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Juin 2016
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Conseil Municipal
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2016 DAC 243 - DJS - Subvention (75.000 euros) et avenant à convention avec l'association "Confluences" (20e).

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2016


 

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DAC 243 - DJS : subvention à l'association "Confluences". Monsieur PÉRIFAN, vous avez la parole.

M. Atanase PÉRIFAN. - Merci, Monsieur le Maire, chers collègues. Dans l'exposé des motifs de ce projet de délibération DAC 243, je cite : "L'association structure sa programmation autour de thématiques engagées par une réflexion commune sur des sujets politiques et sociétaux." De tout temps, les artistes se sont exprimés à travers leur art, leurs convictions, c'est une bonne chose, il est de notre devoir de protéger cette liberté d'expression essentielle au débat démocratique. Mais l'on peut légitimement s'interroger, dans le cas précis de l'association "Confluences", lorsque nous engageons par notre vote sur cette subvention, l'argent des Parisiens. En effet, la programmation réalisée par cette association, en particulier en période électorale, fortement hostile à certains candidats, semble plus relever d'une certaine forme de propagande que, et je recite l'exposé des motifs, "d'une réflexion commune". Je n'ose imaginer ce que vous auriez dit, chers collègues, si une association que nous subventionnerions ici avait créé un spectacle qui aurait pu s'appeler, pour la prochaine présidentielle, "Sans Hollande ni Mélenchon", avec l'argent du public, l'argent des Parisiens. Permettez-moi d'être d'autant plus troublé par cette subvention lorsqu'on regarde les comptes de cette association. Ses subventions ont presque doublé en 5 ans. Beaucoup d'associations auraient été heureuses qu'on leur réserve le même sort. Elle représente aujourd'hui deux tiers de ses recettes, un budget de 429.000 euros alors que le poste recettes particuliers est de 2.500 euros, c'est-à-dire moins de 1 % des recettes. Je ne suis pas sûr que cette association ait rencontré encore son public. Entre 2013 et 2014, l'augmentation des subventions a été de l'ordre de 25 %, 25 % en un an, alors que ses charges de personnel augmentaient de 15 %, 15 % d'augmentation des charges de personnel. Cela ne l'a pas empêchée, en 2014, d'être mise en redressement judiciaire, ce qui ne semble pas être le gage d'une saine gestion. Je vous demande donc, Monsieur le Maire, chers collègues, et je serai heureux d'avoir l'avis de l'Exécutif sur ce qui s'apparente plus au financement d'un combat politique avec l'argent des Parisiens. Je vous remercie.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci, Monsieur PÉRIFAN. La parole est à Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Monsieur PÉRIFAN, il faut que mes collègues, qui ne sont pas du 20e, réalisent ce que c'est que d'avoir M. PÉRIFAN dans un Conseil du 20e arrondissement parce que nous avons eu ce débat. C'est un collègue qui, par exemple, dans sa haute conception de la politique, n'hésite pas à avoir un geste sexiste à l'encontre d'une de nos collègues, c'est comme cela qu?il pense fermer, clouer le bec, faire taire les élues avec des gestes comme cela à l'encontre d'une femme, parce que c'est une femme. Il faudrait avoir et entendre les leçons d'éducation populaire, de conscience républicaine de la part d'un élu comme M. PÉRIFAN, vu la conception qu'il a de l'émancipation. Alors non, aucune leçon à recevoir de M. PÉRIFAN.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - M. BOURNAZEL aura la parole dès la fin de l'intervention de Mme SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Aucune excuse, Monsieur, parce que nous attendons toujours les vôtres concernant le geste totalement déplacé que vous avez eu à l'intérieur du Conseil du 20e arrondissement. Nous les attendons toujours. Maintenant, revenons au projet de délibération.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Madame SIMONNET, s'il vous plaît, venez-en au fond de votre intervention. Puis la parole ira immédiatement après au Président du groupe les Républicains, Pierre-Yves BOURNAZEL.

Mme Danielle SIMONNET. - Depuis la Seconde Guerre mondiale, après la victoire contre le nazisme, quelle a été justement la définition de la culture et de son articulation forcément étroitement liée à l'éducation populaire ? Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, force est de constater que l'éducation initiale pour former l'esprit civique du citoyen ne suffit pas, et que la diffusion de la culture ne peut pas être déconnectée de la formation de l'esprit critique du citoyen. Et donc, oui, la bataille politique, au sens noble du terme, au sens vie de la cité, au sens esprit critique, au sens émancipation, est étroitement liée à la culture, et les deux s'alimentent et doivent ne faire qu'une chose, au sens fort du terme. Alors, oui, "Confluences" fait partie de ces lieux culturels qui permettent de réfléchir, qui interrogent et qui permettent de mêler la notion de beau et de conscience, et d'éveiller les consciences, en permettant des rencontres diverses, plurielles. Et le travail de cette association, comme beaucoup d'autres, qui s'adosse à la fois sur une programmation, sur un soutien à la création, sur un travail avec des associations de quartier, avec des citoyens, avec aussi des militants, parce que c'est un lieu, oui, et qui d'ailleurs le revendique, permet à des collectifs de citoyens, de militants, de bénéficier aussi de leur salle pour organiser des débats, une réflexion, pour permettre l'engagement citoyen. Je salue ces lieux. Je salue ces lieux qui considèrent que culture et engagement vont de pair. Et, Monsieur Atanase PÉRIFAN, j?espère qu?un jour vous comprendrez que la lutte contre l?obscurantisme, et contre tous les obscurantismes, nécessite de ces lieux d'engagement, mais peut-être que vous ne souhaitez pas le comprendre pour d'autres raisons. Je vous remercie et vous invite au contraire à voter pour ce projet de délibération.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci, Madame SIMONNET.

La parole est à M. Pierre-Yves BOURNAZEL.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Monsieur le Président, je demande une suspension de séance et un droit de réponse pour M. Atanase PÉRIFAN, qui a été gravement mis en cause à l'instant.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Nous allons suspendre la séance pour trois minutes.