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Septembre 2016
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe les Républicains relatif au "Brexit".

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2016


 

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Nous passons maintenant à l?examen de v?ux non rattachés dont le v?u n° 94 est relatif au "Brexit". C?est Alexandre VESPERINI qui va s?exprimer, pour deux minutes maximum.

M. Alexandre VESPERINI. - C?est dommage parce que Mme SIMONNET est partie alors que j?allais pourtant parler du grand capital, du capitalisme financier, du financement du terrorisme international.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Rien ne vous empêche de prendre un café avec elle.

M. Alexandre VESPERINI. - Un café, c?est possible, vous pensez ?

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Allez-y, poursuivez.

M. Alexandre VESPERINI. - Merci, Madame la Maire.

Plus sérieusement, c?est un v?u qui concerne les conséquences du "Brexit" et en particulier l?attractivité financière de la place de Paris. C?est un sujet que régulièrement nous avons l?occasion de discuter dans cette enceinte, avec Jérôme DUBUS que j?excuse, également avec Mme SIMONNET et d?autres sur ces bancs. La conséquence du "Brexit" est la suivante : les investisseurs qui sont actuellement sur La City sont un peu déboussolés ; en tout cas, il y une période de latence aujourd?hui. Nous pensons au groupe les Républicains et je crois aussi au groupe centriste qu?il ne faut pas perdre de temps. Il faut profiter de ce temps de latence pour bien montrer que la région capitale et la Ville de Paris sont très décidées à accueillir ces investisseurs du secteur financier à Paris. Je rappelle une chose, mais nous le savons tous : les industries de la finance en Ile-de-France et dans la région capitale, c?est entre 8 et 10 % de l?emploi, entre 7 et 10 % du P.I.B. Je crois qu?il faut marquer notre intérêt, notre attention sur ce secteur, sachant qu'encore une fois, cela peut véritablement permettre à la Ville de Paris de créer des richesses, de créer des emplois. Pour terminer sur ce v?u, pourquoi nous insistons sur ce point à l'Hôtel de Ville ? C?est parce que l?on sent qu?il y a bien deux poids, deux mesures. D'un côté, il y a la Région avec la Présidente de région qui a eu un discours assez agressif. Certains l?ont rappelé dans l'Exécutif. Mais, en même temps, c'est comme cela que l'on gagne des parts de marché. Là, clairement, il s'agit de parts de marché. On parle clairement de "benchmark". On parle clairement ici de marketing. La place financière de Francfort ne s'y prend pas autrement. Je crois que l'on a une occasion devant nous. On est en train de la perdre, jour après jour. L'Union européenne est en train de se perdre dans ses négociations sur le "Brexit". Et nous, nous sommes un petit peu dans le même état d?esprit, c'est-à-dire on ne sait pas trop ce que l'on veut. Et, à l'Hôtel de Ville, par rapport au discours de la Région, on n?a pas l'impression d'assister au même entrain, au même enthousiasme, et je le regrette profondément. Ce que nous aimerions, et j?en termine sur ce point - merci, Madame la Maire - c?est que l'Hôtel de Ville, la Mairie de Paris, engage vraiment fortement, de manière prévisible, sa volonté d'attirer ses investisseurs qui sont, je le rappelle, un peu déboussolés.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci. La parole est à Jean-Louis MISSIKA sur le "Brexit".

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Merci beaucoup, Madame la Maire.

Je constate qu?Alexandre VESPERINI est l?héritier naturel de Jérôme DUBUS. Je voudrais vous dire, Monsieur VESPERINI, que je me demande si vous avez suivi l'actualité ces dernières semaines. Visiblement, vous ignorez que j'ai participé à une manifestation qui a eu lieu à La Défense avec un certain nombre de responsables politiques, notamment la Présidente de la Région, mais également le Président du Conseil départemental des Hauts-de-Seine. C'était le 8 juin dernier à La Défense. Le 6 juillet, Europlace a organisé une rencontre internationale au cours de laquelle la Maire de Paris a rappelé que les entreprises attendent, dès aujourd'hui, des signaux concrets des places européennes et que, dans ce contexte, Paris doit être capable de faire valoir ses atouts sur le plan international. Outre les actions en faveur de la bi-domiciliation des entreprises, dont je reparlerai, Anne HIDALGO a aussi préconisé la création d'un guichet unique ayant vocation à regrouper dans un même lieu toutes les administrations utiles à l?installation des sociétés étrangères et de leurs salariés, à savoir l?Etat, la Région et les Départements. Nous sommes partie prenante de cette initiative. Nous allons d'ailleurs justement visiter cet espace de guichet unique nouveau le 4 octobre, avec la Maire de Paris, la Présidente de la Région et le Premier Ministre, Manuel VALLS. Par ailleurs, vous avez dit que l'Union européenne se perd dans ses négociations sur le "Brexit" avec la Grande-Bretagne. Je vous signale que c?est une contrevérité. Pour qu?il y ait des négociations, il faut que la Grande-Bretagne déclenche l'article 50. Elle est tellement désemparée face à la question de la sortie de l'Union européenne qu?elle envisage de reporter cet article 50 à la fin de l'année 2017. Il n'est même pas sûr que cela ait lieu à ce moment-là. Quand vous affirmez, par exemple dans votre v?u, que la politique de la Ville de Paris est défavorable à l'environnement des affaires, je m'étonne que votre vision, résumée par des considérants assez désagréables sur notre politique en matière économique, oublie tout ce que nous faisons ensemble, d'un certain point de vue, ou en tout cas également avec la Région. Vous citez Dublin comme concurrente directe de Paris pour attirer les entreprises étrangères. Je vous confirme qu?effectivement, ni la Maire de Paris, ni moi-même ne sommes favorables à une stratégie de moins-disance fiscale afin d'attirer les entreprises sur notre territoire, ni même - car vous y avez fait allusion - à une simple stratégie de cannibalisation vis-à-vis de Londres. Au contraire, nous affirmons qu'il s'agit d'attirer des talents et des entreprises, et de les faire travailler ensemble dans les deux villes monde avec, notamment, cette offre de bi-domiciliation sur laquelle nous travaillons avec le Maire de Londres. "Paris&Co", l'agence de Paris, de l?attractivité de Paris, multiplie les actions à destination des entreprises étrangères, en particulier les "start-up", pour atteindre l'objectif ambitieux d'implanter 30 % de "start-up" étrangères dans nos incubateurs d'ici 2018. Nous avons chargé "Paris&Co" de réfléchir avec "London&Partners" à des actions spécifiques à la suite du "Brexit" pour mettre à disposition des espaces de co-working pour les entreprises dans les deux villes, mais aussi faire des sessions d'échange de mentors et prévoir des déplacements de "start-up" dans chaque capitale pour rencontrer les grands comptes. Comme je le disais en préambule, nous venons de participer à deux grandes conférences de ce type avant l'été avec Europlace. Ce n'est plus le moment des conférences. C'est le moment de l'action. Oui, nous avons une stratégie spécifique sur le "Brexit" de partenariat avec la ville de Londres et nous l'assumons complètement. Oui, nous sommes partie prenante de toutes les actions en partenariat avec la Région et avec l'Etat pour pouvoir attirer les entreprises, notamment celles du secteur financier sur le territoire de Paris, dans la perspective du "Brexit". Donc je considère que vos critiques sont malvenues et peut-être même nulles et non avenues. Je vous invite à retirer ce v?u. Sinon, je demanderai un vote négatif à cette Assemblée. Merci à vous.

(M. Mao PENINOU, adjoint, remplace Mme Alexandra CORDEBARD au fauteuil de la présidence).

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le "Brexit" valait bien quatre minutes ! Monsieur VESPERINI, maintenez-vous ?

M. Alexandre VESPERINI. - Monsieur le Maire, cela vaudrait beaucoup plus que quatre minutes. Et nous maintenons le v?u.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 94 avec un avis défavorable de l?Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le voeu est rejeté.