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Juin 2016
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe UDI-MODEM relatif au cimetière de l'Ile des Pins.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2016


 

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Le v?u n° 77 est relatif au cimetière de l?Ile des Pins. La parole est à M. HÉLARD.

M. Eric HÉLARD. - Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues, pour quelques instants, je vous invite à vous évader de Paris et de la Métropole pour vous retrouver dans ce bout de France du Pacifique qu'est la Nouvelle-Calédonie, très exactement à l?Ile des Pins, à 16.834 kilomètres de notre Hôtel de Ville. A l'occasion du récent déplacement du Premier Ministre à Nouméa, consacré à l'avenir institutionnel du territoire, j'ai eu l'opportunité de visiter le cimetière des Communards, condamnés à l'exil en 1872 par la jeune République française. En effet, avant de devenir un lieu touristique formidable, l?Île des Pins fut d'abord un lieu de déportation par décision de l'Assemblée nationale. Ce cimetière est un endroit simple, émouvant, sans croix, où reposent 240 de ces insurgés. Leur nom figure sur une liste à l'entrée de ce lieu du souvenir. Au milieu, un seul monument, sobre, qui porte l'inscription "A leurs frères morts en exil - Souvenir des déportés de 1871". Il a été construit par leurs camarades lors de l'Amnistie de 1880, juste avant qu?ils ne quittent définitivement cette prison à ciel ouvert. C'est ainsi une partie de l'histoire de Paris qui se retrouve au beau milieu de cet îlot du Pacifique. Le site est classé Monument historique par arrêté de la province Sud de la Nouvelle-Calédonie du 20 janvier 1995. Depuis lors, une convention lie la Ville de Paris et la province Sud pour la remise en l?état et l'entretien du cimetière à travers la commune de l?Ile des Pins. J'ai rencontré sur place des élus ou volontaires, tous canaques, qui participent à l'entretien du site. Ils le font avec beaucoup de considération car sur les terres des Kuniés, le respect dû aux morts est sacré. Nous sommes ici dans la symbolique, au-delà des appréciations partisanes sur les événements de la Commune, c'est le travail de valorisation de la mémoire collective qui mérite d'être salué et encouragé. Par ce v?u, Monsieur le Maire, je propose que la Ville de Paris offre à la province Sud, avec son accord, un arbre de la liberté destiné à être planté aux abords du cimetière, en souvenir de cette étape de notre histoire commune. Dans les temps d'aujourd'hui qui nous conduisent à célébrer les valeurs de liberté et le respect de la laïcité, cela ferait sens. Si vous en étiez d'accord, cette cérémonie pourrait avoir lieu à Paris, à la Maison de la Nouvelle Calédonie, à l'occasion d'un geste coutumier dans la Grande Case aux huit poteaux sculptés sur la terre de Hienghène. Je vous remercie.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci, Monsieur HÉLARD. Pour vous répondre, la parole est à Pénélope KOMITÈS.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire, merci, Monsieur HÉLARD, pour ce v?u qui effectivement, comme vous l'avez rappelé, porte sur le cimetière de l?Ile des Pins, en Nouvelle-Calédonie, qui est un des lieux majeurs de la déportation des insurgés de la Commune de Paris. Comme vous l'avez évoqué dans les considérants de ce v?u, une convention a été effectivement signée en 1995 puis renouvelée en 2008 entre la Ville de Paris et la province Sud de Nouvelle-Calédonie pour l'entretien de ce cimetière. Votre proposition d'offrir un arbre de la Liberté à planter à l'occasion du 145e anniversaire de la loi arrêtant le choix de cette île comme site de déportation s?inscrit bien évidemment dans le travail mené par la Ville de Paris pour en préserver la mémoire et je partage votre souhait. C'est un site que vous connaissez mieux que moi, constitué d'anciens récifs coralliens et l'arbre que nous choisirons devra être effectivement une espèce, si nous le plantons en Nouvelle Calédonie, qui devra supporter à la fois la chaleur, la sécheresse et les pluies diluviennes. Ce don devra effectivement faire l'objet d'un avenant à la convention annuelle accordant à la province Sud une subvention exceptionnelle pour la plantation de cet arbre. Cependant, avant qu?une décision ne soit prise, il est quand même important de mener une discussion approfondie, non seulement avec les autorités calédoniennes de la province du Sud, mais aussi avec les représentants coutumiers de l?Ile des Pins. Je ne doute pas que vous l'ayez eue, mais nous avons besoin de la formaliser, puisque comme vous le savez, la question de la terre et de sa possession est un sujet particulièrement sensible en Nouvelle Calédonie. Les terres de l?Ile des Pins ayant été confisquées en 1872 par l'Etat à la tribu locale, les Kuniés, pour l?établissement des déportés comme de nombreuses terres l'ont ensuite été en d'autres lieux pour l'exploitation du nickel. J'émets donc un accord bien évidemment de principe sur votre v?u, à la condition qu'il soit discuté et admis par l'ensemble des acteurs de l?Ile des Pins. La forme du geste, ainsi que cette date d'inauguration pourraient être amenés à évoluer. Je vous propose que nous y travaillions ensemble. Sous réserve que vous acceptiez les termes de cet amendement oral, j'émets un avis favorable sur ce v?u.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Je vous remercie. Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 77 avec un avis favorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Abstentions ? Le v?u est adopté. (2016, V. 167).