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Septembre 2016
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2016 DJS 304 - Garanties et financements en vue du dossier de candidature de Paris pour l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2016


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Enfin, le projet de délibération DJS 304 porte garanties et financements en vue du dossier de candidature de Paris pour l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Ann-Katrin JÉGO, David BELLIARD, Pierre-Yves BOURNAZEL, Danielle SIMONNET et Nicolas BONNET-OULALDJ pour nous en parler. La parole est à Ann-Katrin JÉGO.

Mme Ann-Katrin JÉGO. - Merci, Monsieur le Maire. Décidément, je n?ai pas de chance à chaque fois que je parle du sujet. Avant d'aborder les points précis et financiers présentés dans ce projet de délibération, permettez-moi de rappeler le soutien constant apporté par le groupe UDI-MODEM à cette candidature et même souligner que nous l'avions appelée de nos v?ux bien avant que vous ne vous prononciez. Tout ceci pour vous dire combien nous sommes heureux que vous nous ayez rejoints sur ce dossier. Cher Jean-François, c'est suffisamment rare pour que je m'en réjouisse. Depuis, le comité de candidature coprésidé par Bernard LAPASSET et Tony ESTANGUET ?uvre avec sérieux. Les éléments qui sont portés à notre connaissance lors des réunions du groupement d'intérêt public sont tout à fait satisfaisants, qu'il s'agisse de l'utilisation des sites parisiens existants ou des projets d'investissement en Seine-Saint-Denis. Concernant la partie communication, le départ de la directrice de la communication du G.I.P. "Paris 2024" à moins d'un an de la candidature n'est pas de très bon augure, même s'il n'est pas étonnant eu égard à la manière dont vous avez accueilli son travail. Lors de la présentation du plan de communication, il s?est davantage agi de votre part d'un dézingage en règle que d'un échange co-constructif. Toujours dans la partie communication, la séquence "Jeux de Rio" paraît avoir bien fonctionné et nous attendons avec impatience un bilan de vos séjours sur place, un retour chiffré et précis de la fréquentation de l'espace France, ainsi qu?une évaluation de l'action des différentes sphères d'influence. Pour la partie financière, si la perspective de sobriété économique du projet est à saluer, nous attendons toujours de connaître les modalités envisagées pour que les entreprises françaises bénéficient en priorité des 3 milliards d'investissements envisagés. Pour l'Euro 2016, seulement 58 % des marchés ont été attribués à des entreprises françaises. Rappelons qu'à Londres, 90 % des entreprises qui ont travaillé sur les Jeux étaient issues du Royaume-Uni, avec un effet non négligeable sur l'emploi. Cette question à l'heure où la courbe du chômage est bien loin de s?inverser est évidemment cruciale. A côté de cette inquiétude pour l'emploi, un autre sujet de satisfaction. Avec l'organisation réussie de l'Euro, la France, et Paris en particulier, a montré qu?elle était capable d'organiser et de sécuriser de grands événements internationaux. Ce fut au prix d'un engagement exceptionnel des forces de l'ordre - policiers, gendarmes, militaires, sécurité civile -, que je tiens à saluer à cette occasion, mais aussi la preuve d'une réelle compétence. Enfin, l'abandon quasi définitif de la candidature de Rome. La Maire, Virginia RAGGI, ayant annoncé le 21 septembre dernier que cette candidature serait irresponsable, fait qu'il ne reste plus que trois concurrents en course : Paris, Los Angeles et Budapest. Permettez-moi de me préoccuper principalement de la candidature de Los Angeles, notre concurrent le plus redoutable, qui dispose d'arguments de poids avec, notamment, la force de la Silicon Valley pour l?innovation, de Hollywood pour le glamour, du campus de l?U.C.L.A. pour son village olympique et, de manière générale, d'une avance indéniable concernant les préoccupations écologiques. Celle-ci mise sur l'énergie solaire avec, notamment, l'installation de 4.000 hectares de panneaux solaires sur les sites susceptibles d'accueillir les compétitions. Du point de vue environnemental, la candidature de Paris semble à la traîne et ne peut se contenter de décréter vouloir des Jeux avec un impact zéro carbone. Comme en amour, déclarer ne suffit pas. Il faut aussi savoir donner des preuves. Sur ce point précis, je souhaite attirer votre attention sur Roland-Garros qui reste le caillou dans la chaussure de la candidature parisienne. Les dirigeants actuels de la Fédération française de tennis semblent bien confiants en la réponse du Conseil d'Etat attendue incessamment et s'apprêtent à porter les premiers coups aux Serres d'Auteuil. Un tel acharnement contre un jardin classé serait un signal écologique désastreux et particulièrement malvenu, alors que des solutions alternatives existent. Oui, il est possible d'agrandir et moderniser dans les délais Roland-Garros avec, notamment, plusieurs courts couverts, tout en préservant la richesse environnementale de ses alentours. Aussi, je vous en conjure, ne mettez pas en péril le volet environnemental de la candidature de Paris. Jouez votre rôle d?acteurs de la concertation. Ecoutez les associations de riverains, de protection du patrimoine et de l'environnement. Ecoutez les voix qui s'élèvent, y compris au sein de la Fédération française de tennis. Ne prenez pas le risque d'entacher la candidature de Paris avec des images de bulldozers s'attaquant à un patrimoine inestimable. On ne construit pas une candidature citoyenne en détruisant une part de notre héritage, de notre histoire. Ne cédez pas, ne cassez pas les Serres d'Auteuil. Je vous en remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - La parole est à David BELLIARD.

M. David BELLIARD. - Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues, ce projet de délibération qui vous est proposé est sans surprise. Les éléments nous ont été présentés lors d'une réunion conjointe de la 1ère et de la 7e Commission au début du mois de septembre. Il s'agit ici de préciser le volet budgétaire et financier des engagements pris pour le dossier de candidature à l'organisation des J.O. de 2024 à Paris. Un premier dossier avait été déposé, transmis au C.I.O. en février dernier pour préciser le concept et le design des opérations. Celui-ci évaluant les coûts doit être transmis le 7 octobre prochain. Je ne vais pas détailler les éléments du dossier, mais plutôt me concentrer sur trois points sous forme de remarques et de questions. D'abord, dans la présentation qui nous a été faite début septembre, il était indiqué que, dans le budget pour les aménagements durables estimé à 3 milliards d'euros, la Région Ile-de-France s'engagerait à couvrir, comme notre Ville, 145 millions d'euros de dépenses d'investissements. Or, dans une communication récente du Conseil régional, ce dernier annonce un investissement dans des infrastructures à hauteur de 79,3 millions d'euros. Qui comblera cet écart ? L'Etat, la Ville ou d'autres collectivités franciliennes ? Deuxième point : la présentation qui nous a été faite n'a pas intégré les dépenses de sécurité. Certes, on ne peut pas prévoir quelle sera la situation en France et dans le monde en 2024. Cependant, on peut s'attendre à ce que ce volet ait une importance majeure et pèse lourd financièrement. Nous l'avons vu récemment avec l'Euro 2016 et les importantes mesures et dépenses de sécurité qui ont accompagné cette compétition. Troisième point : plutôt sous forme de remarque. Le projet de délibération prévoit l'acquisition d'espaces publicitaires extérieurs. En contradiction avec le R.L.P., les emplacements dans un rayon de 500 mètres autour des sites de compétition parisienne, pourront être pré-réservés par le C.I.O. pour ses sponsors en 2024 pendant toute la durée des Jeux. A cette fin, les deux concessionnaires de la Ville - "JCDecaux" et "Clear Channel France" - ont envoyé à la Maire de Paris des lettres d'accompagnement garantissant leur accord pour les contrats signés avec la Ville dont l'échéance dépasse 2024. En tant qu?écologistes opposés à l'envahissement publicitaire, l'accord des deux concessionnaires ne résout, selon nous, pas le problème. Enfin, un dernier point et j'en terminerai là. Je regrette que nous ne puissions pas avoir des débats distincts entre Jeux Olympiques et Jeux Paralympiques par la nature même du dossier. Nos inquiétudes, vous le savez, sont liées à des questions relatives à l'impact budgétaire et environnemental des Jeux Olympiques. Toutefois, les Jeux Paralympiques restent, à notre sens, un événement positif qui permet de faire progresser les questions du handicap dans une ambiance où semblent s'être réfugiées, d'ailleurs, les vraies valeurs de l'olympisme, si j'en crois ce qui s'est passé à Rio. Ne pouvant distinguer les deux sujets, une grande majorité de notre groupe votera contre ce projet de délibération. Mais nous laissons la liberté de vote à nos élus sur ce dossier spécifique.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - La parole est à Pierre-Yves BOURNAZEL.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Monsieur le Maire.

D'abord, je voudrais vous dire que, la semaine dernière, la Région Ile-de-France a présenté, avec Valérie PÉCRESSE et moi-même, une communication qui porte l'engagement de la Région Ile-de-France à hauteur de 145 millions d'euros dans un contexte où, malheureusement, l'Etat se désengage de plus en plus vis-à-vis des collectivités territoriales. Mais la Région, si l'Etat ne respecte pas sa parole, respectera évidemment la sienne. C'est l'engagement qui a été pris. Oui, en effet, la Ville de Paris, la Région Ile-de-France et l'Etat sont co-fondateurs et partenaires avec le monde sportif de la candidature de "Paris 2024", que nous soutenons. D'ailleurs, l'unité de la candidature est une force. Nous l'avons vu avec la Maire de Paris, avec Jean-François MARTINS, à Rio. Cet argument a porté au-delà des clivages politiques, au-delà de la spécificité des collectivités, au-delà de la spécificité de l'Etat ou du monde sportif. Le fait que cette candidature soit portée avec talent par Tony ESTANGUET et Bernard LAPASSET, qu?elle soit soutenue par tous les partenaires, est une force. Je rappelle que cette candidature a déjà un budget à hauteur de 60 millions d?euros : 30 millions d?euros proviennent des partenaires privés et 30 autres millions d?euros proviennent des partenaires publics, à égalité 10 millions d?euros la Ville, l?Etat et la Région. 95 % des équipements existent déjà ou seront des équipements temporaires. Ce qui est une force et doit rassurer celles et ceux qui sont inquiets sur la sobriété financière de nos engagements. Je voudrais dire que nous avons un an, un peu moins d?un an. Le 13 septembre 2017, à Lima au Pérou, ce sera la décision. Nous devons mettre tous nos atouts de notre côté et nous en avons. Notre projet, c?est d?abord d?accueillir le plus grand événement au monde, mais c?est aussi de travailler sur l?héritage, l?après 2024, de faire en sorte que cette candidature soit une chance pour l?attractivité économique de notre région capitale, de notre capitale et de la France, assure le rayonnement culturel, favorise l?exemplarité écologique. Et profitons-en évidemment, comme cela a été dit tout à l?heure, pour permettre que nos P.M.E., notamment nos P.M.E. parisiennes et franciliennes, soient au c?ur du dispositif de l?olympisme et du paralympisme et bénéficient comme à Londres des retombées économiques. Et puis c?est la volonté d?améliorer la vie quotidienne des habitants. Prenons un exemple, c?est le décloisonnement de nos territoires par les transports en commun avec le Grand Paris Express. C?est l?accélération des politiques publiques, c?est la politique de formation et de l?emploi, c?est la politique de logement, c?est la politique de sécurité. Disons un mot de la sécurité. Sur la sécurité, nous avons fait la démonstration en France depuis des années que, sur les grands événements, nous sommes capables d?assurer la sécurité. Nous l?avons vu avec l?Euro 2016, nous l?avons vu avec Roland Garros, le Tour de France. Nous pourrions dire d?ailleurs que nous avons accueilli la COP 21, qui n?est pas un événement sportif mais un grand événement international. Nous savons assurer la sécurité en France, peut-être mieux qu?ailleurs et nulle part ailleurs au monde, sur les grands événements. La question de la sécurité ou la question du terrorisme, qui est souvent posée par des contradicteurs, malheureusement concerne d?autres sujets et d?autres problèmes. Mais sur celui des grands événements, nous avons tout le professionnalisme et toute la compétence, et nous en avons fait la démonstration. Je voulais insister sur ce point. Oui, à Rio, nous avons vu des athlètes formidables. La France a montré un très beau visage. Bien sûr aux Jeux Olympiques mais aussi aux Jeux Paralympiques, parce qu?il y avait aux Jeux Paralympiques un supplément d?âme. Quand on voit ces athlètes, leur courage, leur détermination, leur abnégation, on est fier de les soutenir et fiers de l?exemple qu?ils ont donné au monde entier. Alors, au-delà des différences, au-delà des sensibilités, soyons ensemble, soyons déterminés, soyons mobilisés pour faire en sorte que Paris gagne le 13 septembre 2017 au Pérou, et je vous invite tous à montrer le cap pour Paris 2024.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Danièle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - J?ai beau vous écouter, je ne suis toujours pas convaincue, je suis toujours opposée à ces Jeux Olympiques. Je voudrais vous recommander le très bon documentaire qui est passé sur ARTE cet été - je ne sais pas si vous l?avez regardé - sur les Jeux Olympiques. Excellent. C?est un documentaire dans lequel il est fait référence à une fable : la fable de l?éléphant blanc. La fable de l?éléphant blanc, c?est que pour vaincre le royaume ennemi, le roi offrait un éléphant blanc au roi ennemi, et comme l?éléphant blanc mange énormément et des aliments très riches, très précieux, tout le peuple est obligé de se saigner pour nourrir cet éléphant blanc. Donc le peuple finit par être totalement affamé, le peuple meurt pour sauver cet éléphant blanc et le camp adverse gagne. Cette fable est très intéressante, elle est présentée dans ce documentaire et elle montre que les Jeux Olympiques amènent à du gigantisme et à des grands équipements qui conduisent ensuite à imposer des politiques d?austérité et qui ne permettent pas finalement de favoriser le développement et la réponse à la satisfaction des besoins de la population, mais amènent à saigner la population pour financer dans la durée ces équipements. Dans le documentaire, on parle d?ailleurs du Stade de France, le Stade de France qu?on nous a présenté comme l?exemple idéal à suivre d?un très bel équipement qui permet de désenclaver le 93, de favoriser le rayonnement du 93, alors qu?en fait les études montrent finalement que ce n?est pas si clair, que l?impact du Stade de France pour l?insertion professionnelle de la population locale n?est pas évident. D?ailleurs, le modèle économique du Stade de France, ils ont beau essayer de diversifier à qui louer, à qui exploiter cet équipement, cela devient en fait un gouffre parce qu?il est surdimensionné par rapport aux besoins des événements, même si on ajoute des événements culturels aux événements sportifs prévus initialement. Alors, vous avez beau dire sans relâche dans votre communication - soutenue également par le Conseil régional et il y a là une bonne cohérence de communication entre le PS, les Républicains, y compris mes camarades communistes - le côté sobriété. Oui, sobriété : ce sont des Jeux Olympiques sobres ! Oh là là, on est quasiment saoulé à force de vous entendre dire : sobriété, sobriété, sobriété ! Mais on sait bien que ce n?est pas vrai, que l?explosion budgétaire à chaque fois arrive. Même dans les équipements où on devrait atteindre moins d?explosions financières que dans les J.O. qu?il y a pu avoir jusqu?à présent, et fort heureusement tellement c?était une gabegie hallucinante. Mais il y aura tout de même le village olympique, le Bercy deuxième stade, le Charles de Gaulle Express. On se retrouve néanmoins avec ces équipements qui ne répondent pas aux besoins immédiats de la population, quand on a un déficit en équipements sportifs sur l?ensemble de la Région Ile-de-France extrêmement fort. Vous dites : d?ailleurs on développe ces équipements. Ecoutez, une partie des investissements sont prévus, qui je pense pouvaient de toute façon avoir lieu et je trouve dingue de devoir justifier des J.O. pour faire des investissements essentiels. Mais oui ! On va laisser en héritage une sacrée dette. Alors j?entends M. BOURNAZEL parler du développement des P.M.E. Mais quel pipeau ! Et de prendre l?exemple de Londres. Justement Londres, les études ont montré à Londres que c?était que dalle ! Que l?impact économique sur Londres n?a jamais été démontré. Vous avez des études économiques extrêmement intéressantes qui montrent qu?en fait cela n?a pas du tout eu l?effet de "booster". Regardez comment ont réagi les Brésiliens sur la Coupe du monde de football, et Dieu sait s?ils sont passionnés de football et qu?ils étaient ravis à l?idée d?accueillir ce grand événement sportif. Finalement, ils ont fait des manifestations et des manifestations parce qu?ils ne voulaient pas cette politique d?austérité qu?on leur imposait pour financer l?événement. Vous parlez de tout cela et, comme le disait mon collègue précédemment, David BELLIARD, comme par hasard, vous occultez toujours les dépenses de sécurité dans la présentation des budgets qui, elles, vont de fait exploser. Vous assumez, certes, de parler des espaces publicitaires pour "JCDecaux" et "Clear Channel" sans vraiment expliquer à quel envahissement publicitaire on aura droit, parce que la raison d?être des Jeux Olympiques, hélas dans leur forme actuelle, ce n?est pas de valoriser le sport et de valoriser de très belles histoires qui, moi aussi, m?émeuvent, même si je ne suis pas du tout une grande sportive. J?ai apprécié bon nombre de ces histoires de grands sportifs, qui sont par ailleurs des citoyens, des travailleuses et travailleurs, et qui ne sont pas tous dans le symbole du sport fric qu?on nous assène. Ces belles histoires, elles pourraient être émancipées au contraire de ce détournement qu?il y a du sport pour le business, pour l?envahissement publicitaire, pour simplement essayer de capter des temps de cerveaux disponibles. Ensuite, vous parlez de l?engagement citoyen. Non, mais franchement ! L?engagement citoyen ? On se retrouve à quoi ? Une énorme ambition ! On va demander aux citoyens de participer à la définition de 1% ! 1 % du budget, quelle blague ! Pourquoi ne demandez-vous pas plutôt aux citoyens leur avis sur les Jeux Olympiques à travers un référendum. Je terminerai sur ce point. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Monsieur le Maire. Le 1er et 2 octobre prochains, le président du C.I.O., Thomas BACH, sera en visite officielle à Paris. L?accueil et le message que nous lui adresserons aura une grande importance pour la suite. Notre unité autour du projet et la capacité à donner un souffle nouveau à l?olympisme est très attendue. Paris peut être le lieu de résurgence d?un idéal collectif universel, soucieux de laisser un héritage au monde entier. D?ailleurs, ce que nous venons de porter collectivement, en termes d?humanisme et de solidarité autour de l?accueil des réfugiés, est un atout tout comme notre engagement à respecter les accords de Paris en matière environnementale après la COP 21. La reconquête des berges de la Seine et la possibilité de se baigner dans notre fleuve sont aussi un atout. Nous pouvons également incarner la voix de celles et ceux qui veulent bâtir la paix dans le monde. D?ailleurs, l?Association des Maires pour la Paix dont nous sommes adhérents, avec un réseau de 7.000 villes et 160 pays, organisera en 2017 une Conférence internationale à Tarragone en Espagne, sur le thème "l?olympisme et la paix". En avril 2015, je le disais ici même, l?avenir des Jeux Olympiques dépendra de la manière dont les forces de progrès dans le monde seront capables de l?inscrire plus étroitement dans la logique de la Déclaration universelle des Droits de l?Homme, vers plus de démocratie, de paix et de justice sociale. Le 7 octobre prochain, nous déposerons le deuxième volet de candidature de Paris aux Jeux Olympiques, qui concerne la gouvernance, les aspects juridiques et le financement de notre projet. Dès le début du projet, nous nous sommes engagés dans une candidature sobre et nous l?avons respectée. C?est un des aspects les plus sensibles. Nous entendons, ici et là, les inquiétudes d?une candidature dispendieuse. Nous répondons factuellement par la démonstration d?une dépense maîtrisée. Le budget hors comité d?organisation s?élève à 3 milliards, dont 1,5 milliard d?investissements publics auxquels contribuent l?ensemble des acteurs publics impliqués dans le projet de candidature. Nous sommes très éloignés des Jeux de Londres, qui ont coûté 11 milliards de dollars, ou des Jeux de Rio, qui approchent 12 milliards de dollars. La part pour Paris s?élève simplement à 145 millions d?euros, une somme exclusivement consacrée à la construction d?équipements sportifs comme la piscine olympique, la modernisation de la piscine de Marville, aux sites d?entraînement, à l?extension de Bercy ou au stade Pierre de Coubertin et au village olympique. Si Paris est désignée Ville hôte, il restera 7 ans pour réaliser cet investissement de 145 millions, soit un peu plus de 20 millions par an. Je vous rappelle que le budget de notre ville avoisine les 8 milliards d?euros par an. On parle donc ici de 0,25 % de notre budget, alors que l?on parlait de 145 millions d?euros, pardon, de 240 millions d?euros pour la Canopée et de 380 millions d?euros pour la Philharmonie. Je vous rappelle aussi que les recettes des Jeux seront entièrement reversées au développement du sport. Contrairement à certains, je pense d?ailleurs que nous n?investissons pas assez dans les équipements sportifs. Aujourd?hui, le budget national consacré au sport est ridicule : 0,14 %. C?est l?occasion de relancer la mobilisation sur le financement du sport à hauteur de 1 %, avec une loi olympique qui pourrait parfaire la description de notre mobilisation sur la place du sport en France et les conditions de son financement. Par ailleurs, investir dans le sport, c?est participer à la relance de l?économie, à la création d?emplois. Lors de son audition au Sénat, Mme la Maire a évoqué la création de 250.000 emplois. Très bien. Quel type d?emplois ? C?est pour cela que j?ai une demande ici, une demande et une exigence : qu?une charte sur les conditions de travail, qui avait été mise en place sous l?impulsion de Bernard THIBAULT lors de la candidature de 2012, soit prise en compte dans le projet actuel, comme d?ailleurs c?est le cas du partenariat avec W.W.F. sur l?environnement. Paris doit être exemplaire sur le travail décent, à partir des conventions fondamentales de l?O.I.T. Cela signifierait que tous les acteurs économiques partenaires de notre candidature respectent les principes de l?O.I.T., notamment la responsabilité sociale des entreprises, et que les travailleur migrants et détachés jouissent des mêmes droits et avantages que ceux exposés dans notre pays. Enfin, les enseignements de Rio démontrent que les transports en commun seront déterminants. Je pense à l?importance des projets de liaison entre les sites et l?aéroport, desservis par les futures lignes de métro 14, 15 et 17, et par le R.E.R. B et D. Il est regrettable, je finirai par-là, que certains, comme le Secrétaire d?Etat en charge des transports, Alain VIDALIES, essaie de crédibiliser le projet de Charles de Gaulle Express, contesté par la population et les parlementaires de tous bords, en utilisant et instrumentalisant la candidature de Paris aux Jeux Olympiques. Le seul et unique trajet qui permettra de desservir les sites olympiques, c?est bien le R.E.R. B et l?ensemble des lignes de métro dont j?ai parlé. Je terminerai sur l?implication citoyenne, qui est la condition sine qua non de la qualité de notre projet. A l?initiative de mon camarade Sergio TINTI, nous avons lancé les Comités citoyens de suivi de la candidature, dont le premier est né dans le 19e arrondissement. Cette idée est importante, elle doit suivre la concertation populaire, nous l?accueillons favorablement, notamment la volonté de verser 15 millions d?euros au sein du budget participatif. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Jean-François MARTINS.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Merci à tous de ces différentes interventions à la fois sur ce que fait la Région Ile-de-France, sur l?expérience de Mme JÉGO comme administratrice du G.I.P., les positions de principe de Mme SIMONNET sur les Jeux et les propositions de M. BONNET, plus concrètes en revanche, sur les conditions de travail et la charte sociale de cette candidature sur laquelle nous avons déjà eu le débat, et vous savez que nous avancerons. Le projet de délibération en tant que tel porte sur les garanties financières apportées par la Ville et la mise à disposition des équipements. Si vous ne m?en voulez pas, je vais m?en tenir strictement à ce que nous sommes censés voter aujourd?hui, c?est-à-dire un investissement, une garantie d?investissement de la Ville de 145 millions d?euros. C?est extrêmement faible, cela signifie 145 millions d?euros d?investissement sur 7 ans. Au rythme normal de notre P.I.M., c?est une dépense tout à fait surmontable et qui nous permet à la fois de contribuer au centre aquatique, au village olympique, mais aussi de rénover la piscine de Marville dont les habitants ont besoin, Madame SIMONNET, la deuxième salle à Bercy dont le sport parisien a besoin et donc de faire des investissements utiles sur l?avenir. À titre de comparaison, je rappelle que les investissements garantis par la Ville de Paris dans la candidature de Paris 2012 étaient de l?ordre d?1,2 milliard d?euros. C?est dire à quel point nous avons gagné en sobriété et en partage des responsabilités et des périmètres de chacun. Je veux dire aussi que la garantie financière à cette hauteur par la Ville de Paris est le fruit d?une collaboration et d?un travail intelligent avec l?Etat, avec la Région Ile-de-France, avec la Ville de Marseille, avec les collectivités locales de Seine-Saint-Denis. Ce travail a permis à chacun de prendre sa juste part selon ses moyens et son périmètre de compétences avec un effort tout particulier de l?Etat dans le financement de cette candidature et notamment, chère Danielle SIMONNET, dans le financement de la résorption de la pénurie de logements en Seine-Saint-Denis avec, grâce à ce village olympique, la livraison de nouveaux logements. Ce projet de délibération, c?est également la mise à disposition de différents lieux parisiens de l?espace public, des dispositifs publicitaires comme c?était le cas pendant l?Euro 2016, mais aussi des stades comme Coubertin qui servira pour le paralympique, mais aussi par exemple les Champs-Elysées, le Champ-de-Mars ou les Invalides. Evidemment, le financement des infrastructures de transport - M. BONNET en a parlé - qui, du prolongement de la ligne 14 au métro R.E.R. E, nous permettra de faire voyager chacun dans de très bonnes conditions. Enfin, dernier engagement que nous votons aujourd?hui, l?absence de grands événements majeurs en conflit avec les Jeux Olympiques et Paralympiques afin évidemment que nous ne soyons pas à court d?espaces dans Paris pendant la période olympique. C?est cela que nous votons aujourd?hui dans une affirmation à la fois d?unité politique et de soutien des acteurs publics à cette candidature. C?est une singularité de la candidature de Paris mais aussi une épreuve de vérité. En effet, il y a deux ans, la première étude sortait sur le coût des Jeux Olympiques possibles à Paris et, deux ans et demi d?expertise plus tard, ce n?étaient pas des promesses en l?air. Nous arrivons à un budget maîtrisé à 1,5 milliard d?euros d?argent public investis sur des projets utiles et désormais ces délibérations formelles prouvent que nous pouvons le faire et qu?une fois de plus ce sera une singularité de Paris. Enfin, nous votons aujourd?hui un principe qui est un marqueur, je crois, d?une démocratie moderne telle que Paris a décidé de l?embrasser, celui de la participation des habitants aux décisions d?aménagement qui les concernent. Les Jeux Olympiques et Paralympiques sont un projet sportif mais aussi un grand projet d?aménagement urbain en insérant pour la première fois de l?histoire de l?olympisme un budget participatif dans l?ensemble des aménagements aux abords des équipements sportifs pour que les habitants de Paris, et au-delà, de la Seine-Saint-Denis, choisissent eux-mêmes les équipements, l?espace public, le mobilier urbain, les aménagements de voirie dont ils ont besoin pour améliorer leur cadre de vie. Nous démontrons un nouveau modèle de l?olympisme, un appel de Paris comme disait M. BONNET, notamment sur la participation, l?inclusion des habitants à ce type de manifestation. Je crois que nous pouvons donc être fiers de voter ce projet de délibération.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 304. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DJS 304).