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Juin 2016
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Conseil Municipal
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Condoléances.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2016


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, je vous propose de rester debout parce que nous allons rendre hommage à M. Henri Derrien. Le Conseil de Paris a appris avec tristesse la disparition, survenue le 7 mai 2016, de M. Henri Derrien. Henri Derrien était une belle personnalité. Il a adhéré aux Jeunesses communistes à 17 ans, en 1953, et au Parti communiste en 1959. En 1966, il est devenu secrétaire de la Section Citroën 15e, puis membre du Comité de la fédération de Paris en 1968 et secrétaire du Comité du 15e arrondissement en 1969. En 1971, les électeurs du 7e secteur, c'est-à-dire le 13e arrondissement, l?ont porté au Conseil de Paris où il a siégé jusqu'en 1977. Il a participé à la 7e commission, à la commission de la jeunesse et des sports et à la commission du commerce, de l'industrie, du travail et du chômage. C?est ainsi qu?elle s?appelait. En 1980, il est devenu collaborateur du Comité central du Parti communiste puis, en 1983, secrétaire du Comité du 16e arrondissement. Il a également conduit la liste communiste aux élections municipales de 1989 dans le 16e arrondissement. Henri Derrien a, par ailleurs, été membre du Comité fédéral de Paris, de la Confédération nationale du logement jusqu'en 2015 ainsi qu?administrateur et représentant des locataires de l?Immobilière 3F. Il a toujours été extrêmement engagé. Ces dernières années, j'ai eu l'occasion de le rencontrer, de travailler avec lui, notamment sur les questions liées au logement. Ces obsèques ont été célébrées le jeudi 19 mai 2016 au Père-Lachaise. En mon nom, au nom du Conseil de Paris, j'exprime à sa famille, à ses proches les condoléances de notre Assemblée. Il manquera à Paris. Je vous remercie.

(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).

Je donne la parole à M. Nicolas BONNET-OULALDJ, président du groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Madame la Maire, Monsieur le Préfet, mes chers collègues, mes premiers mots, mes premières pensées iront à la famille d'Henri Derrien, à son épouse et à sa fille qui l'ont accompagné jusqu'au dernier jour, et à toute sa famille. Je tiens ici à vous dire toute l?affectation des élus communistes de Paris. Beaucoup d?anciens élus communistes m?ont témoigné de leur affection et de leur profond respect, et s'associent à notre hommage. Parler d?Henri Derrien, c'est d'abord parler d'un parcours militant extraordinaire avant de parler du Conseiller de Paris. Né l?année du Front populaire, cela ne pouvait être qu?un bon signe pour ce camarade qui n?a eu d?ambition que de se mettre au service des autres et du progrès social pour la classe ouvrière. Il s'éteindra en plein mouvement social contre la loi Travail. Ce fils de cheminot s'engage dès 1953 dans les Jeunesses républicaines de France, devenues depuis les Jeunesses communistes. Fortement marqué par les 27 mois qui le verront affecté comme appelé en Algérie, il rejoindra le Parti communiste en 1959. Typographe à l'origine, il fera plusieurs entreprises ; chaque fois, le patron le sanctionne car Henri souhaite implanter la CGT dans les entreprises où il passe. En 1967, il va déployer ses talents d'organisateur en devenant secrétaire de la section du PCF chez Citroën, dans le 15e arrondissement qu?il ne quittera plus. A l'époque, 100 communistes, 200 cégétistes, voilà la réalité dans une entreprise de plusieurs milliers de salariés, dont la direction est connue pour son acharnement antisyndical et anticommuniste. Il sera un des animateurs des 6 semaines de grève chez Citroën en 1968. De 1970 à 1976, Henri devient le responsable des communistes dans l'arrondissement. Candidat à de nombreuses élections, il mènera de nombreuses campagnes politiques. Il a été candidat aux élections législatives en 1973, 1978 et 1981 dans le 15e et même au second tour des législatives en 1973 face au gaulliste Claude Roux. Elu conseiller de Paris en 1971 dans le 13e arrondissement, il siégera à la commission qui suit les questions de sport et de jeunesse mais surtout les questions industrielles et de travail qui lui tiennent à c?ur. Nous partageons ensemble les mêmes combats pour le sport populaire, pour les questions industrielles d'emploi et de dignité au travail. Je suis certain qu'il aurait été pleinement investi dans la M.I.E. "Fabriquer à Paris" et dans les filières industrielles d'avenir. A sa retraite, ce sont surtout les droits des locataires qui seront au c?ur de son combat, à la fois dans son amicale de la résidence rue Saint-Charles mais aussi comme administrateur de 3F. Je pense qu'il serait très fier du travail mené par Ian BROSSAT au cours de cette mandature, tant Henri comme d?autres camarades se sont battus pour la création de logements sociaux à Paris. Il n'était pas d'accord avec les analyses et les orientations du PCF mais, bien que très critique, Henri restera communiste, et les valeurs qu'il a défendues et son comportement d'élu communiste sont à respecter. Nous avons le même idéal, cette volonté de changer le monde. Son honnêteté, son attachement au combat de classe, bref son engagement, font partie de l'héritage des élus communistes parisiens. C'est notre fierté d'avoir des ouvriers élus dans l'une des plus grandes capitales du monde pour défendre la classe ouvrière et porter des progrès sociaux pour toutes et tous. Au nom des élus communistes, je m'incline devant sa mémoire, la mémoire d'un militant et d'un élu courageux et sincère.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Président.