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Septembre 2016
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2016 DVD 156 - Transport de marchandises et logistique urbaine. Convention de partenariat avec la Poste. Vœu déposé par le groupe PCF-FG relatif à la composition du comité de suivi.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le projet de délibération DVD 156 et le v?u n° 97 qui y est rattaché portent convention de partenariat avec la Poste. Edith GALLOIS, Alexandre VESPERINI et Didier LE RESTE vont nous en parler.

Mme Edith GALLOIS. - La logistique urbaine est un sujet qui m?est très cher, ainsi qu?à l'ensemble de mes collègues du groupe UDI-MODEM. Nous estimons que l'on ne peut pas assurer une politique contre la pollution si l'on ne s'intéresse pas en premier lieu à la logistique urbaine et à la circulation des poids lourd dans Paris. Cette convention avec la Poste nous paraît une excellente mesure et nous allons la soutenir. En juillet dernier, à l?occasion de la révision du P.L.U, je m?étais inquiétée de la faiblesse des propositions que vous faisiez en termes de surface des 60 E.L.U., Espaces de Logistique Urbaine que vous annonciez. Je déplorais à juste titre, me semble-t-il, que leur taille, leur rayon de giration, leur emplacement n?étaient pas, selon moi, adaptés à l?enjeu de massification des volumes et ne remplissaient pas les conditions essentielles non seulement de viabilité économique des entreprises logistiques, mais aussi de limitation de l?impact environnemental du transport des marchandises. Alors comme souvent, entre les effets d?annonce et la réalité, quelques ajustements sont nécessaires. Il me paraît qu?avec cette convention, on arrive à ces ajustements. Selon l?Atelier parisien d?urbanisme, une surface minimum de 1.000 mètres carrés est préconisée pour arriver à une véritable efficacité. Avec ces 60 E.L.U. que vous nous aviez proposés, annoncés à l?occasion de la révision du P.L.U., on en était à des surfaces entre 500 et 1.000 mètres carrés. C?était donc excessivement insuffisant. Aujourd?hui avec la Poste, on arrive à des surfaces beaucoup plus intéressantes puisqu?il s?agit de surfaces qui font au minimum 3.000 mètres carrés. Pour une fois, la raison a fini par l?emporter sur la communication. Dans ce domaine, il me semble que nous avons tous évidemment à y gagner. J?espère que la prochaine convention avec les concessionnaires de parkings permettra aussi de revenir à la raison en s?adressant à ceux qui permettent une hauteur qui permettra de faire entrer éventuellement des semi-remorques ou des camions de grosses dimensions. Tout cela pour dire que nous approuvons évidemment totalement cette convention dont nous nous réjouissons et ce partenariat avec la Poste. Au passage, je voudrais me féliciter de cette démarche très vertueuse engagée par la Poste qui trouve une reconversion qui me paraît vraiment excessivement positive dans le domaine de l?acheminement propre et donc, une conversion très honorable. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Alexandre VESPERINI.

M. Alexandre VESPERINI. - Merci, Monsieur le Maire.

Je nuancerai un peu ce propos. C?est évidemment une bonne idée, on ne va pas voter contre cette nouvelle charte. Sur la logistique urbaine, grosso modo, il y a eu cette fameuse charte de 2013, mais depuis?

Il est vrai qu?il y a l'Hôtel Logistique, c?est une chose importante, à la Chapelle. Il est vrai que vous avez désigné - Edith GALLOIS l?a dit - un certain nombre d?élus, mais pour rencontrer les professionnels du dernier kilomètre de livraison, je vois bien tout de même que l?on est plus dans la charte, dans les incantations, dans les déclarations d?intention et pas vraiment dans l?action. C?est pour une raison très simple qui ne tient pas seulement à la Mairie de Paris - tout n?est pas de la faute de la Mairie de Paris, évidemment -, c?est que les financements ne sont pas là, les investissements ne viennent pas. Vous nous présentez cette nouvelle charte. Le Christ multipliait les pains et la Mairie de Paris multiplie les chartes, très bien ! Je ne peux que saluer la chose, mais j?ai peur que cela débouche encore une fois sur des événements, sur des groupes de travail ; le projet de délibération en fait état. Les industriels, les transporteurs, les logisticiens, les commerçants eux-mêmes dans Paris attendent véritablement des actions. On a beaucoup parlé de la fermeture des voies sur berges, je vous rappelle que dans le Centre de Paris, en termes de logistique et de livraisons, il suffit d?aller consulter ce que disent les chauffeurs livreurs pour savoir ce qu?ils pensent de la façon de circuler dans le Centre de Paris. Très franchement, je crois qu?on est vraiment en deçà de la réalité dans ce domaine de la logistique urbaine. Je regrette d?ailleurs que l?adjoint chargé de la voirie ne soit pas présent car il aurait certainement des choses à nous dire. Nous avons M. MISSIKA, cela nous suffit amplement, mais je trouve cela regrettable. Un dernier commentaire pour terminer. J?ai le plaisir de siéger à la Commission départementale de la présence postale territoriale. Cela fait plus de deux ans maintenant que j?y siège, je constate que l?agilité de la Poste laisse à désirer. Oui, je suis désolé, je sais que vous dodelinez, mais les résultats sont là. A Paris, nous avons 188 bureaux de poste et le trafic courrier s?est effondré de 50 % en cinq ans au cours de ces cinq dernières années. A chaque fois qu?il est question de reconvertir un certain nombre de bureaux de poste en espaces de logistique urbaine pour libérer du foncier, comme l?a dit très justement Edith GALLOIS, on constate très souvent, même si les dirigeants expriment une très bonne volonté, une forme d?inertie à la Poste qui empêche de reconvertir le foncier dont dispose la Poste. Je trouve cela très regrettable. C?est la raison pour laquelle, mais je ne veux pas faire l?oiseau de mauvais augure, je ne me fais pas beaucoup d?illusions sur les suites que va donner cette charte. Encore une fois, vous allez signer la charte, vous allez faire de belles photos, être très contents et dans quatre ans, on reconduira la convention entre la Poste et la Mairie de Paris. Néanmoins, je crois que l?on est vraiment très loin de l?enjeu. On devait inaugurer prochainement - c?est pour cela que je regrette l?absence de M. NAJDOVSKI - la plateforme de logistique locale dans le 12e arrondissement ; où en est-elle ? J?ai un peu l?impression que vous avez du mal à avancer, mais c?est normal car vous ne voulez pas dégager les financements ou aujourd?hui, personne ne veut vraiment financer les grands espaces de logistique urbaine, mis à part encore une fois quelques projets dans le cadre de "Réinventer Paris", et que vous masquez finalement cette lenteur par ces chartes. J?ai peur que ce soit un peu de l?affichage, je le regrette. Nous voterons pour, je vous rassure, mais sans se faire, encore une fois, beaucoup d?illusions sur le sujet. Merci.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Didier LE RESTE.

M. Didier LE RESTE. - Je vous remercie, Monsieur le Maire. La convention de partenariat que nous devons adopter aujourd?hui présente plusieurs points importants, à la fois pour la Ville de Paris et le groupe "la Poste", mais également pour les usagers dont nous faisons tous partie, je pense, ici et pour les agents car la question des rythmes de travail est plusieurs fois abordée. Par conséquent, nous regrettons que les organisations syndicales n?aient pas été associées en amont à l?élaboration de cette convention. Alors même que la convention traite de l?avenir du service postal et de ses évolutions, c?est nous qui avons indiqué l?existence de cette convention aux syndicats de la Poste. Ceci étant dit, nous avons également plusieurs remarques à exprimer sur le fond du dossier. Je rappellerai, premièrement, que le groupe "la Poste" regroupe tout un ensemble de filiales, notamment sur les livraisons de colis. Par conséquent, tous les véhicules du groupe ne circulent pas sous les couleurs traditionnelles. Il faudrait nous clarifier la portée de la convention en nous précisant si ces engagements sont pris pour l?ensemble des filiales et autres sous-traitants. Deuxièmement, il est inscrit dans l?article 2 de la convention que la Poste s?engage à livrer majoritairement les colis via des modes de transports doux. Cet objectif ne devrait pas être très difficile à atteindre car actuellement les trois quarts des 1.800 tournées de facteurs sont déjà effectués via des modes doux : vélos et piétons. Encore faut-il que la Poste compte bien s?appuyer sur son réseau 100 % public et s?engager à le développer. Je remarque également que la Poste s?engage à multiplier les points de remise de colis, les consignes qui peuvent être placées sur l?espace public ou chez des commerçants. L?objectif est alors de réduire le nombre de kilomètres parcourus. Je vois là deux contradictions. D?abord en multipliant les points de remise de colis, la Poste multiplie aussi le nombre de déplacements de la flotte de véhicules. Nous ne sommes pas persuadés qu?en bout de course, cela permette réellement de réduire le nombre de kilomètres parcourus. Nous sommes d?autant plus interrogatifs que la Poste peut s?appuyer sur un réseau relativement dense dans Paris. Il existe aujourd?hui environ 180 bureaux de poste ouverts du lundi au vendredi de 8 heures à 19 heures, voire 20 heures et aussi le samedi, de 8 heures à 13 heures. La densité de l?offre est là, l?amplitude des horaires d?ouverture aussi mais tendent à se réduire progressivement car nous savons que la Poste cherche à faire des économies malgré que le groupe "la Poste" a de nouveau touché plus de 340 millions d?euros en 2015 du C.I.C.E. Les fermetures de bureaux de poste, c?est le cas de plusieurs bureaux du 10e arrondissement - gare du Nord, gare de l?Est -, du 12e arrondissement - bureau de Tahiti -, du 18e arrondissement - Tristan Tzara -, du 16e arrondissement - Paris Molitor - ou encore du 13e arrondissement où les agents sont d?ailleurs en grève depuis le 7 septembre pour protester contre les réductions de moyens. La mobilisation citoyenne se développe dans les arrondissements concernés par des restructurations qui contribuent à atrophier le service public postal. Ces différentes mobilisations répondent au projet de la Direction. Le fait de s?appuyer sur des consignes automatiques et des relais commerçants au lieu de compter sur les agents de la Poste va accentuer la dégradation du service public rendu aux usagers. Sur le service aux entreprises, la voie proposée est la même avec le développement de plateformes logistiques mises à disposition des commerçants. Dans tous les cas, ces évolutions vont accentuer la dynamique de suppression d'emplois au sein de la Poste alors même que nous en avons perdu près de 5.000 les dernières années. Pour compléter, j'évoquerai plusieurs points qui n'apparaissent pas dans la convention. D?abord, sur les activités d'acheminement et de tri. Depuis quelques années, la Poste fait le choix de l?acheminement par voie routière au lieu du ferroviaire. La question sort de nos compétences, certes, mais la question de l'impact écologique mérite d'être posée. Par ailleurs, depuis plusieurs années, les centres de tri parisiens sont déménagés en banlieue. Par conséquent, lorsqu'un courrier ou un colis est envoyé depuis Paris à destination d?une autre adresse intra-muros, le courrier transite par la banlieue. C'est une perte de temps et un non-sens écologique. Enfin, rien n?est dit sur les tournées de collecte du courrier. Un bel objectif serait pourtant de réaliser toutes ces tournées au moyen de véhicules propres. En conclusion, je reviendrai sur le v?u rattaché que nous avons déposé au nom du groupe Communiste - Front de Gauche. Il est prévu que le suivi de la mise en ?uvre de la convention soit réalisé par la DVD. Nous pensons qu'il est nécessaire d'élargir le comité de suivi à la présence des élus, au regard des objectifs hautement politiques abordés par la convention. Pour l'ensemble des raisons évoquées ci-avant, notamment les conditions dans lesquelles se réalise le service public postal à Paris, qui ne peuvent pas être déconnectées de la convention qui nous est soumise, notre groupe s'abstiendra.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Jean-Louis MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Voilà trois interventions assez disparates, il faut bien le reconnaître, mais intéressantes toutes les trois, chacune dans son genre. Je voudrais dire d'abord à Edith GALLOIS que ce qu'elle dit sur la taille des E.L.U. - Espace de Logistique Urbaine - est faux, tout simplement faux. Nous avons choisi les différents formats en dialogue avec les partenaires de la charte, c'est-à-dire des professionnels extrêmement expérimentés et, bien évidemment, la plupart ou un grand nombre de ces espaces doivent être supérieurs à 1.000 mètres carrés. Cependant, même pour la logistique du dernier kilomètre avec des moyens petits et non polluants de transport, des espaces de 500 mètres carrés sont intéressants pour un certain type de logistique. Il faut comprendre que la nouvelle logistique urbaine durable est une logistique de plus en plus diversifiée et qui réclame des espaces de taille extrêmement différente. Je ne vois donc pas pourquoi elle présente cette avancée exceptionnelle que nous avons eue dans le P.L.U. en créant une nouvelle catégorie C.I.N.A.S.P.I.C. pour la logistique urbaine durable. Pourquoi présente-t-elle cela comme une opération de communication ? Cela me permet d'ouvrir ma réponse aux propos de M. VESPERINI, je crois que jamais la Ville de Paris n'a mené une politique aussi audacieuse et aussi volontaire dans le domaine de la logistique urbaine. Nous avons avancé sur tous les fronts. En effet, nous avons la charte qui a été signée avec les partenaires dans le cadre de la ville intelligente et durable. Nous avons la modification du P.L.U. et c'est une grande première dans l'histoire des P.L.U. de France que cette nouvelle catégorie C.I.N.A.S.P.I.C. et le fait que nous ayons ciblé plus de 60 territoires à l'intérieur de Paris et de 60 parcelles pour pouvoir accueillir ces espaces de logistique urbaine de proximité. Nous avons également lancé le projet de Chapelle-International qui est une incroyable ambition, un projet multi modal, fer et route, et qui est vraiment un espace logistique de grande taille et de nouvelle génération avec une innovation considérable. Nous avons lancé un appel à projets innovants avec des expérimentations et aujourd'hui il y a une vingtaine d?expérimentations avec des partenaires privés sur le territoire parisien en matière de logistique urbaine. Nous avons aussi lancé la création d?un incubateur consacré à la logistique urbaine, incubateur soutenu par de grands comptes et pour le moment installé provisoirement dans un bâtiment de "Paris & Co", mais qui sera logé dès que le bâtiment de Chapelle-International sera terminé, à Chapelle-International. Très franchement, l'accusation consistant à dire que nous ne faisons rien est plus que ridicule, je suis vraiment désolé de vous le dire. En plus, Monsieur VESPERINI, vous confondez charte et convention. Une convention comprend des engagements et La Poste prend des engagements dans cette convention. La Poste, dont vous dites qu'elle est caractérisée par l'immobilisme, a au contraire été un précurseur à Paris dans la conversion de ses tournées au mode doux, le vélo et la marche à pied ainsi que les véhicules à faibles émissions. Elle s'est déjà équipée de 160 véhicules électriques pour sa distribution parisienne et ce qu'il y a d'intéressant dans cette convention, c?est qu?elle précise les engagements de la Poste à partir de 2017 pour poursuivre la conversion de ses tournées diesel en mobilisant toutes les innovations possibles, incluant les vélos à assistance électrique, le J.N.V., ou encore l'utilisation des transports en commun. Les engagements de la Poste portent également sur le développement de nouveaux espaces de logistique urbaine d'au minimum 3.000 mètres carrés, sur la conversion de certains sites de la Poste à ces espaces de logistique urbaine, et la Poste prend aussi des engagements en faveur du développement des consignes à colis ainsi que pour des services de gestion de stock destinés aux commerçants. Ce n'est pas du tout un texte en l'air, mais un texte avec des engagements précis et qui permet d'avancer de façon rapide et volontaire vers la logistique urbaine durable et responsable. Cette convention est conclue sur 4 ans, elle est reconductible. Le suivi des engagements pris fera l'objet d'un comité réunissant la Ville et la Poste deux fois par an. J'ai entendu la demande du groupe Communiste - Front de Gauche pour élargir le comité de suivi en y associant d'autres parties prenantes. Je suis tout à fait ouvert à cette idée mais comme il faut en discuter avec la Poste, ce qui est normal puisque c'est notre partenaire en la matière. Je vous propose donc de retirer votre v?u tout en vous promettant de soutenir votre demande, notamment en ce qui concerne la présence de la Commission départementale de présence postale dans ce comité de suivi. Voilà ce que je voulais vous dire. La Ville de Paris est engagée dans une politiques des plus ambitieuses en matière de logistique urbaine durable que l'on connaisse en France et à l'étranger. Cette convention en est un élément supplémentaire. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Le groupe Communiste maintient-il le v?u ?

M. Didier LE RESTE. - Non, je vais le retirer, même s?il y a un certain nombre de questions que j?ai posées dans mon intervention qui n?ont pas trouvé réponse, mais je ne désespère pas.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - On était limité à 5 minutes, déjà on en a fait 6... Le v?u n° 97 est donc retiré. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 156. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DVD 156).