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Avril 2004
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27 - I - Question d'actualité déposée par le groupe communiste concernant les conditions de la rentrée scolaire 2004-2005 à Paris

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2004


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous commençons par la question d'actualité du groupe communiste, la parole est à son président.
Monsieur le Président VUILLERMOZ, vous avez la parole.
M. Jean VUILLERMOZ. - Vous le savez, Monsieur le Maire, les mesures annoncées pour la carte scolaire 2004-2005 suscitent un grand émoi dans la communauté scolaire parisienne. Tous les niveaux sont touchés, de la maternelle au lycée.
C'est une Education nationale à plusieurs vitesses qui est proposée. Tous les enfants ne sont pas certains d'être accueillis en maternelle dès leurs 3 ans. Quant à l'accueil des moins de 3 ans, il devient complètement résiduel à Paris. Ce sont les enfants le plus en difficulté qui en pâtissent le plus, c'est-à-dire les plus fragiles, ceux qui auraient le plus besoin d'un effort particulier.
En primaire, si le Rectorat est revenu sur de nombreuses suppressions qu'il avait prévues, il continue de tenir un discours parlant d'une collectivité scolaire surdotée et refuse d'envisager des ouvertures de classe à hauteur d'une véritable politique éducative.
Qui en pâtit ? Les enfants des Z.E.P. et R.E.P., les jeunes en situation de handicap, les enfants non francophones. C'est un choix délibéré du Gouvernement.
Il en est de même pour le secondaire, dans les collèges, et ce sont les lycées professionnels et technologiques qui sont les plus touchés. Là encore, ce sont les plus fragiles qu'on sacrifie.
Je ne peux d'ailleurs ne pas dire un mot sur la décision de fermeture du collège Yvonne-le-Tac dans le 18e arrondissement, décidée pour deux jours, en réponse à l'occupation du collège par les parents d'élèves.
La baisse de la dotation horaire globale est une mauvaise chose dans tous les collèges mais à Yvonne-le-Tac, cela signifie quasiment la perte de soixante heures en deux ans, la suppression des cours dédoublés en langue et en science, l'abandon des heures de soutien. Les parents ont raison de se mobiliser. La décision de fermeture prise en concertation avec le Rectorat est inadmissible.
Non seulement ces choix conduisent à refuser l'aide de la Nation à ceux qui en ont le plus besoin, mais ils sapent littéralement les fondements de la culture générale commune, en supprimant, selon les endroits, les heures de langue vivante ou ancienne et en s'attaquant au cours de philosophie, etc.
Un récent propos du responsable de l'Education Nationale des Hauts-de-Seine, M. SIVIRINE, éclaire de façon cruelle les projets du Gouvernement en matière d'éducation.
Je le cite : "Nous sommes dans une situation où la société et les parents d'élèves ont des exigences de plus en plus diversifiées par rapport à l'école. Par exemple, les parents qui mettent leurs enfants au lycée Pasteur à Neuilly et qui font des pieds et des mains pour cela n'attendent pas que le lycée l'éduque. Ils attendent que l'école lui donne les meilleures chances de réussite aux examens.
A côté, vous avez certains établissements, à Nanterre par exemple, où les parents attendent une éducation de base pour leurs enfants parce qu'eux-mêmes ne peuvent tout simplement plus les éduquer.
Les missions de l'école, c'est donc de répondre aux attentes très diversifiées de la société".
Monsieur le Maire, mes chers collègues, permettez-moi de vous dire que cette déclaration est purement et simplement scandaleuse. Cela n'a plus rien à voir avec l'école de la République ni avec le service public. Il n'est pas possible de laisser passer un tel projet.
Samedi, plusieurs manifestations ont fait connaître le mécontentement tant des parents que des enseignants.
Un nouveau Ministre de l'Education nationale vient d'être nommé. La presse rapporte qu'il aurait négocié avec le Président de la République les moyens d'une rentrée apaisée. Nous souhaiterions donc, Monsieur le Maire, que vous puissiez l'interpeller comme vous l'aviez fait avec son prédécesseur pour lui faire savoir la colère de la communauté scolaire parisienne et la nécessité de modifier les choix arbitrés à ce jour.
Merci.
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. Eric FERRAND.
M. Eric FERRAND, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.
J'ai bien écouté M. VUILLERMOZ. L'éducation est un enjeu de société et la Ville de Paris est extrêmement présente sur ce terrain.
Force est de constater que les mesures envisagées pour la rentrée scolaire prochaine sont extrêmement inquiétantes et, à cet égard, nous nous opposerons à toute tentative de dégradation de l'Education nationale.
Nous sommes face à une carte scolaire qui aggrave les inégalités dans le premier degré ; et nous sommes face à des mesures envisagées de baisse de dotations horaires globales qui menacent l'enseignement secondaire et notamment les sections spécialisées, les collèges en Z.E.P. et les lycées professionnels.
Je rappelle d'ailleurs que pour la carte scolaire du premier degré, les Z.E.P. qui ne concernent que 30 % des écoles parisiennes sont touchés par 40 % des fermetures. Les Z.E.P. qui ne concernent que 30 % des écoles parisiennes ne sont concernées que pour 25 % par les ouvertures.
Pas très loin d'ici, le lycée professionnel Théophile-Gautier voit sa dotation réduite de soixante heures. Vous avez cité le collège Yvonne-le-Tac et là, évidemment, il faut dénoncer cette mesure de fermeture qui a été prise pour deux jours, lundi et mardi, car ce n'est pas le meilleur moyen d'entamer la discussion et d'étudier le dossier dans la sérénité.
Je voudrais à cet égard vous dire que j'ai eu des contacts avec le Rectorat ce matin, plusieurs fois. Le recteur m'a fait savoir qu'il acceptait de faire rouvrir le collège Yvonne-le-Tac, demain matin, à 10 heures. Il souhaite que les parents s'engagent à ne plus occuper l'établissement et à ne plus empêcher son bon fonctionnement et il accepte de rouvrir les discussions sur ce collège précisément. Les parents d'élèves pourront être reçus par le directeur d'Académie demain matin ou demain après-midi s'ils le souhaitent et par le recteur lui-même, à la fin du mois d'avril.
Cela augure peut-être de meilleures conditions d'approche de ces dossiers extrêmement difficiles. Cela étant, la Municipalité parisienne restera extrêmement vigilante et on ne va pas se payer de mots. Je crois que le ministre non plus ne doit pas se payer de mots.
Nous resterons très présents dans toutes les instances qui décident des conditions de rentrée scolaire pour septembre prochain. Et, avec le Maire de Paris, nous interviendrons et nous nous battrons pied à pied pour que les choses se passent bien.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Tout à fait.