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Octobre 1996
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9 - Examen des questions d'actualité. I - Question d'actualité de Mme Laure SCHNEITER à M. le Maire de Paris relative à la conservation des deux aqueducs mis à jour sur la Z.A.C. "Alésia-Montsouris" (14e)

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 1996


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question de Mme SCHNEITER sur les aqueducs de la Z.A.C. "Alésia-Montsouris" à laquelle Mme COUDERC répondra. Je rappelle que l'ensemble doit faire cinq minutes, donc deux minutes et demie chacune.
Madame SCHNEITER, vous avez la parole.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, deux aqueducs ont été mis au jour sur la Z.A.C. "Alésia-Montsouris", un terrain appartenant à la collectivité et affecté à la R.A.T.P.
Un de ces aqueducs a été construit au IIe siècle lorsque Paris s'appelait Lutèce. L'autre, décidé par Henri IV porte le nom de Marie de Médicis. Avec le réservoir voisin de la Vanne, encore en activité, ils sont la mémoire de l'approvisionnement en eau à Paris depuis près de 2000 ans.
Lors de l'étude d'impact de la Z.A.C., l'existence de l'aqueduc gallo-romain était juste mentionnée, presque donnée comme une hypothèse. On ne parlait pas de l'aqueduc Médicis dont la R.A.T.P. est allée jusqu'à nier l'existence alors que, pourtant, elle se servait de ses galeries "fantômes" pour y circuler et entreposer des matériaux.
Des deux mètres de l'aqueduc gallo-romain qui devaient être conservés, vous avez décidé, Monsieur le Maire, de conserver 60 mètres de l'aqueduc Médicis et 40 mètres de l'aqueduc gallo-romain.
Le 15 octobre malgré un groupe de travail présidé par M. Michel FLEURY que vous aviez envoyé sur le site pour juger de l'état des aqueducs, la S.A.D.M. a sectionné une deuxième fois l'aqueduc de Lutèce et enlevé une partie de celui de Marie de Médicis.
Ces destructions ont été ressenties comme une provocation par de nombreux habitants du 14e.
Ils se sont réunis le 24 octobre dernier avec de nombreuses associations et vous demandent de préserver intégralement ces deux aqueducs qui sur la Z.A.C. représentent une longueur d'environ 300 mètres. Pourquoi ? Parce que valorisés et protégés ces tronçons très significatifs, en plein c?ur de Paris, pourraient devenir un site éducatif et archéologique de premier ordre. Vous ne pouvez les sacrifier pour des logements que vous pouvez construire à beaucoup d'autres endroits dans Paris. On peut aussi transformer des bureaux vides en logements.
Ces habitants et associations ont voté à l'unanimité, jeudi dernier, la motion suivante :
"Nous, habitants de Paris, réunis ce soir le 24 octobre 1996,
demandons pour nous et nos descendants, la préservation intégrale des deux aqueducs, de Lutèce et de Marie de Médicis, présents sur le site de la Z.A.C. "Alésia-Montsouris" dans le 14e.
Ce patrimoine historique montre comment, au cours des siècles, la Ville a été alimentée en eau et présente les techniques qui ont été utilisées. Il appartient à tous les citoyens. Nul ne doit pouvoir en disposer à sa guise, et moins encore, le détruire. Nous voulons mettre en valeur ces vestiges pour garder la mémoire de ceux qui nous ont précédés et qui ont ?uvré pour construire Paris".
Répondant à leurs sollicitations, Monsieur le Maire, je me fais leur interprète pour vous demander aujourd'hui, ainsi qu'à l'ensemble du Conseil de Paris, quelle position vous aurez vis-à-vis de ce v?u émis par les associations et habitants du 14e ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.
La parole est à Mme COUDERC.
Mme Anne-Marie COUDERC, adjoint. - Je vous remercie, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, l'intérêt historique de ces deux ouvrages n'a évidemment pas échappé à la Ville de Paris et notamment à vous, Monsieur le Maire.
La S.A.D.M., Société d'aménagement chargée de la réalisation de la Zone d'aménagement concerté "Alésia-Montsouris", a agi en étroite concertation et sous l'égide des services de l'Etat compétents en matière d'archéologie.
Dans son rapport, l'Inspection générale de l'archéologie préconise de conserver les deux aqueducs in situ sur une partie significative de leur tracé.
Lors de la visite que vous avez effectuée, Monsieur le Maire, sur le site, le 13 septembre dernier, vous avez demandé que soit constitué un groupe de travail comportant notamment, outre la société d'aménagement, des représentants du Ministère de la Culture, de la Commission du Vieux Paris, de la Ville de Paris et de l'Atelier parisien d'urbanisme. Le Ministre de la Culture a indiqué qu'il partageait cette démarche.
J'aimerais, à ce stade, indiquer que Mme SCHNEITER donne une information qui n'est pas exacte. Il n'y a pas eu, depuis votre visite, de section de l'aqueduc gallo-romain. En réalité, l'aqueduc gallo-romain a été sectionné en relation avec les services archéologiques et à leur demande pour pouvoir l'examiner et ceci a été effectué à la mi-juillet 1996 et non pas en septembre, comme le laisse supposer Mme SCHNEITER.
Donc, soyons clairs, c'est bien pour procéder à une étude de l'ouvrage que le service régional de l'archéologie avait demandé qu'il y ait une coupe de cet aqueduc. Ne continuons pas à accréditer des éléments qui sont inexacts.
La mission que vous avez assignée, Monsieur le Maire, à ce groupe de travail, est de proposer les mesures visant à assurer la préservation la plus large et la mise en valeur de ces vestiges dans le cadre de l'opération d'aménagement.
La réflexion s'est engagée selon une double approche :
- d'une part, sur la meilleure façon d'intégrer ces vestiges dans les espaces publics prévus dans le plan d'aménagement ;
- d'autre part, sur les possibilités de conserver la mémoire de ces ouvrages dans les espaces destinés à devenir privés.
La Ville de Paris veillera à ce que des conclusions précises interviennent rapidement, mais nous devons bien entendu laisser à ce groupe le temps de travailler de façon approfondie.
J'ajoute que, parallèlement à cette démarche et à la suite d'une reconnaissance photographique complémentaire effectuée par la Commission du Vieux Paris, les mesures conservatoires édictées par les services d'archéologie ont été mises en ?uvre afin d'assurer la protection de ces aqueducs.
Soyez assurée, Madame SCHNEITER, que les élus du 14e arrondissement et plus particulièrement leur Maire, M. ASSOUAD, comme par ailleurs Jacques TOUBON et l'ensemble de la majorité municipale, aux côtés du Maire de Paris, seront très vigilants sur les orientations qui ont été préalablement définies par le Maire.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame COUDERC.