 F par an, celle de 1992 était de 1.200.000 F...
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Madame SCHNEITER, s'il vous plaît.
Mme Laure SCHNEITER. - J'ai presque terminé.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je crois devoir vous rappeler que vous étiez partie d'une subvention au théâtre de la Main-d'Or.
Mme Laure SCHNEITER. - Je fais des comparaisons entre deux théâtres et je demande des explications. J'en ai presque terminé.
Je disais donc qu'il suffirait d'une subvention de 900.000 F par an à la fois pour offrir et faire participer, chaque année, 30.000 enfants, souvent de milieux modestes, à des spectacles de qualité et étaler le remboursement des dettes sur quatre ans.
Je ne comprends pas cet acharnement à faire disparaître ce théâtre "pas comme les autres", unique à Paris dans son genre et par ses prix, à l'heure où l'on parle d'expérimenter de nouveaux rythmes scolaires. Mme MACÉ de LÉPINAY préfère sans doute des théâtres plus sophistiqués, des opérations du style Planète Magique, spectacle si brillamment orchestré par Mme de PANAFIEU...
(Protestations sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
... qui n'a rien apporté à personne.
La Planète Magique a fait perdre à la Ville sa caution de 180 millions de francs, de quoi subventionner le théâtre du Jardin pendant 130 ans !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Madame SCHNEITER, je crois que nos collègues sont en train de vous signifier avec patience et bienveillance que vous êtes en train de vous livrer à un détournement de procédure. Vous êtes inscrite sur une délibération et vous nous exposez un tout autre problème.
Je vais donner la parole à Mme MACÉ de LÉPINAY qui va vous répondre.
Mme Laure SCHNEITER. - Est-ce que je peux poser ma question ? Je voudrais savoir...
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Mme MACÉ de LÉPINAY pour répondre à Mme SCHNEITER a la parole et elle seule, s'il vous plaît !
Mme Laure SCHNEITER. -... au jeu du pile ou face des subventions, pourquoi le théâtre du Jardin a-t-il perdu ?
Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Madame SCHNEITER, je trouve que votre procédé est assez curieux. Effectivement, vous êtes inscrite sur le théâtre de la Main-d'Or, non pas du tout pour vous soucier du théâtre de la Main-d'Or mais pour parler d'un autre sujet, qui n'a aucun rapport.
Le théâtre de la Main-d'Or est un théâtre qui a connu, c'est vrai, de graves difficultés financières et qui, à la suite d'une mobilisation de l'Association pour le théâtre privé, de l'Etat et de la Ville, a adopté un plan de redressement.
La Ville s'est effectivement engagée à la suite du Tribunal de commerce, qui a prononcé la poursuite de l'exploitation de l'entreprise, elle s'est engagée à aider le théâtre de la Main-d'Or à reprendre son exploitation dans des conditions normales.
Ce plan de sauvetage a donc fait l'objet d'un large consensus en raison de l'importance de ce lieu dans le paysage du théâtre privé parisien. En effet, le théâtre de la Main-d'Or accueille de jeunes compagnies et peut constituer pour elles un véritable tremplin.
Le théâtre a présenté 13 spectacles en 1994 et 12 en 1995. Le nombre de représentations est en légère augmentation puisqu'il est passé de 423 à 428. Les chiffres de fréquentation que vous donnez sont à mettre en rapport avec la capacité des salles, 140 et 104 places.
Parmi les 13 spectacles présentés, deux étaient des productions du théâtre, quatre des coproductions et six des coréalisations. Dans le cadre des coproductions et des coréalisations, le partage des recettes entre le théâtre et la compagnie est de 50/50.
Voici pour le théâtre de la Main-d'Or, que nous continuerons de soutenir, avec l'Association pour le théâtre privé et avec l'Etat.
La situation du théâtre du Jardin est bien différente. Je suis tout à fait désolée que vous ayez abordé ce sujet, ce soir, puisqu'il n'était pas à l'ordre du jour.
La Ville de Paris a accordé effectivement des subventions très importantes au théâtre du Jardin de 1982 à 1993. De 1989 à 1992, une convention a été signée entre la Ville et le théâtre du Jardin prévoyant l'augmentation de la subvention de 600.000 F à 1.200.000 F en contrepartie d'un cahier des charges établi en commun accord.
Il se trouve que le théâtre du Jardin n'a pas respecté le cahier des charges, ni en termes artistiques, ni en termes administratifs.
Par ailleurs, il était impossible, compte tenu des éléments fournis par le théâtre du Jardin, d'apprécier la qualité de la gestion de l'association.
Enfin, l'association du théâtre du Jardin occupait depuis le 25 février 1993 ces locaux sans titre puisque son bail était venu à expiration. La Ville, en 1993, lui avait attribué une subvention de 450.000 F pour lui permettre de finir sa saison. Elle lui avait signifié que ce serait la dernière subvention.
Effectivement, la sous-concession lui a été renouvelée récemment mais sans que la Ville s'engage le moins du monde à soutenir ce théâtre, que l'Etat lui-même, à la suite d'une inspection de la direction du théâtre, a cessé de subventionner.
Le sujet n'était pas à l'ordre du jour. Je ne vous dis pas, Madame SCHNEITER, que d'ici la fin de l'année, un projet de délibération ne sera pas soumis à ce Conseil pour octroyer une subvention au théâtre du Jardin. En tout cas, ce n'était pas du tout l'objet de notre délibération d'aujourd'hui.
J'indique que le théâtre du Jardin a des dettes sociales considérables et qu'il doit prochainement passer au tribunal. Nous attendons, en tout état de cause, le jugement du tribunal.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je remercie Mme MACÉ de LÉPINAY.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération D. 1490.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, MM. DUMAIT, MESMIN et REVEAU s'étant abstenus. (1996, D. 1490).