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Octobre 1996
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27 - 1996, D. 1533 - Autorisation à M. le Maire de Paris de modifier le tarif d'entrée dans les lavatories de la voie publique

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 1996


M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Nous allons passer au tarif d'entrée des "lavatories", les toilettes.
La parole est à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Monsieur le Maire, la question des nécessités naturelles évoquée par cette délibération pose un problème de propreté et de salubrité publiques.
En effet, les édicules appropriés sont à Paris notoirement insuffisants, ni les lavatories de la Ville, ni les sanisettes Decaux ne sont à même de remplir cet office.
En effet les jeunes, les sans-abri et bien d'autres Parisiens s'y refusent obstinément, jugeant rédhibitoire le caractère payant d'un acte aussi naturel. Pour preuve, parcourez les abords des grandes gares parisiennes et leurs rues adjacentes, transformées en urinoirs à ciel ouvert.
Quelles sont, Monsieur le Maire, sur cette question, vos intentions ? Comptez-vous enfin remédier à ces nuisances qui empoisonnent la vie des riverains ?
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - La parole est à M. TUROMAN.
M. Michel TUROMAN. - Monsieur le Maire, ce projet nous propose d'augmenter les tarifs d'entrée dans les cabines des toilettes publiques tout en maintenant les tarifs pour les urinoirs.
Nous ne voterons pas ce projet ; c'est trop cher ! Pourquoi pas 5 F, 10 F ou 15 F pour compenser, comme il est dit dans le projet, le coût d'exploitation ?
Outre le prix, le nombre des toilettes publiques à Paris est totalement insuffisant.
Elles ont disparu au fur et à mesure des années.
L'homme, au sens générique du terme, a des besoins et il ne semble pas qu'ils soient différents d'il y a 10, 15 ou 20 ans !
Il faut donc, à notre avis, étendre le nombre des toilettes publiques de Paris et examiner leur implantation dans les stations de métro ainsi que dans les parcs et jardins de la Ville, qui en sont trop souvent dépourvues.
Si je regarde le quartier de l'Hôtel de Ville, il y a une toilette publique dans la station du métro Hôtel de Ville ; elle est ouverte de 9 h à 18 h, et après il n'y a plus rien, sauf si on connaît les toilettes des grands magasins alentours.
Quand aux sanisettes, elles sont souvent vandalisées et inutilisables. Il n'est pas rare qu'elles gardent la monnaie et refusent de s'ouvrir.
Accroître le nombre de toilettes publiques à Paris nécessite naturellement plus d'argent et des personnels. Il faut s'y employer. Quelques associations vous ont d'ailleurs écrit à ce sujet, Monsieur le Maire.
Dans votre réponse, vous indiquez transmettre aux services municipaux concernés leur demande. Manifestement, le projet que vous nous soumettez aujourd'hui n'y répond pas. C'est pourtant un réel besoin sanitaire qui peut avoir et qui a d'ailleurs des conséquences sur l'environnement.
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Monsieur TRÉMÈGE, pouvez-vous faire un geste ?
M. Patrick TRÉMÈGE, adjoint, au lieu et place de M. Bernard PLASAIT, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Monsieur le Maire, je suis un élu de terrain et j'apprécie beaucoup, sur un mémoire, de pouvoir répondre à un élu qui à l'évidence connaît bien son sujet. C'est le cas de M. TUROMAN.
Pour ma part, je n'ai pas fait le tour, comme vous, des horaires des différents lieux d'aisance autour de l'Hôtel de Ville.
Ceci étant dit, sur le fond, ce sujet n'appelle pas à sourire.
C'est un véritable sujet.
Monsieur TUROMAN, ça n'est pas insignifiant, cela coûte très cher à la Ville : 18 millions de francs pour une recette d'à peine 4 millions !
Il est clair qu'un effort de rattrapage est nécessaire ; nous avons choisi la méthode la moins lourde.
Sur le nombre, vous avez peut-être raison, je vais demander aux services techniques d'examiner des solutions techniques.
Cela étant, il ne faut pas oublier que la plupart de ce qu'il est convenu d'appeler, de façon populaire, les "pissotières" ont été enlevées du fait d'exactions sexuelles nombreuses.
C'est, par exemple, ce qu'il a fallu faire dans le 13e pour l'une des dernières installations à Paris.
En conclusion, nous allons examiner le nombre, Monsieur TUROMAN, mais en attendant, je demande à notre Assemblée de bien vouloir voter cette augmentation des tarifs de ce qu'il est convenu d'appeler les lavatories.
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération D. 1533.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, les groupes communiste, du Mouvement des citoyens, Mmes SILHOUETTE, BILLARD, SCHERER et M. BLET ayant voté contre, Mme SCHNEITER et M. REVEAU s'étant abstenus. (1996, D. 1533).