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Juin 2016
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Conseil Municipal
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2016 DASES 249 G - Approbation du Plan parisien de l’insertion par l’emploi (P.P.I.E.) pour la période 2016 - 2020. Vœu déposé par le groupe les Républicains relatif à l'accueil et à l'accompagnement des Parisiens sans domicile stable dans le 15e arrondissement.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2016


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DASES 249 G et le v?u n° 51 G. Je vais donner successivement la parole à Marie ATALLAH, Jérôme GLEIZES, Claudine BOUYGUES, Sylvie CEYRAC, Danièle PREMEL, et votre intervention concerne l'approbation du Plan parisien de l'insertion par l'emploi dit P.P.I.E., pour 2016-2020. Marie ATALLAH, pour 5 minutes maximum.

Mme Marie ATALLAH. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, pour permettre l'accès à l'emploi pour tous, y compris les Parisiens les plus fragiles, le territoire parisien ne manque pas d'atouts, ce qui explique que la courbe du chômage parisien soit passée durablement sous les courbes nationales et régionales. Des atouts structurels mais aussi des politiques publiques efficaces que nous menons depuis 2001. Si ce constat est satisfaisant, il ne fait pas oublier une situation qui reste pour nous alarmante. En décembre 2015, à Paris, près de 300.000 demandeurs d'emploi étaient inscrits à Pôle Emploi, le chômage de longue durée touchait près de 26 % des personnes de plus de 50 ans. Cette situation est inquiétante et nous oblige à améliorer notre action. La plus-value de ce Plan parisien de l'insertion par l'emploi pour la période 2016-2020 qui nous est présenté aujourd'hui se trouve dans sa capacité à mobiliser toutes les ressources de notre territoire et d'organiser la coordination des actions et missions de tous les partenaires institutionnels et associatifs autour d'objectifs clairs, précis et chiffrés pour la majorité d'entre eux. Nous saluons donc l'effort effectué pour rendre plus lisible et mieux organisée et coordonnée notre action en faveur de l'accès à l'emploi à Paris. Nous saluons également l'approche adoptée dans l'élaboration de ce P.P.I.E., une réelle démarche participative et partenariale avec la nouveauté importante de faire participer les usagers eux-mêmes à l'élaboration des dispositifs qui les concernent. Ainsi, l'usager devient auteur et acteur du dispositif qui lui est destiné. Des orientations claires mais aussi des actions concrètes. Les 36 fiches actions présentées dans ce nouveau P.P.I.E. ne relèvent pas toutes d'une mise en ?uvre opérationnelle tournée vers les usagers. Nous constatons que certains objectifs relèvent d'une amélioration d'une organisation ou d'une coordination d'une action qui existe. Ainsi, nous trouvons que certains objectifs sont plus clairs, plus précis, chiffrés et qu?ils sont bien plus évaluables que d'autres. Il en va ainsi de l'axe n° 2 de ce plan qui vise à tendre vers un accompagnement personnalisé et mieux adapté pour chaque usager. Cet axe fixe notamment un accompagnement renforcé pour 400 jeunes ayant été pris en charge par l'A.S.E. ou encore l'accompagnement de 5.000 personnes de plus de 45 ans au titre d'une action innovante dite "deuxième partie de carrière". Les objectifs sont chiffrés et assortis d'un calendrier. Ces actions spécifiques et adaptées marquent pour nous une belle avancée dans la manière d'envisager une action qui se veut efficace, car accompagner vers un retour à l'emploi un jeune de moins de 25 ans et une personne en fin de carrière de plus de 45 ans cela n'implique pas les mêmes actions de la puissance publique. Parallèlement, l'axe portant sur l'accès au droit pour tous nous paraît moins abouti, moins ambitieux. Il ne prend pas en compte suffisamment la mesure de l'enjeu du non-recours au R.S.A. En 2015, ils sont 67.027 bénéficiaires du R.S.A. à Paris. Le dernier rapport du comité d?évaluation du R.S.A. évalue le taux du non-recours au R.S.A. activité à 68 % et à 38 % en ce qui concerne le R.S.A. socle. C?est le sens de l?amendement budgétaire que nous avons déposé à ce Conseil hier matin. Nous considérons que si nous avons la possibilité de financer la chasse aux indus du R.S.A., nous devons aussi inventer des mesures adaptées à la réalité des difficultés des Parisiens pour mieux lutter contre le non-recours des bénéficiaires potentiels. Nous voterons bien sûr ce projet de délibération, tout en restant vigilants à la priorité d?agir en faveur des plus éloignés de l?emploi et des plus fragiles, une priorité qui constitue pour nous un enjeu crucial pour la cohésion sociale dans notre ville. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Madame ATALLAH. La parole est maintenant à Jérôme GLEIZES.

M. Jérôme GLEIZES. - Merci, Madame la Maire. Je vais compléter l?intervention de ma collègue. De notre point de vue, ce Plan Parisien pour l?Insertion et pour l?Emploi est un document cadre mettant en cohérence des objectifs qui concourent à l?insertion sociale et professionnelle des Parisiennes et des Parisiens. A ce titre, non seulement il n?est pas uniquement un document de programmation et de mise en ?uvre opérationnelle décrivant l?ensemble des actions menées, mais de surcroît, il est un outil parmi d?autres dans cet écosystème de soutien au développement économique de notre ville. Depuis plus de dix ans, la Ville de Paris a maintenu une politique de gauche et écologiste par un soutien à la demande, et aussi à travers un choix ciblé de ses investissements. Et globalement, cette politique d?investissement est efficace à Paris. Les chiffres sont là : la politique d?investissement dans la recherche et l?innovation, même si certaines fois fait débat, porte ses fruits depuis plus de dix ans, ainsi que les actions de nombreux acteurs économiques, associatifs ou non, financées directement ou indirectement à travers ce plan notamment et qui créent de l?emploi, de la richesse marchante et non marchante.

C?est le cas par exemple de l?association "Boutiques de gestion Paris Ile-de-France", dont la subvention passe également à ce Conseil. Cet acteur a pour mission principale l?accompagnement des publics parisiens d?entrepreneurs à l?essai au sein de la couveuse d?entreprise le G.E.A.I., l?évaluation et l?accompagnement à la création d?entreprise des publics les plus éloignés de l?emploi, dont les allocataires du revenu de solidarité active dont a parlé ma collègue. L?accompagnement et la couveuse portée par cette association ont par exemple permis en 2015 la création de 90 entreprises et d?une centaine d?emplois.

Cette association investit en moyenne 3.000 euros pour aider à la création de l?emploi. Cela montre l?efficacité de l?action de cette association, qu?il convient évidemment de continuer à soutenir et à augmenter la subvention. Cette politique générale a des effets positifs à Paris. Ainsi, à ce sujet, l?Association des maires des grandes villes de France a commandité une étude en 2011, dont j?ai parlé hier sur le rapport de la C.R.C. Selon l?étude, la valeur ajoutée par habitant est évaluée à Paris à 80.528 euros, alors que pour les autres territoires urbains, elle est comprise entre 20.000 et 55.000 euros. C?est éloquent, et encore, cette étude ne prend pas en compte la richesse non marchande produite à Paris, notamment celle de l?économie sociale et solidaire de l?économie circulaire très dynamique à Paris et favorisée par la Ville de Paris. Cette production de richesse non marchante a de surcroît un réel effet sur le chômage. Le taux de chômage parisien est en dessous du taux de chômage français depuis le 4ème trimestre 2007, et depuis, l?écart s?agrandit. Il est aujourd?hui de 1,1 point. Paris est la première zone d?emploi francilienne, avec 31,52 % des emplois, alors qu?elle ne représente que 19 % de sa population. Nous avons ce même décrochage au niveau de la richesse produite entre l?Ile-de-France et le reste du pays. C?est ce que la droite oublie systématiquement lorsqu?elle critique le soutien de la Ville aux associations. Oui, une grande partie des dépenses publiques nourrit l?activité privée ; et oui, la production de richesse non marchande crée de l?emploi et des services utiles, dont la valeur économique est comptabilisée dans le P.I.B. Dans cette intervention, je voudrais rappeler le lien entre la politique économique de la Ville que mène Julien BARGETON et la politique d?emploi que mène Pauline VÉRON. Cette politique porte ses fruits et nous continuerons à la soutenir. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur GLEIZES. La parole est à Sylvie CEYRAC.

Mme Sylvie CEYRAC. - Merci, Madame la Maire. Les trois permanences sociales d?accueil Bastille, Belleville et Gauthey du Centre d?action sociale de la Ville de Paris prennent en charge les personnes sans-abri et remplissent avec efficacité leur mission d?accueil, d?information, d?accès aux droits et d?accompagnement social pour une population de plus en plus nombreuse. Ces trois P.S.A. sont cependant engorgées et peinent à pouvoir recevoir rapidement ceux qui en ont besoin. Elles sont aussi éloignées de notre arrondissement du 15e, puisqu?elles sont dans le 12e, le 20e et le 17e, ce qui décourage certains de s?y rendre. Comme je l?ai proposé plusieurs fois et encore dernièrement lors de la conférence sociale territoriale en février dernier dans le 15e, et que Mme VERSINI avait trouvé éventuellement cette idée intéressante, je souhaite qu?un travailleur social dédié assure périodiquement, deux fois par mois par exemple - mais ça, c?est à vérifier - au sein des services sociaux de l?arrondissement, l?accueil de ceux qui sont suivis par les associations, qui se consacrent aux personnes sans-abri du secteur, comme "Accueil 15", "La bagagerie d?Antigel" et "Depaul Périchaux", etc., afin de favoriser leur réinsertion. Ces associations ne disposent pas nécessairement d?un personnel spécialisé pour les aider. Je pense aussi que cette demande s?intègre tout à fait dans le plan parisien de lutte contre la grande exclusion. J?émets donc le v?u, au nom de mon groupe, qu?une expérimentation d?un travailleur social dédié soit mise à disposition des publics concernés et des associations locales, de façon ponctuelle et régulière.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame CEYRAC. La parole est à Danièle PREMEL.

Mme Danièle PREMEL. - Merci, Madame la Maire. Chers collègues, ce n?est pas moi qui vais remettre en question l?utilité et la nécessité d?un dispositif et d?un programme d?accompagnement vers l?emploi, qui visent à une coordination, mieux, une synergie entre les partenaires, y compris ceux du monde économique et de l?entreprise. J?ai pris le temps de lire le plan stratégique du Plan parisien de l?insertion par l?emploi, un texte, dans sa forme et dans son fond, que nous partageons. Mais il ne doit pas rester un document d?intention. Je sens frémir notre Assemblée. J?entends déjà les remarques : c?est un programme qui engage, c?est un programme opérationnel, c?est un programme suivi et évalué. Permettez-moi quand même, derrière ces mots, de dire une certaine réalité. L?insertion par l?emploi, c?est son intitulé. On ne peut être que d?accord de cette reconnaissance que l?emploi est déterminant de l?insertion, et pas simplement un volet symétrique d?un couple "insertion et emploi". Mais encore faut-il que l?accompagnement vers l?emploi ne se contente pas de mots que l?on répète depuis des années : l?usager auteur de son parcours individuel, aller vers, accès aux droits pour tous, un accompagnement adapté, et sans délai, pour chaque personne, des parcours vers l?entreprise pour tous. Mais osons regarder le réel : des antennes de Pôle Emploi qui ferment, des centres de la C.A.F. ou de Sécurité sociale qui s?éloignent et sont de moins en moins de proximité, les rendez-vous avec la voix synthétique d?une machine, le temps minuté des entretiens, des conseillers avec des cohortes de plus en plus importantes. Mais encore faut-il que l?emploi soit accessible, possible, valorisant, promotionnel et sécurisant. Osons regarder à nouveau le réel : des entreprises qui recrutent des salariés ayant une qualification supérieure au poste recherché, de grands groupes industriels qui font du "dumping" social, un Code du travail que l?on veut casser en remettant en question la hiérarchie des normes, des licenciements au bénéfice des profits, des actionnaires, contre la logique industrielle et de développement, les conditions de travail et les horaires de certaines branches, sans parler du travail du dimanche qui va les aggraver. Nous recherchons toujours le million d?embauches promis par M. GATTAZ. Sommes-nous très loin du projet de délibération et du P.P.I.E. ? Non, car si nous voulons insérer par l?emploi, il faut non seulement accompagner, mais créer des emplois, et la politique actuelle de l?Etat et du Gouvernement ne le favorise pas. Je sais bien que sur Paris, des emplois sont non pourvus, réalité que nous devons interroger, et à qui sert-elle ? Profitons du P.P.I.E. pour réfléchir sur les ressorts et les mécanismes de certains freins à l?accès à l?emploi. Regardons les secteurs professionnels où ce phénomène est connu et examinons les salaires, les conditions de travail et la précarité de ces secteurs, avec l?ensemble des acteurs du champ économique. Envisageons les évolutions qui favorisent l?attractivité de ces secteurs. Deuxième piste : celle-ci serait de la formation liée à ces postes non pourvus, voire la Région. Ces deux pistes, et sûrement d?autres encore à envisager, pourront être approfondies comme porteur de l?insertion et de l?emploi. Bien entendu, nous voterons ce projet de délibération, en espérant que dans sa mise en ?uvre, confronté à la réalité, il saura dépasser les mots et les intentions pour transformer le réel par sa capacité à interroger les institutions, les partenaires économiques et ses pratiques pour répondre à sa finalité de l?insertion par l?emploi. Merci.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. La parole est à M. BOUYGUES.

Mme Claudine BOUYGUES. - Merci, Madame la Maire, Depuis 2001, Paris accompagne durablement les personnes en situation de précarité. Le dernier plan départemental pour l'emploi, porté par la collectivité parisienne, mobilisait déjà de nombreux partenaires. Il a permis, par exemple, le déploiement de sept espaces parisiens pour l'emploi. Je peux également citer la mise en place de l'accompagnement global entre Pôle Emploi et le Département ou encore celle de dispositifs innovants comme "Premières Heures". Toutes ces actions ont porté leurs fruits. En effet, dans la crise économique et sociale que nous traversons, Paris s'en sort mieux que le reste de la France et que l'Ile-de-France grâce au volontarisme dont la collectivité parisienne a fait preuve en matière de politique de l'emploi et grâce à un tissu économique dynamique. Pour autant, nous n'avons pas échappé à une progression de la précarité : en avril 2016, le nombre de demandeurs d'emploi s'élève à 198.000 et la durée du chômage s'allonge. Je tiens quand même à souligner les chiffres d'avril qui marquent pour la première fois, depuis 2008, une baisse du nombre de demandeurs par rapport à l'année précédente. J'espère y voir un signal positif durable. Derrière ces chiffres parfois abstraits, il faut se rendre compte de ce qu'être au chômage signifie au quotidien pour les chercheurs d'emploi : les parcours sont longs et parfois sinueux, trop souvent marqués par des ruptures qui anéantissent des mois d'efforts. A Paris, certains sont plus touchés que les autres par la précarité liée à des difficultés d'insertion professionnelle et sociales : les jeunes, bien sûr, mais aussi les seniors ou encore les artistes. Le PDIE, qui arrive aujourd'hui à son terme, avait apporté des réponses concrètes qui ont permis aux plus fragiles de se relever. Mais vous avez fait le choix de redoubler d'efforts en réunissant autour de la table les acteurs parisiens de l'insertion et de l'emploi afin d'élaborer ensemble ce nouveau Plan parisien pour l'Insertion par Emploi. Vous avez mené une concertation de plusieurs mois pour trouver de nouvelles idées pour permettre aux Parisiens, et notamment aux publics les plus fragiles, d'accéder à l'emploi quels que soient leur parcours de vie et les difficultés rencontrées. Cette grande mobilisation répond à une approche globale que je souhaite mettre en avant parce que j'y vois très sincèrement un moyen efficace d'accompagner les Parisiens dans l'insertion. Cette nouvelle approche a été abordée depuis 2011, au moment où le plan départemental a associé l'insertion et l'emploi. C'est bien le décloisonnement des approches, entre l'insertion sociale et l'emploi, qui offre les moyens aux demandeurs d'emploi et aux allocataires du R.S.A. de s'insérer durablement. Cela permet de prendre en compte toutes les particularités de chacun des profils, de chacune des personnes qui bénéficient de l'accompagnement que proposent la collectivité parisienne et ses partenaires. Le retour à l'emploi ne doit pas être perçu comme une fin, mais bien plutôt comme un moyen d'insuffler une dynamique d'insertion. En tant que présidente de l'Ensemble Paris Emploi Compétence, né de la fusion entre le PLIE Paris Nord-Est et de la Maison de l'Emploi, j'en profite pour saluer une mesure forte du PPIE : le territoire d'intervention de l'EPEC sera étendu aux nouveaux arrondissements contenant des quartiers classés "politique de la ville". Grâce à son travail de très grande qualité en matière de suivi des personnes les plus éloignées de l'emploi, l'EPEC est un acteur majeur de l'insertion à Paris. Je me félicite que nous puissions mettre ses moyens au service de plus de Parisiens. Je termine mon intervention en m'adressant plus particulièrement à Pauline VÉRON, qui porte l'axe insertion professionnelle du PPIE. La Ville de Paris occupe une position stratégique : elle est à la fois employeuse de premier plan, interlocutrice des acteurs du service public de l'emploi et porte d'entrée pour les entreprises du territoire. Comment le PPIE articule-t-il ces leviers au service de l'insertion professionnelle des Parisiens les plus éloignés de l'emploi ? Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. Je vais donner la parole pour répondre à Mme VÉRON, Mme VERSINI, Mme GUHL. Madame VERSINI. Ce n?était pas dans le bon ordre sur mon papier. Donc c?est Dominique VERSINI qui commence.

Mme Dominique VERSINI, adjointe. - Merci beaucoup. C?est pour des logiques de progression au regard des questions qui ont été posées. Mes chers collègues, merci pour vos interventions sur ce Plan parisien d'insertion par l'emploi, qui est une co-production de Pauline VÉRON, Antoinette GUHL et moi-même. Comme vous le savez, il concerne principalement les bénéficiaires du R.S.A., qui sont au nombre de 67.000 environ à Paris, chiffre qui s'est stabilisé depuis la fin de l'année 2015, alors que la progression continuait au plan national. C'est donc quelque chose de positif, avec une baisse qui se poursuit en 2016, de façon plus marquée qu'au niveau national. Je pense que l'on peut dire que c'est quand même la preuve de l'impact positif de la politique menée par notre collectivité de 2011 à 2015, avec l'ensemble des acteurs de terrain. Le nouveau Plan parisien pour l'emploi qui vous est présenté, lui, a pour vocation de poursuivre cette démarche partenariale, qui a mobilisé, pendant 10 mois, tous les acteurs de l'emploi et de l'insertion. Et effectivement, vous avez évoqué un certain nombre, Madame PREMEL, d'actions mais qui se révèlent toujours exactes et nécessaires, puisque le nouveau P.P.I.E. place l'accès au droit pour tous au c?ur de son action et que ce n'est pas un vain mot, puisque cela s'exprimera par des démarches d'aller vers les personnes, de mieux coordonner les partenaires entre eux, et ils ont choisi de le faire entre eux, également de réduire les démarches de façon drastique entre l'ouverture administrative des droits et la proposition d'un premier entretien individuel, et enfin de doter le territoire parisien d'une offre équilibrée en matière d'équipement et d'accompagnement pour lutter contre la fracture numérique. Effectivement, les usagers seront au c?ur de ce plan et de cette stratégie avec un collège d'usagers d'ailleurs qui se réunira plusieurs fois par an et qui associera la gouvernance globale du Plan. Je sais que le Plan parisien pour l'insertion par l'emploi n'intéresse personne, mais néanmoins, je continue puisque je crois que c'est extrêmement important.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Chère Dominique VERSINI, détrompez-vous.

Mme Dominique VERSINI, adjointe. - Là, il y a la preuve du non-intérêt.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Mes chers collègues, baissez d'un niveau sonore le brouhaha, mais c'est absolument fondamental.

Mme Dominique VERSINI, adjointe. - Je voulais dire à Marie ATALLAH qu'elle a raison sur la problématique du non-recours au R.S.A. et que l'on doit s'interroger, et c'est pourquoi a été voté hier l'amendement budgétaire qui permettra de faire une étude vraiment spécifique au R.S.A. Enfin, je terminerai sur le v?u qui a été rattaché, qui est relatif à l'accompagnement des Parisiens dans les permanences sociales d'aide pour les sans-abris et qui propose d'expérimenter la mise à disposition de travailleurs sociaux auprès des services sociaux et de la jeunesse des associations locales, déposé par Mme CEYRAC. J'y propose un avis favorable sous réserve des amendements qui ont été proposés, et notamment que cette expérimentation soit mise en place dans plusieurs arrondissements, à commencer par le 15e bien sûr, puisque cette question a été évoquée lors de la Conférence sociale de territoire du 15e arrondissement en mars dernier. Je donne maintenant la parole à Pauline VÉRON.

Mme Pauline VÉRON, adjointe. - Madame la Maire, mes chers collègues. Comme vient de le dire Dominique VERSINI et comme le dira, je pense aussi, Antoinette GUHL, ce document, ce Plan parisien pour l'insertion par l'emploi est un document majeur de la politique municipale. C'est un plan dans lequel nous avons complètement renouvelé la façon d'aborder l'insertion et le retour à l'emploi des personnes qui sont au R.S.A. Vous savez que c'est un document obligatoire avec la loi R.S.A. Nous avons la partie insertion, au-delà de l'indemnisation des personnes qui sont au R.S.A., mais nous avons souhaité avoir une approche plus globale, sans s'arrêter au statut administratif, pour avoir une politique cohérente et globale d'insertion de toutes les personnes qui, aujourd'hui, sont éloignées de l'emploi et qui cherchent un emploi. Nous avons mis un accent particulier, dans ce plan, sur l'insertion par l'emploi, en ayant un travail et une approche particulière vis-à-vis des employeurs. Cette relation avec l'offre d'emploi est assez nouvelle, et je tiens ici à souligner que, notamment, la création du service "Initiative Emploi" que j'ai mis en place à la Ville au mois de janvier dernier, ce qui va permettre aussi de mettre en ?uvre ce plan de façon efficace en ayant, certes un accompagnement de la personne qui cherche un emploi, comme l'ont rappelé les différentes intervenantes, mais en allant aussi chercher l'offre d'emploi pour pouvoir faire en sorte que cette offre rencontre la demande. Aujourd'hui, nous avons environ 34.000 emplois non pourvus ou qui trouvent difficilement une personne en recherche d'emploi pour le pourvoir, et donc, nous avons une responsabilité majeure de trouver, de permettre cette rencontre. La Ville y prend sa propre part, et cela fait partie de ce plan, en étant employeur responsable et solidaire, nous allons avoir 1.100 personnes en contrat unique d'insertion et nous avons 420 jeunes en contrat d'avenir, nous développons aussi, comme je l'ai dit, une relation particulière avec les employeurs grâce au service "Initiative Emploi". Enfin, nous nous appuyons aussi sur l'innovation sociale avec nos partenaires, notamment associatifs, et nous candidatons à l'expérimentation "Territoire zéro chômeur de longue durée", et nous allons organiser un hackathon pour l'emploi en octobre. Je voudrais quand même dire un dernier mot. Face à ce potentiel d'emplois, nous ne construisons pas des réponses simplistes, comme on a pu le voir dans certains départements comme le Haut-Rhin, qui voudraient nous faire croire que les allocataires du R.S.A. sont responsables de leur inactivité et qu'il faudrait leur imposer des heures de bénévolat forcées en échange du revenu qui leur est alloué. Je remarque d'ailleurs que ces départements ont reculé depuis que cette idée saugrenue et particulièrement choquante de R.S.A. contre bénévolat a été soulevée par eux. Toutes les enquêtes montrent que les allocataires des minima sociaux aspirent à vivre des revenus du travail et nombreux ont d'ailleurs déjà eu un engagement bénévole, croyez-moi. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Madame VÉRON. Et pour conclure, cette réponse de l'Exécutif, Antoinette GUHL.

Mme Antoinette GUHL, adjointe. - Madame la Maire, chers collègues, Madame CEYRAC, je commencerai par répondre simplement à cette demande que vous avez formulée qui si, sur le fond, et Dominique VERSINI l'a dit, ne pose pas de questions, elle m'interroge dans le sens où vos collègues les Républicains de la Région Ile-de-France n'ont pas manifesté le même soutien pour les structures d'insertion par l'activité économique, en coupant un certain nombre de budgets qui leur étaient alloués. Je pense notamment aux emplois tremplins ou d'autres subventions. J'avoue là, que le fait que la Ville maintienne cet effort financier et innove pour renforcer l'activité économique dans les structures d'insertion, est effectivement une bonne nouvelle. C'est un choix qui est fort, qui est cohérent et qui est tout à fait en phase avec les grandes priorités qui ont déjà été affichées, que ce soit dans le Pacte de lutte contre la grande exclusion, porté également par Dominique VERSINI, que ce soit dans le schéma de la commande publique et maintenant, bien sûr, dans ce nouveau P.P.I.E. Juste un mot et trois derniers points. Ce P.P.I.E., ce plan parisien, est une occasion unique de réaffirmer l'engagement de Paris en faveur de l'insertion et des structures d'insertion par l'activité économique, et ce par 3 soutiens : un soutien financier aux structures qui recrutent ces bénéficiaires. Je rappelle que nous en avons 100, sur le territoire, qui recrutent près de 2.000 bénéficiaires du R.S.A. embauchés chaque année. Le soutien également via les marchés publics avec, pour objectif, d'atteindre 25 % des marchés qui s'inscrivent et qui inscrivent des dispositifs d'insertion, et enfin, le soutien à la création d'entreprise, vous l'avez évoqué Jérôme GLEIZES, car soutenir l'emploi, c'est aussi soutenir la création d'activité par les personnes en insertion. Et là, de nombreux dispositifs de la Ville et de financement sont adaptés directement et spécifiquement à ces porteurs de projet, très spécifiques dans notre arrondissement, puisque je rappelle que 39 % des bénéficiaires du R.S.A. inscrits à Pôle-Emploi ont un diplôme universitaire, ce qui est une singularité de la Ville de Paris.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Mesdames, pour cette réponse complète. J'ai vu Mme CEYRAC manifestement approuver la proposition d'amendement au v?u. Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 51 G ainsi amendé avec un avis favorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le v?u amendé est adopté. (2016, V. 3 G). Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 249 G. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté, je vous en remercie. (2016, DASES 249 G).