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Juin 2016
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Conseil Municipal
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IV - Question d'actualité posée par le groupe Ecologiste de Paris à Mme la Maire de Paris relative aux inondations.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2016


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous allons à présent poursuivre. C'est la question n° 4 du groupe Ecologiste de Paris. Madame Galla BRIDIER, vous avez la parole.

Mme Galla BRIDIER. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, 6 mètres 10 : telle fut la mesure du pic des crues qui ont touché notre ville les semaines passées. RER C fermé, évacuation des réserves des musées du Louvre et d'Orsay, des images impressionnantes d'un fleuve au débit rapide et gonflé par les eaux. Les habitants n'ont pas été touchés, mais les activités économiques liées au fleuve l?ont fortement été. De nombreux travaux de remise en état des chaussées et voiries, de parcs et jardins où certains arbres ont été endommagés, sont actuellement menés. Si l'exercice "Sequana" réalisé grandeur nature en mars 2016 a permis d'aller plus vite quant à la réaction des différents acteurs, nous pensons qu'il faut aller plus loin et qu'il est possible de mieux prévenir les crues elles-mêmes. Il est, en effet, important que la Ville prenne toutes les mesures nécessaires pour minimiser, sinon éviter, ces crues dans le futur. En effet, une crue centennale beaucoup plus importante est à craindre dans les années à venir. Nous souhaitons ici rappeler que ces crues sont fortement accentuées par les modèles agricoles et urbains qui prédominent aujourd'hui, à savoir des modèles intensifs et productivistes. En fait, les inondations en Ile-de-France, comme il y a quelques années dans le Var, en Bretagne et comme dans de plus en plus d'endroits, résultent du laxisme des politiques foncières qui encouragent systématiquement les projets immobiliers, donc un bétonnage qui imperméabilise les sols de manière inconséquente. L'artificialisation des sols se poursuit en effet actuellement sans réelle réflexion ni pensée à long terme et l'eau ne peut plus être absorbée par les sols. Ecologistes, nous souhaitons que cesse le gaspillage des terres en amont qui accentue le problème des inondations et qu?en aval, dans la ville dense, soient préservées et développées les surfaces de pleine terre. Il nous a semblé essentiel d'alerter notre Conseil, ici et aujourd'hui, pour que ces éléments soient pris en considération pour la modification du plan local d'urbanisme qui aura lieu lors de notre prochaine séance. Préserver les sols, tel qu'en particulier l'agriculture biologique le permet, éviter le tout-bétonisation et rendre les villes plus végétales, sont les actions qui doivent être menées dans le futur, à l'instar, d'ailleurs, de ce qui a pu déjà être mis en place par la régie "Eau de Paris". Une ville en transition écologique est aussi une ville qui veille à mettre en ?uvre les moyens pour sa préservation et la sécurité de ses habitants à moyen et long termes. Nous souhaitons donc vous demander, Madame la Maire, au vu de la crue qui vient de toucher notre ville, très inférieure à celle de 1910, et les dégâts importants qu'elle a entraînés, quelles sont les décisions concrètes que vous allez prendre afin de s'engager vers une ville durable, notamment dans le cadre de la mise en ?uvre du carnet d'adaptation que nous avons voté il y a quelque temps au sein de notre Assemblée ? Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame BRIDIER. Je vais donner la parole à Célia BLAUEL pour vous répondre.

Mme Célia BLAUEL, adjointe. - Merci, Madame la Maire. Effectivement, ce samedi 4 juin, la Seine a atteint son pic de crue, 6 mètres 10 au pont d?Austerlitz, soit la crue la plus importante qu'ait connue notre ville au cours de ces 30 dernières années. Si de nombreuses communes situées le long du Loing ou plus proches de Paris, dans l?Essonne et dans le Val-de-Marne, ont connu des situations particulièrement difficiles du fait des inondations, il est vrai que Paris a été relativement épargnée. Je crois aussi important, à l'occasion de cette question d?actualité, de témoigner de notre solidarité à toutes les victimes de la crue au-delà de nos strictes frontières administratives. Cet épisode de crue a été aussi un moment très fort de mobilisation pour notre Ville qui nous a permis de constater l'efficacité de nos dispositifs de prévention et de gestion de crise. Nous organiserons à la rentrée, avec Colombe BROSSEL, un retour d'expérience. Je tiens d'ores et déjà à remercier ici - et je sais que Colombe s'associe à ces remerciements - l'ensemble des directions de la Ville, et tout particulièrement la DPP, qui ont une nouvelle fois prouvé leur sens du service public et de l?intérêt général en assurant une coordination efficace et en mettant en ?uvre toutes les actions nécessaires à une gestion sereine de la crue pour réduire ses effets sur le quotidien des Parisiens. Si les dispositifs de prévention sont cruciaux - vous avez raison, Madame la Conseillère - il s'agit aujourd'hui aussi de mieux anticiper, de préparer notre ville face à ces événements climatiques extrêmes. C'est d'ailleurs l'ambition exprimée dans la stratégie d?adaptation au réchauffement climatique adoptée par notre Conseil en septembre dernier. Pour rappel, cette stratégie a été bâtie notamment avec un travail fait avec Météo France qui nous montre que, sous les effets du dérèglement climatique, Paris connaîtra à l'avenir des événements climatiques exacerbés, au premier rang desquels les vagues de chaleur en été et un risque de crue accru. Au-delà des dispositifs de crise, cette stratégie nous amène d?abord à mettre en ?uvre des logiques d'urbanisme plus durables. Nos objectifs de végétalisation, de plantation d'arbres, de désimperméabilisation des sols, sont autant de mesures mises en ?uvre qui contribuent à la prévention des risques, mais aussi à améliorer la qualité de vie. Parmi l'ensemble des mesures que prévoit cette stratégie d'adaptation, je me permets d?en citer une tout particulièrement innovante, qui est celle du lancement du zonage pluvial de Paris. Avec Mao PENINOU, nous portons ce dossier qui va permettre d'initier une politique de gestion des eaux de pluie à la parcelle pour avoir des résultats tant en termes de prévention des crues que de reconquête de la qualité de l'eau de la Seine, que de construction d?une ville plus durable. La stratégie d?adaptation s?attache aussi à réaliser un travail de pédagogie et d'information plus fort à destination des Parisiens. Les retours d?expérience le démontrent : la réaction des populations, le tissage de solidarités à l'échelle d?un immeuble, d'un quartier, sont très importants pour faire face à ce type de situation. C?est pour cela que nous allons poursuivre le travail de pédagogie initié notamment à travers le programme "Plouf 75" que nous menons avec la Préfecture de police à destination des enfants. Mais nous travaillons aussi en ce moment à des projets plus poussés, notamment avec les gardiens de la R.I.V.P., relais d?information locaux, avec l?idée de travailler sur la mobilisation des acteurs du territoire parisien. C?est d?ailleurs dans cette dynamique que notre Ville a rejoint le réseau des "100 villes résilientes" de la fondation Rockefeller. Aujourd?hui, c?est avec des villes comme New York, Rotterdam ou encore Londres que nous construisons des politiques publiques innovantes et inclusives pour faire face à ces événements climatiques extrêmes. J?en terminerai en rappelant que, sur le sujet de la crue, la réponse ne peut être strictement parisienne. Cet épisode montre, une nouvelle fois, que c?est bien... Si cela ne vous embête pas, j?aimerais bien poursuivre. Merci. ? à l?échelle du bassin Seine-Normandie que nous devons réfléchir. Reconquête naturelle du lit majeur des cours d?eau, limitation de l?étalement urbain, désinperméabilisation des sols, développement des zones humides et de la biodiversité, évolution nécessaire des modes de culture agricole : ce sont des moyens efficaces pour limiter l?ampleur et la vitesse des crues. Tous ces sujets sont en ce moment en cours de réflexion, depuis plusieurs semaines au sein du Comité de bassin Seine-Normandie qui, c?est une première, adoptera en décembre prochain, sa stratégie d?adaptation au changement climatique. Cette réflexion est évidemment et sera dans les mois qui viennent l?occasion pour Paris de partager notre expérience et d?exprimer des ambitions fortes pour une urbanisation plus durable respectant les éléments naturels et permettant d?augmenter la résilience de nos territoires.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Madame Célia BLAUEL. Madame BRIDIER, vous souhaitez reprendre la parole ?

Mme Galla BRIDIER. - Juste pour remercier Célia BLAUEL de ces éléments et encore insister sur le fait qu?il faudra donc traduire concrètement le coût de ces orientations dans le cadre du P.L.U., que nous aurons à modifier à la séance prochaine. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.