Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Octobre 1996
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

16 - 1996, P. 1624 - Subvention au Comité d'action de la Résistance, 45-47, rue Lacépède (5e)

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 1996


M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération référencé P. 1624 accordant une subvention au Comité d'action de la Résistance.
Je donne la parole à M. BOULENGER de HAUTECLOCQUE.
M. Jean-Marc BOULENGER de HAUTECLOCQUE. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, notre collectivité s'honore en attribuant cette subvention au Comité d'action de la Résistance dont beaucoup, sur ces bancs, connaissent le travail inlassable pour que la flamme de la Résistance française ne s'éteigne pas.
En effet, alors que les repères manquent bien souvent, notamment aux jeunes générations, la préservation et la diffusion des valeurs universelles incarnées par la Résistance française sont un devoir, notre devoir à tous. Quelle plus belle page de l'histoire de notre patrie que ces retrouvailles d'hommes et de femmes venus de tous les horizons politiques et de tous les mouvements de pensée pour une lutte commune contre l'occupant.
Oui, la Résistance française, cette épopée à qui nous devons notre honneur retrouvé, c'était celle d'Honoré d'Estienne d'Orves et celle de Missek Manouchian, celle d'André Dewavrin et du colonel Fabien, celle de Pierre Brossolette et de Bertie Albrecht, celle de Jean Moulin, ce visage torturé, aux lèvres qui n'avaient pas parlé, ce visage qui, comme le disait André Malraux, était ce jour-là le visage de la France.
C'est par respect pour eux et pour tous ceux qui se sont sacrifiés pour notre liberté, pendant ces années noires, que je veux lancer un cri d'alarme.
Aujourd'hui, en effet, certains tentent de récupérer cet héritage à des fins politiciennes en diffusant le chant des partisans au cours de leurs réunions publiques.
Il serait, ô combien, facile de dire "pas vous, pas cela" car, vous en conviendrez, il y a une indécence particulière à se draper dans les glorieux habits de la Résistance quand on s'est érigé en défenseurs des thèses révisionnistes ou négationnistes et de leurs auteurs, quand on fait son miel de jeux de mots d'un goût douteux, quand on qualifie de "détail" l'une des pires barbaries de tous les temps ou quand on tient un discours dangereusement ambigu sur l'inégalité des races.
Pourtant, non, je ne céderai pas à cette facilité mais je veux dire haut et fort que les valeurs de la Résistance française sont l'héritage commun à tous les Français, légué par ses martyrs. Elles appartiennent à chacun d'entre nous et nul, vous entendez, nul n'a le droit de s'en servir pour assouvir ses ambitions politiques.
Pire encore ! Vous rendez-vous compte qu'en accaparant ce bien commun, en tentant de le marquer politiquement, ceux-là brouillent le message et rendront donc infiniment plus difficile la transmission de son souvenir et de son idéal aux jeunes générations. Ce serait là tuer une deuxième fois ces héros qui ont donné leur vie à la patrie, c'est pour cela que je lance aujourd'hui cet appel afin que cesse cette scandaleuse récupération, pendant qu'il en est encore temps.
Merci, Monsieur le Maire.
(Applaudissements sur tous les bancs de l'Assemblée. - Protestations de M. Jean-Pierre REVEAU).
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Un peu de silence, s'il vous plaît.
Mon cher collègue, merci pour votre intervention qui vous honore.
M. Jean-Pierre REVEAU. - Il nous injurie !
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Mon cher collègue, il n'y a pas de commentaire à faire.
Je suppose que nous pouvons passer au vote.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération P. 1624.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, M. REVEAU s'étant abstenu. (1996, P. 1624).