Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Avril 2004
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

32 - VI - Question d'actualité de Mme Roxane DECORTE et des membres du groupe U.M.P. relative à la situation de la Petite enfance à Paris

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2004


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons donc à la dernière question d'actualité.
La parole est à Mme DECORTE, pour le groupe U.M.P.
Mme Roxane DECORTE. - Monsieur le Maire, nous sommes aujourd'hui à mi-mandat. Vous vous êtes engagé à livrer 4.500 places d'accueil aux tout-petits parisiens.
Depuis trois ans vous vous voulez le chantre de la transparence. Force est de constater que vous êtes le chantre des effets d'annonce.
Il est un domaine crucial où nous les élus de l'opposition...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je me demande parfois si vous en êtes vraiment convaincue. Pardonnez-moi.
Mme Roxane DECORTE. - Prenez-le avec humour.
Il est un domaine crucial où nous les élus de l'opposition demandons en vain des informations précises. Il s'agit du domaine de la "Petite enfance", thème majeur en terme d'équipement de proximité de vie quotidienne pour les Parisiennes et les Parisiens.
Au Conseil de Paris de février dernier, je vous demandais déjà, en vain - faut-il le rappeler ? - lors d'une question orale un bilan exhaustif, crèche par crèche, du nombre de places créées par la nouvelle Municipalité et non décidé et voté sous l'ancienne mandature.
Nous attendons, pour assurer une véritable transparence, un tableau, un audit précis de la situation faisant apparaître pour chaque ouverture de place depuis mars 2001 :
1) le type d'établissements ;
2) l'adresse précise ;
3) le nombre de berceaux supplémentaires avec leur date d'ouverture.
Aussi face à votre désinformation, nous avons dû constituer une base de données de laquelle il ressort que 199 places de crèche créées ex nihilo ont été livrées depuis votre arrivée à l'Hôtel-de-Ville. Or 130 sont le fait de Jean TIBÉRI et seulement 69 sont dues à votre propre initiative : la crèche de l'Hôtel-de-Ville avec 45 places et 24 places dans le 17e.
Au total, vous avez créé de votre propre initiative 398 places pour les petits Parisiens tous modes de gardes confondus. On est bien loin des 1.900 places que vous annoncez évidemment pour les réalisations présentes.
Nous tenons à votre disposition les éléments quantifiés que nous avons répertoriés : sur le nombre de places ouvertes en crèches depuis mars 2001, sur le nombre de places ouvertes en haltes-garderies, sur le nombre de crèches programmées, sur le nombre de haltes-garderies programmées. Toutes montrent que nous sommes loin de vos promesses.
Alors, Monsieur le Maire, nous attendons les vraies données sur ce sujet primordial et non vos affirmations médiatiques. Alors, éclairez-nous, informez-nous dans la transparence évidemment.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Mais vous voyez que vous avez respecté les deux minutes et demie.
Mme TROSTIANSKY va vous répondre. Quand il y a eu moins de 1.000 places réalisées en six ans, et qu'il y en a aujourd'hui près de 2.000 en trois ans, vous pouvez toujours prétendre que c'est grâce à M. TIBÉRI. Vous auriez dû le dire plus à un autre moment.
Mais c'est comme quand M. TIBÉRI dit : "Mais "Paris-plage", c'est moi qui l'ai fait". Il a fait des crèches, il a fait "Paris-plage". A mon avis, quand il y aura le tramway, vous allez nous dire que c'est vous qui l'avez fait. Mais continuons...
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Ce sera un peu vrai !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous voyez ! Tiens ! Alors, pourquoi vous le critiquez pendant qu'on le fait ?
Allez, la parole est à Olga TROSTIANSKY. C'est bien ce qu'il me semblait, mais je ne pensais pas que vous alliez immédiatement confirmer ce que je disais!
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - C'est le coucou qui fait son nid dans le nid des autres oiseaux !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Sans vous, je ne serais rien, mais pas pour les raisons que vous indiquez !
La parole est à Mme TROSTIANSKY.
Mme Olga TROSTIANSKY, adjointe. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, je crois que l'U.M.P. ne se rend compte de la pénurie en matière de places en crèche à Paris que depuis que je martèle le retard que l'U.M.P. a accumulé et ses conséquences sur la vie quotidienne des familles à Paris.
Ce qui vous dérange le plus, c'est que nous trouvons des solutions : 408 places en 2001, 750 places en 2002, 750 places en 2003, c'est-à-dire 1.900 places, Monsieur le Maire, vous l'avez dit, soit le double de ce que vous avez fait en six ans ! Je me demande d'ailleurs, sur les 1.000 places de M TIBERI, si c'est de la responsabilité de M. TIBERI ou de M. CHIRAC. Dans la mandature précédente, dans le 10e arrondissement, un des arrondissements le plus démunis, il faut souligner un zéro pointé. De 1995 à 2001 : 0 place pour le 10e arrondissement.
Les réponses actuelles sont en accord avec les besoins prioritaires, et dans les arrondissements de l'Est parisien, et dans les arrondissements de l'Ouest parisien. 195 places dans le 17e arrondissement, 171 dans le 18e arrondissement et 320 places dans le 19e.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Une seconde, Madame TROSTIANSKY. Il y a quand même quelque chose de bizarre. Quand un élu de l'opposition municipale dit des choses qui, éventuellement, ne plaisent pas à la majorité, on écoute. Et quand un élu de la majorité dit des choses qui ne plaisent pas à l'opposition, elle n'écoute pas !
Je vais vous demander, Mesdames et Messieurs de l'opposition, de respecter la parole des élus de la majorité comme nous respectons la parole des élus de l'opposition.
Et maintenant, Mme TROSTIANSKY parle sans être interrompue.
Mme Olga TROSTIANSKY, adjointe. - Merci. Je voulais dire aussi un mot sur l'état déplorable des établissements de la Petite enfance dont nous avons hérité. Nous avons rénové 111 établissements. Ce ne sont pas des places supplémentaires, mais cela évite de nombreuses fermetures définitives, et je peux vous dire que c'est très important dans l'ensemble des arrondissements.
Nous avons également engagé un vaste plan de recrutement de personnel qualifié. Sur un sujet que l'on a abordé ce matin rapidement, je voudrais préciser que nous créerons 500 places à horaires décalés dans la mandature, 200 le sont déjà et une centaine ouvrira en 2004.
Un point important n'a pas été souligné par l'U.M.P., c'est que nous avons installé également des commissions d'attribution de places en crèche afin de garantir la transparence, et non plus le clientélisme qui est une pratique rejetée maintenant par les Parisiens. Deux arrondissements ne veulent pas de ces commissions d'attribution, les 15e et 8e arrondissements. Les maires de ces arrondissements ont signifié qu'ils ne voulaient pas mettre en place ces commissions d'attribution dans leur arrondissement.
Je suis vraiment contente de constater que notre volonté sans faille et l'ampleur de nos efforts finissent par convaincre le groupe U.M.P. de l'importance vitale de ce sujet pour les familles parisiennes.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Un mot supplémentaire de Mme DECORTE. La parole est à Mme DECORTE et pas à d'autres.
Mme Roxane DECORTE. - Il y a un problème de compréhension majeur. J'ai déjà posé cette question en février dernier et, désespérément, je tente d'obtenir la réponse sans y parvenir. Je souhaiterais un bilan exhaustif, un tableau précis. Est-ce si compliqué ? Je ne vous demande pas du verbiage, du bavardage, je demande du concret.
Ce ne sont pas des effets d'annonce : c'est adresse par adresse, un audit précis de ce qui a été fait sous cette nouvelle Municipalité.
J'ai un mail de votre cabinet apparemment à l'intention d'un membre de notre groupe, en date du 17 mars : "Bonjour, ainsi que nous l'avions évoqué ensemble, je vous confirme que nous serons en mesure de vous fournir le tableau que vous attendez d'ici la fin de la semaine". Et cela fait des mois et des mois que cela dure.
A ce jour, nous sommes le 5 avril 2004, nous souhaiterions avoir un bilan précis des places qui ont été décidées sous votre Municipalité, Monsieur le Maire, ce n'est pas impossible.
(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame DECORTE, de nous pousser justement à plus dire aux Parisiens tout ce que nous faisons. Je vais vous donner un premier élément de réponse pour bien vous montrer la différence entre l'ancienne majorité et l'actuelle. Ne vous réjouissez pas trop vite !
Crèches : il y avait un projet d'une association pour une crèche dans d'anciens locaux de la Banque de France dans le 3e arrondissement. Cela avait été refusé formellement par l'équipe à laquelle appartenaient vos amis, formellement !
M. LEGARET précise : "Pour des raisons de coût".
Dès que nous sommes arrivés, nous avons pris ce dossier en main. Quelques mois après, cette crèche ouvrait parce qu'il y avait effectivement les locaux.
Peut-être comptabilisez-vous cela. Vous confondez deux projets de crèche, Monsieur LEGARET, vous ne connaissez pas vos dossiers. Je vous parle d'une crèche que j'ai déjà pu inaugurer - et je vais revenir à celle dont vous parlez - qui était proposée par une association dans d'anciens locaux de la Banque de France et que nous avons pu ouvrir parce que nous avons dit "oui", y compris budgétairement, là où vous disiez "non".
En revanche, M. LEGARET, qui ne connaît pas bien son dossier en la matière, parle d'une autre crèche que j'ai effectivement acceptée rue Rambuteau, bien qu'elle soit relativement chère. Pourquoi ? Parce que le 3e arrondissement manque cruellement de capacité d'accueil des enfants, et c'est vrai que l'on me demande d'en faire plus dans le 1er. Mais, comme on n'en a pas fait du tout dans le 3e, je commence par en faire dans le 3e et, après, on en fera aux autres endroits.
Par ailleurs, Madame DECORTE, puisque vous avez cherché la polémique, et je le regrette, je vais vous poser une question, mais ne me répondez pas maintenant, on a le temps : pourquoi six mairies d'arrondissement dirigées par des élus de l'opposition municipale ont-elles accepté la mise en place de Commission pour l'attribution des places en crèche et pourquoi deux ont-elles refusé ? Il faudra tout de même que vous nous expliquiez, parce que nous avons des comptes à rendre et nous rendons des comptes.
Mais, mes chers collègues, quand on est dans l'opposition, on a aussi des comptes à rendre, pas seulement sur le passé mais aussi sur le présent. Je tenais à vous le préciser.
La séance est suspendue.