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Avril 2004
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39 - 2004, PJEV 50 - Autorisation à M. le Maire de Paris de souscrire un avenant au marché de maîtrise d'oeuvre signé avec l'équipe de Michel CORAJOUD paysagiste mandataire, Claire CORAJOUD paysagiste, ADR Architectes, AEP NORMAND et ECERP Bureaux d'études techniques et Isaac JOSEPH sociologue pour la reprise partielle de l'élément de mission avant-projet suite à l'abandon de la construction de l'entrepôt de l'entreprise Tafanel ; pour le transfert de la part du sociologue M. Isaac Joseph, décédé, dans le cadre de l'opération du parc paysager Cour du Maroc (18e)

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2004


M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l'examen du projet de délibération PJEV 50 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de souscrire un avenant au marché de maîtrise d'?uvre signé avec l'équipe de Michel CORAJOUD, paysagiste mandataire, Claire CORAJOUD, paysagiste, ADR Architectes, AEP NORMAND et ECERP Bureaux d'études techniques et Isaac JOSEPH, sociologue pour la reprise partielle de l'élément de mission avant-projet suite à l'abandon de la construction de l'entrepôt de l'entreprise Tafanel ; pour le transfert de la part du sociologue M. Isaac Joseph, décédé, dans le cadre de l'opération du parc paysager Cour du Maroc.
Je donne la parole à Mme Roxane DECORTE, du groupe U.M.P.
Mme Roxane DECORTE. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous avons approuvé le 23 septembre 2002 en Conseil de Paris à l'unanimité, la création du parc paysager Cour du Maroc de 4,2 hectares, dans le 18e arrondissement, en limite du 19e arrondissement.
Il nous est demandé aujourd'hui d'approuver un avenant au marché de maîtrise d'?uvre. Force est de constater que la première partie de ce projet de délibération est une réelle avancée pour les riverains de la rue d'Aubervilliers et pour le dossier de la Cour du Maroc puisque enfin, je dis bien enfin, le jardin occupera la totalité de la Cour.
En effet, par lettre en date du 27 février 2004, nous apprenons que la S.N.C.F. a fait savoir à la Ville de Paris que la construction de l'entrepôt destiné aux activités de l'entreprise "Tafanel", prévue sur l'emprise du futur jardin paysager, était abandonnée. Permettez-moi de dire "tout cela pour cela", quand nous pensons aux nombreuses réunions, aux homériques batailles, aux pourparlers, aux débats, aux échanges souvent vifs tenus en 8e Commission ou en Conseil de Paris, aux inquiétudes des riverains attestées par le registre d'enquête publique, aux observations du commissaire-enquêteur sur la portée et la pérennité de l'extension de "Tafanel" qui récupérerait un entrepôt de 4.000 mètres enterrés, le fameux "mastaba" et ses mystères, destiné à être transformé en gymnase par la suite.
Aujourd'hui, il règne une certaine confusion pour ce dossier. Quid du transfert de "Tafanel" ? Quid précisément de son expansion ? En effet, j'ai appris lors du dernier Conseil du 18e arrondissement que le site envisagé pour l'extension était la gare Chapelle Internationale, au moment même où vous évoquez votre volonté de réaménager les portes de Paris du Nord-est et en particulier la porte de la Chapelle où deux tours de 26 étages existent déjà, l'une au 93, rue de la Chapelle, l'autre au 100 et où, par voie de presse, les élus de l'opposition, notamment ceux du 18e arrondissement, ont appris que la construction de tours, d'immeubles de grande hauteur devrais-je dire, y était projetée.
Aussi, je souhaiterais obtenir de manière exhaustive des précisions sur ce dossier et appeler avec force votre vigilance quant aux nuisances sonores, atmosphériques, pollutions dont souffrent déjà quotidiennement les riverains de la porte de la Chapelle. La rue de la Chapelle est l'un des axes de circulation les plus utilisés.
Est-il judicieux d'y ajouter un trafic d'au moins cinquante camions par jour ? Quels signes, quels engagements en terme de qualité de vie adressez-vous à ces habitants qui ont souvent le sentiment d'être abandonnés par les Pouvoirs publics ?
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Je vous remercie, Madame DECORTE.
Je donne maintenant la parole à M. Jean-François BLET, pour le groupe "Les Verts".
M. Jean-François BLET. - Je me réjouis de l'avancement de ce dossier parce que nous nous sommes battus pendant presque dix ans pour obtenir ces jardins et nous arrivons enfin à la phase opérationnelle.
En ce qui concerne la délibération elle-même, je passe sur le transfert, suite à un décès, des études sociologiques à un autre sociologue, qui ne pose pas de problème, mais j'interviendrai sur le devenir de ce qu'on avait appelé le "mastaba", c'est-à-dire l'entrepôt semi-enterré sur lequel un accord avait prévalu, selon lequel si "Tafanel" quittait ce site, cet entrepôt serait transformé en gymnase. Or, c'est sur la question de ce gymnase qu'un débat en Conseil de Paris serait à notre avis nécessaire. Pourquoi ? Parce qu'il y a cette fiction juridique selon laquelle la Cour du Maroc est située dans le 18e arrondissement et par rapport à ce problème de gymnase, les élus du 18e arrondissement, compte tenu de l'équipement sportif qui va voir le jour sur la Z.A.C. "Pajol", ne voient pas l'utilité pour les habitants du 18e - ce qui est tout à fait logique - d'un autre équipement sportif.
Il est clair que la Cour du Maroc jouxte et dessert pleinement le 19e arrondissement à l'exception du petit îlot Caillé.
Notre souci serait qu'à l'occasion du départ de "Tafanel", puisse être envisagé le maintien de cet équipement sportif, le maintien de cet équipement enterré puisque les équipements sportifs en surface, cela ne pose pas de problème dans le cadre de l'aménagement sans maintien de ce caisson, mais un équipement pérenne de ce type. Pourquoi ? Parce que, dans ce quartier qui est un des plus déshérités du 19e arrondissement et de Paris, il n'y a pas d'autre terrain disponible avec l'aménagement du passage Got et de l'îlot Caillé, susceptible de dégager une emprise pour la création d'un équipement sportif de ce type. Ceci veut dire qu'il n'y en aura pas à l'échelle de dix ans ou vingt ans si l'on ne saisit pas cette occasion maintenant.
Nous voudrions que la porte ne soit pas totalement fermée. Certes, nous avons bien compris que la délibération propose que, dans le cadre des études, soit envisagée et traitée la possibilité de réaménager le jardin avec un remblai, compte tenu du fait que ce ne sera plus un entrepôt. Que cette étude soit faite me paraît logique parce que, si la solution finale de l'équipement sportif n'était pas retenue, il faudrait évidemment aménager le jardin sous cette forme. Mais très rapidement, et nous avons commencé à en débattre entre nous en ce qui concerne les élus du 19e, je pense que, lors du prochain Conseil du 19e arrondissement, nous pourrons avoir un vrai débat entre les différents élus du Conseil d'arrondissement, et que nous pourrons alors peut-être revenir devant le Conseil de Paris si nous avons réussi à élaborer une position commune.
Je pense, et j'aimerais d'ailleurs avoir l'avis éventuellement de l'adjoint chargé des équipements sportifs, sur le fait de savoir si, d'aventure, un équipement sportif pouvait voir le jour, il y serait favorable ou non. Je suis bien conscient du fait que cet investissement n'est pas programmé au niveau de la Ville de Paris, et que c'est bien évidemment là que le bât blesse pour l'heure puisque ce n'est pas la S.N.C.F. ni "SOGARIS" qui prendront en charge maintenant la création d'un gymnase.
Tout ceci pour vous dire que nous nous réjouissons de l'avancement de ce dossier. Nous nous réjouissons des études que l'adjoint chargé des parcs et des jardins entend diligenter dans l'hypothèse où le gymnase ne verrait pas le jour. Nous aimerions que la porte puisse rester ouverte au débat sur cette question.
Je vous remercie.
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Je vous remercie, Monsieur BLET.
M. VUILLERMOZ voulait faire une explication de vote en fonction des réponses formulées.
M. Jean VUILLERMOZ. - Théoriquement, c'est l'inverse, mais ce n'est pas un problème. Je regrette profondément, contrairement à vous, l'abandon par la S.N.C.F. de l'aide à l'extension de "Tafanel" pour différentes raisons.
La première, c'est que nous étions arrivés à un très bon compromis entre M. CONTASSOT qui a largement contribué à ce compromis et les associations concernées du 18e et du 19e arrondissement pour, justement, l'enfouissement de cette extension de "Tafanel".
La S.N.C.F. se désengage sur ce projet d'extension de "Tafanel", et c'est bien cela le problème ! Alors, quid des emplois parce que, pour une part, "Tafanel" nous avait dit : "Si l'on ne peut pas permettre l'extension à cet endroit, nous ne créerons pas l'emploi et nous allons même supprimer des emplois" ? Si "Tafanel" part demain à la porte de la Chapelle ou dans les environs de la porte de la Chapelle et qu'elle est en capacité de continuer à faire le travail pour lequel elle est destinée, tant mieux. Vous parlez de camions, certes, il y a une certaine concentration de camions à cet endroit, mais je vous rappelle tout de même que ces camions auraient très bien pu être des camions non polluants. Or, pour l'instant, si jamais "Tafanel" arrête son travail, que va-t-il se passer ? Cela va être des milliers de camions, plutôt des dizaines ou des centaines de camions qui vont remplacer les trains qui amènent les boissons sur Paris. C'est un réel problème. Justement, il ne faut pas que "Tafanel" arrête son extension ou son activité parce que ce serait très grave.
On le voit, évidemment, parce que ce compromis qui permettait l'enfouissement du caisson nous permettait à terme de faire un gymnase, et ce gymnase était pour une part financé par d'autres que par la Ville. Or, aujourd'hui, nous souhaiterions que soit maintenue cette activité sportive. Mais qui va payer ? La Ville. Et je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure solution.
Deuxièmement, je souhaite vraiment, si l'on arrive à ce compromis, que la Ville paye ce caisson, que cela ne retarde pas la réalisation du jardin sur la Cour du Maroc.
Je suis vraiment très déçu que la S.N.C.F. se désengage de cet investissement.
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Merci, Monsieur VUILLERMOZ.
Yves CONTASSOT va pouvoir faire une réponse globale.
M. Yves CONTASSOT, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Les trois intervenants ont assez bien cerné l'ensemble du dossier. Je voudrais dire que nous avons appris la décision de "Tafanel" de ne pas venir. "Tafanel", après avoir expliqué pendant des mois que cette extension était absolument nécessaire au maintien de son activité et surtout à l'amélioration et à l'efficacité de son dispositif, nous a annoncé que, pour des raisons de meilleure gestion, il ne souhaitait plus s'étendre sur ce site.
Cela étant, Madame DECORTE, vous avez peut-être des informations précises. Pour ma part, à ce stade, j'ai plutôt des rumeurs sur leur volonté d'aller dans tel ou tel lieu. Je me méfie beaucoup de ces rumeurs pour avoir rencontré, en son temps, M. TAFANEL lui-même, qui m'avait garanti qu'il n'était absolument pas possible d'aller ailleurs que sur la Cour du Maroc pour maintenir ses activités et les développer.
Je veux bien qu'il y ait aujourd'hui des rumeurs sur le fait qu'il irait à la porte de la Chapelle, j'ai tout de même le sentiment qu'il y a beaucoup d'hésitations au sein de cette entreprise sur son propre devenir.
Il faut prendre avec beaucoup de prudence les informations ou les rumeurs qui circulent sur l'extension éventuelle ou la délocalisation sur tel ou tel site. Aujourd'hui, personne n'est capable de dire quels sont les projets réels et, à cet égard, il est d'autant plus difficile de pouvoir mener des études que M. TAFANEL ne nous a jamais directement saisis ou informés de ces projets. Nous avons reçu une lettre de R.F.F., mais en aucun cas de M. TAFANEL qui n'a pas daigné informer la Ville.
En même temps, et vous êtes plusieurs à le dire, on a quand même un projet extrêmement important sur ce site que tout le monde souhaite voir aboutir le plus rapidement possible après des années "d'homériques batailles", pour reprendre vos mots, Madame DECORTE, de discussions, d'atermoiements. On est à la phase où il faut que cela débouche.
J'ai bien entendu ce que dit Jean-François BLET. La question qui se pose, c'est que "Tafanel" décidant de ne pas venir, nous avons le choix très rapidement de faire un jardin qui sera livré dans les deux ans qui viennent, ou de reprendre des études pour trouver des financements pour éventuellement faire un gymnase qui, faut-il le rappeler au départ, n'était demandé par personne ! Dans le premier projet de la Cour du Maroc, comme il n'était pas question d'admettre l'extension de "Tafanel", il était encore moins question d'y faire un gymnase. C'est parce que "Tafanel" a voulu s'y étendre que l'on a trouvé un compromis qui permettait de dire : s'il doit y avoir un entrepôt, qu'il soit au moins un jour réversible en équipement sportif ! Mais au départ, personne n'avait demandé ce gymnase.
Je veux bien que l'on réétudie avec Pascal CHERKI. Mais il est clair que, n'étant pas inscrits au P.I.P.P., cela veut dire qu'en aucun cas les travaux ne pourraient démarrer avant 2007, ce qui voudrait dire qu'il n'y aurait qu'une partie du jardin livrée en 2006, et éventuellement une partie qui serait réservée en attendant de futurs travaux au-delà de 2007. Je ne sais pas combien de temps cela prendrait.
J'ai informé les deux maires d'arrondissement de la décision de "Tafanel". Je les ai rencontrés, nous avons évoqué ce dossier. L'avant-projet sommaire déposé par Michel CORAJOUD prévoit un caisson. La version avec gymnase existe. Il y en a une deuxième que l'on est obligé de délibérer, la version sans gymnase. Aujourd'hui, il est à l'évidence peu probable que l'on puisse dans un délai court faire le gymnase pour des raisons de financement, ce qui imposerait d'ailleurs de retravailler le phasage des dossiers. On ne ferme pas complètement la porte mais, très honnêtement, sauf à ce qu'il y ait une demande extrêmement ferme des deux maires, puisque c'est un projet conjoint 18e-19e, de trouver les financements, j'imagine assez mal que l'on retarde la réalisation de ce jardin très attendu.
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Je vous remercie, Monsieur CONTASSOT.
Je propose maintenant que nous passions au vote.
Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération PJEV 50.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, PJEV 50).