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Juin 2016
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Conseil Municipal
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V - Question d'actualité posée par le groupe Communiste - Front de Gauche à Mme la Maire de Paris relative à la renégociation sur le contrat de présence postale territoriale 2017/2019.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2016


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Question présentée à présent par le groupe Communiste, par M. le Président du groupe Communiste - Front de gauche. Nicolas BONNET-OULALDJ, vous avez la parole.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Madame la Maire. Monsieur le Préfet, mes chers collègues, avant de présenter ma question d?actualité, je souhaiterais vous dire que nous sommes aujourd?hui en Conseil alors qu?une grande mobilisation est en cours dans notre pays contre la loi Travail, et ce que j?ai entendu tout à l?heure n?est pas acceptable : la responsabilité ne relève pas des agents de la propreté de Paris ou des syndicalistes, mais du Gouvernement. La seule solution pour sortir de tous ces problèmes, si on veut accueillir les gens, l?Euro, etc., c?est le retrait de la loi Travail. Prenons conscience de cela. Nous avons adopté un v?u en Conseil de Paris, qu?on le mette en application. Madame la Maire, mes chers collègues, le groupe La Poste est actuellement en pleine renégociation de contrat de présence postale territoriale 2017-2019 avec l?État, l?Association des maires de France et l?Observatoire national de la présence postale présidé par le sénateur de la Loire, Jean-Claude FRÉCON. Ce contrat définit les missions des points de contact de la Poste, mais également les modalités de l?utilisation du fonds national de péréquation qui permet d?aider à la rénovation des bureaux et de mener des actions d?accompagnement du public dans les quartiers prioritaires. Je rappellerai que ce contrat national découle aussi de la privatisation de la Poste, privatisation contre laquelle toute la gauche s?était mobilisée à l?époque. Nous sommes très étonnés que la Cour des comptes ait rendu publics plusieurs rapports réclamant que la Poste face des économies drastiques, quelques semaines seulement avant le début de la renégociation. Elle recommande la redéfinition des critères d?accessibilité en zone urbaine et demande d?accélérer le processus d?externalisation. Mais également la diversification des activités, du passage du permis du conduire à l?installation d?imprimantes 3D dans les bureaux, nous étonne également. A ce stade, ce n?est plus la diversification, c'est surtout une grande confusion. Je suis d?autant plus inquiet que l?enjeu pour Paris est important. D?abord parce que le nombre et la surface des quartiers prioritaires ont beaucoup diminué avec la réforme de la politique de la ville. Le risque est que plusieurs bureaux de poste ne soient pas rénovés et soient abandonnés. D?autre part, la Poste a choisi de fermer certains bureaux de poste dans Paris. Pour pallier ces fermetures, des "relais poste" ouvrent dans des enseignes commerciales, comme dans les supermarchés Franprix. Je trouve cette perspective particulièrement dangereuse car elle contribue à la confusion entre mission de service public et prestation commerciale. Voilà pourquoi, avant d?être placé devant le fait accompli, je souhaite que notre Ville s?implique grandement dans la renégociation du contrat de présence postale territoriale. Déjà en travaillant avec la Direction francilienne de la Poste sur l?état actuel de l?offre postale à Paris, la situation de l?emploi au sein du groupe et également autour des projections démographiques car de nombreux quartiers vont sortir de terre et il faudra bien que la Poste y soit représentée. Madame la Maire, il est important que notre Ville s?implique largement dans cette renégociation. C?est la qualité du service public à Paris qui est en jeu. La Ville peut déjà travailler au sein de l?A.M.F., dont elle est membre éminent. Je vous propose, à l?occasion d?un prochain Conseil de Paris, que nous organisions un débat sur ce nouveau contrat de présence postale avec l?A.M.F., l?Observatoire national de présence postale et l?Etat avant de se prononcer. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, mais chacun peut penser ce qu?il veut. Ne soyons pas choqués que d?autres pensent un peu différemment. Toutes les expressions sont possibles, dès lors qu?elles sont faites dans le respect. Et on a le droit d?avoir des oppositions ou des nuances. D?accord ? Et personne n?a à imposer son point de vue à l?autre. C?est en partageant et en rapprochant les points de vue que l?on trouve les solutions. Je vais donner la parole à Mme Pauline VÉRON.

Mme Pauline VÉRON, adjointe. - Madame la Maire, mes chers collègues. Merci, Nicolas BONNET-OULALDJ, d?attirer une fois de plus l?attention du Conseil de Paris sur cette question majeure de la présence de ce service public de la Poste à Paris, service chers aux Parisiennes et aux Parisiens. Comme vous l?avez rappelé, le contrat de présence postale territoriale est en cours de renégociation pour la période 2017-2019. Avant cette renégociation, un bilan de la période 2008-2016 a été réalisé. En tant que président de la Commission départementale de présence postale territoriale, vous avez pu signaler à l?Observatoire national de présence postale les réussites majeures de ce contrat, et notamment l?amélioration et la qualité du dialogue entre les élus et la Poste. Vous avez également signalé l?efficacité des partenariats pour accompagner la clientèle fragile, ainsi que les rénovations de bureaux de poste en zones prioritaires et l?amélioration de l?accueil des clients. Comme tous les présidents de C.D.P.P.T. de France, vous avez porté à la connaissance de l?Observatoire national quelles étaient les améliorations que vous préconisez pour le futur contrat. A Paris, le maillage territorial de la Poste est très important. Paris compte 180 points de contact, alors que la norme impose d?en compter a minima 115. L?objectif n?est évidemment pas d?atteindre ce minima, mais il y a quand même aujourd?hui une assez grande différence entre ce minimum et la situation actuelle. Il ne faut pas nier les difficultés immobilières que peut rencontrer le groupe La Poste à Paris. A la différence d?autres départements, la Poste n?est propriétaire que de la moitié de ses locaux et doit parfois faire face à la flambée des prix de location lors des renouvellements de bail. Le rythme et les habitudes de vie des Parisiens ont évolué. Et si leur attachement à la Poste est très fort, leur mode de relation a également évolué. Il n?est pas rare de trouver aujourd?hui des bureaux qui accueillent moins de 50 usagers par jour. Comme je vous le disais ce matin, la Poste doit se réinventer et doit le faire en concertation avec ses agents et avec les Parisiens. Il est donc nécessaire que les points de contact à Paris ne diminuent pas, mais bien qu?ils augmentent, notamment en favorisant les partenariats avec les structures publiques, comme c?est déjà le cas dans certains P.I.M.M.S. Bien entendu, ces partenariats doivent être soumis à l?accord des élus locaux, et en premier chef les maires d?arrondissement. Enfin, en tant que président de la C.D.P.P.T., c?est sous votre bienveillance que cette instance attribue des subventions du fonds de péréquation qui vise à réaliser des travaux d?aménagement dans les bureaux de poste, et à financer l?interprétariat et l?accompagnement par des associations de la clientèle fragile. C'est près de 1.400.000 euros depuis 2014 qui ont ainsi été attribués par cette commission. Je vous confirme que l?Exécutif parisien partage votre préoccupation que ces fonds ne soient dorénavant versés pas seulement aux bureaux situés dans les nouveaux quartiers "politique de la ville", mais qu?ils continuent bien à être versés également à ceux qui sont situés en quartiers de veille active. Le périmètre concernait 20 bureau de postes jusqu?à maintenant, l?application de la nouvelle réforme risque de réduire ce périmètre à 8 bureaux. Le nouveau contrat doit donc prendre en compte non seulement les quartiers de veille active, mais également les quartiers vécus avec la notion de bureaux de poste desservant les quartiers prioritaires, pour permettre à plus de bureaux de poste de bénéficier du fonds de péréquation. Vous pouvez compter sur la Maire de Paris et sur moi-même pour porter ces revendications auprès de l?Association des Maires de France ainsi que de transmettre l?attachement des Parisiens à ce service public précieux, notamment pour les plus vulnérables. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Pauline VÉRON. Monsieur BONNET, souhaitez-vous reprendre la parole ? Je vous remercie.