Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Avril 2004
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

20 - 2004, DVD 188 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention de partenariat relative à l'organisation de la journée technique "deux-roues motorisés" du 29 avril 2004

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2004


M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DVD 188 relatif à l'organisation de la journée technique "deux-roues motorisés" du 29 avril 2004.
Deux inscrites, Mme RENSON et Mme KUSTER, et M. BAUPIN vous répondra.
Mme Cécile RENSON. - Merci, Monsieur le Maire.
C'est bien dans la série classique : 1- j'agis, 2- je réfléchis, que s'inscrit cette convention de partenariat relative à l'organisation de la journée technique "deux-roues motorisés" du 29 avril prochain.
Monsieur le Maire, vous dites que vous avez obtenu en trois ans une diminution de 10 % de la circulation automobile grâce aux mesures drastiques que vous avez imposées aux Parisiens.
Comment, en même temps, la fréquentation des transports en commun a elle-même faibli de 3 %, comment se sont déplacés les Parisiens, les cadres, qui estiment leur fonction incompatible avec les embarras de Paris, la population active, même plus modeste, obligée de se déplacer malgré les embouteillages, et les livreurs et autres coursiers dont le mode de rémunération est fonction d'un service très rapide ?
Demandez au maire de Barcelone : "plus vous mettez en place des mesures dissuasives contre la voiture, plus les "deux-roues motorisés" se développent". Il est vrai qu'aujourd'hui, à Paris, on compte 70.000 deux-roues moteur, dont on constate 42 % d'augmentation des ventes, car 10 % des déplacements à Paris se font grâce à ces deux-roues motorisés, 10 % qui correspondent aux 10 % de réduction de la circulation automobile.
Ces 10 % d'utilisation des deux-roues motorisés sont responsables des 13 % des tués et blessés graves en deux-roues moteur, ce qui veut dire responsables de 155 morts en Ile-de-France dont 31 à Paris lors de la dernière année.
Ce premier bilan se révèle horriblement lourd lorsqu'il s'agit de vies humaines.
Ces 10 % de déplacements en deux-roues motorisés s'accompagnent, en plus, d'une augmentation de 20 % de pollution atmosphérique concernant les substances toxiques telles que le monoxyde de carbone et les composés organiques volatils.
Voilà pourquoi, malgré la diminution de la circulation automobile, la qualité de l'air ne s'améliore pas à Paris. D'ailleurs, vous l'avez dit vous-même, Monsieur BAUPIN, AIRPARIF avoue même des sommets de pollution jamais aussi élevés qu'en 2003.
Si l'on ajoute à tout ce tableau l'odeur d'huile brûlée due aux pots d'échappement trafiqués, la pratique de parkings sauvages sur les trottoirs, les incivilités des utilisateurs des deux-roues et les nuisances sonores (86 % des pics de bruit supérieurs aux 80 décibels permis, enregistrés rue de la Convention, sont dus aux deux-roues motorisés), on comprend, Monsieur le Maire, qu'il est plus qu'urgent de traiter les conséquences de votre politique dogmatique contre les automobilistes parisiens.
A vrai dire, plutôt que de céder d'une manière aveugle au diktat de vos amis "Verts" qui veulent rendre la voiture désagréable aux automobilistes, il eût mieux valu commencer par réfléchir aux conséquences de cette gêne nuisible pour les Parisiens, pour leur activité et aussi pour les touristes dont on ne saurait négliger la participation à une activité économique que vous avez d'ores et déjà bien compromise.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame RENSON.
Je donne la parole à Mme KUSTER.
Mme Brigitte KUSTER. - Monsieur le Maire, vous nous proposez de vous autoriser de signer une convention avec un organisme regroupant les mutuelles d'assurance, qui prendrait à sa charge des dépenses concernant l'organisation de la journée des "deux-roues motorisés" organisée le 29 avril. Par la même, cet organisme bénéficierait en contrepartie d'autorisations d'actions publicitaires lors de cette manifestation.
Première remarque, on peut s'interroger sur la légalité d'une telle convention, en particulier sur le plan fiscal. Il semble qu'il aurait été préférable d'avoir un marché de prestation de services concernant les dépenses engagées pour le compte de la Ville, et une convention concernant les recettes procurées par l'autorisation d'utiliser certains supports publicitaires pendant les manifestations.
Mais il y a également un problème plus important soulevé au sein de ce projet de délibération.
Quelle est en fait votre politique en matière de deux-roues motorisés, au moment où ce mode de transport attire de plus en plus de Parisiens, qui voient dans ce mode de déplacement la possibilité de continuer à circuler librement dans des conditions acceptables. Pourquoi les deux-roues motorisés sont-ils toujours interdits de circulation dans les couloirs de bus ? Où sont les parkings supplémentaires à leur intention ?
Autant d'interrogations qui, nous l'espérons, trouveront des réponses satisfaisantes lors de cette journée consacrée aux deux-roues motorisés, et même si, je le sais, tout ne dépend pas seulement de vous.
Je vous remercie.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame KUSTER.
M. BAUPIN va donc répondre aux deux oratrices.
M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Visiblement aucune initiative de la Ville ne trouve grâce au yeux de l'U.M.P., même quand on essaie de réfléchir avec les usagers sur l'utilisation des deux-roues à moteur.
Ceci étant, je vais essayer de répondre à l'intervention toute en nuance de Mme RENSON même si visiblement elle est fâchée avec les mathématiques.
Alors, Madame RENSON, nous parlons de diminution de 10 % de la circulation automobile. Or, vous faites valoir - je ne sais d'ailleurs pas où vous l'avez trouvé - un chiffre d'augmentation de 10 % des deux-roues motorisés, en essayant de faire croire que ces 10 % d'utilisateurs de la voiture sont passés sur les deux-roues motorisés. Sachez que nous ne sommes pas du tout sur les mêmes échelles, et que 10 % d'un nombre important de conducteurs automobiles c'est beaucoup plus de gens que les utilisateurs des deux-roues à moteur.
Autant entre 2001 et 2002, le nombre de déplacements à deux-roues motorisés avait augmenté de 8 %, autant entre 2002 et 2003, il a été stationnaire. A l'intérieur de ce niveau maintenu, il y a une différence entre les deux-roues motorisés qui sont immatriculés, qui eux sont plutôt en baisse de 5 à 6 %, et ceux qui ne sont pas immatriculés qui eux sont en hausse de 5 à 6 %. Voilà donc les éléments d'information concernant l'utilisation du deux-roues à moteur qui a plutôt tendance à être stationnaire dans la Capitale et pas en expansion comme vous sembliez le penser.
En ce qui concerne l'utilisation des transports collectifs, je regrette moi aussi que l'année 2003 ait été une mauvaise année. Mais évidemment lorsque les transports collectifs sont en grève, il n'y a pas grand monde qui les utilise. Donc forcément, lorsque vous faites les statistiques à la fin de l'année, vous aboutissez à un nombre de déplacements qui est nettement plus faible que l'année précédente ; c'est cela tout simplement l'explication de la baisse.
Sachant qu'en plus pendant l'été et pendant la canicule, il y avait moins de monde dans les transports collectifs qui malheureusement ne sont pas encore suffisamment adaptés à ces conditions climatiques.
En ce qui concerne l'intervention de Mme KUSTER, d'une part la publicité, comme vous le dites, qui est faite aux assurances, c'est une publicité qui se fera à l'intérieur de la journée technique sur les documents qui seront diffusés. Il ne s'agit donc pas de l'utilisation de panneaux de publicité de la Ville ou quelque chose de ce type.
En ce qui concerne plutôt les questions de fond, je n'ai pas bien compris si vous étiez favorable à l'utilisation des couloirs de bus pour les deux-roues motorisés, sachant que votre collègue Mme RENSON, elle, se plaignait de l'accidentologie des deux-roues à moteur.
En tout cas, je peux vous confirmer que la position de la Ville de Paris, comme celle de la Préfecture de police, comme celle de la R.A.T.P., comme celle des cyclistes, c'est de continuer à interdire l'utilisation des couloirs de bus pour les deux-roues motorisés parce que nous pensons que ce serait terriblement "accidentogène". Et donc nous y restons opposés notamment parce que les deux-roues motorisés sont les principales victimes des accidents de la route. La moitié des accidents graves, c'est-à-dire qui entraînent soit un décès soit un blessé grave, concernent les deux-roues motorisés. Donc ils paient un très lourd tribut à l'insécurité routière et il n'est pas question d'aggraver cette situation.
J'ai d'ailleurs entendu ce matin à la radio une campagne de sensibilisation aux deux-roues à moteur que je trouve particulièrement pertinente.
Voilà les éléments de réponse à ces interventions. Je rappelle, pour finir, que cette journée technique sera un moment important de débats avec des professionnels, avec des élus, avec des techniciens venus de toute la France et y compris de villes étrangères pour travailler sur la question de la sécurité, du déplacement, du stationnement, du bruit, de la pollution liée aux deux-roues motorisés. C'est la première fois que c'est organisé en France. C'est la première fois et nous en avons pris l'initiative. Tous les élus qui sont intéressés par ces questions sont évidemment invités à y participer et peut-être à en dire autre chose que ce que j'ai pu entendre ces dernières minutes.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur BAUPIN.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 188.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, DVD 188).