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Conseil Municipal
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2016 DGRI 23 - Subvention (1.633.000 euros) et avenant à convention avec l'Association internationale des maires francophones - AIMF (1er).

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DGRI 23. Il s'agit de l'attribution d'une subvention d'un montant de 1.633.000 euros à l'Association internationale des maires francophones, l'A.I.M.F. La parole est à Mme Marie ATALLAH, pour cinq minutes.

Mme Marie ATALLAH. - Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues, nous avons souhaité intervenir sur ce projet de délibération pour deux raisons principales : d'une part, pour saluer le rôle de l'A.I.M.F. comme partenaire de la Ville et souligner ses actions importantes dans l'espace des villes francophones dans le monde, notamment des villes du Sud, et d'autre part, pour attirer l'attention sur un aspect budgétaire qui nous interpelle et appelle pour nous des éléments de réponse. Rapidement sur son historique, l'Association internationale des maires francophones fut créée en 1979 à l'initiative des Maires de Paris et de Québec avec 20 villes fondatrices. 47 ans après, nous constatons que l'A.I.M.F. regroupe aujourd'hui 272 villes représentant plus de 130 millions d'habitants. Cette évolution très positive est la preuve évidente de son succès et de son utilité. En effet, l'A.I.M.F. ne cesse de multiplier les réalisations et les projets et tente de développer ses ressources de financement auprès de partenaires publics importants. C'est le cas, par exemple, de l'accord-cadre signé avec l'Union européenne en janvier 2015. Nous notons également le pouvoir d'agir important de l'A.I.M.F. en faveur des combats que mènent les villes dans notre monde actuel et pour notre avenir. C'est le cas, par exemple, du rôle que peuvent jouer les villes adhérentes dans la mise en ?uvre de l'accord du climat où 60 % des villes membres de l'A.I.M.F. étaient présentes, ici, à l'Hôtel de Ville lors du Sommet des Maires. Plus concrètement sur la thématique du climat et plus particulièrement sur le développement local, l'A.I.M.F. a par exemple développé un projet important au Cameroun avec d'autres bailleurs de fonds afin de réhabiliter et créer des infrastructures d'eau et d'assainissement. Ainsi, des latrines écologiques permettant la fertilisation des sols ont été introduites dans ce pays pour la première fois. Ce projet de plus d'un million d'euros et de plus de 200.000 bénéficiaires fut primé par les Nations Unies pour le service public en 2014 et a reçu le prix d'excellence. Espace d'union et de solidarité, l'A.I.M.F. constitue également un espace de grande diversité culturelle. Le dialogue des civilisations au sein de son réseau de villes est forcément une source d'enrichissement de notre monde actuel et notamment en ce qui concerne notre vivre ensemble dans le respect de nos valeurs communes. En ce sens, l'A.I.M.F. développe et soutient plusieurs projets, plusieurs thématiques en faveur de l'égalité et du vivre ensemble. La thématique du genre constitue, par exemple, un axe transversal de la programmation stratégique de l'A.I.M.F. Cette année, un prix du leadership féminin est lancé afin de valoriser la place de la femme dans la vie publique et le développement local. Le prix sera remis pour la première fois lors de sa prochaine A.G. en 2017. Sur la thématique importante du vivre ensemble, l'A.I.M.F. a décidé d'en faire sa priorité pour l'année 2016. Cela nous donne l'occasion ici d'attirer l'attention de notre Assemblée sur une belle initiative citoyenne allant dans le sens de cette orientation. Il s'agit de l'Appel de Beyrouth pour une Méditerranée du vivre-ensemble, un appel lancé tout récemment par une centaine de personnalités issues de la société civile libanaise. Une pétition circule sur Internet et s'adresse à tous les modérés des deux rives de la Méditerranée qui partagent une vision de villes ou de pays fondée sur le respect des libertés et favorable au vivre ensemble de tous. Elle fixe la base d'une charte d'une Méditerranée du vivre-ensemble et créée un observatoire pour accompagner son application dans les pays concernés. Ce projet mérite, selon moi, un soutien particulier et je propose ici que l'A.I.M.F. puisse lui apporter tout son soutien. Avant de terminer, permettez ma question, Monsieur le Maire, s'agissant de votre choix de réduire la subvention de cet acteur important de 100.000 euros puisque nous constatons que la subvention de la Ville passe de 1.733.000 euros à 1.633.000 euros. Convaincue par la nécessité de renforcer l'action de l'A.I.M.F. dans son rôle d'appui aux collectivités locales et dans leur capacité d'agir, je conclus en rappelant que c'est bien à des chefs des villes et au plus près des réalités locales que nous pouvons contribuer au progrès humain et social que nous souhaitons pour nos villes et notre monde. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à M. Patrick KLUGMAN, pour vous répondre.

M. Patrick KLUGMAN, adjoint. - Je remercie tout d'abord Marie ATALLAH de me permettre d'aborder plus largement les travaux de l'A.I.M.F.

L'A.I.M.F., c'est l'Association internationale des maires francophones. C'est un réseau qui a été fondé par Paris en 1979 et dont le Maire de Paris, en l'occurrence la Maire de Paris, est le président en exercice depuis cette date. Sachez également que l'A.I.M.F. est un organe institué de la francophonie puisque c'est le bras armé de la francophonie en matière de coopération décentralisée, reconnu à ce titre par l'Organisation internationale de la francophonie. Effectivement, l'A.I.M.F. a ceci de particuliers dans les réseaux de maires, un réseau extrêmement proche, extrêmement fort et qui est axé autour de la coopération autour de projets extrêmement concrets et extrêmement puissants puisqu'ils se déploient localement dans le cadre des décisions qui sont prises par le Bureau. Chaque année, l'A.I.M.F. investit un peu plus de 2 millions d'euros dans la coopération décentralisée. Sachez que lors du dernier Bureau de l'association, 1.200.000 euros ont été engagés dans neuf nouveaux projets : trois projets de développement économique à Domoni aux Comores, Garoua au Cameroun, Tamatave à Madagascar, trois projets visant à l'amélioration de l'accès aux services essentiels à Thiès au Sénégal, Huê au Vietnam et Tunis en Tunisie, deux projets culturels à Abidjan en Côte-d'Ivoire et un réseau de villes francophones piloté par la région Wallonie-Bruxelles et enfin un projet important sur la prévention des risques à Kinshasa, en RDC. L'A.I.M.F. reste à un niveau de constante augmentation de ses investissements en matière de coopération. La Ville de Paris reste son partenaire privilégié, même s'il faut noter que notamment grâce à notre appui, l'association a diversifié son financement en bénéficiant depuis maintenant deux ans d'un soutien de l'Union européenne qui est extrêmement important et qui l'aide à poursuivre son développement. Sachez encore en deux mots pour l'A.I.M.F. - et je viendrai sur l'évolution de notre subvention - que nous avons tenu pour la première fois un Bureau l'année passée à Lafayette aux États-Unis. C'était extrêmement important pour l'extension des activités de l'association en Amérique du Nord puisqu'il y a évidemment nos amis canadiens mais maintenant également américains. Nous avons tenu notre dernière assemblée générale à Tunis, ce qui était extrêmement important après les actes parfois violents qu'a connus la Tunisie et en confiance marquée à l'essor de ce pays après la révolution qui a été la sienne il y a quelques années. Notre prochaine Assemblée sera, chère Marie ATALLAH, à Beyrouth au mois de septembre prochain. Voilà quelques mots de l'A.I.M.F. qui est une très belle organisation. Effectivement, notre subvention se maintient à un niveau très important. Nous restons le premier partenaire de l'A.I.M.F. L'A.I.M.F. continue de développer ses activités, mais du fait d'abord de sa bonne gestion et ensuite de la diversification de ses ressources, nous avons pu entamer, en concertation avec l'association, une légère stabilisation et décrue de notre subvention qui baisse effectivement de 100.000 euros pour s'établir à 1,633 million d?euros, au lieu de 1,733 million d?euros précédemment. Mais cette baisse, qui est importante, compte tenu de nos finances publiques, ne met en rien en péril ni l?association, ni l?essor de ses activités. Voilà ce que je pouvais vous dire, sans vouloir être plus long, et je vous remercie donc de voter favorablement cette délibération.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DGRI 23.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DGRI 23).