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Avril 2004
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38 - 2004, PJEV 22 - Substitution de la dénomination "Parc Marcel Bleustein-Blanchet dit Parc de la Turlure" à la dénomination "Parc de la Turlure" (18e)

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2004


M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération PJEV 22 relatif à la substitution de la dénomination "Parc Marcel Bleustein-Blanchet" dit "Parc de la Turlure" à la dénomination "Parc de la Turelure" dans le 18e.
La parole est à Melle Charlotte NENNER, pour le groupe "Les Verts".
Melle Charlotte NENNER. - Monsieur le Maire, Marcel Bleustein-Blanchet a été un résistant et un combattant de la deuxième guerre mondiale. Il a également beaucoup fait pour le 18e arrondissement et la Butte-Montmartre. Pour tout cela, nous devons lui rendre hommage.
Mais dans l'hommage que la Ville de Paris veut lui rendre par la dénomination d'un parc dans le 18e, il est beaucoup plus question de son parcours dans la publicité. Car on doit à Marcel Bleustein-Blanchet le concept même de "publicité", se substituant subtilement au concept de "réclame". On lui doit également l'introduction de la publicité à la radio, au cinéma puis à la télévision. Magnat de la presse, il nous est également signalé dans la note bibliographique qu'il a créé "Publicis", "première société française à prévoir l'expansion de la publicité hors de ses frontières".
Dois-je vous rappeler que la publicité est considérée par beaucoup comme une véritable agression quotidienne ? Nous subissons des milliers de messages par jour et, à moins d'être sur une île déserte, il est impossible d'y échapper. La place que prend la publicité dans nos vies est devenue complètement démesurée et nuisible, coupures de films, tunnels de publicité entre deux émissions, suppression des courts métrages avant les films au cinéma, bêtise de la publicité à la radio, pollution visuelle de l'affichage publicitaire, etc. La surcharge des messages mêlée à la simplification et au matraquage contribue à la sous-information des citoyens. Comment s'y retrouver alors que, pour la lessive tartempion, on aura reçu plus de 20 messages par jour et que l'analyse politique avant les élections aura pris 20 secondes dans un journal ?
Alliée de la surconsommation et du gaspillage, la publicité est aussi loin d'être compatible avec le développement durable.
L'actualité récente a aussi montré que le système publicitaire savait donner également dans la répression la plus implacable. "Publicis", par sa filiale "Métrobus", n'a pas hésité pour mater une contestation non-violente de barbouillage dans le métro, a demandé 1 million d'euros à 62 militants "antipub", pour la plupart chômeurs, étudiants ou intermittents.
Non, la publicité n'est pas ce que le XXe siècle a apporté de mieux au bien de l'humanité. C'est encore moins un service public qui nécessite que l'on rende hommage à l'un de ses principaux artisans.
Pour toutes ces raisons, les élus "Verts" s'abstiendront sur ce projet de délibération.
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Je vous remercie.
Pour vous répondre, je donne la parole à notre collègue Yves CONTASSOT.
M. Yves CONTASSOT, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Je considère que c'est plus une explication de vote qu'une interpellation.
J'avais dit qu'il était dommage de donner des noms de personnages, quelles que soient leurs qualités ou leurs défauts, à des squares.
C'est l'histoire de Paris que l'on est en train d'oublier et remplacer le nom du square de la Turlure, nom merveilleux et très évocateur, par un nom de personnage, quel qu'il soit, me paraît dommage. Mais c'est une décision approuvée par le Conseil d'arrondissement. Donc, nous devons donner suite à cette demande.
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Merci.
Je mets à présent aux voix, à main levée, le projet de délibération PJEV 22.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, PJEV 22).