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Juin 2016
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe les Républicains relatif à un soutien aux forces de l'ordre.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2016


 

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Le v?u n° 74 est relatif à un soutien aux forces de l?ordre. Il est présenté pendant deux minutes maximum par Christian HONORÉ. Vous avez la parole, Monsieur.

M. Christian HONORÉ. - Monsieur le Préfet, Monsieur le Maire. Lorsque j?ai préparé ce v?u avec Pierre-Yves BOURNAZEL, je ne savais pas que l?actualité serait aussi dramatique. Ce v?u a pour but de rendre hommage à la police, parce que depuis quelque temps nous sommes loin de l?aspect "Charlie" lorsque la foule applaudissait les forces de l?ordre. Sont apparus d?abord sur les murs du 18e arrondissement, en particulier rue Ganneron, des graffitis de haine et d?appel au meurtre. Le 18 mai, l?agression de deux policiers avec l?incendie de leur véhicule a été condamnée. Cet acte aurait pu avoir des conséquences dramatiques. Hier, deux policiers à Magnanville, en ville, ont été assassinés. Je ne fais pas d?amalgame, hier il s?agissait d?un acte terroriste revendiqué, mais pour ce qui concerne plus particulièrement la police, la tolérance doit être zéro. Tolérance zéro pour la police. C?est la raison pour laquelle, avec Pierre-Yves BOURNAZEL, nous pensons que le Conseil de Paris ne peut rester insensible à ces outrances portées contre les policiers qui mettent leur vie en danger pour protéger les citoyens. Nous demandons à la Maire de Paris de porter plainte systématiquement contre des messages appelant à la violence contre les forces de l?ordre, et nous demandons d?adresser un message solennel de soutien aux policiers. Je vous remercie.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci. Pour vous répondre, je donne la parole à Colombe BROSSEL puis au Représentant de M. le Préfet de police. Colombe BROSSEL ?

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci, Monsieur HONORÉ, votre v?u prend évidemment une dimension particulière aujourd?hui ; il ne l?avait pas nécessairement de façon aussi dramatique lorsque vous l?avez déposé et il prend aujourd?hui une dimension toute particulière. J?apporterai bien entendu un avis favorable à ce v?u, en vous précisant et en vous indiquant néanmoins que la Ville porte plainte, et elle le fait systématiquement, contre les actes de violence ou de vandalisme à l?encontre d?agents de la Ville et d?équipements appartenant à la Ville de Paris. Il revient, et c?est bien naturel, à la Préfecture de police de le faire s?agissant de ses agents et des violences qui concernent l?ensemble de ses matériels ou parcs immobiliers. Cependant, cette précision apportée, j?émets un avis favorable à votre v?u.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci. Monsieur le Représentant du Préfet.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les élus, d?abord merci pour ce v?u qui, dans les circonstances qui sont celles depuis hier soir tout particulièrement, avec l?assassinat dans de terribles conditions du commandant de police Salvaing et de sa compagne, qui était adjointe administrative principale de police, lui donne une ampleur toute particulière. Simplement, rappeler que depuis ces derniers mois 200 policiers et gendarmes ont été blessés à Paris sur des événements, que les graffitis, que tous ces appels à la haine, à l'acte de violence envers les forces de l'ordre font l'objet désormais d'une plainte systématique de la part du Préfet de police. Ces actes courageux sont d'autant moins courageux de la part de leurs auteurs qu'ils savent qu'il est très difficile de pouvoir les identifier. Au-delà des dégradations sur les biens publics ou privés que cela peut générer en termes de tags, on voit le courage de tous ces braves gens qui en appellent à la haine envers des gens qui ne font que leur métier au quotidien, au risque parfois de leur vie. Voilà, je tenais au nom de M. le Préfet de police à remercier l'ensemble des élus de Paris. Merci.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci. Une demande d'explication de vote du groupe Ecologiste de Paris. Monsieur JULIEN, vous avez la parole.

M. Pascal JULIEN. - Ce v?u, malgré les circonstances, au-delà des circonstances dramatiques qui ont été citées, ce v?u malgré tout enfonce un peu une porte ouverte. La Ville de Paris, les responsables de la Ville ne cessent avec raison de rendre hommage aux policiers. On nous demande de faire quelque chose que l'on fait déjà largement. Surtout, je vais dire surtout que la police, ce n'est pas tellement d'hommages qu?elle a besoin. Si, bien sûr qu'elle en a besoin, mais elle a surtout besoin de moyens. On peut faire un hommage chaque jour. D'abord, trop d'hommages tue l'hommage, j'ai envie de dire. Un hommage, pour être solennel, ne peut pas être quotidien. L'hommage, on le rendra surtout en augmentant les moyens dont les policiers ont besoin. C?est de cela qu?ils ont besoin. Ils ont besoin d'être plus nombreux, ils ont besoin d?être mieux organisés, d'avoir des missions qui soient mieux réparties, ils ont besoin d'avoir des temps de repos, ils ont besoin d'avoir des missions qui soient utiles et efficaces, ce qui n'est pas toujours le cas. Voilà pourquoi, et qu'on ne se trompe pas, nous sommes attachés, je dirais affectivement à la police, qu'on n'aille pas nous dire ce qu?on ne dit pas. Mais nous nous abstiendrons sur ce v?u pour les raisons que j'ai indiquées.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 74 avec un avis favorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le v?u est adopté. (2016, V. 165).