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Octobre 1996
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Conseil Municipal
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88 - QOC 96-421 Question de MM. Alain DUMAIT, Georges MESMIN et Mme Benoîte TAFFIN, élus indépendants, à M. le Maire de Paris sur le bilan de l'exploitation des distributeurs et récupérateurs de seringues

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 1996


M. Paul AURELLI, adjoint, président. - La question suivante de MM. Alain DUMAIT, Georges MESMIN et Mme Benoîte TAFFIN à M. le Maire de Paris concerne le bilan de l'exploitation des distributeurs et récupérateurs de seringues.
En voici les termes :
"MM. Alain DUMAIT, Georges MESMIN et Mme Benoîte TAFFIN demandent à M. le Maire de Paris quel bilan peut être établi aujourd'hui quant à l'exploitation des distributeurs et récupérateurs de seringues installés sur la voie publique.
Ils souhaitent connaître en particulier le nombre et l'emplacement de ces appareils, le coût de leur mise en place et de leur exploitation ainsi que les problèmes éventuellement mis en évidence depuis le début de cette initiative."
Je vous donne la réponse au lieu et place de Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint.
L'installation des appareils de récupération et de distribution de seringues, constitue un des éléments de la politique de réduction des risques de propagation de l'infection due au V.I.H. et des hépatites parmi les utilisateurs de drogue par voie intraveineuse.
Préconisée par l'Etat dans sa circulaire du 16 octobre 1995, la diffusion de ces appareils sur le territoire de Paris, notamment dans les arrondissements les plus touchés par la toxicomanie, fait partie des engagements communs de l'Etat et du Département formalisés dans la récente convention sur la prévention, le dépistage, l'accompagnement social des personnes atteintes d'infection au V.I.H. et des usagers de drogue.
A l'heure actuelle, le dispositif en fonction à Paris, mis en place et géré par les associations, comporte 3 récupérateurs simples (coût unitaire 20.000 F) et 3 récupérateurs-échangeurs (coût unitaire 78.500 F) dont le premier exemple a été celui du 10e arrondissement, rue de Maubeuge, en service depuis le 1er décembre 1994.
La mise en place des 5 autres appareils s'est faite progressivement au cours de l'année 1995 et de l'année 1996.
L'installation de l'ensemble de ces appareils (aménagement du socle et établissement des connexions électriques) a été assurée par les services de la Ville de Paris pour un coût unitaire de 40.000 F.
La localisation de ces appareils est la suivante :
- les 3 récupérateurs sont situés respectivement 19, cours de Vincennes (20e), 76, rue Riquet (18e) et à l'angle des boulevards de Strasbourg et Saint-Denis (2e) ;
- les 2 récupérateurs-échangeurs, 104, rue Didot (14e) et 2, rue de Turbigo (1er). Je citerai pour mémoire le récupérateur-échangeur du boulevard Ney installé fin 1995 et récemment mis hors d'usage à la suite d'un acte de vandalisme - acte de vandalisme tout à fait isolé - et qui sera prochainement remplacé.
Il faut rappeler qu'à l'exception du récupérateur-échangeur du centre "Nova-Dona" financé par l'Etat, tous les autres appareils ont été acquis par l'association "Médecins du monde", promoteur du programme d'échange de seringues, qui en assure aussi la gestion.
Pour sa part, le Département a apporté son soutien à ce dispositif en prenant en charge la collecte et l'élimination des seringues usagées (coût de cette opération en 1995 : 400.000 F), mission qui sera poursuivie et amplifiée. En effet, suivant les termes de la circulaire précitée, le Département partagera à l'avenir avec l'Etat les frais d'exploitation et de maintenance des appareils de récupération et de distribution des seringues, tandis que l'Etat financera les prochaines acquisitions à 100 %.
Cette expérience est encore trop récente et partielle pour permettre de tirer des conclusions pertinentes qui vaudraient pour l'ensemble du territoire parisien.
Cependant certains enseignements peuvent être tirés de l'observation des statistiques fournies par les associations "Médecins du monde" et "Nova-Dona", dont il ressort que les usagers de drogue utilisent efficacement les dispositifs de prévention qui leur sont offerts.
Le nombre moyen de kits de prévention distribués par les appareils s'établit actuellement à 400 par mois environ avec des résultats très différents suivant les arrondissements considérés.
Par ailleurs, sur tous les récupérateurs-échangeurs observés, le taux de récupération de seringues usagées par rapport aux kits délivrés est élevé : 9 sur 10.
Cette observation qui tend à démontrer une modification des comportements des toxicomanes, vient corroborer le retournement de tendance dont le "Bulletin épidémiologique hebdomadaire" du 3 septembre 1996 s'est fait l'écho, celui d'une diminution progressive du nombre de nouveaux cas de S.I.D.A. chez les usagers de drogue en 1994 et 1995 par rapport à la hausse continue enregistrée depuis 1987.