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Avril 2004
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Conseil Municipal
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153 - 2004, SGRI 18 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec la société J.C. DECAUX une convention pour l'action de sensibilisation à l'élargissement de l'Union européenne

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2004


Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet suivant SGRI 18 relatif à la signature avec la société J.C. DECAUX d'une convention pour l'action de sensibilisation à l'élargissement de l'Union européenne.
M. Sylvain GAREL est inscrit ainsi que Mme Geneviève BERTRAND. C'est Mme NENNER qui intervient ? Allez-y.
Melle Charlotte NENNER. - Merci, Madame la Maire.
Donc il s'agit d'un projet de délibération concernant trois nouveaux partenariats pour le Congrès des Maires du monde, enfin dit "Fédération mondiale des Cités unies" qui doit se tenir à Paris du 2 au 5 mai 2004.
Sur ces trois nouveaux partenariats, il y en a au moins deux... enfin, deux des partenaires pressentis qui sont pour le moins contestables. Il s'agit bien évidemment de...
Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Attendez ! Là, nous sommes sur l'autorisation du Maire de Paris de signer avec la société Decaux une convention pour l'action de sensibilisation et d'élargissement de l'Union européenne.
Melle Charlotte NENNER. - Il semblait qu'il y avait un léger décalage. Je suis désolée.
Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Donc M. GAREL était bien inscrit mais c'est toujours Mme NENNER.
Melle Charlotte NENNER. - C'est toujours moi, mais j'ai mélangé les deux projets de délibération.
Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - D'accord ! Là, nous sommes sur le projet de délibération SGRI 18.
Melle Charlotte NENNER. - Mais c'est un peu lié quand même.
Mais bon. Donc c'est un autre projet de délibération. Excusez moi.
A l'heure où la place de l'affichage publicitaire est fortement contestée à Paris, nous examinons ici un projet de délibération portant sur un nouveau partenariat entre la Ville de Paris et Jean-Claude DECAUX en vue de la sensibilisation à l'élargissement de l'Union européenne.
Faut-il le rappeler, Jean-Claude DECAUX est l'un des principaux artisans de l'affichage publicitaire à Paris via le mobilier urbain, les fameuses sucettes et les abribus notamment et les panneaux d'affichage "Avenir".
Cet affichage publicitaire est une pollution visuelle qui défigure Paris, parfois au mépris des monuments historiques, voire par exemple le nombre de publicités installées à proximité de la Tour Saint-Jacques.
Mais il ne s'agit pas que d'une simple dégradation du paysage urbain. L'affichage publicitaire est aussi contraire au principe du développement durable, poussant ainsi à la surconsommation et au gaspillage. La publicité véhicule également souvent des valeurs nuisibles : sexisme, ethnocentrisme, vitesse, etc.
Les mobiliers urbains servent de support à la publicité, et la Ville de Paris ne reçoit que les avantages en nature.
Les grands panneaux Surma, les sucettes Decaux, loin d'apporter le moindre service aux Parisiens ne font qu'encombrer un peu plus les trottoirs parisiens. Jean-Claude DECAUX a déjà bien contribué à l'uniformisation des villes européennes en imposant partout son mobilier et sa publicité.
Via un contrat signé pour plusieurs années par la précédente mandature, la Ville de Paris dispose de nombreux espaces pour communiquer. En effet, l'une des faces des sucettes Decaux est à la disposition gracieuse de la communication de la Ville. Pourquoi ne les utilise-t-on pas pour promouvoir l'Europe ?
La sensibilisation à l'élargissement de l'Union européenne pourtant indispensable a bon dos. Que se cache-t-il derrière ce nouveau partenariat ? Nous n'y voyons qu'un lobbying de plus exercé par Jean-Claude DECAUX auprès des élus parisiens. Déjà le mal est fait.
Grâce à ce projet de délibération, qui comporte au verso de la dernière page le logo en grand de Jean-Claude DECAUX, l'entreprise s'est très habilement offert une publicité auprès des 163 conseillers de Paris et ce aux frais de la Ville.
Nous refusons cette manipulation et nous voterons contre ce projet de délibération qui utilise l'Europe à de basses fins publicitaires.
Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Bien.
La parole est à Mme BERTRAND.
Mme Geneviève BERTRAND. - Merci, Madame la Maire.
Ce projet de délibération a pour objet de formaliser la prestation en nature de la société Decaux qui consent à mettre à disposition de la Ville 54 panneaux à l'occasion de l'exposition de photographies consacrées aux 10 nouveaux pays qui entrent dans l'Union européenne dans trois semaines, le 1er mai prochain.
Cette exposition qui se tiendra du 28 avril au 13 mai 2004 sur les Champs-Elysées, de la Concorde à la Place Clémenceau, offre à 10 jeunes photographes la chance de produire des photos illustrant leur perception des 10 nouvelles capitales européennes. C'est une bonne initiative de notre capitale et une petite bouffée d'oxygène à l'heure d'un événement essentiel pour la construction européenne.
Un léger bémol toutefois sur le choix des images et surtout sur les atmosphères qu'elles véhiculent : elles sont particulièrement tristes. Et je vous invite à regarder de près les photos de Nicosie, de La Vallette, de Prague, de Riga, de Vilnius et de Ljubljana.
Néanmoins, cette manifestation accessible à tous les citoyens va avoir le mérite de rompre le silence oppressant qui règne sur le cinquième élargissement de l'Union européenne. Ce minimum de bienvenue s'imposait pour vaincre l'indifférence et l'ignorance qui engendrent les craintes et les peurs de notre côté et pour accueillir dans l'espérance de formidables opportunités d'échanges politiques, économiques, culturels et sociaux, les 10 nouveaux peuples réunis.
Merci, Madame la Maire.
(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).
Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - La parole est à M. Pierre SCHAPIRA.
M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Merci.
On critique... je n'ai rien à voir, moi, avec Decaux... mais on critique Decaux quand on le veut et on ne critique pas Decaux quand on le veut aussi.
C'est vrai que quand cette société a prêté ses panneaux pour faire une campagne pour la paix au moment où il y avait la guerre en Irak, personne n'a rien dit. Personne n'a rien dit ! Personne. C'était le 8 mai l'année dernière.
Ecoutez, comme le disait votre président "Deux poids, deux mesures", mais voilà. Eh bien, il y a deux poids, deux mesures.
Donc un projet de sensibilisation à l'élargissement de l'Union européenne en partenariat avec la Commission européenne qui a financé cette initiative à hauteur de 55.000 euros, la Fondation J. L. Lagardère et l'AFAA comme évoqué déjà lors du Conseil de Paris du mois de décembre dernier, pour mieux faire connaître au grand public parisien les capitales des pays qui rejoindront officiellement l'Union européenne le 1er mai.
La cohérence et la qualité artistique de l'exposition, Madame BERTRAND, je ne suis pas expert mais elles seront assurées par les deux commissaires de l'exposition, Jean-Luc MONTEROSSO, directeur de la Maison européenne de la Photographie et Peter KNAPP (ce sont eux qui ont choisi les photos). Deplus, il y aura diffusion d'un dépliant pédagogique sur l'élargissement accompagnant l'exposition ainsi qu'une affiche de présentation de l'exposition, réalisation d'un catalogue de l'exposition distribué dans les bibliothèques municipales et les établissements scolaires, dans les centres culturels.
Le projet de convention entre la Ville de Paris et la société Jean-Claude Decaux, dont le texte est annexé à la présente délibération, est destiné à préciser les conditions du partenariat et à fixer les obligations de chacune des parties pour la réalisation de ce projet.
Donc, vous l'avez dit, 54 panneaux, l'installation des panneaux et des affiches ainsi que leur démontage, la mention de la Ville de Paris, du soutien du partenariat... du partenaire sur les supports de communication de l'opération.
Moi, je suis un partisan, je le dis très clairement, du partenariat public/privé. Je le suis, et je le resterai. J'ai eu des états d'âme il y a 25 ans peut-être ! Mais je ne les ai plus, j'ai évolué ! C'est comme ça ! Je suis un partisan du partenariat public/privé, aussi je souhaite que ce projet de délibération soit voté.
Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SGRI 18.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, SGRI 18).