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Septembre 2016
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Conseil Municipal
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2016 DEVE 146 - Attribution de la citoyenneté d’honneur de la Ville de Paris à la Biodiversité. (Suite).

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2016


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je rappelle que nous ne sommes pas dans une salle de théâtre ou de spectacle. Je rappelle que nous sommes dans un lieu de démocratie où les élus qui siègent ici ont tous une légitimité. Je rappelle que nos débats sont publics et ouverts à celles et ceux qui veulent y participer, mais sans intervenir dans le débat. Les débats d'une séance démocratique, comme celle du Conseil de Paris et celles de tous les conseils municipaux de France, doivent être respectées, a fortiori par des élus qui viendraient assister à ces débats sans être eux-mêmes ni invités, ni même avoir fait savoir leur présence, et encore moins ayant le droit de participer à nos débats. Je demande à chacune et chacun de garder le respect et le sens de la République qui se doit. Chacun peut assister au débat ici, mais nous allons les mener sereinement, sans pression, d'où qu'elle vienne, car les élus qui sont ici sont libres, voteront en toute liberté, en dehors de toute pression, quelle qu'elle soit. C'est cela, le sens de la démocratie, et chacune et chacun se doit de le respecter. Sinon, je serai amenée à prendre un certain nombre de mesures pour faire constater que des élus de la République s'inscrivent en dehors des règles de la République. Mais, à Paris, nous sommes accueillants. Je demande à chacune et chacun de bien vouloir respecter la sérénité d'une assemblée démocratique comme celle de Paris. Monsieur LELLOUCHE, vous avez été interrompu à 4 minutes 53, je crois. Vous pouvez désormais poursuivre. S'il vous manque trois secondes, je vous les donnerai dans ma grande largesse et sans excès de pouvoir, je crois. Monsieur LELLOUCHE, vous pouvez prendre la parole.

M. Pierre LELLOUCHE. - Madame, je compte naturellement sur votre honnêteté pour que tout cela soit fait parfaitement. J?ai commencé tout à l'heure en vous parlant de Montesquieu et ensuite, vous nous donnez des leçons de démocratie. La présence des collègues, ici présents, montre bien que la décision que vous avez prise touche énormément de gens : 12 millions de personnes. Il n'est pas absurde que les représentants de ces 12 millions de personnes soient là aujourd'hui. Donc, merci de ne pas leur donner des leçons de République et de démocratie parce qu?ils font leur travail. J'en viens à ma conclusion.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Laissez poursuivre M. LELLOUCHE.

M. Pierre LELLOUCHE. - Vous êtes trop bonne, Madame. Cela fait juste quatre ou cinq fois que vous m'interrompez. Sûre de votre idéologie, porteuse d'une vision pour le moins discutable d?une capitale sans voitures, vous vous abritez derrière un sondage commandé par le Parti socialiste parisien pour vous légitimer, alors même qu'un autre sondage paru dans "leparisien.fr" hier l'infirmait. Madame la Maire, les Parisiens et les Franciliens sont nombreux, y compris dans votre propre camp, à ne plus supporter votre autoritarisme, pas plus qu'ils ne supportent ce qu'est devenue Paris : une ville sale, stressante, mal entretenue et peu sûre. Tout le monde n'est pas "bobo", Madame HIDALGO. Paris est une ville où l'on travaille et où l'on doit donc se déplacer. Les banlieusards aussi qui, souvent, n?ont d?autre choix que d?utiliser leur voiture, faute de réseau suffisant de transports collectifs. Vous êtes en train, Madame HIDALGO, de polluer littéralement, et à tous sens du terme, la vie de centaines de milliers de gens. En plus, vous refusez toute critique. Attention, Madame la Maire, l'histoire a montré que les Parisiens, les Franciliens, sont rebelles. Paris, Madame HIDALGO, n'est pas la Bucarest de Mme Ceausescu.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Laissez-le parler. Ce sont des choses que l'on n'entend plus de nos jours. Cela fait du bien d'entendre, de temps en temps?

M. Pierre LELLOUCHE. - Et pourtant, vous les méritez, ces choses, Madame !

Mme LA MAIRE DE PARIS. - ? ce dont certains élus sont capables, encore aujourd'hui, en 2016, à Paris. Laissez-le parler, il est le meilleur avocat de notre cause. Je vous assure.

M. Pierre LELLOUCHE. - Nous verrons, Madame. Nous verrons.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il a fini. Ouf ! La parole est à M. WEHRLING pour le groupe UDI-MODEM.

M. Pierre LELLOUCHE. - Quel respect pour l'opposition républicaine !

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Monsieur WEHRLING, vous avez la parole.

M. Yann WEHRLING. - Madame la Maire, oui, bien sûr, il faut que Paris ne soit plus traversée par une quasi-autoroute urbaine. Fermer les voies sur berges, supprimer le transit interne de la ville va dans le sens de l'histoire. Bordeaux, Nantes, Strasbourg et tant d'autres en Europe l'ont fait aujourd'hui. Plus personne là-bas ne voudrait revenir en arrière. Attendez que je finisse avant de m'applaudir.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Déjà, c'était bien ce que vous avez dit. On est d'accord avec cela.

M. Yann WEHRLING. - Je prendrai quelques secondes de plus à la fin, si vous me le permettez. Justement, Madame la Maire, comparons. A Paris, contrairement aux villes que je viens de citer, dans le centre notamment, les voitures peuvent aller absolument partout, dans la quasi-totalité des moindres petites rues, se garer en surface presque partout. De ce point de vue, n'eût-il pas fallu commencer par la fermeture des quais hauts, permettant par là-même une belle piétonisation des places du Châtelet, de l?Hôtel de Ville, avec, pourquoi pas, s?il s?agissait de permettre un accès à la Seine, quelques aménagements, ici ou là, de couverture de la voie sur berge ? On aurait pu imaginer un tram sur quai, allant des Tuileries au pont de Sully, une voie cyclable piétonne en parallèle largement végétalisée. C?était un peu la vision que j?avais. La réussite de Bordeaux, Strasbourg ou Nantes tient en deux principes simples : un plan global annoncé bien à l'avance, conduit en prenant le temps sur un, voire deux mandats, comme c'était le cas à Strasbourg, conçu et réalisé à l'échelle de toute l'agglomération. Ce plan d'agglomération métropolitain et régional, en l'occurrence à Paris, c'est ce que nous attendons. Avec une nouvelle offre structurante de bus, métro et vélo. Ma collègue, Maud GATEL, y reviendra. Avec un rôle nouveau donné au parking souterrain, tant public que privé, qui, associé au numérique et aux applications mobiles, permettrait de dégager massivement le parking de surface. Avec une vraie vision donnée à la voiture individuelle de demain qui doit se concevoir comme une sorte de transport en commun de nouvelle génération : électrique, autonome, partagée. C?est cela qu?elle doit devenir massivement à l'échelle de toute notre agglomération. Pour cela, Madame la Maire, l'offre d'Autolib? doit être multipliée par 10. L'auto-partage doit être multiplié par 100, car, je le rappelle, une voiture partagée sous sa forme publique Autolib?, ou sous toutes ses formes privées, ce sont 7 voitures individuelles en moins. Au lieu de tout cela, vous nous proposez de prendre une décision ponctuelle, inutilement polémique, parce que la vision métropolitaine et régionale n'est pas là, parce que, pire, le sentiment est fort de voir, une fois encore, Paris agir en méprisant - excusez-moi - les "bouseux de banlieusards", le tout dans un contexte d?un centre de Paris totalement et encore durablement livré à une circulation dense et étouffante. Bref. Quel dommage, Madame la Maire ! Cette décision est frustrante. Je suis réellement et - croyez-moi - sincèrement pour la fermeture des berges, mais faute de s'inscrire dans un plan global de long terme cohérent, métropolitain et régional, libérant le centre réellement de la circulation dense et étouffante aujourd'hui, misant massivement sur l?électrique, sur la mobilité associée au numérique, sur l'auto-partage, avec regret, Madame la Maire, je préfère, comme quelques-uns de mes collègues dans mon groupe, m'abstenir sur ce vote.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur WEHRLING. Je prends vraiment votre intervention comme une intervention me poussant à aller beaucoup plus loin en matière, notamment, de limitation de l'accès du centre de Paris aux voitures. C'est vrai que cette étape que nous franchissons avec les voies sur berges doit nous permettre d'aller beaucoup plus loin. Je suis tout à fait en accord avec une partie de vos propos. J'espère, puisque vous siégez à la Région et d'autres siègent à la Métropole, que vous pourrez nous accompagner vers un plan métropolitain et régional, dont je n?ai pas, aujourd'hui, ni la charge ni la compétence, mais qui tarde un peu à venir. En tous les cas, pour le plan régional. Merci à vous. La parole est à Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement. -Madame la Maire, mes chers collègues, le Département investit chaque année plusieurs millions d'euros, 7,5 en 2014, pour permettre aux habitants d'investir les berges et pour développer la biodiversité. Ces travaux qui favorisent l'intégration paysagère des berges dans la ville et leur accès pour le public intègrent souvent des pistes cyclables. Ils offrent de nouveaux lieux de promenade et de loisirs. S'agit-il du Département de Paris qui s'exprime ainsi? Pas du tout, il s'agit du Val-de-Marne dont certains représentants sont ici présents, si j'ai cru comprendre. Il ne s'agit pas uniquement d'élus "écolo", de gauche, pas uniquement, puisqu'ici, il s'agit du quai des Gondoles à Choisy-le-Roi, le port à l'Anglais et le quai Blanqui à Alfortville, le quai Ferber à Bry-sur-Marne, les berges de l'ile de l'Hospice à Saint-Maurice, la piste cyclable à Villeneuve-Saint-Georges. Partout, dans le Département, les bords de la Marne et de la Seine sont reconquis par nos collègues. Ailleurs, ce sont les autoroutes urbaines qui sont retravaillées avec l'aménagement des berges de l'A 6 à Gentilly en promenade piétonne et cycliste ou encore le parc du Coteau, le long de l'A 6 entre Arcueil et Gentilly, un peu plus en aval de la Seine. Le Département a le projet de continuer d'ouvrir la ville sur le fleuve et de rendre les berges aux habitants avec, pour objectif, de contribuer à renforcer l'attractivité économique du territoire sur le moyen et le long terme, en corrélation avec la politique départementale en matière de développement durable et en matière d'aménagement. Là aussi, s'agit-il de Paris? Pas du tout, cela aurait pu, mais toujours pas. Il s'agit bien de projets des Hauts-de-Seine et des Yvelines, pour le Val de Seine, en limite des communes de Sèvres, de Meudon, d'Issy-les-Moulineaux, ou encore de la promenade des berges de Seine aménagées en espaces verts destinés à la promenade le long du fleuve, d'une longueur totale de 20 kilomètres, qui traverse plusieurs communes, de Bougival à Gennevilliers, et notamment Rueil-Malmaison. Et je veux rendre hommage aujourd'hui pour ces réalisations à nos collègues. Je ne savais pas que certains seraient là. J'avais préparé mon intervention avant. Les élus métropolitains ont été associés à plusieurs reprises et dès le début de ce projet. Ont-ils saisis ces occasions ? Certains l'ont fait, mais je me souviens aussi de ce groupe de travail mis en place par le Président de la Métropole du Grand Paris pour évoquer ce sujet auquel les élus métropolitains, maires LR, UDI, s'étaient inscrits, et pourtant aucun d'entre eux n'est venu pour participer à ce débat. Je suis ravie aujourd'hui de constater qu'ils ont trouvé le temps de venir assister au débat des élus de Paris qui sont plus que légitimes à aménager leur ville. Pourquoi ce que mettent en ?uvre nos collègues en amont et en aval de la Seine ne pourrait-il pas être faits à Paris? Pourquoi soutenir ces projets le long de la Seine et de la Marne, à l'extérieur de Paris et refuser de le faire dans ce site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO ? Par conservatisme ? Sûrement. Pourtant notre ville ne peut rester figée dans les années 60 où le tout-voiture était la règle. Vous pensez qu'il est urgent d'attendre ? Quoi, exactement ? J'avoue que je n'ai toujours pas compris. Nous considérons, au contraire, qu'il y a urgence à agir pour réinventer une autre ville, pour continuer à améliorer la qualité de vie qui en fait aussi son attractivité. Parce que restreindre la circulation automobile augmenterait la pollution ? Ou alors, comme cela a été dit ce matin, le problème, ce n'est pas les routes, c'est les voitures. Je ne comprends pas très bien ces propos. En tout cas, encore hier, lors de la journée sans voitures, les mesures faites par Airparif montrent qu'en réduisant la circulation, la qualité de l'air que nous respirons est meilleure. Cela paraît assez intuitif mais ça a été quand même démontré en grandeur nature hier. Parce que limiter la place de la voiture nuirait au développement économique ? Toutes les études démontrent le contraire. Par peur de la réaction des Parisiens ? Soyez rassurés, chers collègues, les Parisiens se sont prononcés majoritairement favorables à ce projet par des sondages réalisés, là aussi, par des experts et pas simplement des internautes qui cliquent sur un bouton. Pour ne pas empêcher les classes moyennes de se déplacer en voiture dans le c?ur de Paris ? Mais c'est tout faux, ce sont des C.S.P. + qui sont majoritaires sur cet axe car, aujourd'hui, se déplacer en voiture à Paris comme dans la Métropole, comme dans la Région, cela coûte beaucoup trop cher pour bon nombre de nos concitoyens. Enfin, parce qu'il n'y aurait pas assez de transports en commun ? Cette question est intéressante, elle est effectivement au c?ur de nos préoccupations. La fréquentation de nos transports en commun est en hausse constante en semaine, le week-end, en journée comme la nuit dans le Noctilien. Que fait la nouvelle Présidente de la Région Ile-de-France pour y remédier depuis qu?elle est élue ?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je trouve que vous donnez un bien piètre spectacle d'élus de la République, vous donnez un très piètre spectacle d'élus de la République. Vous n'avez pas à intervenir, ni à vous manifester ni à menacer les élus libres de la Commune de Paris qui sont là en fonction de ce que les Parisiens ont décidé et, ne vous en déplaise, vous devez respecter ce choix. Si vous ne le respectez pas, vous ne pourrez pas rester. Pour l'instant, nous écoutons Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement et conseillère de Paris.

Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. J'ai noté simplement que la première décision importante que la Présidente de la Région Ile-de-France a prise pour les transports en commun, c'est l'augmentation du "pass" Navigo. Nous n'avons pas été concertés sur ce sujet, nous n'avons pas manifesté dans l'hémicycle du Conseil régional à cette occasion. Pourtant, nous sommes opposés à cette décision. Mais peut-être a-t-elle l'intention d'investir dans les transports parisiens ? Mais peut-être pense-t-elle que l'on n'y trouve que des Parisiens comme dans les établissements culturels. Pourtant, à Paris, un déplacement sur deux est en direction ou en provenance de la banlieue, et qu'il faudra bien que nous continuions à investir dans les transports en commun. Madame la Maire, nous avons beaucoup d'idées, beaucoup de choses sont déjà inscrites dans les relations institutionnelles entre nos deux collectivités et avec l'Etat : le prolongement de la ligne 10 par exemple, au hasard, parce que c'est une ligne parallèle aux berges et qui mériterait d'être prolongée. Pourrions-nous aussi envisager le fonctionnement des lignes 1 et 14 la nuit parce qu'il y a besoin de répondre à ceux qui travaillent en horaires décalés comme certains ont pu le faire remarquer ? Enfin, il faudrait renoncer parce que vous n'auriez pas confiance dans les études démontrant l'impact limité et localisé au Centre de Paris. Pourtant, ces études ont été réalisées, comme toutes les précédentes, avec des outils et des méthodes validées par les services de l'Etat, études qui ont toujours été validées par les faits. Ce fut le cas pour le prolongement du tramway et ce fut le cas encore, ces quelques derniers jours, quand les études montrent que les chiffres que nous avons pu mesurer dans la réalité sont inférieurs aux prévisions annoncées dans l'étude d'impact. Mais je vois encore ce matin qu'aucun argument rationnel ne peut vous convaincre, un peu comme le commissaire-enquêteur d'ailleurs, à qui j'avais personnellement souligné l'apaisement des quais de Bercy prévu par le projet et que nous constatons aujourd'hui. Mais bizarrement, cette partie de mon audition ne se retrouve pas dans le rapport. Et puisque vous l'évoquez, Madame la Présidente du groupe LR, la seule pétition remise dans le cadre de l'enquête publique est une pétition favorable. Les autres n'ont été qu'évoquées oralement et le commissaire-enquêteur le regrette d'ailleurs page 34, je vous invite à le regarder. Je regrette que nous ne soyons pas capables de trouver les conditions d'un débat serein et d'avancer sur ces sujets parce qu'il s'agit de santé publique et nos concitoyens méritent mieux que ces attaques partisanes. Alors, aujourd'hui, je suis fière de défendre ce projet car je suis convaincue que, dans quelques années, chacun devra rendre des comptes sur ce projet.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Madame la Maire, pour ces rappels. Madame Anne SOUYRIS, co-présidente du groupe Ecologiste de Paris, vous avez la parole.

Mme Anne SOUYRIS. - Madame la Maire, chers collègues. Oui, n'en déplaise à une certaine droite qui vogue encore sur le tout-voiture du siècle dernier et a de grandes difficultés avec la démocratie qui s'est exercée pour la mettre de côté à Paris depuis maintenant plus de 15 ans, oui, nous devons continuer la transformation de la ville, améliorer sa résilience, penser son organisation en intégrant chacun et chacune du plus petit au plus grand, parisien ou non. Et cela passe évidemment par nos façons de nous déplacer et de partager l'espace public. La piétonisation des berges de Seine répond en partie à cette double volonté de redonner de la qualité de vie aux habitantes et aux habitants, et d'apaiser notre ville en limitant les circulations automobiles. C'est la raison pour laquelle nous serons attentifs à l'accessibilité des berges piétonnes, et en particulier aux personnes en situation de handicap, et à la bonne harmonie entre piétons et cyclistes qui occuperont ce nouvel espace. Cette diversité des usages doit aussi se retrouver dans les propositions d'activités proposées. Ne cédons pas à la tentation d'installer sur ces espaces uniquement des bars branchés ou des activités commerciales, favorisons l?économie sociale et solidaire et les activités non commerciales ouvertes ludiques et gratuites pour donner aux berges un caractère inclusif et ouvert. Enfin, un dernier mot sur ce que ce projet signifie au regard de notre vision pour la ville. Cette piétonisation doit se penser comme un élément dans un projet d'ensemble et ce projet, justement, Monsieur WEHRLING, amorce une pensée métropolitaine. En effet, elle repense complètement la liaison entre la Bastille et la Tour Eiffel avec une piétonisation de la berge en rive droite bien sûr, mais aussi un réaménagement des quais hauts avec un projet de tramway-bus en site propre allant jusqu'à Maisons-Alfort et des renforts de transport collectif sur les lignes de bus existantes. Tout cela s'intègre dans une volonté d'offrir une alternative supplémentaire en matière de transport collectif avec une ambition élargie au Grand Paris de réduire l'usage de la voiture individuelle en respectant la mobilité et la santé de chacun. Nous avons à Paris déjà largement commencé ce travail. La prochaine étape est le nouveau plan de bus, bientôt déployé. De la même manière, nous avons souhaité voter ensemble l'objectif de la multiplication par deux du nombre de pistes cyclables à Paris d'ici 2020. Vous le voyez, nous investissons dans des modes de transport doux et collectifs pour le bien-être de tous et de toutes. C?est bien différent de ce qui se passe à la Région. En effet, si la Ville de Paris fait des efforts inégalés en la matière, dans le même temps, le nouvel Exécutif régional réoriente ses investissements sur le développement d'un réseau routier dans un plan anti-bouchons vaporeux à contre-courant du mouvement impulsé par les grandes régions internationales équivalentes, et à contre-courant aussi du bien commun que sont notre santé et celle de la planète toute entière. Madame la Maire, vous le savez, vous qui soutenez ce projet de piétonisation des berges de Seine dont nous vous savons gré, celui-ci va dans le sens d?une transformation pour nous systémique et vitale de la Capitale. Comme vous l?avez souligné, c'est un projet qui nous tient à c?ur et que nous portons depuis de nombreuses années. Ce projet, nous l'avons encore proposé pendant la campagne électorale des dernières municipales, appelant de notre v?u la création d?un grand parc en plein c?ur de notre ville, piéton et végétalisé, avec pour horizon que la ville du XXIe siècle à laquelle nous aspirons retrouve le lien avec son fleuve. Nous l?avons porté ensemble dès le deuxième tour avec toute la gauche, en toute transparence démocratique. Ainsi, Madame la Maire, parce que cette piétonisation constitue une étape importante et essentielle dans cette démarche, nous voterons ce projet de délibération. Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Anne SOUYRIS, pour votre soutien et votre détermination. Jean-Noël AQUA, pour le groupe Communiste et Front de Gauche.

M. Jean-Noël AQUA. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, la fermeture des voies sur berges participent à notre action pour changer les habitudes de transport et pour favoriser les modes respectueux de l?environnement et de la santé. Ne pas agir, par manque de moyens, par négligence ou par calcul politicien, n'est pas une option pour nous. Entendre les arguments du MEDEF relayés par Mme PÉCRESSE et des élus de cette Assemblée n'est malheureusement plus étonnant. Mais, répétons-le, la pollution de l?air est la cause de nombreux décès : près de 6.500 par an sur l'Ile-de-France. Répétons-le, la pollution de l'air d'aujourd'hui sera la cause de pathologies sérieuses pour les générations futures. C'est un problème grave qui ne peut être repoussé encore et toujours. Au-delà du problème sanitaire, cette fermeture contribue à produire un environnement de qualité pour tous en rendant le fleuve aux Parisiens et Franciliens. Même sur Paris, tout le monde n'a pas la chance de partir en vacances, d'avoir une maison proche d'un bois prestigieux ou une maison secondaire bucolique. Permettre aux familles, aux jeunes, à toutes les classes sociales de profiter de cet axe naturel, de ce lieu de respiration est le marqueur d'une politique tant écologique que sociale. Pour être efficace, bien sûr, cette mesure doit s'insérer dans un plan proposant des transports alternatifs comprenant le développement des transports en commun et du vélo ainsi que les financements pour le faire. Par ailleurs, la fermeture des voies sur berges s?insère plus largement dans le plan visant à réduire la place de la voiture et en particulier celle du diesel. Comme tout est donc lié, permettez-moi de revenir sur deux enjeux qui nous semblent devoir être abordés en même temps : la prise en compte des plus modestes ainsi que le ciblage du diesel. Premier point que nous avions déjà souligné : les interdictions abruptes de certains véhicules vont impacter les plus modestes. De nombreux salariés habitants à Paris mais travaillant en banlieue, ou l'inverse, ont réellement besoin de leur véhicule pour travailler. Par exemple, ceux qui travaillent en horaires décalés quand les transports en commun ne sont pas une réponse. Que faisons-nous pour eux ? Les aides financières pour l'achat d'un véhicule moins polluant sont insuffisantes. Notre groupe propose des dérogations pour ces travailleurs. Ne pas le faire risquerait de provoquer une incompréhension et un rejet de notre action. Afin de quantifier plus précisément ces situations, nous proposons dans un v?u de réaliser une consultation auprès des populations concernées. Elle pourrait s'inspirer de l'enquête auprès des automobilistes, qui a servi de base à l'étude d'impact de la fermeture des voies sur berges. En réponse, l?Exécutif propose une enquête sociale qui aura lieu en 2020 mais cela nous paraît insuffisant. N'ayons pas peur d'évaluer notre action. Deuxième point : les mesures d'interdiction de certains véhicules prises par l'Exécutif ne ciblent pas les motorisations diesel ; elles ciblent les véhicules selon les normes européennes. Or ces normes européennes - je me permets de le répéter - tout d'abord ne permettent pas d'interdire les diesels, ensuite sont mal adaptées à décrire la conduite en ville et, enfin, sont facilement contournées par les constructeurs, le scandale Volkswagen venant le confirmer. Nous le savons, le diesel est le plus grand responsable de la pollution. Nous proposons donc des mesures précises et ciblées s?attaquant à ces véhicules en visant leur élimination progressive. Les tarifs de stationnement et les cartes résidents. Tout d'abord, nous proposons de renouveler les tarifs de stationnement des parkings publics et privés en fonction de la motorisation des véhicules. Cela suppose bien entendu de faire évoluer la législation, mais il paraît nécessaire d?afficher cette ambition ici sur Paris afin d'obtenir cette évolution. Deuxième mesure : les cartes résidents. Une façon simple et efficace de défavoriser progressivement les véhicules diesel est de ne plus attribuer ces cartes aux nouveaux véhicules diesel, aux véhicules nouvellement achetés. Ainsi, progressivement, les diesels disparaîtront sans frapper brutalement le portefeuille des plus modestes. Deux mesures simples donc, qui approfondiraient la lutte spécifique contre le diesel sans être anti-sociales. Vous l?aurez compris, nous militons pour un rééquilibrage des transports vers les transports en commun, le vélo et tous les modes de transport doux. Si cela doit passer par des mesures d?interdiction, nous sommes sensibles à la fois au fait qu'elles soient progressives et acceptables par tous et qu'elles soient accompagnées d'une nouvelle offre alternative avec les moyens dédiés. L'écologie ne peut être que de gauche, elle ne peut être que sociale. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Jean-Noël AQUA. La parole est à M. Jean-François LEGARET, pour les Républicains.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Madame la Maire, Monsieur le Préfet de police, mes chers collègues, je suis heureux de saluer les élus, parlementaires, conseillers régionaux, conseillers départementaux, maires, conseillers municipaux, qui sont présents. Je leur dis bienvenue. Bienvenue pour faire entendre votre voix avec la nôtre : la voix républicaine de la légalité et de l'équité.

Aux termes de ce débat, Madame la Maire, vous allez nous demander de délibérer sur la fermeture des voies sur berges ; mais de quoi délibérons-nous ? Les voies sur berges sont fermées, nous ne le savons que trop. Cette fermeture s'est faite sur la base d'un arrêté dont les justifications sont inexactes et qui ne respectent pas la légalité. Ce projet de délibération de régularisation est donc entaché d'illégalité.

Il est d'ailleurs complètement inédit comme est inédit l'avis de l'autorité environnementale, inédites les conclusions totalement défavorables de l'enquête publique, inédit le fait que les commissaires-enquêteurs ont refusé de se prononcer sur l'utilité publique de ce projet, et inédites vos déclarations selon lesquelles vous ne tiendrez aucun compte de ce rapport d?enquête publique, que la loi rend pourtant obligatoire. Mais il y a un fait nouveau : nous apprenons par la lecture d'un journal dominical que vous auriez connaissance, vous, Madame la Maire, vous, Monsieur le Préfet, de certaines évaluations qui tendraient à démontrer sans aucun souci de cohérence que, depuis début septembre, la situation est finalement moins grave que vous ne l'aviez craint, ce que laissait entrevoir une étude réalisée pour la Ville de Paris par l?organisme "Systra". En organisant cette fuite dans la presse, vous aggravez singulièrement votre cas. Ainsi, vous disposiez, sans doute depuis longtemps, d'une étude que vous vous êtes bien gardée de communiquer, dont les élus, les Conseils d'arrondissement n'ont pas eu connaissance et que vous n'avez pas transmise à l'enquête publique. D?ailleurs, le présent projet de délibération n?en fait même pas état. Nous dénonçons cette dissimulation inacceptable. Au demeurant, qu?apprenons-nous ? Que les reports de circulation sur les quais hauts et sur les boulevards Saint-Germain sont massifs, que les temps de parcours sont rallongés. Or, chacun sait que des voitures, qui sont bloquées dans des bouchons, polluent plus que lorsqu?elles roulent. Vous prétendez que votre objectif est de lutter contre la pollution automobile. Indiscutablement, et les faits le démontrent, vous aggravez la pollution singulièrement dans le centre de Paris et même bien au-delà. Sur ce point, je vous interpelle, Madame la Maire et vous, Monsieur le Préfet de police. Vous avez dit que la pollution, générée par la circulation automobile, est dangereuse et qu?elle provoque plus de 6.000 décès par an en Ile-de-France. Un responsable, qui prend sciemment une décision qui aggrave la situation, même localement, peut être poursuivi pour mise en danger de la vie d?autrui. Mais ce désormais célèbre rapport "Systra" - vous allez voir que je suis peut-être mieux informé que vous ne le pensez - soulevait d?autres points que vous dissimulez encore. Vous aviez annoncé, votre prédécesseur plutôt avait annoncé qu?on ne fermerait les voies sur berges rive droite qu?une fois qu?on aurait renforcé l?offre de transports en commun. Cela n?a pas été fait mais, bien plus grave, l?offre de transports en commun est aujourd?hui gravement détériorée. Les lignes de bus, qui empruntent les quais hauts, que font-elles ? Elles laissent leurs passagers à la Concorde pour interruption de service. Or, je sais que cette étude "Systra" prédisait qu?en termes de régularité, l?impact de la piétonisation pourrait se propager sur d?autres axes que les quais hauts rive droite. Elle évoquait vingt-cinq lignes de bus parisiennes sur les soixante-quatre lignes intra-muros qui seraient impactées en régularité par ce projet. C?est la raison pour laquelle nous vous demandons de transmettre à tous les élus et de rendre publique la totalité du rapport "Systra". S?il existe, nous devons en prendre connaissance en totalité. Enfin, si les élus qui sont responsables des communes et des départements riverains sont là, c?est parce que, vous le savez très bien, cette mesure a un impact sur l?environnement de Paris. En réalité, la desserte des transports en commun est bien plus favorable à Paris qu?elle ne l?est de l?autre côté du boulevard périphérique. Ils sont beaucoup moins bien desservis. Cette mesure a donc un impact direct et, contrairement à ce que vous prétendez, ce ne sont pas les élus de droite contre les élus de gauche. D?ailleurs, des parlementaires, un parlementaire porte-parole du Parti socialiste s?est exprimé dans "Le Monde", il a demandé un phasage. Nous, nous demandons un moratoire. Vous voyez que nos positions ne sont pas si éloignées que cela. Assumez vos propos, les responsables régionaux apprécieront. Situation inédite, dissimulation, illégalité, déni de démocratie. Nous aurions pu vous accompagner, travailler utilement avec tous les élus sur la bonne façon de diminuer la pression automobile et améliorer la qualité de l?air. A la concertation, vous avez préféré le coup de force. Au bon sens, vous avez préféré le dogmatisme. Nous voterons en conscience et en responsabilité contre ce projet de délibération. Et, sachez-le, nous continuerons à agir, à nous battre pour les Parisiens et pour les Franciliens que vous avez refusé d?entendre.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Madame Édith GALLOIS, vous avez la parole, pour le groupe UDI - MODEM.

Mme Édith GALLOIS. - Merci, Madame la Maire. Cette fermeture, on est bien d?accord, a pour seul objectif annoncé la diminution de la pollution. La méthode en force, autoritaire, concentrée sur un parisianisme exacerbé, que vous utilisez, faisant fi du rapport de la Commission d?enquête, faisant fi de la dimension métropolitaine dans laquelle la capitale doit s?inscrire, faisant fi du besoin de circuler pour travailler, faisant fi des progrès industriels n?est pas à la hauteur des enjeux économiques, ni atmosphériques de la capitale. Vous évoquez une large concertation alors que vous n?avez recueilli que 933 contributions parmi lesquelles seulement 45 % étaient positives, c?est-à-dire que vous vous reposez sur une contribution positive de 420 personnes. C?est ce que vous appelez une large concertation. Je veux me concentrer sur un seul sujet puisque nous parlons de pollution. Un sujet dont personne ne parle ici : le report de circulation sur les deux-roues motorisés. A ce jour, votre politique est exclusivement concentrée sur la diminution de la part automobile. Aucune solution alternative de transport n?a encore été proposée. J?imagine que vous attendez l?arrivée du Grand Paris Express en 2020. Donc le report de transport automobile se fait en très grande partie sur les deux-roues motorisés, scooters et motos. Pour éviter les embouteillages, pour aller vite, pour ne pas chercher de places introuvables, pour éviter les procès-verbaux, pour être libre, ne pas être victime des grèves des transports en commun, quoi de mieux en effet que le deux-roues motorisé dans Paris ? Le problème, c?est qu?ils sont très polluants. L?autre problème, c?est que vous semblez l?ignorer. Vous faites comme si ce phénomène n?existait pas. D?ailleurs, aucune étude n?est faite les concernant. On ne sait pas combien ils sont en circulation. La dernière étude date de 2010 et, en 2010, on décelait une augmentation de 35 % par rapport à 2001. On ne connaît pas les chiffres, mais il suffit de circuler dans Paris pour constater qu?ils sont toujours plus nombreux. On ne connaît pas précisément non plus leur part de pollution, sauf pour le bruit. Là, oui, on sait qu?ils sont la deuxième cause de pollution sonore après les camions. On sait malheureusement enfin que l?on a vingt-sept fois plus de chances de mourir en scooter qu?en voiture. Alors, que les choses soient bien claires, je ne suis pas là pour stigmatiser toute une partie de cette population pragmatique qui utilise ce mode de transport pratique, rapide et libre, je veux simplement pointer ici ce phénomène grandissant, qui occupe une très grande part de la voie publique et des trottoirs aussi, et qui a surtout une part de responsabilité non négligeable dans la pollution, ce que vous occultez totalement. Selon vous et votre dialectique, seule la voiture individuelle est source de pollution. Pas les camions. Pas les scooters, ni les motos. Quelques chiffres seulement dont je dispose, ils sont bien peu nombreux. Un deux-roues motorisé moyen émet six fois plus de composés organiques volatiles par kilomètre parcouru qu?un véhicule personnel à essence. Il émet seulement deux fois moins de particules fines qu?un véhicule diesel. En émission de CO2, les deux-roues émettent plus qu?une voiture à essence récente. Madame la Maire, je souhaite vous poser une question : avez-vous intégré les deux-roues motorisés dans le facteur d?évaporation des véhicules sur lequel vous comptez pour baisser le taux de pollution ? Parce qu?aussi pitoyable que cela puisse paraître, on en est là : à l?évaporation des voitures. Puisque vous ne proposez rien, puisqu?aucune proposition non plus n?a été faite par la Région ni par le S.T.I.F. entre 1998 et 2015, puisqu?aucune solution alternative sérieuse et structurante de transport n?a été faite, aucun projet innovant en matière de circulation des personnes ni des marchandises, puisque vous ne comptez que sur la baisse de la circulation, il vous a fallu trouver un truc, un truc magique. Ce truc, c?est l?évaporation ! Hop ! On coupe l?effet d?aubaine - en parisien, cela s?appelle la voie sur berge - et évaporées les bagnoles ! Disparues ! On leur supprime une possibilité de circuler, une aubaine, alors elles ne circulent plus et ne polluent plus. Il fallait franchement y penser, mais il y en a qui ne sont pas complètement idiots et qui ont vraiment besoin de se déplacer. Pour travailler, par exemple, alors ils sautent sur une moto. C?est vraiment une aubaine, cette moto. On pourrait croire à un sketch, mais non, c?est désespérément vrai. Votre posture écologique est bien fragile. Jamais dans la proposition ni dans l?innovation, elle se réduit à l?évaporation, mais seulement l?évaporation des voitures individuelles. Ces scooters ne vont pas s?évaporer, au contraire ils vont se démultiplier et ils vont polluer. Dans votre vocabulaire, dans votre logiciel, je ne vous demande qu?une chose maintenant, c?est d?ajouter ou de modifier votre expression voitures individuelles par véhicules polluants. Vous comptez sur l?évaporation, mais le contraire de l?évaporation est la condensation. Nous en sommes là, il va vous falloir trouver un second tour de magie. Je le devine, à l?issue de la période d?essai de six mois demandée par le Préfet de police de Paris, le nouveau statut de Paris aura été voté et les pouvoirs de police du Préfet auront été évaporés. Voilà où nous en sommes. Alors, Madame la Maire, au nom du groupe et pour conclure, je veux dire que les centristes ayant horreur qu?on leur force le bras, certains d?entre nous et la majorité votera contre votre projet, parce que votre méthode est inacceptable. D?autres, vous l?avez compris, préféreront s?abstenir.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - J?annonce juste pour votre collègue suivant, puisque vous avez pris 6 minutes 08, et que vous aviez 8 minutes en tout, il reste à peine 2 minutes. Mme GATEL tout à l'heure aura deux minutes pour intervenir. Monsieur Claude DARGENT, vous avez la parole, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

M. Claude DARGENT. - Madame la Maire, Monsieur le Préfet de police, chers collègues, ceux qui s'intéressent à ces questions le savent depuis 20 ans, les berges de Seine à Paris seront un jour ou l'autre interdites au trafic automobile. La question n'était pas de savoir si la voie Georges Pompidou serait fermée aux voitures, mais quand elle le serait. La tendance est tellement systématique qu'elle est devenue un lieu commun en matière de politique de déplacement. Toutes les villes qui ont la chance de posséder un bord de rivière ou de mer le réservent aux circulations douces, piétons et vélos. Bordeaux, Lyon et d'autres l'ont fait en France. Boston, New York, Montréal, San Francisco et d'autres le font dans le monde. Classé au patrimoine mondial par l'UNESCO, le site parisien du Val-de-Seine impliquait davantage que d'autres encore une telle évolution. Les opposants à cette transformation, comme à toute réduction de la circulation automobile dans Paris, invoquent toujours le même argument : mais que va-t-il advenir du flux qui empruntait ces voies ? A ce compte, depuis 2001, la Ville de Paris n'aurait pas pu créer des couloirs de bus. Elle n'aurait pas pu implanter le tramway sur le boulevard des Maréchaux. Elle n'aurait pas pu reconfigurer l'avenue de Stalingrad dans le 19e et tant d'autres voies dans Paris. La première erreur de la droite sur ces questions est toujours la même, elle raisonne à partir d'un trafic automobile incompressible. Or, année après année, la circulation automobile dans Paris recule. Depuis 2001 et l'engagement de politiques de rééquilibrage de l'espace public, on constate une réduction de 28 % des déplacements en voiture dans Paris. 28 %, plus d'un quart de trafic en moins, soit une baisse de 2 à 3 % par an. Là encore, il y a là une tendance que l'on constate dans toutes les grandes villes occidentales. Mais cette tendance peut être confortée ou freinée par les politiques municipales. Elle a été clairement confortée à Paris. La seconde erreur de la droite dans ces dossiers est qu'elle surestime la place du trafic automobile dans les déplacements des Parisiens. C'est un chiffre méconnu, mais 80 % des déplacements concernant Paris se font en transports publics. J'entendais M. LEGARET, Mme GALLOIS nous expliquer qu'une amélioration des transports publics devait être un préalable à la fermeture des berges, mais c'est oublier que cette amélioration est continue depuis 15 ans. L'offre de métros a augmenté de 9 % entre 2004 et 2014, l'offre de RER de plus de 10 % sur la même période, l'offre du réseau de surface a augmenté de 19 % entre 2004 et 2015. Ces améliorations qui concernent également les travaux en cours sur le RER A et le RER C concernent explicitement les déplacements Est-Ouest qui sont en jeu dans la fermeture aux véhicules motorisés des voies sur berges. On voit que cette offre supplémentaire de transports publics concerne bien l'ensemble de l?Ile-de-France et pas seulement Paris, même si les études, je le signale par rapport à certaines interruptions, montrent que 2 % seulement des usagers de la voie Georges Pompidou vont de banlieue à banlieue. La seule question qui se posait était donc de savoir à quelle date les voies sur berges de la rive droite pourraient être fermées au trafic automobile. Cette hypothèse avait déjà été évoquée lors de la précédente mandature, et les études avaient montré que si la fermeture de la rive gauche était possible, celle de la rive droite se révélait prématurée. Qu'a-t-on entendu de la part de la droite de cet hémicycle à l'époque ? Cette fermeture de la rive gauche allait créer une thrombose gigantesque qui allait paralyser notre ville. On le constate, il n'en a rien été. Une fois passé l'inévitable période d'ajustements, tout le monde constate aujourd'hui les bienfaits de cette mesure. Vous l'avez rappelé, Madame la Maire. Mais une des caractéristiques de la droite parisienne, c?est qu?elle n'apprend rien de ses erreurs. Elle nous rejoue donc aujourd'hui le même scénario. Pourtant, les aménagements réalisés en 2013 déjà, rive droite avec la création de traversées piétonnes, ont contribué à diminuer la circulation automobile. Les études nous indiquent donc que ce qui n'était pas possible en 2013 l?est devenu en 2016. Il est possible désormais de rendre la voie rive droite aux circulations douces. C'est plus d'agréments pour nos concitoyens, moins de pollution et moins de problèmes de santé publique. Chers collègues, puisque rendre les berges rive droite aux piétons est désormais possible, offrons ce beau projet aux Parisiens, aux Franciliens et aux touristes. Nous vous devons beaucoup plus, avons-nous entendu lors de la dernière campagne régionale. Eh bien en tout cas, cette reconquête des voies sur berges, cette reconquête des berges de la Seine, nous la devons clairement à nos concitoyens. Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Claude DARGENT. Vous avez rappelé avec raison toutes ces évolutions en matière de transports collectifs, d'alternatives que nous avons posées depuis 15 ans, puisque je rappelle 3 élections municipales, 3 mandats, 3 projets portés avec cette idée de piétonisation des berges, c'est un processus de long cours qui heureusement a pu être accompagné de 2001 à aujourd'hui, aussi par la Région Ile-de-France et le Syndicat des transports Ile-de-France, sauf sur le transport fluvial où là nous n'avions pas été suivis, mais nous n'aurions pas eu toutes ces alternatives s'il n'y avait pas eu effectivement ce travail dans le respect des autres collectivités territoriales compétentes, elles aussi, sur le sujet. Madame BERTHOUT, vous avez la parole, pour le groupe les Républicains.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Madame la Maire, la commission d'enquête publique sur le projet de fermeture à la circulation automobile de la voie Georges Pompidou a publié son rapport le 22 août dernier. Le verdict est sans appel, fait rarissime, l'avis est totalement défavorable. Mais autre fait rarissime et à ma connaissance sans précédent à Paris, vous avez choisi de traiter les membres de cette commission, ainsi que toutes les personnes ayant contribué à l'enquête publique, avec le plus grand mépris, en passant outre les conclusions de la commission. Or, les conclusions de la commission, n'en déplaise à mes chers collègues de la gauche, sont très inquiétantes. Non seulement la grande majorité des contributions sont opposées au projet, mais qui plus est, le périmètre d'enquête que vous avez imposé ne prend pas en compte les arrondissements qui subissent des reports de circulation, en particulier les arrondissements limitrophes. Je peux, comme mon collègue maire du 6e arrondissement, témoigner de ces reports totalement embolisants. La commission dit également que l'intérêt du projet dépasse les limites de Paris, et qu?en conséquence il ne peut se faire sans concertation avec les communes concernées. Il dit enfin que les impacts économiques d'un tel projet seront négatifs. Les conclusions sont sans appel, mais Madame la Maire, vous passez outre. Triste déni de démocratie quand hier encore vous faisiez la leçon à un certain Emmanuel MACRON à propos des zones touristiques internationales. "Votre démarche, disiez-vous alors, n'est fondée sur aucune étude d'impact et ne prévoit pas de véritable retour d'expérience". Vous parliez alors "d'une décision hâtive, je vous cite, dirigiste, centralisée et imposée aux élus", ce sont vos propres mots. C'est exactement ce que vous faites aujourd'hui. Ce débat, vous le refusez non seulement aux citoyens, mais également aux élus franciliens, et s'ils sont en tribune, c'est précisément parce que vous ne leur avez jamais donné la parole. Car comme l'a très justement rappelé la Présidente de la Région Ile-de-France, la voie Pompidou est une infrastructure d'intérêt régional avec, c?est vrai, une circulation comparable à celle d'une route nationale. Des milliers de Franciliens empruntent cette voie pour aller travailler et ce ne sont pas, Madame la Maire du 12e arrondissement, simplement des CSP ++, ils l?empruntent faute de solution alternative. Car aujourd'hui, personne ne prend plus sa voiture par facilité ou confort. En fermant les voies sur berges à la circulation, vous construisez, reconstruisez des barrières héritées d'un autre âge entre les territoires. Vous "bunkerisez" assez cyniquement la capitale, tout en prétendant dans d'autres cénacles, défendre la métropole du Grand Paris et la solidarité avec les départements limitrophes. Quelle hypocrisie ! La fermeture sans préparation ni concertation de la voie Georges Pompidou ne crée pas que des embouteillages monstres, je vous invite à venir rue Lagrange, rue du Petit Pont dans mon arrondissement, vous le constaterez. Elle rajoute aussi des milliers de voyageurs dans les trains Paris-banlieue et les RER déjà bondés et dont la rénovation a été totalement délaissée par le précédent Exécutif régional, vos propres amis politiques. C'est précisément ce point qui a largement contribué à motiver l'avis négatif de la commission d'enquête qui estime, je la cite, que "la fermeture des voies sur berges devait être précédée d'une amélioration significative en qualité comme en quantité de l'offre de transports en commun en Région Ile-de-France". Mais vous vous entêtez, car vous êtes atteinte d'un mal dangereux en politique, que le philosophe ENTHOVEN appelle le "cratylisme". Pour régler un problème - les conséquences de la voiture sur la santé publique -, dont chacun s'accorde à dire qu'elles sont négatives, il suffirait simplement d'imposer une solution. Mais la solution ne règle pas le problème. Faute de concertation et de préparation, elle l'aggrave ou elle le déplace. L'étude SYSTRA - mon collègue, Jean-François LEGARET, en a remarquablement parlé - que vous avez commandée, a démontré qu'une fermeture des quais rive droite aurait pour conséquence d'augmenter significativement le trafic, en particulier boulevard Saint-Germain, dans le 6e et dans le 5e arrondissement. Je ne reviens pas sur les chiffres. Or, ces reports de circulation vont détériorer la qualité de l'air. Chers collègues, la santé des habitants de la rive gauche vaut bien celle des habitants de la rive droite et vice-versa. Vous déplacez seulement le problème, vous ne le résolvez pas. Ce report a également un impact déjà mesurable sur les activités des petits commerces et des artisans. Monsieur FÉRAUD, je crois que nous ne fréquentons pas les mêmes commerçants et les mêmes artisans. Enfin, dans un contexte de menace terroriste et d'état d'urgence, les embouteillages constituent de dangereuses menaces pour l'efficacité du travail des secours, indépendamment de la proposition de M. le Préfet pour aménager un axe particulier, mais à partager, si j'ai bien compris, avec les pompiers, ce qui ne va pas faciliter la vie. Puisque vous vous entêtez, Madame la Maire, actez au moins, sans aucune ambiguïté, le principe de la réversibilité de votre projet après six mois, comme le préconise M. le Préfet de police. J'espère, Monsieur NAJDOVSKI, que vous vous sentirez lié par l'avis du Préfet rendu à l'issue de la période d'essai, contrairement à ce que vous avez avancé de manière peu républicaine le 21 septembre dernier. Le Conseil de Paris va aujourd'hui se prononcer sur le déploiement de capteurs pour mesurer la qualité de l'air sur les quais hauts de la rive droite et sur les zones touchées par les reports de circulation. Comme mon collègue maire du 6e arrondissement, Jean-Pierre LECOQ, je souhaite évidemment que le boulevard Saint-Germain fasse l'objet d'une attention toute particulière. Je rappelle, par ailleurs, que nous avions réclamé l'installation de ces capteurs dès le début de l'année pour avoir une idée de la situation avant la piétonisation. Sans disposer de références fiables, on reste tout de même perplexe sur ces mesures. Il en va de même pour les nuisances sonores. Vous savez que la Région - mais vous paraissez l'ignorer -, qui est la collectivité chef de file pour la protection de l'air, va fort heureusement créer un comité d'évaluation régional indépendant pour analyser les conséquences de la piétonisation en matière de pollution, de bruit et de trafic. Oui, on ne peut pas faire l'économie d'un travail de concertation entre les élus des différentes collectivités qui composent la Région. Madame la Maire, en refusant le débat, en refusant de prendre en compte l'avis de la commission d'enquête publique et en restant sourde à l'inquiétude des élus de la petite et de la grande couronne, qui relaie celle des Franciliens, vous prenez en otage le sujet majeur de la santé des Parisiens et des Franciliens, dont vous n'êtes pas l'exclusive propriétaire éclairée. Sauf à ce que, Madame la Maire, telle une déesse antique, vous soyez thaumaturge et guérissiez les conducteurs franciliens malades en imposant les mains sur les voitures pour les faire disparaître, hypothèse quand même sérieusement envisagée par votre adjoint avec la fameuse théorie de l'évaporation des voitures. Eh bien, oui, il faudra revenir dans six mois avec un vrai projet concerté et préparé sérieusement avec la Région, les communes et les départements limitrophes. C'est comme cela que nous pourrons effectivement faire reculer le poids de la voiture.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Madame Maud GATEL, vous avez deux minutes 50.

Mme Maud GATEL. - Merci. Madame la Maire, mes chers collègues, pour dessiner la ville de demain, il nous faut rééquilibrer la place de la voiture au profit d'autres usages. C'est la raison pour laquelle nous proposions, dès 2007, de piétonniser les quais. Nous pensons que l'adhésion du plus grand nombre, intra et extra-muros, est possible pour un meilleur partage de l'espace public, à condition de ne pas passer en force. Car au-delà de notre critique sur la brutalité de la méthode, c'est la réussite du projet qui est en jeu. Paris a agi seule, sans concertation, en niant le caractère métropolitain des berges et l'impact que cela aurait pour les Franciliens. Et en agissant ainsi, vous avez fait de ce projet une politique pour les Parisiens, mais contre les banlieusards. Votre méthode s'est affranchie de son environnement institutionnel, mais vous n'avez pas tenu compte non plus de l'actualité des travaux dans Paris et sur le réseau ferroviaire francilien, de la fermeture, tous les étés, de la portion parisienne du RER A, ou encore la diminution drastique du nombre de trains sur la ligne du RER C liée aux travaux de régénération du réseau francilien, comme si vous considériez que l'intendance suivrait. Nous aurions aimé que le volontarisme dont vous vous prévalez aujourd'hui soit de mise avec le souci d'améliorer l'offre de transport en commun en quantité et en qualité. Depuis 15 ans, vous auriez pu, vous auriez dû exiger de la part du STIF que des alternatives soient proposées et que l'offre de transport en commun soit significativement renforcée pour faire face aux transports saturés. Or, aucune offre complémentaire n'arrivera avant 2020, voire 2025, par manque de volontarisme. J'aurais aimé également que vous fassiez preuve de la même intransigeance pour exiger, via le STIF, que la RATP propose enfin une qualité de service à la hauteur de ses responsabilités. Car aussi incroyable que cela puisse paraître, Monsieur BELLIARD, Parisiens et Franciliens ne prennent pas leur voiture par plaisir de polluer, mais parce qu?ils n'ont pas le choix. C'est le manque d'accessibilité qui est particulièrement en cause. C'est une question centrale qui concerne aussi bien les familles avec des poussettes, les touristes avec des valises que les personnes ayant des difficultés pour se déplacer. La RATP fait preuve d'une passivité coupable et nous ne vous avons pas beaucoup entendu sur le sujet. Si nous partageons la philosophie du projet, nous vous exhortons à agir différemment à l'avenir. Paris n'avancera pas contre sa banlieue. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. La parole est à M. Patrick BLOCHE, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

M. Patrick BLOCHE. - Merci. Madame la Maire, Monsieur le Préfet de police, chers collègues. En cette fin de débat, il n'est peut-être pas inutile de revenir à l'essentiel, de rappeler une nouvelle fois ce qui nous amène à réaliser, dès maintenant, l'acte II de la reconquête des voies sur berges. Ce sera le sens de mon intervention comme Conseiller de Paris, mais aussi comme Député des 4e et 12e arrondissements, en phase avec Christophe GIRARD et Catherine BARATTI-ELBAZ. Lutter contre la pollution atmosphérique est un impératif d'intérêt général. Cela nécessite de poursuivre la réduction de la place de l'automobile dans la ville, entamée à Paris, il y a 15 ans. L'urgence sanitaire guide nos choix, comme vous l'avez si justement rappelé, Madame la Maire, car il est de notre responsabilité d'agir, ou plutôt de continuer d'agir, tant le décès prématuré, chaque année, de 2.500 personnes à Paris et de 6.500 personnes à l'échelle de la métropole n'est plus acceptable. Le projet de délibération, à cet égard historique, qui est soumis aujourd'hui à l'approbation de notre Assemblée est l'expression d'une volonté politique forte : celle de permettre à Paris d'avoir toujours un temps d'avance. Les Parisiennes et les Parisiens ont parfaitement compris cet enjeu majeur pour l'avenir de notre ville, clairement porté, voire même osé, lors des élections municipales de 2014. Leur soutien majoritaire en est la meilleure illustration. Qui peut, d'ailleurs, nier les bénéfices de l'acte I de la reconquête des voies sur berges, de la piétonisation de la rive gauche de la Seine ? Qui peut nier, en effet, le succès que rencontre cet aménagement urbain et son caractère attractif ? Six millions de visiteurs en trois ans ! Qui peut, en effet, nier l'impact de cet aménagement sur la qualité de l'air ? 15 % en moins en moyenne de dioxyde d'azote. Que n'avait-on pourtant entendu ! Comme, d'ailleurs, pour un autre réaménagement majeur de la Capitale : celui de la place de la République. Pierre AIDENBAUM et Rémi FÉRAUD en gardent, comme moi, le souvenir. De fait, le débat que nous avons aujourd'hui illustre classiquement - banalement, oserai-je dire - le clivage entre droite et gauche, entre conservatisme et immobilisme, d'une part, entre réformisme et mouvement, d'autre part. Aujourd'hui comme hier, l'opposition peut bien nous dire : "Il est urgent d'attendre". Nous, nous disons : "Aujourd'hui comme hier, il est urgent d'agir !". Car, nous pensons que l'enjeu environnemental est une absolue nécessité pour faire de Paris une ville écoresponsable, une ville durable. Et, que cet enjeu est primordial pour les Parisiennes et les Parisiens, mais aussi pour les Franciliennes et les Franciliens. Stéphane TROUSSEL, le Président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, avec neuf maires de ce département, vient de le rappeler avec force : décongestionner Paris, c'est dans le même mouvement décongestionner la Métropole. Par conséquent, nous avons le devoir d'agir ici et maintenant, dans la droite ligne de l'accord de Paris et dans la perspective de la COP 22 qui débutera dans 2 mois au Maroc. Rappelons enfin que cette reconquête de la rive droite des berges de la Seine est attendue parce qu'elle constitue une formidable opportunité de revaloriser le site fondateur de l'identité de Paris et parce qu'elle permet de réconcilier notre ville avec son fleuve, à l'instar de nombreuses autres grandes villes du monde. Alors, oui, ce débat nous éclaire et éclaire les Parisiennes et les Parisiens sur notre détermination à surmonter tous les conservatismes pour améliorer leur qualité de vie et rendre notre ville plus humaine. Alors, oui, nous sommes fiers de voter, aujourd'hui, ce projet de délibération qui doit tant, Madame la Maire, à votre courage et à votre conviction.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Patrick BLOCHE. Oui, ce que nous faisons là, c'est de nous occuper de ceux qui nous ont élus. Et qu'on ne vienne pas nous reprocher de nous occuper de ceux qui nous ont élus. Je pense qu'une partie des problèmes de notre démocratie tient au fait que parfois on s'occupe de choses pour lesquelles on n'a pas de compétences, et parfois on ne fait pas quand on doit faire et qu'on en a la compétence. Donc je vous remercie, Monsieur BLOCHE. Deux derniers orateurs qui doivent se partager 4 minutes 30, Valérie MONTANDON puis Thierry HODENT. Vous vous débrouillez, 4 minutes 30 pour les deux. Merci.

Mme Valérie MONTANDON. - Merci, Madame la Maire. Nous avons en effet des visions totalement différentes des moyens de lutter contre la pollution. Vous considérez que couper une route suffit. Quid des reports ? Quid des temps d'allongement ? Aucune importance puisque, par magie, il y a évaporation. Dois-je vous rappeler qu'Airparif, lors des crues, lors des fermetures des berges en juin à cause des intempéries, a enregistré une dégradation de la qualité de l'air. Dois-je aussi vous rappeler les remarques du rapport de la Commission d'enquête qui dit : "Il semble difficile d'évaluer l'impact global du projet sur la qualité de l'air dans Paris en ne prenant en compte que le flux de véhicules qui continueront à circuler sur les quais hauts." Alors, non, Monsieur BLOCHE, ce n'est pas simplement un débat de droite et gauche. Nous ne sommes pas défavorables à des aménagements de berges. Seulement, nous considérons que chaque projet doit s'évaluer et se faire avec une synchronisation des transports en commun, ainsi que des projets de véhicules propres. Tout comme d'ailleurs la nécessité de créer des parkings aux alentours et aux portes de Paris. Chose que vous auriez pu faire lors des différents G.P.R.U., il y en a eu 9 à la dernière mandature et sous cette mandature. Mais là encore, rien n'a été anticipé. Nous avions voulu ouvrir la réflexion avec Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET sur des projets alternatifs qui justement s'inscrivaient dans le temps et permettaient de synchroniser les offres de transport. Mais là encore, vous les avez refusés. Aujourd'hui, Madame la Maire de Paris, dans l'Est parisien, je vous propose un v?u pour une étude complémentaire sur une voie piétonne qui partirait de la Bastille jusqu'à Charenton. Ce projet a l'avantage d'avoir été une évolution au niveau des conseils de quartier et instances de concertation. C'est aussi un projet qui a l'avantage de relier Paris à sa banlieue car vous en parlez souvent de la continuité entre Paris et sa banlieue, mais là encore, dans ce projet que vous nous proposez, elle est totalement absente. Je voulais quand même vous remercier, Madame HIDALGO, d'avoir énuméré tout l'immobilisme du mandat HUCHON. En effet, vous nous avez montré l'immobilisme, l'augmentation des dépenses de fonctionnement ainsi que la baisse de l'investissement. Sachez qu'à la Région, avec Valérie PÉCRESSE, nous avons en effet l'intention d'inverser la tendance, notamment grâce à 1,4 milliard qui a été consacré, en 2016, soit 600 millions d'euros d'investissement, soit 8,5 % de plus que par rapport à 2015. Enfin, en ce qui concerne le "pass" Navigo unique, sachez, là encore, que la majorité socialiste, dois-je vous le rappeler, n'a pas financé cette promesse électorale de 400 millions d'euros qui sont récurrents chaque année. Donc il nous parait bien irresponsable d'amener cet argument sur le débat, autant irresponsable d'ailleurs de la façon dont vous menez la concertation sur le projet des voies sur berges.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Dernier orateur, Monsieur HODENT, vous avez 2 minutes.

M. Thierry HODENT. - Merci, Madame la Maire. Madame la Maire, Monsieur le Préfet de police, mes chers collègues, il faut croire que le 7e arrondissement est définitivement un arrondissement privilégié dans la mesure où nous avons eu la chance, enviée par mes collègues des 5e et 6e arrondissements, d'être inclus dans le périmètre de la Commission d'enquête. C'est d'ailleurs assez cocasse dans la mesure où nous partageons pourtant le principal itinéraire de report, à savoir le boulevard Saint-Germain. Pour les habitants du 7e arrondissement, le réaménagement des berges, c'est en quelque sorte la double peine, voire la triple peine. La première peine qu'on a eue, boulevard Saint-Germain, c'était, je vous le rappelle, les banquettes Baupin avec les autobus, au début des années 2000, puis la fermeture des voies sur berges rive gauche qui a, bien évidemment, créé un nombre d'embouteillages non négligeables sur les quais hauts rive gauche et enfin, la fermeture des voies sur berge qui fait ce report sur le boulevard Saint-Germain et qui nous amène aujourd'hui à avoir une pollution largement agrandie, tant au niveau du bruit qu'au niveau du CO2, et ceci touche aussi bien les riverains que les commerçants. Nous sommes bien loin, Madame la Maire, de cet apaisement que vous revendiquez. C?est directement leur santé qui est mise en danger par votre propre décision. Comment peuvent-ils vous croire quand vous présentez de manière opportuniste ce projet comme étant un élément de votre plan contre la pollution ? Vous ne faites que déplacer le problème. Je n?ose croire qu?il s?agit là d?une punition pour des arrondissements qui sont loin de penser comme vous. Face à la contestation, vous vous résignez enfin à effectuer des mesures de l?exposition des habitants aux polluants. C?est bien trop tard, comme le soulignait Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET tout à l?heure, étant donné que nous n?avons plus de points de comparaison possibles avec la fermeture inopinée de la voie sur berge. Malgré cela, nous serons particulièrement vigilants à ce que M. le Préfet de police s?assure, ainsi que les services de secours et d?intervention, qu?ils ne subissent aucune dégradation sur leur temps de parcours dans - ce que tout le monde a signalé et apprécié - l?intervention des secours, tant sur la rive gauche que sur la droite. Il ne faut pas oublier qu?il peut aussi y avoir des attentats rive gauche et que la rive droite n?est pas uniquement à privilégier dans ce domaine, malheureusement. Donc nous attendons le bilan des six mois?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il faut conclure, Monsieur HODENT, vous devez terminer.

M. Thierry HODENT. - Oui, je termine, Madame la Maire. Je voulais dire que nous vous donnons rendez-vous dans six mois, à la fin de cet essai, pour faire le bilan. Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous allons, à l?issue de ce débat procéder maintenant aux réponses de l?Exécutif. Je donne la parole à Christophe NAJDOVSKI que je remercie pour le travail, l?engagement, la persévérance, le sérieux, l?écoute qui sont autant de qualités qu?il cumule, alors qu?il ne cumule pas les mandats, comme beaucoup d?autres ici. Christophe NAJDOVSKI ?

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Il y a moins d?un an, le 12 décembre 2015, était signé l?Accord de Paris adopté par 195 pays lors de la COP 21. Un accord historique qui doit permettre de lutter contre les changements climatiques. Le dérèglement du climat, qui est provoqué par le réchauffement global est, contrairement à ce qu?affirment certains climato-sceptiques irresponsables, bien dû à l?être humain. Et c?est la conviction de la quasi-totalité des scientifiques qui s?intéressent à la question. Et Paris doit être à la hauteur de cet accord. A Paris, où le secteur des transports est responsable d?un tiers des émissions de gaz à effet de serre, est aussi la principale source de pollution atmosphérique, la lutte contre le dérèglement climatique et la lutte contre la pollution atmosphérique vont de pair. Nous devons prendre des mesures qui s?inscrivent dans ce combat pour le climat. C?est ce que nous faisons avec la piétonisation des berges de Seine : nous luttons pour le climat et nous rendons aux Parisiens et à tous les amoureux de Paris, des berges qui ont été asservies à une seule fonction : le transit automobile. Il s?agit bien d?une re-piétonisation des berges de Seine car celles-ci, il faut le rappeler, étaient en partie piétonnes avant d?être transformées en autoroute urbaine. Elles reviennent ainsi à leur fonction originelle : celle d?un lieu qui fait le lien avec le fleuve nourricier, la Seine, qui est la ligne de vie de notre ville, dont elle a été séparée il y a cinquante ans. Pour mener à bien ce projet, la Ville de Paris a, conformément à la législation, mené une enquête publique en juin et en juillet dernier. Je ne reviendrai pas sur les arguments que vous avez notamment développés dans votre intervention liminaire, je me bornerai à rappeler quelques éléments en réponse que la Ville a apportés. L?enquête publique s?est déroulée dans un périmètre qui est conforme au droit, en soumettant au public une étude d?impact établie sur un périmètre géographique large, qui est adapté aux enjeux environnementaux qui sont soulevés par le projet. Non, le périmètre géographique, c?était Paris et même en dehors de Paris? L?analyse des impacts du projet a été élaborée de manière précise, avec des outils de modélisation éprouvés et partagés avec les services de l'Etat. Et cela démontre que le projet est un projet positif et bénéfique pour Paris, et à tous points de vue. Il a fait l?objet de nombreux échanges avec les services de l'Etat, dès l?amont de la phase de concertation préalable et tout au long de son élaboration. Plusieurs dizaines de réunions avec les différents services de l'Etat, dont la Préfecture de police que je salue ici, ont permis de prendre en compte des prescriptions importantes pour garantir la compatibilité de l?aménagement avec les contraintes du site et les impératifs de sécurité et d?ordre public dans la Capitale. Je cite en particulier le maintien d?une file permettant l?accessibilité des secours en toutes circonstances qui est assurée, et nous avons retenu, comme pour la berge rive gauche, le principe de réversibilité. Malgré cela, la droite parisienne nous reproche d?avoir agi avec brutalité, et pourtant, faut-il rappeler, comme cela a été dit dans cet hémicycle, que cette question est débattue depuis maintenant 15 ans ? Faut-il rappeler le succès de "Paris Plages" sur les berges rive droite durant l?été depuis 15 ans, de "Paris Respire" chaque semaine qui ont préfiguré la piétonisation définitive des berges ? Faut-il rappeler que cet engagement de piétonisation figurait dans les engagements pris devant les Parisiens lors de la campagne des Municipales de 2014 ? Faut-il rappeler encore que dès septembre 2015, vous-même, Madame la Maire, vous organisiez et présidiez une réunion avec une délégation représentative des maires de la Métropole pour partager le projet de piétonisation des berges ? Faut-il rappeler que les études ont été présentées à la Région et aux départements de la petite couronne et que ces études montrent que les effets théoriques en termes de circulation, qui sont d?ailleurs toujours supérieurs à la réalité que l?on constate, concernent quasi-exclusivement la Capitale, en particulier le Centre de celle-ci ? Faut-il rappeler que la piétonisation des berges?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - On n?interrompt pas l?Exécutif qui apporte ses réponses.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Mais cela vous dérange, Monsieur LEGARET.

Faut-il rappeler que la piétonisation des berges est soutenue par 55 à 60 % des Parisiens selon deux enquêtes menées, l?une au printemps, l?autre très récemment ? Faut-il rappeler les 20.000 signatures de soutien au projet que j?ai ici, qui vous ont été remises ce matin par le Président de l?association "Respire", 20.000 signatures favorables au projet de piétonisation des berges ? Faut-il rappeler que l?offre de transport a été considérablement renforcée depuis 15 ans à Paris, avec la création de deux lignes de tramway, tramway auquel vous vous opposiez au début des années 2000, qui sont utilisées majoritairement par des non-Parisiens ? Faut-il rappeler le renforcement et le prolongement des lignes de métro et de bus ? Tout cela a abouti à accroître le nombre de trajets quotidiens dans Paris en transports collectifs d?un million, sans oublier la création de Vélib? et d?Autolib? ou encore le développement de la pratique cycliste. Faut-il rappeler que les études montrent que la capacité de la voirie actuelle est en mesure d?absorber les reports de circulation qui sont, comme le mentionne l?autorité environnementale, temporaires et limités et que nous sommes sur des volumes de circulation similaires à ceux de la rive gauche au moment où elle a été piétonnisée.

Je voudrais dire aux élus de la droite de cet hémicycle que la brutalité, ce sont les 48.000 décès prématurés liés à la pollution de l?air en France dont 6.500 pour la Métropole du Grand Paris. La brutalité, c?est ce que vivent les plus fragiles de nos concitoyens, enfants et personnes âgées notamment, lors des pics de pollution, lorsqu?ils sont confinés à la crèche, à l?école ou chez eux et sont sommés de ne pas sortir dehors ou d?avoir une activité physique quelconque. La brutalité, c?est l?inaction face à la pollution, inaction à laquelle vous nous invitez sous le faux prétexte du manque de concertation de l?opposition Paris/banlieue. Paris subit beaucoup plus la pollution que le reste de l?agglomération, les cartes d?Airparif sont parlantes. Agir pour la qualité de l?air à Paris, c?est aussi améliorer la qualité de l?air dans toute la région. Il y a certes une partie de la population pour laquelle l?automobile est nécessaire, mais en réalité, ce que l?on entend aujourd?hui, c?est une minorité qui s?agite bruyamment ; c?est celle des défenseurs de l?autosolisme qui considère que l?on doit défendre un modèle d?un autre âge ; celui de la voiture comme mode unique de déplacement et de préférence, seul dans sa voiture, à l?image des véhicules qui circulent dans l?hyper-centre de Paris. Je voudrais dire deux mots d?une enquête que nous avons menée sur 1.000 conducteurs de véhicules motorisés dans le Centre de Paris. 79 % d?entre eux sont seuls dans leurs véhicules. Ce sont à 84 % des hommes et à 64 % des catégories socio-professionnelles aisées. Seuls 22 %, Madame BERTHOUT, déclarent avoir besoin d?utiliser leurs véhicules ; autrement dit, les autres le font par confort, pour des trajets d?ailleurs qui sont majoritairement à l?intérieur de Paris. On entend donc une minorité bruyante et agissante qui nous menace devant les tribunaux. Pour elle, le droit individuel à polluer de manière inconditionnelle est plus important que le droit de toutes et tous à respirer un air sain. Il est particulièrement navrant et désolant de voir que la droite de cet hémicycle emboîte allègrement le pas de ce lobby dans un combat d?arrière-garde. Certes, comme le dit très justement notre collègue Bernard JOMIER, adjoint à la Santé, il n?y a pas de lobby des mamies essoufflées, pas plus que de lobby des bébés qui suffoquent, mais pour autant, l?urgence est là. En effet, c?est bien d?une vision de la ville et de l?aménagement urbain dont il est question. C?est bien la vision de la ville qui doit s?adapter à l?automobile qui nous a amenés à la congestion automobile et à la pollution atmosphérique et que la droite s?évertue à promouvoir encore. Ce n?est pas votre projet incohérent, un projet alibi, bricolé à la hâte qui fera illusion. Ce pseudo projet consistait en réalité à créer de nouvelles rampes automobiles dans le lit du fleuve, en méconnaissance, en contradiction et au mépris de la loi sur l?eau pour un montant de 60 millions d?euros, excusez du peu, tout en maintenant une fonction d?autoroute urbaine avec une fonction de transit au c?ur de Paris. Près de 50 ans après la construction de la voie express, pour vous, pour la droite, la ville doit toujours s?adapter à la voiture. Ce ne sont pas vos circonvolutions langagières qui permettront de masquer cette orientation. Au fond, vous restez fidèles à vous-mêmes. Vous vous êtes opposés aux couloirs de bus en 2001, vous vous êtes opposés à "Paris Plages" en 2002, vous vous êtes opposés au tramway en 2003 et vous aviez boycotté son inauguration en 2006.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - On y était.

Dans l'hémicycle. - C?est vrai.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Vous vous êtes opposés aux berges rive gauche en 2012.

Dans l'hémicycle. - C?est vrai.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Je le dis avec force : on n?a jamais vu une ville améliorer la qualité de son air en donnant plus de place à la circulation automobile et en continuant à organiser du transit automobile au c?ur des villes. Bien au contraire, regardez les exemples de ce qui se fait à New York, à San Francisco, à Séoul, à Montréal, à Rio de Janeiro ou bien encore, plus près de nous, à Lyon ou à Bordeaux. Oui, Bordeaux, Mesdames et Messieurs, des autoroutes urbaines ont été transformées radicalement, voire supprimées. Quand on passe de 10 files de circulation, Madame BERTHOUT, à 4 files de circulation, c?est qu?on transforme radicalement une autoroute urbaine en un boulevard urbain. Mais oui, mais oui, Madame BERTHOUT ! A Bordeaux - j?y suis allé -, on est passé de 10 voies de circulation à 4 voies. Allez à Bordeaux, Madame ! Des autoroutes ont été transformées radicalement, voire supprimées pour le plus grand bien-être des populations locales et même pour l?attractivité économique car la qualité de vie est un déterminant essentiel pour l?attractivité d?un territoire. Avec la piétonisation des berges, nous prenons nos responsabilités, notamment à l'égard des générations futures qui auront raison de nous demander, dans quelques années ou quelques décennies : qu'avez-vous fait pour que nos sociétés restent des sociétés vivables ? Nous agissons en responsabilité et nous mènerons des actions indépendantes d'évaluation de la piétonisation des berges en lien avec la Préfecture de police mais aussi avec les services de l'Etat et ceux de la Métropole du Grand Paris. Pour objectiver de manière transparente l'évolution de la qualité de l'air dans Paris et dans les communes avoisinantes, des campagnes de mesure seront réalisées sur l'ensemble des polluants traceurs du trafic routier. Nous pourrons observer, comme nous l'avons fait pour les berges rive gauche, que la diminution globale du trafic automobile va de pair avec une diminution de la pollution atmosphérique. Comme le montrent les études menées par la Ville, les flux cumulés des quais bas et des quais hauts seront en forte baisse, engendrant comme le montre le volet air et santé de l'étude d'impact, une diminution très significative de la concentration en polluants sur le secteur concerné. Plus généralement, quand on réduit l'offre de déplacements automobiles, on réduit aussi la demande de déplacements automobiles. Ne vous en déplaise, Monsieur LEGARET, ne vous en déplaise, Madame BERTHOUT, l'évaporation du trafic est bel et bien une réalité, un constat empirique et non pas une théorie. Je sais que vous voyez des théories partout. M. le Préfet de police nous l?a confirmé d?ailleurs tout à l'heure, Monsieur LEGARET, à propos des berges rive gauche avec la question de l'évaporation du trafic. Je citerai aussi les travaux de l?économiste des transports Frédéric HÉRAN. Je le cite : "La diminution de la capacité de la voirie entraîne d'abord un report de trafic vers les voiries parallèles - nous sommes dans ce temps trois semaines après la rentrée de septembre -, puis un report vers les modes alternatifs à l'automobile mais, en outre, une partie du trafic disparaît car certains usagers décident de raccourcir des déplacements, de renoncer à d'autres ou même de vivre et travailler plus près. Alors qu?une forte congestion devrait s'installer, la circulation n'est difficile que les premiers jours, puis les habitudes de déplacement se modifient en quelques semaines et finalement les embouteillages ne sont pas plus élevés qu'avant, sinon moindres. Le trafic automobile et la pollution sont bel et bien réduits." A l'inverse, Madame BERTHOUT, la hausse de la capacité routière, de la voirie entraîne un trafic induit et, à ce titre, les projets routiers annoncés par Mme PÉCRESSE sont un contresens préoccupant dont tout le monde conviendra, je l?espère, y compris vous, à la droite de cet hémicycle, de la nécessité d'en mesurer l'impact sur la pollution. Il sera important de pouvoir mesurer l'impact sur la pollution et j'espère que vous serez d'accord pour que nous ayons un comité régional d'évaluation de la pollution causée par les projets routiers de Mme PÉCRESSE. Quant aux berges, les premiers chiffres concernant les reports de circulation et les temps de parcours sonnent déjà comme un désaveu pour les Cassandre qui voulaient annoncer l?apocalypse et la thrombose au c?ur de Paris. M. LEGARET feint de découvrir que des mesures sont prises sur la circulation dans Paris. Oui, Monsieur LEGARET, nous avons un réseau de capteurs qui mesure en permanence et depuis des années la circulation dans la Capitale. Cela ne date donc pas d?hier?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Ecoutez. Cela vous rendra peut-être plus connaisseur d'un sujet. Ecoutez ce qui est en train de se dire. Les élus qui sont debout dans les travées, etc., soyez attentifs.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - En trois semaines de mesures, depuis la rentrée de septembre, les temps de parcours sur les quais hauts rive droite sont conformes aux prévisions à l'heure de pointe du matin et sont même inférieurs aux prévisions à l'heure de pointe du soir. Effectivement, à l'heure de pointe du matin, il y a un allongement du temps de parcours mais qui est conforme aux prévisions. A l'heure de pointe du soir, les études prévoyaient un allongement de 4 minutes sur le parcours quais hauts rive droite plus voie Georges-Pompidou aval. Il était en 2015 de 26 minutes et les études prévoyaient qu'il serait porté à 30 minutes. Sur les trois premières semaines de septembre, nous sommes respectivement à 25, 26 et 27 minutes de temps de trajet, soit un temps moyen identique avant la fermeture des berges. Sur le trajet Saint-Germain? Eh oui, cela vous embête d'avoir des chiffres réels. Sur le trajet Saint-Germain plus voie Georges-Pompidou aval, alors que les études prévoyaient un allongement de 2 minutes, portant le temps de trajet de 22 à 24 minutes, les comptages réels indiquent respectivement 24, 23 et même 17 minutes la semaine dernière, soit même moins de temps qu'avant la fermeture en septembre 2015. Ces premiers chiffres sont encourageants et nous renforcent dans notre détermination et notre volonté d'agir concrètement. De plus, la piétonisation des berges, c?est aussi offrir aux Parisiens, aux Franciliens, aux touristes un nouvel écrin au c?ur de Paris, et je voudrais remercier notre collègue Christophe GIRARD d'avoir aussi parlé de la question de la beauté de Paris et d?avoir replacé cette question dans une perspective historique. C?est d?abord la liaison piétonne et cyclable?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La beauté de Paris et la vie des Parisiens nous soucient. Je suis très surprise que des élus de Paris n'aient aucun intérêt pour la vie des Parisiens et pour la beauté de Paris. C?est quand même assez extraordinaire ! Je pense qu?il faut siéger dans d'autres assemblées si vous pensez que votre mandat n'est pas d'être quand même un peu celui qui défend et promeut la vie des Parisiens. Monsieur NAJDOVSKI ?

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Les berges rive droite, c'est un nouvel écrin? Les berges rive droite sont un nouvel écrin au c?ur de Paris. C'est d'abord les liaisons piétonnes et cyclables Bastille/Tour Eiffel et Bastille/Champs-Elysées qui se voient confortées : 3,3 kilomètres de voies et près de 5 hectares s'ouvrent aux mobilités douces. La piétonisation des berges, c?est aussi de nouveaux usages permis par les aménagements paysagers et sportifs qui seront réalisés. C'est aussi une meilleure accessibilité en faveur des personnes à mobilité réduite ou en situation de handicap. Ce sont une dizaine de locaux qui viendront animer les berges avec de la restauration mais aussi, par exemple, un atelier de réparation et de location de vélos. Ce sont des péniches situées Port des Célestins, qui vont enfin pouvoir trouver des conditions propices à leur activité. La piétonisation, c'est également une opportunité pour développer la logistique fluviale et ainsi réduire le trafic routier. Avec la deuxième phase de l'appel à projets "Réinventer la Seine", piloté par notre collègue Jean-Louis MISSIKA, ce sont aussi de nouveaux usages et de nouvelles activités pour les tunnels Henri IV et des Tuileries. Je conclurai, Madame la Maire, en disant que, à travers ce débat et cette mesure emblématique - n'hésitons pas à la qualifier d'historique - ce sont bien deux visions diamétralement opposées de l'avenir de nos villes qui se confrontent. Notre vision s'inscrit bien dans le long terme et dans un cadre global parisien, métropolitain, francilien, celui d'un engagement sans faille en faveur du climat et de la reconquête de la qualité de l'air. Au moment de voter pour ce projet de délibération et pour la déclaration de projet de piétonisation définitive de la rive droite des berges de Seine, chacune et chacun va prendre ses responsabilités. Je voudrais citer une phrase célèbre : "La maison brûle et nous regardons ailleurs." Cette célèbre phrase du Président Jacques CHIRAC, auquel nous pensons tous en ce moment, cette célèbre phrase inspirée par Nicolas HULOT et prononcée en 2002 nous oblige. En annonçant qu'elle allait attaquer la délibération devant les tribunaux, la droite parisienne a décidé de regarder ailleurs. Nous lui laisserons la responsabilité de ce choix. Quant à nous, majorité municipale, autour de vous, Madame la Maire, nous nous devons de répondre à l'impératif écologique et de tout mettre en ?uvre pour que Paris, comme d'autres grandes métropoles, réponde aux défis du climat et de la qualité de l'air. C'est notre devoir et notre honneur que de voter ce projet de délibération. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Christophe NAJDOVSKI. La parole est à M. Jean-Louis MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, j'ai écouté avec beaucoup d'attention ce débat. Beaucoup de choses ont été dites par les intervenants de la droite et notamment des Républicains qui m'ont préoccupé et je vais vous expliquer pourquoi je trouve cela préoccupant. Il y a aujourd'hui des dizaines de recherches et d'études menées dans des universités du monde entier sur cette question de la diminution du trafic automobile dans les grandes villes. Toutes ces études - je pense notamment à celle de Phil GOODWIN, de l'University College de Londres - montrent que quand on ferme une autoroute urbaine, cela diminue le trafic automobile et la pollution. Ce que je trouve préoccupant, ce n'est pas que vous ne soyez pas d'accord avec cela, mais c'est que vous pratiquiez une sorte de déni de la science, des études scientifiques et qu'il y a chez vous une absence totale d'argumentation en sens contraire. Fournissez-nous les études qui montrent que la pollution augmente. Montrez-nous les études qui montrent que quand on ferme une autoroute, la circulation augmente. Il n'en existe aucune, en tout cas à ma connaissance et j'attends avec impatience? Vous êtes des climato-sceptiques qui s'ignorent, vous êtes des gens qui considèrent que quand un travail d'études a été fait, il est nul et non avenu et que personne ne doit s'en préoccuper. Je pense que vous prenez un risque considérable. Il y a une intervention qui m?a particulièrement intéressé, c'est celle de Yann WEHRLING, car je partage son point de vue. Je partage son point de vue, nous ne devons pas nous focaliser sur 3 kilomètres de bitume parisien, au risque d'oublier le tableau d'ensemble et la vision globale. Là où je suis en désaccord avec Yann WEHRLING, ce n'est pas sur l'analyse, c'est que paradoxalement il semble oublier que ce sont ses amis politiques qui détiennent les clés de ce grand plan de transformation et qui pour le moment ne font rien, absolument rien. C'est quoi la vision globale ? C'est quoi le tableau d'ensemble ? C'est d?abord la troisième révolution industrielle. Cette troisième révolution industrielle, son impact le plus spectaculaire porte sur les déplacements et sur la mobilité et cela concerne aussi bien les transports de personnes que les transports de marchandises et les transports de déchets. C?est d?abord une révolution technologique : les carburants propres, les véhicules électriques, l?économie circulaire pour les carburants, le numérique, le big data qui va permettre aux véhicules avec chauffeurs, taxi ou VTC, d?aller chercher des gens là où ils sont, et bien sûr, le transport collectif à la demande. Mais c?est aussi la robotique, les véhicules autonomes, c?est une révolution économique et socioculturelle, parce que l?on passe de la propriété individuelle d?un véhicule à un service de mobilité, parce que l?économie du partage s?applique aux vélos, aux motos, aux autos et au covoiturage également. Partout dans le monde, les villes et les États anticipent et accompagnent cette révolution des mobilités. Et c?est ce que nous faisons à Paris avec les pistes cyclables, avec les voies de bus, avec le tramway. Nous regrettons vivement que ce ne soit pas le cas partout. Je vais prendre l?exemple de la Présidente de la Région Ile-de-France, Mme Valérie PÉCRESSE, au lieu de gesticuler comme elle le fait sur des compétences qui ne sont pas celles de la Région, comme la circulation automobile, elle devrait se souvenir, ne serait-ce qu?un moment, qu?elle est présidente du S.T.I.F. Elle devrait prendre au sérieux la nouvelle définition du S.T.I.F., à savoir une autorité organisatrice de mobilité. Le S.T.I.F. doit prendre la mesure de cette révolution des mobilités plutôt que de faire toujours plus de la même chose. Il doit accélérer sur les transports nocturnes, sur la billettique, sur les bus électriques et bien sûr sur les navettes autonomes. Il est absolument invraisemblable que le S.T.I.F?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Ce n?est pas en vociférant et en empêchant Jean-Louis MISSIKA de parler que ce qu?il dit ne sera pas retranscrit dans nos débats. Cela sera de toute façon retranscrit. Jean-Louis MISSIKA apporte des éléments extrêmement importants, je demande à chacun de les écouter.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Merci beaucoup, Madame la Maire. Sur les navettes autonomes, il est invraisemblable que le S.T.I.F., sur les 8,5 milliards d?euros d?investissement prévus avec la R.A.T.P. d?ici 2020, prévoie 0 euro pour les véhicules autonomes, alors que l?investissement du S.T.I.F. devrait se chiffrer en centaines de millions d?euros. C?est d?autant plus choquant que la France est un leader mondial dans ce secteur. La plupart des "start-up" les plus avancées sur les véhicules de transport collectif autonome sont d?origine française. Ce qui menace le plus le développement économique de Paris, de la région et du pays, c?est l?absence d?investissement pour déployer ces technologies en temps et en heure. En temps et en heure, cela veut dire dès 2017 et non pas dans cinq ou dix ans. J?ai présenté samedi, avec la Présidente de la R.A.T.P., Elisabeth BORNE, sur les quais, la navette autonome, que nous allons expérimenter en novembre, sur le pont Charles-de-Gaulle entre gare de Lyon et gare d?Austerlitz. Mais, il est fondamental que le S.T.I.F. prenne ses responsabilités en la matière. C?est un déploiement massif de véhicules autonomes à l?horizon de 2025 dont nous avons besoin, je déposerai un v?u au prochain conseil du S.T.I.F. sur le sujet. Il ne suffit pas de parler de "smart région", il faut investir et agir pour la créer. Du côté de la métropole du Grand Paris, qui a la compétence sur la mobilité durable, il faut assumer complètement cette compétence. Il faut transformer le groupe de travail lancé judicieusement par Patrick OLLIER sur la mobilité durable en une conférence métropolitaine sur la mobilité durable. Car oui, Yann WEHRLING, nous devons construire ensemble une vision prospective et partagée à court, moyen et long termes, de la transformation de la métropole en matière de mobilité. Nous devons définir une feuille de route et faire des propositions à l?État, qu?il s?agisse de la transformation des autoroutes urbaines en boulevards urbains, car nous devons continuer cette transformation des autoroutes urbaines en boulevards urbains à l?échelle de la métropole. Qu?il s?agisse des solutions de liaison domicile-gare en transport à la demande et en navette autonome. Et bien sûr, qu?il s?agisse de la génération des véhicules autonomes. Mais, il y a aussi les sujets de la logistique urbaine et du transport fluvial des déchets, et les sujets de l?autopartage. Mes chers collègues, 3 kilomètres de voirie mobilisent les passions, parce que la sortie du tout-automobile touche à l?inconscient collectif et nous en avons tous conscience. Mais, nous devons nous engager résolument dans une révolution des mobilités. Nous devons nous émanciper de la dictature du statu quo pour que Paris devienne respirable, attractive et belle. Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Jean-Louis MISSIKA. La parole est à Pénélope KOMITÈS, puis Bernard JOMIER, rapidement.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe. - Merci, Madame la Maire. Je vais donc répondre principalement à l'amendement qui a été déposé par le groupe les Républicains. Je vois qu?en même temps que le débat sur la piétonisation des voies sur berges, où vous sous-estimez gentiment les effets de la pollution sur la santé des Parisiens, vous semblez persister avec la biodiversité que vous rabaissez allègrement dans votre v?u. Vous vous moquez totalement de l'appel qui a été signé il y a maintenant quelques mois par de grands noms de l'écologie, dont Yann ARTHUS-BERTRAND, Allain BOUGRAIN-DUBOURG et Nicolas HULOT. Vous aviez l'air plus attentionné avec les idées de Nicolas HULOT au moment du Grenelle de l'environnement, peut-être pour des raisons d'opportunisme. Vous dire que la biodiversité, c'est l'ensemble de la nature. C'est un corps vivant, et corps vivant, individu, être humain, donc cela répond absolument à votre question sur pourquoi nous avons décidé de donner la citoyenneté d'honneur à la biodiversité, non pas à un individu, mais à une grande cause. J'imagine - j'ose espérer - que vous avez parcouru le dernier rapport de l?UICN qui souligne l'urgence de la situation sur la biodiversité et qui fait apparaître une disparition extrêmement importante d'espèces animales et végétales, et qui souligne l'efficacité des politiques de préservation. Remettre la citoyenneté d'honneur à la biodiversité était un acte de responsabilité pour nous. Cela nous engage à la respecter, notamment à la respecter et à la développer sur les voies sur berges. Le programme que nous allons mettre en place, notamment sur les quais et sur tout l'aspect biodiversité et végétalisation des quais, va participer aussi à cet aspect. Nous nous y engageons en la préservant à travers l'adoption d'un certain nombre de règles d'urbanisme, notamment, comme nous l'avons fait au moment du PLU, avec le renforcement de la place de la nature dans la ville. Vous dire également que nous portons aussi ce message à l'échelle internationale. Nous l'avons fait à l'occasion de la COP 21 et nous le referons au moment de la COP 13 qui se tiendra au Mexique en décembre prochain, qui sera, pour Paris, l'occasion de présenter? J'aurai le plaisir de vous présenter quand je ferai voter le prochain plan biodiversité, l'index de Singapour, qui est un indicateur international reconnu de biodiversité urbaine, que nous allons continuer à développer et à mettre en place. Donc, offrir la citoyenneté d'honneur de la Ville de Paris à la biodiversité, c?est vouloir une planète simplement vivante pour les générations futures. C?est bien des générations futures dont nous nous préoccupons quand nous travaillons sur la piétonisation des berges également.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Pénélope KOMITÈS. Docteur JOMIER, vous avez le mot de la fin pour cette réponse de l?Exécutif.

M. Bernard JOMIER, adjoint. - Madame la Maire, mes chers collègues, je vous remercie. Je ne serai pas long parce que j?ai écouté avec beaucoup d'attention l'ensemble des arguments. J'ai toujours - pardonnez-moi, le mot est peut-être un peu fort - l'angoisse que nous échappe un argument qui ferait croire que ce projet ne serait pas bon pour la santé. Evidemment, vous comprenez combien je serai sensible à regarder de près cet argument et à l'étudier. Je remercie l'ensemble des intervenants qui ont parlé de la santé et qui ont dit que c'était leur guide, mais, Madame BERTHOUT, clairement, quand on invoque la santé, on doit accepter le jugement des études scientifiques. Jean-Louis MISSIKA, avec le sens habituel de la modestie et de la mesure qui le caractérise, a dit qu'il y avait quelques dizaines d'études qui disaient toutes la même chose, mais c'est beaucoup plus. C'est beaucoup plus et c'est depuis longtemps. Croyez-moi que si un seul argument était recevable, j'en débattrai longuement avec vous. Depuis plus de deux ans que cet Exécutif est en place, nous travaillons régulièrement avec l'Organisation mondiale de la santé qui recueille les données sur plus de 3.000 villes du monde. Nous travaillons avec l'ensemble des scientifiques. L'année dernière, avec l'A.P. -H.P., nous avons organisé un colloque sur la santé et la pollution de l'air. Nous regardons ce que font les autres villes du monde. C'est l'ensemble de ces travaux qui ont amené Madame la Maire à annoncer qu'un nouvel outil international, préparé avec l'OMS, nous permettra de mieux connecter les politiques publiques qui sont mises en place dans les grandes villes du monde avec les résultats en terme d'indicateurs de santé, parce que ce lien-là - vous avez raison - est absolument essentiel. Il faut du sérieux dans les études. A propos de sérieux, la commission d'enquête qui a rendu son rapport a été interpellée publiquement et à raison par le professeur HOUSSET, l?un des cinq pneumologues de renom et respectables qui ont signé une tribune sur cette question. Bruno HOUSSET dit : "Cette commission d'enquête n'a auditionné aucun professionnel de santé, aucun scientifique. Qu?est-ce à dire ?" Qu?est-ce à dire ? Que les questions de santé n'intéressaient pas la commission d'enquête ? Alors je veux bien vous laisser au débat des conséquences économiques, mais un certain nombre d'orateurs ont expliqué à quel point le projet serait bon sur cet angle-là aussi. Mais je constate que, sur les questions de santé, la commission d'enquête n'a rendu aucun avis autorisé parce qu?elle n'a auditionné aucune personne compétente en la matière et que les membres eux-mêmes de cette commission d'enquête, à juste titre, ne revendiquent pas de compétences en la matière. Alors acceptons, acceptez le parallélisme des résultats, que ce qui se fait dans d'autres villes, ce qui est prouvé par les études scientifiques, se réalisera à Paris. Mais comme vous êtes sceptiques, nous allons mettre en ?uvre deux types d'études : une avec Airparif et, là, il faut être très clair. Oui, il n'y avait pas assez de capteurs d'Airparif. Mais qui a supprimé les crédits à Airparif ? Quels conseils départementaux ont coupé les crédits à Airparif ? Qui, au début de cette séance, a tenté de faire retirer de l'ordre du jour le projet de délibération qui prévoit d'accorder 128.000 euros à Airparif pour faire ses études ? C'est vous ! Vous n'avez pas honte ? Vous demandez que l'on fasse des études avec Airparif et vous voulez couper les crédits d'Airparif ? Vous voulez casser un thermomètre que vous nous demandez d'utiliser toujours plus. C'est cela la réalité.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Ecoutez Bernard JOMIER qui ne fait que rappeler des vérités.

M. Bernard JOMIER, adjoint. - Le deuxième organisme qui va faire une étude. La lutte contre la pollution est importante, mais il y a à côté de la lutte contre la pollution d'autres bénéfices pour la santé à attendre. Je n'insulte personne, je dis que vous avez tenté de faire retirer de l'ordre du jour le projet de délibération donnant des crédits à Airparif. C'est bien ce qu'a fait Jean-François LEGARET ?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - On va conclure et passer au vote.

M. Bernard JOMIER, adjoint. - Il faut assumer ses actes, c'est tout. Ce n'est pas plus compliqué que cela. Le deuxième organisme qui va faire une étude?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Ecoutez, on est au bout de ce débat. Laissez terminer l'Exécutif.

M. Bernard JOMIER, adjoint. - Le deuxième organisme, c?est l'APUR. Il va faire une étude d'impact en santé plus générale. Parce que, vous savez, libérer les voies sur berges, c?est aussi permettre aux Parisiens d'y faire de l'activité physique, du sport. Mon collègue Jean-François MARTINS sait combien c'est utile pour la santé et je salue son action en la matière. La Présidente de la Région Ile-de-France a décidé de supprimer la subvention à l?APUR. Je veux bien. Mettons-nous tranquillement. Dites-moi si vous souhaitez que d'autres organismes fassent ces études, mais, à un moment, acceptons ensemble le jugement des études scientifiques en toute tranquillité. Elles seront publiées parce que nous allons voter cette subvention. Et j'en termine. Vous vous rappelez qu'au mois de juin dernier, l'Agence nationale de santé publique a publié une étude que tout le monde connaît, mais il y a un fait qui est paru qui n'a pas été vraiment relayé. C'est que, parmi les 48.000 morts de la pollution en France, si l'ensemble des grandes villes françaises amenait ses taux de polluants au niveau des 5 % les moins polluées, on arriverait à sauver 32.000 vies. C'est considérable. Cela montre la nécessité de mener les politiques publiques, en la matière, de réduction de la place de la voiture. Moi, je suis fier d'être membre d'un Exécutif qui fait de la santé sa priorité. Je suis fier de travailler avec une maire qui dit que la santé publique ne se négocie pas et que c'est la santé de nos habitants qui est le premier critère de nos politiques publiques. Votre premier critère, honnêtement, excusez-moi, je ne l'ai toujours pas compris. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Bernard JOMIER. Nous allons maintenant passer au vote. Ecoutez, vous pouvez retarder, perturber, mais nous voterons tout de même. Donc, Professeur DEBRÉ, allez-y !

M. Bernard DEBRÉ. - Je suis assez effaré de cette discussion. Monsieur JOMIER, et vous, Madame HIDALGO, nous sommes pour la diminution de la pollution, c'est évident. Donc, quand on nous dit qu'il faut tout faire pour diminuer la pollution, nous sommes tous d'accord. Le problème, c'est que la pollution est reportée ailleurs et pire, que cela soit boulevard Saint-Germain, quai de la Mégisserie et sur le boulevard périphérique. Ne dites pas que vous diminuez la pollution et que nous y sommes opposés. Dites seulement que vous la transférez.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Bernard DEBRÉ, on ne va pas reprendre le débat. Rien ne vous donne la dernière parole, je suis désolée, c'est l'Exécutif. Nous allons maintenant, à l'issue de ce débat où clairement deux visions s'opposent, mais s'opposent démocratiquement, et vont être tranchées démocratiquement par le vote, qui n'est pas un acte brutal, qui est l'acte de la démocratie le plus exemplaire, un vote par une assemblée légitime pour décider sur le territoire qui lui est conféré par la loi, et donc, à présent, nous allons procéder au vote tout d'abord de l'amendement? et on ne perturbe pas le vote, vous irez vous répandre à l'extérieur, mais là, on fait les choses sérieusement. Nous allons procéder au vote de l'amendement et des v?ux rattachés au projet de délibération SG 29. Je mets aux voix l'amendement? Mais M. le Préfet de police a parlé avant. Il estime qu'il a dit ce qu'il avait à dire et vous n'êtes pas là pour obliger qui que ce soit à parler. Donc, je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 1 déposée par le groupe les Républicains, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition d'amendement n° 1 est repoussée. En réponse au v?u n° 2 du groupe Communiste - Front de Gauche, l'Exécutif a déposé le v?u n° 2 bis. Le v?u n° 2 est-il maintenu ? Il est retiré. Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de v?u n° 2 bis déposé par l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de v?u est adopté. (2016, V. 252). Je remercie le groupe Communiste - Front de Gauche du retrait du v?u précédent. En réponse au v?u n° 3 du groupe Communiste - Front de Gauche, l'Exécutif a déposé le v?u n° 3 bis. Est-il maintenu ? Il est retiré. Je vous remercie. Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de v?u n° 3 bis déposé par l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de v?u est adopté. (2016, V. 253). En réponse au v?u n° 4 du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants, l'Exécutif a déposé le v?u n° 4 bis. Le v?u n° 4 est-il maintenu ? Il est retiré. Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de v?u n° 4 bis déposé par l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de v?u est adopté. (2016, V. 254). Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 5, déposée par le groupe les Républicains assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est repoussée. Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 6, déposée par le groupe les Républicains assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est repoussée. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 29. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2016, SG 29). Nous allons maintenant procéder au vote des projets de délibération SG 30 et SG 36, rattachés à ce débat. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 30. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2016, SG 30). Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 36. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2016, SG 36). Nous allons terminer par le vote de l'amendement n° 114 et du projet de délibération DEVE 146. Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 114 déposée par le groupe les Républicains, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition d'amendement n° 114 est repoussée. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 146. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DEVE 146). Mes chers amis, nous avons voté une décision historique: la fin d'une autoroute urbaine à Paris, et la reconquête de la Seine. Merci. Bon appétit.