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Septembre 2016
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2016 SG 34 - Communication de la Maire de Paris sur la modernisation de l'administration parisienne. Vœu déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche relatif à l'ouverture de la bibliothèque Hélène Berr le dimanche. Vœu déposé par le groupe les Républicains relatif à la médiathèque Hélène Berr. Vœu déposé par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants relatif à la mise en place d’une charte de la parentalité dans les administrations parisiennes. Vœu déposé par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants relatif aux sites Internet des mairies d'arrondissement. (Suite).

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2016


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. Eric HÉLARD, pour le groupe UDI-MODEM.

M. Eric HÉLARD. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues. Vous le rappelez à juste titre dans votre communication : forte de ses 52.000 agents, l?administration de notre collectivité s?efforce de répondre quotidiennement aux besoins des Parisiennes et Parisiens. Qu?ils soient agents des crèches, des écoles, des équipements sportifs, culturels ou d?autres encore, les personnels évoluent dans un contexte tendu et pas seulement au niveau budgétaire. Tout d?abord, je tiens au nom du groupe UDI-MODEM à rendre un hommage sincère et appuyé aux personnels de la Ville qui ont su faire face, comme tous nos concitoyens, aux attaques terroristes qui ont durement frappé notre Capitale en janvier et en novembre 2015. Leur professionnalisme mérite d?être salué.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Vos collègues ne vous écoutent pas, c?est dommage !

M. Eric HÉLARD. - Une mobilisation d?ailleurs constante et qui ne peut souffrir de relâchement, tant la permanence des dangers qui nous menacent est pesante, qu?ils soient donc remerciés ; car hors la folie des hommes et des barbares, il faut hélas compter aussi avec les phénomènes naturels et, là encore, l?année en cours ne fut pas anodine. Je pense à l?intense mobilisation des services de la propreté et de la voirie lors de la crue de la Seine en juin dernier. Pour être efficace au service de tous, l?administration parisienne doit donc relever plusieurs défis que vous avez bien voulu lister dans votre communication. Ils sont nombreux, je voudrais simplement m?attarder sur quatre d?entre eux. Le défi institutionnel : vous évoquez la modernisation du cadre administratif avec la réforme annoncée du statut de Paris et notamment le renforcement des compétences des maires d?arrondissement. Sur ce point précis, nous sommes pour le moins sceptiques. Entre la réforme des cantines scolaires qui se traduit par une nouvelle centralisation des caisses des écoles et le projet de réforme des Maisons des associations qui prévoit de mettre fin au principe institué par votre prédécesseur d?une Maison par arrondissement, il nous semble plutôt que l?Exécutif parisien tend à recentraliser un certain nombre de compétences à marche forcée, prenant ainsi d?une main ce qu?il attribue de l?autre. Nous aimerions être rassurés de ce point de vue, mais hélas, sans trop d?illusion. Le défi écologique : le sommet des élus locaux pour le climat qui s?est tenu à l?Hôtel de Ville pendant la COP 21 avait pour ambition de porter la voix des autorités locales et pour finalité de démontrer que ce défi global pouvait d?abord être relevé au niveau pertinent, l?échelon local. De ce point de vue, des actions ont été mises en place et de nombreux points positifs sont à relever. Je cite pêle-mêle : les réels efforts effectués pour tendre à l?économie circulaire, la mise en place du tri sélectif dans les bureaux, le tri à la source des gros producteurs municipaux de biodéchets, la lutte contre les gaspillages alimentaires dans les restaurants administratifs. Nous partageons aussi un objectif affiché : celui d?améliorer la performance environnementale des bâtiments municipaux. A ce sujet, une mission avait été confiée à Yves CONTASSOT qui avait auditionné l?ensemble des groupes politiques. Nous souhaiterions savoir quel en est le bilan et quelles sont les mesures qui ont été décidées afin de remédier aux insuffisances en ce domaine. Le défi d?un service de qualité aux Parisiens : au groupe UDI-MODEM, nous souhaitons encourager les politiques publiques innovantes. Nous préconisons que les diverses expérimentations, décidées dans cet hémicycle, donnent systématiquement lieu à de véritables bilans communiqués aux Maires et aux Conseillers de Paris et que les études préalables à leur mise en ?uvre soient également transmises. Or, la plupart du temps, tel n?est pas le cas ; ainsi, par exemple concernant l?adaptation des horaires et jours d?ouverture des parcs et jardins décidée avant l?été sans réelle concertation. Nous demandons aujourd?hui un bilan précis de l?expérimentation de l?ouverture nocturne de l?été dernier, 24 heures sur 24. Nous avions proposé avec sagesse, me semble-t-il, de retenir l?heure de 23 heures pour la fermeture des parcs, pour assurer la tranquillité des riverains et une sécurité optimale. Nous formulons une fois encore cette demande. De manière générale, nous proposons de revoir et de revisiter les cycles horaires des services publics et de "booster" particulièrement l?ouverture le dimanche des bibliothèques. Aujourd?hui, cinq seulement d?entre elles sont concernées ; ce n?est pas assez. Le défi social : il est important et je souhaite m?y attarder. Votre communication est placée sous l?angle de l?amélioration de l?organisation de l?administration afin de fournir un service optimal aux Parisiens et vous parlez de politique des ressources humaines protectrice, soit. Vous parlez d?actions en matière de prévention des absences, mais on ne les connaît pas ou mal et on n?en voit surtout pas vraiment les effets. Pas un mot sur l?absentéisme chronique de certaines catégories de personnel, avec un taux de 11,38 % en 2015, qui témoigne vraiment d?une certaine souffrance au travail traduisant une déconsidération des agents. L?impact financier pour notre collectivité est lourd dans un contexte budgétaire - vous le rappeliez vous-même - contraint et se chiffre en dizaine de millions d?euros. Je répète une nouvelle fois que les agents de la Ville seraient beaucoup plus heureux si les maires d?arrondissement avaient la possibilité de travailler avec eux au plus près du terrain. Chacun se sentirait plus responsabilisé et même parfois - il faut le dire - mieux considéré. Pourriez-vous nous faire un point précis sur le partenariat mis en place entre la Ville de Paris et l?Agence nationale pour l?amélioration des conditions de travail ? La première convention porte sur l?inaptitude et met l?accent sur la prévention de l?usure, de la pénibilité et des risques professionnels ; et la deuxième a justement trait à la prévention des absences au travail. Nous préconisons la nécessité d?évaluer régulièrement les dispositifs mis en ?uvre au regard de l?aggravation des absences injustifiées. Je voudrais maintenant appeler votre attention sur le télétravail qui connaît aujourd?hui dans les grandes entreprises un réel engouement car ses avantages sont très nombreux. Aujourd?hui bien souvent, on ne va plus chercher le travail comme on disait autrefois, mais c?est le travail qui vient à vous par les différents robinets de l?information. Une étude récente démontre que 22 % de gains de productivité sont en moyenne réalisés dans les entreprises qui proposent le télétravail, grâce à une réduction justement de l?absentéisme, à une meilleure efficacité, à un surcroît d?autonomie et de mobilité de l?employé, à l?amélioration de l?aménagement de son temps de travail, à la réduction des trajets professionnels, à une économie de fatigue, de frais de transports. Bref, les avantages sont nombreux et je n?oublie pas qu?il permet l?accès au travail de personnes handicapées ou atteintes d?une maladie chronique, un point fondamental à nos yeux. Ce qui est donc possible dans l?entreprise doit l?être forcément dans l?administration et la Fonction publique territoriale. Or, je trouve l?action de la Ville de Paris trop timide en la matière. En 2015, l?administration parisienne a réuni l?ensemble des organisations syndicales représentatives afin de leur présenter des perspectives d?application à la Ville du télétravail. Une expérimentation devait avoir lieu sur un échantillon restreint d?agents représentatifs des métiers compatibles avec le télétravail et de la diversité en termes d?âge, de métiers, de sexe et de catégories professionnelles. Je voudrais savoir ce qu?il en est aujourd?hui car les chiffres cités dans la communication, 160 agents seraient concernés, me semblent trop pauvres eu égard aux 52.000 agents de la Ville. Or, je pense qu?il y a là une piste sérieuse à approfondir pour améliorer concrètement non seulement les conditions de travail des agents qui seraient volontaires pour le télétravail qui offre 97 % de satisfaction là où il est proposé, mais aussi le service rendu aux Parisiens. Votre communication embrasse tellement de sujets qu?il est complexe d?y répondre globalement. Je laisserai à ma collègue Valérie NAHMIAS le soin de parler en compétences du défi numérique. En conclusion, en se modernisant, l?administration doit effectivement devenir plus ouverte et plus responsable. Il reste beaucoup à faire. Vous aurez compris le sens de notre démarche : tout progrès au service des Parisiens aura notre soutien, mais toute faiblesse dans la politique mise en ?uvre sera également et légitimement mise en lumière. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Eric HÉLARD. Vous aurez bien sûr des réponses. Puisqu?on a parlé à deux reprises du rapport fait par Yves CONTASSOT sur la transition énergétique à l?échelle des bâtiments de la Ville, peut-être que les 1ère et 3e Commissions pourront se réunir pour avoir les éléments de préconisation du rapport et qu?ensuite, on pourra, bien sûr, revenir devant le Conseil de Paris - mais peut-être d?abord un passage en Commission. La parole est à M. Thomas LAURET, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

M. Thomas LAURET. - Madame la Maire, mes chers collègues. C?est un sujet éminemment important et éminemment difficile. A ce titre, je tiens à saluer le ton mesuré et constructif de l?orateur précédent qui participe de la qualité de nos débats qui étaient un peu mal engagés en tout début de séance. Dès le premier Conseil de Paris de cette mandature, vous aviez consacré une communication à ce sujet de la modernisation de l?administration. Depuis, sous l?impulsion d?Emmanuel GRÉGOIRE et du Secrétariat général, l?administration a su montrer sa grande capacité d?adaptation en mettant en ?uvre les principales préconisations de ce document. Forte d?un examen systématique de la qualité de ses services aux Parisiennes et aux Parisiens, de ses missions, de son organisation et de son fonctionnement, notre administration a mis en ?uvre un très grand nombre de chantiers. Ces chantiers sont d?autant plus remarquables qu?ils sont, on le sait, en matière de management, difficile à mener car ils touchent aux organisations et aux habitudes. La modernisation de l?administration s?est déclinée en trois grandes perspectives. La première, c?est l?amélioration du service rendu aux Parisiens ; la seconde, la refonte de l?organisation de l?administration pour gagner en efficacité ; et la troisième, une approche innovante de l?action publique. Tout d'abord, l'administration parisienne s'est attachée à développer un accueil de qualité et à simplifier les démarches suite à une consultation sur les services publics qui a eu lieu lors des mois de janvier et de février 2015 ainsi que la prise en compte des propositions du médiateur de la Ville. Cette amélioration du service rendu aux Parisiens passe par la transition numérique au service d'un accueil de qualité, de prestations accessibles avec, par exemple, l'adoption du nouveau schéma directeur de la Ville numérique. Celui-ci promeut une offre de services publics performante, accessible 24 heures sur 24 et rapide pour les Parisiens connectés, ce que ne semble pas avoir remarqué tous les intervenants précédents. A cet égard, outre le lancement du nouveau site "Paris.fr", 53 nouveaux services numériques ont été lancés depuis le début de la mandature. Parmi eux, la bibliothèque numérique de la Ville de Paris, l'inscription dans les conservatoires - souvenons-nous il y a quelques années des queues devant les conservatoires - ou encore les demandes de permis de végétaliser qui rencontrent un grand succès auprès du public. Une trentaine de nouveaux services numériques verront encore le jour à l'horizon 2017, parmi lesquels une nouvelle version de l?application "Dans ma rue", qui constitue un véritable succès, facile d'accès pour les Parisiens et qui leur permet notamment de signaler les incivilités aux services compétents. Je l'ai moi-même testée, Monsieur BOULARD, et j'ai reçu des réponses à chaque fois. Je ne pense pas que ce soit lié à mon mandat. A l'été 2017, cet outil bénéficiera d'une meilleure ergonomie, d?une plus grande possibilité de signalement des anomalies et d?une réduction des délais de traitement. Il ne s'agit pas de tout mélanger, les tickets restaurant, les ordures, les taxes, le budget participatif, dans un style désordonné et outrancier en concluant à une administration pléthorique et accusée de faire mal. Non, il s'agit de constater le travail qui a été engagé, de saluer les efforts qui sont fait et de les accompagner. C?est de cette manière qu'on réussit les changements. Ces avancées dans le numérique ne nous font pas oublier l'accueil des Parisiens et, là aussi, l'administration progresse. Le label "Quali'Paris" a été délivré à 641 sites en juin 2016 contre 580 sites il y a deux ans. A un échelon plus local, les mairies d'arrondissement ont reçu pour la troisième année d'affilée les trophées A.F.N.O.R., accueil et relations usagers, pour les villes de plus de 100.000 habitants. Le développement d'un accueil de qualité pour le public va de pair avec la simplification des démarches. Celles-ci sont souvent vécues comme une perte de temps et il convenait de les simplifier en développant par exemple la logique du guichet unique. C'est ce qui a été fait avec le rattachement des services sociaux départementaux polyvalents au C.A.S.-V.P. Ce dernier est ainsi conforté dans son positionnement d?opérateur social généraliste de proximité et permet d'offrir l'ensemble des aides sociales de la Ville ; c'est un sujet dont on parlait depuis plus de 20 ans. Cet effort de simplification va se poursuivre avec la réduction du nombre de pièces justificatives demandées, une exigence qui s?est largement retrouvée dans les propositions des Parisiens lors de la consultation de l'an dernier. Enfin, la carte citoyenne/citoyen de Paris a vocation à remplacer progressivement toutes les cartes existantes pour les usagers des services municipaux de Paris. Elle peut déjà remplacer la carte d'inscription dans la bibliothèque de la Ville et, depuis le 1er septembre, la carte senior plus. Cet effort est particulièrement important puisqu?avec 100.000 cartes délivrées la carte citoyenne/citoyen de Paris est déjà un succès. Deuxièmement, la refonte de l'organisation de l'administration vise à gagner en efficacité. Ce n'est pas une nouveauté. La baisse des dotations de l'Etat et la hausse de la péréquation nous mettent dans une contrainte budgétaire forte. L'Inspection générale de la Ville a donc été sollicitée pour faire des préconisations de rationalisation de l'administration. Le Secrétariat général a émis plusieurs propositions. D?abord, la réduction du nombre de directions, qui a été engagée dès les 100 premiers jours du mandat. Elle a permis une meilleure collaboration entre les services complémentaires, aboutissant à une plus grande efficience de l'organisation de la Ville. Deuxièmement, une meilleure organisation des fonctions supports de la Ville au service des équipes de terrain. Pour un exemple très concret, l'assistance informatique de proximité, qui était jusqu?à maintenant assurée par des relais techniques dans chaque direction, a été mutualisée dans un centre de services partagés, ce qui a permis une plus grande professionnalisation des intervenants et la garantie d'une continuité du service rendu. Troisièmement, la rationalisation de l'organisation des services déconcentrés, les circonscriptions des affaires scolaires et de la petite enfance réunissent par exemple les fonctions supports entre les services de la Direction des Affaires scolaires et de la Direction des Familles et de la Petite enfance. Par ailleurs - nous en parlions au précédent Conseil de Paris -, les cartes territoriales de la Direction de la Jeunesse et des Sports et de la Direction du Patrimoine et de l'Architecture ainsi que de la nouvelle Direction de la Prévention, de la Sécurité et de la Protection sont désormais alignés sur les 10 circonscriptions des C.A.S.P.E. Ensuite, la diminution du nombre d'échelons hiérarchiques a été menée. A titre d'exemple, il n?y a désormais plus de groupements scolaires mais un responsable unique par école et la réorganisation des directions s'articule autour de deux grands axes : la mobilisation des moyens sur les priorités de la mandature et le regroupement des fonctions transverses pour encourager les spécialisations elles-mêmes sources d'efficience. Troisièmement, on est aujourd'hui sur une approche innovante de l'action publique, qui s'est fortement développée ces deux dernières années. L'évolution de nos compétences, les perspectives offertes par les outils numériques, l'évolution légitime des attentes des Parisiens en matière de service public, d'écologie mais aussi de participation citoyenne, même si vous semblez regretter parfois qu?on analyse la possibilité de réaliser les propositions qui sont faites, nous poussent à remettre en question notre manière de mener et de concevoir nos politiques publiques. Six défis nous attendent. Le défi institutionnel avec l'émergence de la Métropole du Grand Paris, dont la Ville est l'un des acteurs principaux et qui a poussé Paris à engager la mutualisation d'une partie de ses fonctions financières, comptables et informatiques avec la Métropole. La réforme du statut de Paris va également dans le sens d'une modernisation de l'administration puisque la fusion de la Commune et du Département mettra fin à des décennies de cloisonnement coûteux et dommageable de l?action municipale. Cette réforme verra aussi le transfert de 2.200 agents de terrain de la Préfecture de police vers la Ville d'ici deux ans. Il s'agit donc de les accueillir dans de bonnes conditions. Ensuite, le défi budgétaire : la Ville va s'engager dans une démarche de certification des comptes et s'est d'ailleurs portée candidate auprès de l'Etat dans le cadre de la démarche expérimentale prévue par la loi NOTRE. Troisièmement, le défi social afin d'accueillir dans les meilleures conditions ses agents, la Ville a fait le choix d'une politique de ressources humaines moderne et protectrice qui s'appuie sur le dialogue social et qui porte haut les valeurs de laïcité, de diversité et d?égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. L'amélioration des conditions de travail et une attention particulière aux personnels les plus fragiles font partie de nos priorités. Ensuite, le défi écologique. La responsabilité environnementale se situe au c?ur de la modernisation de l'administration. Les commandes publiques, la lutte contre le gaspillage, le plan de déplacement des agents, le plan d'alimentation durable ou encore le passage à l'économie circulaire sont quelques exemples qui illustrent la volonté de la Ville et sont tous des sujets qui ont été traités, engagés et menés depuis 2014. La participation citoyenne. Les Parisiennes et les Parisiens sont concrètement associés aux décisions et les outils numériques permettent une réelle participation, ce qui est du point de vue démocratique une énorme avancée, que ce soit à l'occasion du budget participatif - je vous invite à penser à voter avant le 2 octobre - ou de la plate-forme "Idée.Paris" qui a déjà accueilli 17 campagnes depuis son lancement en janvier 2015. Par le défi de la transformation de la fabrique des politiques publiques par sa politique d'"open data" comme par son engagement dans le Transfo, premier laboratoire de l'innovation publique, ou bien encore par sa campagne d'idéation en direction des agents, Paris est réellement pionnière en matière d'innovation ouverte. Ainsi, depuis deux ans, l'administration parisienne a su devenir plus inventive, plus ouverte, plus performante et plus responsable en dépit des défis auxquels elle a été confrontée. Les attentats de janvier et novembre 2015 ont montré mieux que jamais la mobilisation exceptionnelle et le professionnalisme des agents de la Ville. Les services de la Propreté et de la Voirie ont également été très fortement sollicités pour remettre en état les berges de Seine après la crue du mois de juin dernier, et le succès de l'Euro 2016, auquel a contribué Jean-François MARTINS et l'équipe parisienne dans le contexte difficile que nous connaissons, montre à nouveau la qualité du service assuré par les agents. Depuis deux ans et malgré la baisse des dotations de l'Etat, l'administration a assuré la mise en place de l?appel à projets "Réinventer Paris" et du budget participatif porté par Pauline VÉRON, et travaille chaque jour à la réalisation des projets votés par les Parisiennes et les Parisiens. J'en profite pour rappeler qu'il est toujours possible de voter à nouveau avant le 2 septembre. Depuis deux ans et malgré les difficultés que j'ai évoquées, l'administration garantit ainsi aux Parisiennes et aux Parisiens un service public de qualité. 52.000 agents mobilisés dans tous les domaines agissent au quotidien au service des habitants de notre ville sous l'impulsion des directions de l'administration, des élus et de l'Exécutif. En notre nom à toutes et tous, je tiens à exprimer toute notre reconnaissance, à rendre hommage à cet engagement fort de l'Exécutif et à la capacité d'adaptation remarquable de notre administration. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Thomas LAURET. La parole est à M. Yves CONTASSOT, pour le groupe Ecologiste de Paris.

M. Yves CONTASSOT. - Merci, Madame la Maire. Il y a un peu plus de deux ans, nous avons déjà eu un débat sur la réforme de l'administration parisienne. Faire un point d'étape et proposer une nouvelle phase est une excellente chose car rien n'est plus dommageable que de ne pas évaluer les décisions prises et la façon dont elles sont mises en ?uvre. Dans son intervention, Jérôme GLEIZES reviendra d?ailleurs sur certains points de cette première étape. Cependant, je veux déjà souligner deux éléments qui nous paraissent particulièrement positifs : l?effort important pour résorber l?emploi précaire et l?effort non moins important en matière de responsabilité environnementale. En mai 2014, nous avions fait toute une série de propositions et certaines nous paraissent encore d?actualité. Par exemple, la modernisation doit s?effectuer avec les acteurs à tous les niveaux, agents et usagers, qu?il s?agisse des citoyens et citoyennes, des associations, des conseils de quartier, etc. De même, la modernisation ne doit laisser personne au bord du chemin, ni en interne ni en externe. Nous pensons qu?il faut un accompagnement par des professionnels en interne et une vérification qu?il n?y a pas d?exclusion en interne. Il faut poursuivre et amplifier la rationalisation des structures pour favoriser la transversalité et sortir du fonctionnement en silo. Enfin, la modernisation doit être comprise : les enjeux, les objectifs, les moyens doivent être clairement identifiés, communiqués et les outils de mesure mis en place. Je reprends rapidement quelques-uns de ces points. Associer tous les acteurs à la modernisation. Vous le savez, les Parisiennes et Parisiens ne savent pas toujours qui fait quoi à Paris, tant les intervenants sont nombreux et les compétences partagées entre la Ville, la Préfecture de police, la Région, l?Etat, etc. Toute évolution doit donc prendre en compte la capacité d?améliorer la lisibilité pour les citoyennes et citoyens de l?action publique et se traduire par une réelle amélioration du service rendu. Il faut que la compétence indiscutable de l?administration parisienne intègre ce que l?on appelle l?expertise citoyenne qui permet souvent de mieux répondre aux besoins. De même, les organisations syndicales doivent être davantage associées au projet de modernisation car elles ont un réel pouvoir de propositions qu?il faut prendre en compte. Ne laisser personne au bord du chemin. La révolution numérique se traduit par un bouleversement des méthodes de travail, des outils, des concepts. Mais les outils, notamment le numérique, ne sont qu?au service des objectifs et pas des fins en soi. Trop souvent encore, des logiciels sont conçus sans associer les futurs utilisateurs, qu?ils soient agents de la Ville ou usagers du service public. Ainsi la carte citoyenne, qui nous est proposée comme futur support de la majorité des relations entre la Ville et les usagers, soulève de réelles interrogations en matière de lutte contre l?exclusion numérique. De plus, il est envisagé que l?aide à l?utilisation des nouvelles procédures informatiques par les Parisiennes et Parisiens s?effectue uniquement en mairie d?arrondissement. Nous, écologistes, aurions préféré qu?on maintienne le rôle irremplaçable des espaces publics numériques - E.P.N. - qui font en sorte de donner de l?autonomie aux usagers plutôt que de faire à leur place. Comme le disait Confucius : "Lorsqu?un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher plutôt que de lui donner un poisson." De même, un programme ambitieux de formation des agents doit accompagner ces évolutions, qu?elles soient organisationnelles ou fonctionnelles. Pour cela, nous sommes convaincus qu?il faut recourir à des soutiens externes pour écouter et accompagner les personnels. Nous suggérons à ce sujet de réfléchir à la création d?indicateurs de bien-être au travail et à leur suivi dans le temps. La rationalisation des structures. J?avais souligné notre intérêt pour une réorganisation des directions de la Ville, regrettant d?ailleurs que la réduction de leur nombre ne soit pas plus ambitieuse. En effet, la transversalité reste encore davantage un projet qu?une réalité quotidienne et le fonctionnement en silo marque encore trop la culture de notre administration. Des efforts ont été entrepris et nous nous en félicitons, notamment avec des approches par projet, mais cela pourrait incontestablement aller plus loin. Outre une meilleure visibilité, cela donnerai sans doute des résultats plus rapides et plus efficaces. On peut prendre quelques exemples en matière d?entretien et de nettoiement des jardinières sur l?espace public partagé entre DPE et DEVE, la conception de l?espace public partagé entre la DU et DVD, etc. Nous avions aussi souligné les risques d?une rationalisation insuffisamment préparée, notamment en ce qui concerne le S.G.C.P. Ainsi la centralisation de l?assistance informatique peut se traduire quelquefois par un allongement très important des délais d?intervention. Comme vous le voyez, nous souhaitons accompagner positivement la modernisation, tout en prenant soin que celle-ci soit comprise et donc acceptée, qu?elle soit source d?efficacité plus grande pour toutes et tous. Je terminerai juste par une remarque supplémentaire à propos de la carte citoyenne. Vous indiquez que cette carte permettra de simplifier les relations entre les usagers et l?administration grâce aux nombreuses informations qu?elle contiendra, évitant ainsi de donner plusieurs fois les mêmes informations. Nous pouvons comprendre cet objectif, mais nous souhaitons néanmoins attirer votre attention sur les éventuelles conséquences d?une telle concentration d?informations sur un même support. A l?heure du tout numérique, nous assistons à un double phénomène : l?intégration de plus en plus d?informations dans les bases de données et, en même temps, de plus en plus de piratage de ces bases de données. Nous pensons que la façon dont les grands gestionnaires de ces bases de données, qui les utilisent par ailleurs à des fins de profilage, est attentatoire aux libertés individuelles. Evidemment nous ne faisons pas ce procès à notre administration, mais nous vous demandons en conséquence de prendre en considération ces risques et de ne pas contraindre qui que ce soit, ni maintenant ni demain surtout, à utiliser cette carte. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Yves CONTASSOT. La parole est à Mme Raphaëlle PRIMET, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Madame la Maire, mes chers collègues.

Nous sommes toujours pour la modernisation et les progrès, pour améliorer les services publics, les rendre plus efficaces et plus simples pour les usagers. Nous partageons donc les buts affichés de la communication, le développement de la participation citoyenne aux responsabilités environnementales avec la mise en ?uvre du Plan climat énergie Paris, mais nous avons des doutes sur la réalité de la mise en ?uvre. Nous ne considérons pas l?administration comme un fardeau. Pour nous, les agents de la Ville ne sont pas une succession de chiffres dans un tableau ou une charge qui ne ferait qu?alourdir le budget de la Ville. Nous pensons au contraire que les agents sont des pièces maîtresses de l?action publique : des cadres aux agents de ménage, des ingénieurs aux agents d?accueil, ce sont eux qui donnent corps à nos orientations politiques ; ils sont les mieux informés des besoins des Parisiens car ils sont en première ligne face aux usagers et aux situations qu?ils vivent. Il est important de le rappeler car, depuis plusieurs années, les agents voient leurs conditions de travail se dégrader. La cause : le désengagement financier massif de l?Etat qui a entraîné la réduction des recettes de fonctionnement de 12 % en cinq ans. La communication le met peu en avant mais c?est un choc énorme qui a obligé l?administration à mettre en ?uvre des plans d?économies qui reposent largement sur les épaules des agents. Permettez-moi de vous dire que nous avons des désaccords avec cette communication qui sous-estime les dégâts de l?austérité budgétaire. Pour certains sur les bancs de cette Assemblée, la réduction des budgets serait une opportunité, un électrochoc qui nous obligerait à nous réinventer, à nous moderniser, à faire mieux avec moins. Pour notre part, nous ne trouvons pas que la crise soit une chance ou qu?elle soit moderne. Quand nous lisons des termes comme simplification, efficacité, service au public, réorganisation, rationalisation, mutualisation, fusion, réduction, nous avons l?impression de retrouver le lexique libéral qui a permis d?enrober les politiques d?austérité depuis le tournant de la rigueur. Rien de très moderne, vous en conviendrez. Nous ne devons pas discuter avec les mêmes agents de la Ville. Quand ils viennent nous voir, les agents nous alertent sur la dégradation de leurs conditions de travail, sur la souffrance au travail. Les services sous tension doivent composer avec des postes vacants et qui le restent durant de longs mois. Les agents sont nombreux à soutenir les objectifs politiques de la majorité : 70.000 logements ou 5.000 places en crèche créées, cela leur va. Mais ils s?interrogent sur les capacités réelles à atteindre ces objectifs, alors que les organisations sont chamboulées et que leur charge de travail explose. Nous avons conscience de noircir un peu le trait mais il nous faut bien compenser le ton employé dans cette communication. Les réductions des délais et les mesures de simplification sont vantées à chaque phrase, mais par exemple les contractuels de la Ville mettent toujours plusieurs mois avant de toucher le moindre centime d?allocation chômage en fin de contrat. La qualité du dialogue social, mise en avant dans la communication, est insuffisante et reste très largement à améliorer, notamment en prenant en compte l?avis et les propositions des personnels et le temps pour la mise en place des réformes. Il en est de même sur la numérisation des services. Nous mesurons bien les progrès pour la majorité des usagers -réduction des délais, simplification des démarches - mais beaucoup d?usagers n?ont pas encore accès à l?outil informatique ou ne le maîtrisent pas. En règle générale, ce sont justement ces personnes qui vivent les situations les plus difficiles et les plus complexes, ces situations qui ne rentrent pas dans les cases des formulaires. Or, nous craignons que la généralisation de la numérisation, que nous approuvons par ailleurs, n?ait comme seul objectif de réduire le nombre d?agents. Nous avons pourtant besoin de personnels en nombre suffisant et suffisamment formés pour garantir un service public de haute qualité qui réponde aux besoins de la population. Ce qui est prévu pour l?accompagnement de ces personnes éloignées des technologies ne nous semble pas suffisant, ni à la hauteur des besoins. Le risque est grand d?accroître par ces biais les inégalités et d?avoir une ville taillée pour les classes dominantes, plus éduquées, mieux préparées à l?utilisation des nouvelles technologies. L?approche des "Civic Tech" est intéressante, mais attention de ne pas penser que la crise du politique que nous vivons ne serait qu?un problème technique, un problème de communication qui pourrait être réglé grâce à la bonne application. Pour conclure, pour nous, modernisation ne peut rimer avec austérité et malgré l?optimisme de la communication, nous avons l?impression qu?il nous est parfois proposé de faire plus avec moins. Nous pensons, nous, que la modernité et l'efficacité pour répondre aux besoins ne peuvent pas faire l'économie de plus de moyens financiers et humains. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame PRIMET. La parole est à M. Jean-Bernard BROS, président du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

M. Jean-Bernard BROS. - Madame la Maire, Monsieur le Secrétaire général, mes chers collègues, la modernisation de l'administration parisienne est une nécessité, mais c'est aussi un chantier complexe dans une maison comme la nôtre, une maison aux nombreux services, avec plus de 50.000 agents et des habitudes de travail ancrées. Nous le savons, l'administration n'a pas toujours été tournée vers le service aux habitants. Nous connaissons l'?uvre de Kafka, qui en fit une si brillante caricature en soulignant les logiques souvent obscures et parfois inhumaines de l'administration. Mais la rigidité d'une organisation n'est pas une fatalité. La Ville de Paris est en effet riche de l'engagement, du professionnalisme et de la diversité des femmes et des hommes qui la font vivre chaque jour. L?Exécutif nous a présenté en 2014, les grandes orientations de la réforme de l'administration qu'il a souhaité impulser. Nous avions salué à l'époque cette volonté de changer le regard sur nos directions. La réforme de l'administration parisienne a des objectifs et des buts clairement énoncés. L'adaptation aux nouveaux besoins des Parisiens avec la volonté d'être réellement tournée vers le public en étant plus accessible. La rationalisation des dépenses comme une manière de gérer avec la plus grande prudence les deniers publics, que nos finances soient là aussi véritablement tournées vers des actions de terrain. L'innovation dans les méthodes de travail avec une volonté de transversalité ou une meilleure utilisation du numérique. Enfin, et ce n'est pas le point le moins important, une administration dans laquelle chaque agent est respecté, où les évolutions sont possibles, sans discriminations. Aujourd'hui, nous est présenté un point d'étape de la réforme portée par l'Exécutif, réforme que nous soutenons. La dynamique a d'ailleurs été concrètement lancée avec de nombreuses actions importantes comme l'adaptabilité des horaires du service public parisien, ou la fusion de directions. La transition numérique est aussi une évolution nécessaire pour notre administration, pour beaucoup de citoyens, l'outil numérique est le premier contact avec les services publics. Et surtout, un premier contact qui peut se faire à toute heure et tous les jours. Des progrès ont réellement été faits en la matière. Je pense à la refonte du site Internet de la ville, ou encore au projet d'un espace personnalisé permettant un accès unifié et simplifié au service numérique. Cependant, nous nous interrogeons sur l'adéquation des sites Internet des mairies d'arrondissement avec ces nouveaux outils. Au-delà du site Paris.fr, de nombreux usagers se tournent vers les sites des arrondissements. C'est assez logique, car c'est l'échelon de proximité où les Parisiens effectuent de nombreuses démarches. L'interface actuelle manque de lisibilité, nous pouvons faire mieux en la matière. C?est le sens du v?u que nous avons déposé, et l'innovation n'est intéressante que si elle est partagée par le plus grand nombre. A ce titre, les efforts qui seront faits en direction des personnes qui ne maîtrisent pas l'outil informatique sont une nécessité. Par ailleurs, le groupe RGCI a déposé un v?u pour que la Ville de Paris mette en avant la question de la parentalité au sein de l'administration. Nous connaissons les efforts faits en matière d'égalité femmes/hommes et dans le domaine de la conciliation vie professionnelle/vie privée. Nous pensons qu'un focus doit particulièrement être fait sur la question de la parentalité. C'est une situation de vie avec ses propres problématiques. Nous le voyons dans les actions déployées en ce domaine par la Ville en dehors de son administration. Ce serait tout à notre honneur et cela permettrait aussi de donner une cohérence à notre action en la matière. Enfin, nous soutenons la réforme engagée, car elle va dans le bon sens, celui d'un service de qualité pour tous les Parisiens. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie, Monsieur BROS. La parole est à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Deux minutes, c'est très court pour parler de la communication sur la modernisation de l'administration parisienne. Des démarches engagées sont intéressantes, comme je l'ai souligné, le bus "la mairie mobile" qui va au c?ur des quartiers populaires et permet aux travailleurs sociaux, avec le simulateur d'accès au droit du Ministère, d'aider les Parisiennes et Parisiens de ne pas renoncer à leurs droits, comme c?est souvent le cas concernant le R.S.A. Pour avoir participé à la caravane de l'accès au droit et de la France insoumise cet été dans d'autres villes, j'en ai fait l'expérience. Cela m?intéressait également d?avoir des compléments d?information concernant les "start -up" internes, sans doute sur le pendant des "start-up" d'État, qui ont permis la création de cet outil simulateur des droits, comme l'application "Paris le taxi". J'en profite pour déplorer l'absence totale de visibilité de la communication parisienne sur la mise en route de cette application. Pourquoi ? Quelle occasion ratée. Je regrette qu'il y ait si peu de moyens, par contre, pour contrôler les abus sur "Airbnb" ou pour poursuivre les publicités illégales, pour agir contre la prolifération des grandes enseignes sur la capitale, et surtout contrôler les marchés, les DSP : Vélib', JCDecaux, la Philharmonie, tous ces dossiers noirs montrent les conséquences financières très lourdes pour les Parisiennes et Parisiens d'un certain nombre de choix libéraux. Mais globalement, la modernisation, franchement, c?est surtout un mot de la novlangue libérale pour réduire les dépenses, réorganiser les services face à la baisse des recettes que vous avez évaluée à 1 milliard d'euros, mais qui dans les faits est plus conséquente du fait de la dette de l'État due aux Parisiennes et Parisiens. Vous prétendez prendre en compte la souffrance au travail et les risques psychosociaux, mais dans les faits vous savez pertinemment que cette souffrance au travail ne cesse de progresser du fait des restructurations et des dégradations des conditions de travail. Or, sans les agents, tout le travail que nous faisons est vain et nous devons tous ici continuer à saluer et féliciter le travail des agents, mais respecter leurs conditions de travail. Je conclus. Vous parlez de concertations avec les Parisiens, mais elles n'ont lieu que sur les domaines sur lesquels vous avez bien voulu en consentir. Quelle concertation des Parisiens prévoyez-vous sur la privatisation des pervenches, la verbalisation du stationnement ? Je doute que vous l'ayez engagée. Mes chers collègues, arrêtez de vouloir faire croire que l'on peut faire mieux avec moins. L?austérité est une vis sans fin et n?aboutit qu?à la souffrance au travail des agents, à la dégradation du service rendu et au recours in fine au privé. L?austérité est d?ailleurs l'objectif de ce transfert aux intérêts privés. C'est ce que vous êtes en train d'organiser.

(Mme Colombe BROSSEL, adjointe, remplace Mme la Maire de Paris au fauteuil de la présidence).

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - La parole est à M. Jean-Baptiste de FROMENT.

M. Jean-Baptiste de FROMENT. - Certains courriels adressés au personnel de la Ville en disent plus long sur la conception que se fait la Maire de Paris de l'administration, que la présente communication, où franchement il n'y a pas grand-chose. Le 13 septembre 2016, à 12 heures 45, M. le Secrétaire général de la Ville de Paris adressait à tous les personnels encadrants de la Ville, en mairie centrale comme en arrondissement, un message circonstancié leur indiquant ce qu'il convenait de penser de la piétonisation des voies sur berges. Projet qui, je le rappelle, n'avait pas encore été soumis au vote de ce Conseil, puisque ce vote a eu lieu hier. Et donc, j'ai le mail devant moi, il y a plusieurs arguments pour expliquer la baisse de la pollution, que la commission d'enquête était très méchante, qu'elle avait rendu un avis défavorable, mais que bien entendu elle avait tort, et en concluant : "dans la mesure où il s'agit d'un projet majeur de l'action municipale, il m'a paru utile de partager cet argumentaire avec chacun d'entre vous. Il s'agira de l'un des projets de délibération importants soumis au prochain Conseil de Paris, à qui il appartiendra d'en décider". Alors, tout cela vraiment se passe de commentaire. Je livre à la méditation de mes collègues ce petit fait vrai, mais je serais heureux tout de même que Mme la Maire de Paris, qui d'ailleurs est revenue pour l'occasion, j'en suis heureux - même si elle discute avec son adjoint -, je serais heureux, Madame la Maire, que vous puissiez me donner une explication sur cette façon de faire. Je dis un mot de cette communication qui est moins intéressante : beaucoup de généralités, beaucoup de bons sentiments comme d'habitude, vous prétendez tout centrer sur les services rendus aux Parisiens, mais le problème est qu'on ne voit pas cette approche concrètement à l'?uvre dans le propos. On ne parle dans cette communication principalement que de moyens, de structures et jamais de résultats. Vous parlez d'une réforme. J'ai entendu les collègues de la majorité louer la réforme, mais j'ai envie de poser la question : quelle réforme ? Je ne sais pas de quoi l'on parle, et vraiment cette communication est quasiment muette sur ce point. Vous n'avez pas engagé la révolution copernicienne de l'administration parisienne, et rien n'indique dans cette communication que cette révolution aura lieu à l?avenir. Donc, il y a bien entendu des choses qui sont intéressantes dans cette communication, sur la transition numérique par exemple. Vous annoncez une trentaine de nouveaux services en ligne, la possibilité de réserver un tennis à partie d'un smartphone. C'est très bien. Il y a surtout quelque chose qui est mieux, qui est l'annonce de la création, en juin 2017, d'un compte numérique personnel qui s'appelle "Mon compte". J'espère qu?effectivement cela se fera dans les délais parce qu'on aurait pu attendre ce type de service un peu avant, mais, personnellement, je m'en réjouis. Le 9e arrondissement - je l'indique tout de suite - est tout à fait prêt à tester à l'avance un certain nombre de ces innovations numériques. Vous parlez ensuite, et c'est aussi une bonne chose, de l'adaptation des jours et horaires d'ouverture des équipements. Mais on est quand même très loin de la révolution des horaires qu?avec Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, pendant la campagne, nous avions proposée. On nous parle, par exemple, de l'ouverture d'une 5e bibliothèque municipale ouverte le dimanche. On nous parle aussi de l'ouverture qui, là, franchement, n'a pas toujours été appréciée et bien vécue sur le terrain, de 129 espaces verts, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Pour le reste, on n'en sait pas plus. Il n'y a pas d'objectif. On ne nous dit pas quelles seront les grandes conquêtes en matière d'évolutions horaires que les Parisiens attendent beaucoup. Suit ensuite un très long développement technocratique sur le fait que l'on aurait regagné - je cite - "des marges de man?uvre par l'optimisation de l'organisation et du fonctionnement". Ce n'est pas très convaincant parce que, comme l'a dit mon collègue Geoffroy BOULARD, il n'y a strictement aucun chiffre. Non seulement il n?y a pas d'évaluation indépendante, mais vous-même, Ville de Paris, vous ne fournissez aucun chiffre. On ne sait pas combien d'emplois ont été redéployés, quelle marge de man?uvre effectivement on a gagné. Sachant qu'en général et au global, les effectifs continuent à être pléthoriques dans la Ville de Paris. On aimerait bien en savoir plus sur les marges de man?uvre. Ensuite, il n'y a rien sur les services concrets "en dur", j'ai envie de dire, qu'attendent les Parisiens. Il n'y a rien sur la propreté. Et à quoi sert une communication de la Maire de Paris si on n'aborde pas franchement les problèmes ? On sait bien qu'il y a un problème avec la propreté. On a un problème de grève. On a un problème de qualité de service rendu. On a un problème d'absentéisme. Ce n'est pas stigmatiser les agents que de constater qu'effectivement il y a un sujet d'absentéisme. On était à 10,4 % d'absentéisme en 2014, 12,8 % au sein des éboueurs. Que fait-on pour résoudre ce problème ? Pourquoi on n'en parle pas dans cette communication ? De même, sur la grève, dispositif de prévention des grèves. On a des grèves récurrentes dans tous les services.

(Mme la Maire de Paris reprend place au fauteuil de la présidence).

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Vous avez dépassé votre temps de parole, Monsieur FROMENT.

M. Jean-Baptiste de FROMENT. - Cela tombe bien parce que j'ai dit l'essentiel, Madame la Maire.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C?est bien.

M. Jean-Baptiste de FROMENT. - Donc, il vous reste quatre ans pour être vraiment utile aux Parisiens?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Tout à fait.

M. Jean-Baptiste de FROMENT. - ? Et pour remettre à niveau un service public?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Là, il ne vous reste même plus quatre secondes.

M. Jean-Baptiste de FROMENT. - ? Que chacun juge aujourd'hui dégradé.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie.

M. Jean-Baptiste de FROMENT. - Merci beaucoup.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je donne la parole à Valérie NAHMIAS pour le groupe UDI-MODEM, à qui il reste 1 minute 55 compte tenu des temps de parole de ses collègues.

Mme Valérie NAHMIAS. - Madame la Maire, mes chers collègues, la modernisation de l'administration parisienne se doit d'être ambitieuse. Ce n?est pas seulement un concept, c?est un ensemble d'actions concrètes en amont, en aval, qui s'inscrivent dans une perspective globale. L'objectif est de rendre léger un système lourd par essence. Toujours compliqué de faire simple. Mais les nouveaux outils informatiques, numériques, technologiques, tels les objets connectés ou plateformes, sont d'une aide précieuse et offrent tellement de perspectives. J'ai lu avec attention les nombreuses pages de votre communication "Les multiples services numériques lancés et les futurs projets". Quatre aspects que je souhaite valoriser. Un : quels sont les retours ? Taux d?utilisation, satisfaction des Parisiens sur ces outils. Quel est le bilan des différents travaux initiés ou des demandes effectuées par d'autres dans cet hémicycle ? Deux : la mise en place de services digitaux sous-entend que l?on soit réactif dans l'amélioration de l'application, comme de la réparation des dysfonctionnements. Cela n'a pas été le cas sur de nombreuses applications, telle "Dans ma rue". Trois : la participation, le collectif, le créatif. C'est votre politique, mais elle n'est pas lisible dans votre page où vous tendez à la centralisation et au modèle unique et rigide, tels les sites internet des mairies d'arrondissement, avec aucune possibilité d'initiative locale. Oui à la simplification, à l'optimisation, à la rationalisation, et l?on peut continuer tout au long de cette présentation. Nous sommes d'accord : le rôle facilitateur d'une mairie est essentiel, d'autant plus quand il s'agit de la Mairie de Paris. Nous nous devons d?être exemplaires, leader mondial dans notre stratégie et dans les outils. Comme il me reste malheureusement très peu de temps et que j'avais d'autres choses à dire, je vais arriver à ma conclusion. Le groupe UDI-MODEM continuera d?encourager les politiques publiques innovantes et préconise que les diverses expérimentations donnent systématiquement lieu à de véritables bilans communiqués aux conseillers de Paris, que les études préalables à leur mise en ?uvre soient également transmises. Nous devons rendre la vie plus simple, plus rapide, plus innovante, avoir un rôle facilitateur. Nous remercions tous ceux qui y travaillent et y contribuent quotidiennement.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Là, il faut vraiment conclure, car vous avez largement dépassé.

Mme Valérie NAHMIAS. - Je concluais.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. La parole est à M. Jérôme GLEIZES, pour le groupe Ecologiste de Paris.

M. Jérôme GLEIZES. - Merci, Madame la Maire. Chers collègues, pour commencer, je m'associe à tous les remerciements faits aux agents de l'administration parisienne, mais aussi à tous les salariés des structures satellites de la Ville qui participent à la résilience de notre collectivité. Ils ont su faire face, durant cette année 2016, à deux événements imprévus, deux attentats majeurs, mais aussi - on ne les a pas cités - deux incidents climatiques : la crue de la Seine et l?épisode de chaleur de cet été. Nous savons que ces événements exceptionnels ne peuvent que se multiplier. La résilience, qui a aujourd'hui mission spécifique dans la Ville, doit être le centre de notre politique publique. L?expression de modernisation de l'administration est moins pertinente que celle de résilience. Elle renvoie au nouveau management public le "new management" public anglo-saxon qui est dépassé par les événements. Celui-ci avait pour objet d'augmenter sur le papier la productivité des employés, mais, en fait, les pressurait davantage. Alors que dans la résilience, le facteur humain est central, comme l'ont montré les quatre événements auxquels la ville a dû faire face. D'autres villes ont su faire face, comme New-York, avec l?ouragan Sandy ou les attaques du 11 septembre, et ont donc revu leur mode de gestion du personnel. Les indicateurs dont parle M. BOULARD se sont révélés inefficients au regard de la singularité de ces crises. Monsieur BOULARD, il faudrait abandonner la relation bilatérale usager-administration issue du monde de l'entreprise pour avoir une relation trinomale entre le citoyen, les fonctionnaires et la collectivité territoriale, ce que les Américains ont su mettre en place aux Etats-Unis, notamment après l?ouragan Sandy. Ce n'est pas grave si c'est barbare. L?essentiel, c?est que cela dise des choses. Partant de là, tout ne peut être qualifié de défi. Le défi budgétaire n'est pas un défi, mais une contrainte imposée par l'Etat. D'ailleurs, je remarque que Mme la Maire a parlé de défi dans sa communication, mais a parlé d'entrave dans son intervention orale puisque c'est plus qu'un défi, c'est vraiment une entrave à laquelle nous devons faire face. En effet, un milliard de moins pour la Ville est un choc budgétaire inacceptable. Ces contraintes affectent principalement les agents de la Ville qui doivent faire mieux avec moins. Le mal-être a une conséquence qui mériterait d'être mieux analysée, comme l'a dit mon collègue, M. CONTASSOT, notion subjective certes, mais qui se révèle à travers des mouvements sociaux, des taux de "turn-over" parfois élevés, de nos discussions partielles avec les agents de la Ville qui expriment leur désarroi, tout en préservant leur professionnalisme. Le nouveau management public adore les nouvelles technologies de l?information et des télécommunications, mais la fracture numérique est là. Elle ne se résorbe pas uniquement par un accès facilité à des ordinateurs, mais surtout par une formation du personnel, par une adaptation des postes. Cela ne se mesure pas par un budget, mais par un accompagnement individualisé pour comprendre ce mal-être qu?ont certains agents à qui l?on demande des actions qui paraissent simples pour des jeunes agents, mais qui provoquent des difficultés insurmontables pour des agents plus âgés. La Ville a fait énormément pour résorber la précarité, mais ce n?est pas qu?une question de valorisation salariale et d?indice. C'est aussi une formation adaptée à chaque situation individuelle. La convention avec l'A.N.A.C.T., dont on a déjà parlé, est aussi une bonne manière pour trouver des solutions adaptées à chaque situation. Le nouveau management public pousse aussi à la concentration des services et au regroupement des directions. Mais la réduction des échelons qu?il faut faire ne doit pas conduire automatiquement à une concentration humaine trop importante. Sinon, il y a un risque de contre-productivité qu'avait développé le grand penseur Illich. En effet, lorsqu?elles atteignent un seuil critique, les grandes institutions de notre société moderne s?érigent parfois, sans le savoir, en obstacles à leur propre fonctionnement. Les communications deviennent si denses et si envahissantes que plus personne n'écoute et ne se fait entendre. Les directions deviennent si imposantes qu'elles ne peuvent faire face à la taille de la tâche à accomplir. La concentration des activités entraîne une perte de proximité, donc de la réactivité qui, au final, entraîne une perte de temps. La rationalisation s?avère, au final, très coûteuse. M. CONTASSOT a parlé de l'exemple de l'informatique, qui est un exemple très parlant de cette rationalisation qui peut s'avérer très coûteuse. Pour terminer, nous estimons, ici, plusieurs points de vigilance. Premier point : la question des effectifs et des moyens des directions de la Ville reste toujours une question importante. Elles sont sollicitées fortement par le "Réinventer Paris" et la politique de redéploiement depuis 2009, dont la pérennité et la soutenabilité ne sont pas interrogées dans cette communication. L'objet du numérique est surreprésenté et il y a une faiblesse de la présentation du dispositif d'accompagnement que j'ai cité précédemment. La rénovation des directions décidée dans les premières semaines de mandature a été vécue de façon brutale par une partie du personnel. La concentration dans le quartier Joseph Bédier devra, par exemple, faire l'objet d'une évaluation pour savoir si les bénéfices attendus sont atteints. Pour terminer, la question de la pénibilité de certains métiers - égoutiers et éboueurs - est toujours là encore: qu'est-ce qui est entrepris de concret ? La dématérialisation ne peut pas tout faire disparaitre. M. HÉLARD a parlé aussi d'un autre élément sur le télétravail qui nous apparaît trop timide. 140 cas, c'est insuffisant par rapport à ce que cela peut apporter pour l'amélioration de nos services. Je vous remercie de votre attention.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Jérôme GLEIZES. La parole est à M. Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Mes chers collègues, je vais concentrer mon propos sur un passage de la communication qui propose d'adapter les jours et les horaires d'ouverture de nos équipements aux besoins des Parisiens. Nous avons déposé justement un v?u sur ce sujet qui concerne la bibliothèque Hélène Berr. Nos positions sur le travail de nuit et le travail du dimanche ont le mérite d'être claires. Nous sommes opposés par principe à la dérégulation continue de nos modes de vie. Toutefois, nous ne voulons pas être dans la caricature. Certains services, et notamment services publics, doivent nécessairement fonctionner le dimanche en horaires décalés. Je pense notamment aux transports publics, aux hôpitaux ou aux équipements sportifs. Ces services sont nécessaires au bon fonctionnement de la société dans son ensemble et nous ne remettons pas en cause cela. En revanche, nous restons fermement attachés à la préservation de moments de respiration, de temps libre qui permettent à tout un chacun de passer du temps avec ses proches et de s'adonner à des activités de loisirs. C'est une question de cohésion sociale qui nous semble primordiale, surtout dans la période difficile à plusieurs égards que nous traversons actuellement. Voilà pourquoi nous sommes opposés à l'ouverture continue des services publics à toute heure et tous les jours. D'autant que ce n'est pas une demande récurrente des Parisiennes et des Parisiens. Si je prends le cas de la médiathèque Hélène Berr dans le 12e arrondissement, la très grande majorité des usagers n'a pas exprimé cette demande. Je m'en tiens au résultat de l'enquête de satisfaction liée à la démarche "QualiParis". Il faut déjà se rendre compte que la question des horaires n'est pas centrale pour les usagers. Ces derniers sont nombreux à demander l'enrichissement du fonds documentaire et l'amélioration des conditions d'accueil. Ensuite, si l'on se concentre sur la question des horaires, la plupart des usagers demandent l'ouverture le lundi, le jour où les bibliothèques sont traditionnellement fermées car les agents travaillent tous le samedi. Ensuite, les usagers demandent des ouvertures en matinée car la bibliothèque n'ouvre jamais avant 10 heures, voire 13 heures. Ce n'est finalement qu'une minorité qui demande l'ouverture du dimanche. On peut donc s'interroger sur la principale motivation de ce projet qui serait de répondre aux besoins des usagers. En creusant le débat, certains me répondent que le but est de répondre aux besoins d'espaces de travail des étudiants car notamment les bibliothèques universitaires sont fermées et les étudiants vivent souvent dans des petits logements qui ne leur permettent pas de travailler dans de bonnes conditions. D'abord, je ne suis pas persuadé que ce soit aux bibliothèques municipales de répondre aux travers du marché de l'immobilier qui obligent les étudiants à se loger dans de petits logements. Par ailleurs, dans le cas précis de la bibliothèque Hélène Berr, je ne vois pas pourquoi la future université, qui ouvrira ses portes à quelques centaines de mètres, ne pourrait pas accueillir des espaces de travail adaptés au rythme particulier des étudiants, notamment le dimanche. Et puis, nous avons une réflexion avec Jean-Louis MISSIKA sur les espaces de co-working qu'il faudrait développer à Paris et qui pourraient être une réponse à ces besoins. Vous l'aurez compris, nous ne saisissons pas les objectifs politiques de l'ouverture du dimanche comme un problème. D'ailleurs Raphaëlle PRIMET, dans son intervention, l'a énoncé: l'Etat diminue notre budget de fonctionnement de 15 % en 5 ans et la Direction des affaires culturelles doit aujourd'hui fonctionner avec des moyens constants qui ne permettent pas de créer des postes nécessaires au bon fonctionnement sur des plages horaires plus larges. Cela veut dire que les ouvertures du dimanche se feront a minima, comme c'est d'ailleurs le cas dans les cinq médiathèques parisiennes qui le font déjà. Les agents sont cantonnés aux postes informatiques sur l'enregistrement des retours de documents et ne peuvent pas faire un travail d'accompagnement et de conseil aux usagers. J'ai rencontré les agents de la bibliothèque Hélène Berr, à leur invitation, le 2 septembre dernier. Ils m'ont fait part de leurs craintes de se retrouver en position difficile alors qu?ils seront peu nombreux sur le site pour gérer des problèmes tels que les questions d'évacuation en cas d'incendie, les situations de tension avec les agents et les usagers. Des questions s'accumulent et la DAC ne peut répondre de manière satisfaisante dans un carcan budgétaire que l'Etat nous impose. Voilà pourquoi, Madame la Maire, je vous saisis aujourd'hui par un v?u pour abandonner le projet, ou en tout cas le revoir, sur l'ouverture dominicale de la bibliothèque Hélène Berr. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Ce débat est donc terminé. Je vais donner la parole à Emmanuel GRÉGOIRE pour apporter les réponses aux différents orateurs et oratrices.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint. - Merci Madame la Maire. Merci à l'ensemble des intervenants pour leurs questions, leurs félicitations adressées aux agents, et je vais essayer également rapidement de répondre à quelques interrogations.

Monsieur BOULARD, on a coutume de dire que ce qui est excessif est insignifiant. Je ne reviendrai par sur les formules à l'emporte-pièce, mais sur les contradictions nettes que j'ai observées dans votre intervention. La première chose, c'est qu'après avoir lourdement critiqué les augmentations d'effectifs, vous regrettez quand même l'absence de service public. En plus, vous regrettez que nous recrutions des emplois temps plein sur des besoins que vous identifiez comme des besoins à pic et devant relever de l'utilisation de vacataires. Bref, comme d'habitude depuis le début de la mandature, vous maniez l'injonction contradictoire qui est de dénoncer les hausses de dépenses et en même temps, à chaque fois sur des cas particulier, de regretter que nous ne mettions pas plus d'argent. Je veux bien, mais le principe des gens qui sont en responsabilité, c'est qu'ils ne peuvent pas mettre en ?uvre des injonctions contradictoires et qu'il faut pouvoir suivre un chemin qui a du sens. Deuxièmement, je sais que vous ne vous intéressez pas beaucoup à mes sujets, mais vous évoquez l'absence d'ambition en matière de formation. Je vous rappelle que nous avons adopté, en octobre 2015, un grand plan stratégique 2016-2020 en matière de formation qui non seulement confirme l'ambition et les engagements financiers de la Ville, mais permet de former beaucoup plus d'agents. Les explosions des effectifs, oui, ils sont assumés, Monsieur BOULARD. Il y a une règle sacro-sainte en matière de gestion des ressources humaines, c'est que quand on ouvre un équipement, à moins d'y mettre des robots, il faut y mettre des agents. Nous avons fait le choix d'y mettre des agents publics. L'intégralité des augmentations d'effectifs correspond à de la création de service public en plus. Monsieur HÉLARD, je vous rejoins tout à fait sur la préoccupation concernant les absences au travail. Simplement pour rappeler, vous l'avez évoqué, ce n'est pas du tout un sujet qu'on ignore, mais un, il ne faut pas tirer à boulets rouges sur nos agents. Les absences au travail sont un phénomène important dans l'ensemble du monde du travail, et particulièrement dans la fonction publique et les collectivités territoriales, qui a plusieurs causes complexes qui s'entrecroisent et qui font l'objet d'un travail patient, obstiné de la part de l'administration. Vous avez évoqué le travail déjà engagé depuis un moment avec l'A.N.A.C.T. Bien évidemment, vous aurez, quand l'A.N.A.CT. sera en mesure de rendre ses premières préconisations, un compte rendu précis. Sur le télétravail, je sais votre impatience et je l'ai entendue de votre bouche, également dans celle d'intervenants notamment du groupe Ecologiste de Paris, d'abord pour rappeler que l'expérimentation qui est en cours est la plus grande expérimentation en France en matière de nombre d'agents engagés. Deuxièmement, nous avons, grâce à cette expérimentation, pris beaucoup d'avance puisque désormais nous avons, depuis février 2016, le décret qui nous permet d'avoir un cadre juridique précis pour la mise en ?uvre du télétravail et que, grâce à cette expérimentation dont nous tirerons le bilan à la fin de l'année, nous serons en mesure de présenter le programme télétravail comme annoncé dans la communication et nous le mettrons en ?uvre dès le début de l'année 2017. Merci, Monsieur CONTASSOT, Monsieur LAURET, d'avoir repris et souligné un grand nombre de mesures et de réformes qui ont été mises en ?uvre et qui, comme le disait Mme la Maire, engagent l?ensemble des agents, l?ensemble des adjoints, l?ensemble des maires d?arrondissement car tous les secteurs sont concernés par ces sujets. Quelques nuances, Monsieur CONTASSOT, en revanche. Vous dites que la modernisation doit réellement associer les agents. Nous ne sommes jamais parfaits, j?en ai conscience, mais c?est précisément l?objectif que nous nous fixons depuis le début de la mandature. Avec Pauline VÉRON, nous avons entamé un travail très important de formation méthodologique des agents au développement des méthodes participatives. Nous avons systématisé les enquêtes de consultation pour recueillir sur des plateformes d?idéation l?avis des agents que - je le rappelle - nous doublons de groupes de travail présentiels pour les agents qui ne disposent pas d?accès simple à Internet. Et puis, merci de les avoir cités, c?est l?objet de trois grands programmes qui vont monter en puissance dans les mois et années à venir : le programme "Transfo" dont l?objectif est de préfigurer un laboratoire interne d?innovations pour que nos agents puissent s?accompagner eux-mêmes dans les méthodes d?innovation, notamment les méthodes d?innovation managériale ; le programme "Start-up de ville" qui a été évoqué effectivement dont l?objectif est de stimuler et de répondre aux appétences de nos agents pour porter des projets d?innovation précis ; et ce sujet sur lequel je compte beaucoup parce que là, il y a beaucoup de progrès à faire, c?est le sujet "Paris simple" : revoir, passer au tamis nos procédures internes et supprimer tout ce qui n?est utile ni à l?administration ni aux Parisiens. Peut-être que dans des temps anciens - et Mme la Maire me l?a souvent rappelé - des logiciels pouvaient être choisis sans l?avis des utilisateurs, que ce soient les agents ou les usagers, j?ai le sentiment, en tout cas, c?est ce que nous essayons de faire, que ce n?est plus le cas aujourd?hui. Petite confusion, mais elle a son importance, sur les espaces publics numériques. L?objectif de la réforme de notre relation avec les E.P.N. est précisément de redonner aux E.P.N. leur mission initiale qui est de faire de l?animation thématique numérique et de muscler considérablement le travail en matière de médiation numérique. C?est un travail que nous menons avec Colombe BROSSEL. Oui, il y a un sujet de fracture numérique. Oui, il faut l?accompagner ; l?accompagner par des dispositifs de type bus ou en mairies de médiation numérique et aussi par le développement d?outils complémentaires. Beaucoup de sujets ont été abordés, je n?aurai pas le temps. Toutefois, je reviens, Madame PRIMET, sur un sujet qui me semble très important en matière de culture du service public que nous souhaitons défendre collectivement. Je suis persuadé que nous serons d?accord sur ce point. Quand vous dites que simplification, service au public et efficacité, ce sont les mots de l?austérité, on ne peut pas dire cela. Ce sont les mots de la crédibilité du service public. Ce sont les mots de la qualité du service public. C?est précisément, y compris dans le contexte budgétaire que nous connaissons, ce que le service public doit démontrer. Il doit être capable de démontrer son efficacité ; sinon, à la fois le consentement à l?impôt et l?attachement des Parisiens et plus largement des citoyens au service public pourraient s?éroder et c?est précisément ce contre quoi nous nous battons. Un exemple : vous évoquez le retard des paiements des indemnités de chômage des contractuels. C?était un vrai problème, cela l?est toujours encore un peu car, de toute façon, le délai sera trop long. Toutefois, c?est grâce au travail de la DRH sur la réorganisation du Bureau des retraites et de l?indemnisation que nous avons pu réduire considérablement ce délai d?indemnisation. Merci, Monsieur BROS, concernant les deux v?ux que vous présentez sur la parentalité sur lesquels j?ai proposé des amendements et, s?ils vous convenaient, j?émettrais évidemment un avis favorable. Sur le site Internet des mairies d?arrondissement, une manière de vous donner raison à tous est de dire que le travail a été engagé par Bruno JULLIARD et son cabinet depuis maintenant près d?un an. D?ores et déjà, le "back office" technique est prêt. La DSTI et la DDCT attendent les remontées des mairies d?arrondissement et pour ceux qui le feront vite, ce sera opérationnalisable dès la fin 2016 pour la mise en ligne. La modernisation, ce n?est pas un mot de la novlangue libérale, Madame SIMONNET, sauf quand des gens utilisent ce mot pour masquer des réductions de moyens. Sans vouloir faire de provocation, j?ai tout de même tendance à penser que parfois, nous pouvons faire mieux avec moins. C?est en tout cas ma mission de l?explorer. Monsieur de FROMENT, vous êtes chagriné que le Secrétaire général partage avec les agents de la Ville de Paris un certain nombre d?informations. Cela traduit votre conception et peut-être que cela éclaire sur votre position sur le débat sur les berges. Vous partez du principe que nous avons manifestement conçu cette position en chambre, entre membres de l?Exécutif. En l?occurrence, c?est une décision prise sur une instruction et des avis techniques des Services de la Ville de Paris. Quand vous contestez donc les avis techniques que très modestement nous relayons dans cette Assemblée, en réalité, comme d?habitude, vous contestez le travail des agents de la Ville de Paris, y compris jusqu?à les accuser de partialité et pour reprendre ce mot que j?ai trouvé extrêmement dédaigneux de M. BOULARD, les qualifier de "commissaires politiques" de la Ville de Paris. Vous appelez donc à une révolution copernicienne. Si par révolution copernicienne vous entendez les projets qui consistent à supprimer 300.000 fonctionnaires à partir de mai 2017, je vous rassure ou, en tout cas, je l?assume, il n?y aura pas de révolution de cet ordre-là à la Ville de Paris. Nous défendons le service public. Il n?y aura pas de licenciement de fonctionnaires. D?ailleurs, j?attends encore qu?un certain nombre de gens m?expliquent comment techniquement ils comptent faire. Les niveaux de redéploiement, vous dites qu?il n?y a pas de chiffres dans la communication. Je veux bien que l?on remette tous les chiffres car manifestement, vous les oubliez. Pourtant, je sais que vous ne les oubliez pas car je sais vos qualités en la matière. Les redéploiements sont dans les tableaux emplois de façon totalement transparente. A chaque fois, vous nous dites qu?ils ne sont pas assez ; d?autres dans l?hémicycle, c?est leur rôle, nous disent qu?ils sont trop importants. Notre travail est de trouver, en la matière, un équilibre. Madame NAHMIAS, merci beaucoup pour votre intervention. Je retiens que vous avez une demande très importante, qui rejoignait d?ailleurs les remarques sur l?évaluation, qui est de vous transmettre les bilans, les études préalables et les évaluations ex-post. Evidemment, je suis tout à fait disposé ainsi que les services de la Ville à partager plus en détail - ce n?est sans doute pas dans cette Assemblée que nous pouvons le faire - les évaluations sur les sujets que vous souhaiterez en matière de réorganisation. J?aurais eu plaisir à débattre du "new public management" avec Jérôme GLEIZES. C?est un courant de pensée des théories du management qui est totalement obsolète. J?espère qu?à la Ville de Paris, nous ne faisons pas cela. En tout cas, j?espère vous en convaincre. Cela m?amène au dernier sujet qui concerne deux v?ux sur les bibliothèques. Je ne sais pas d?où on peut tirer que les usagers ne sont pas en demande d?ouverture supplémentaire d?équipements culturels le dimanche car précisément, toutes les enquêtes que nous avons menées ont démontré le contraire. Je le dis pour ne pas être suspect de conflit d?intérêts, je suis un usager personnel de la bibliothèque Hélène Berr et mes enfants se réjouiront d?y aller y compris le dimanche et moi aussi pour les occuper. C?est parfois un divertissement salutaire. Je rappelle que c?est un engagement de mandature. Cela compte, les engagements de mandature. C?est écrit noir sur blanc dans le projet que nous avons porté. Bruno JULLIARD porte l?ouverture de sept équipements culturels, bibliothèques ouvertes par grand territoire démographique. Par ailleurs, je ne comprends pas très bien la logique qui consiste à considérer comme légitime que les équipements sportifs soient ouverts le dimanche, mais que les équipements culturels ne le soient pas. Je sais que c?est un débat et je n?ai pas encore réussi à vous convaincre. Le sujet de l?utilisation par les étudiants se pose, mais clairement, ce n?est pas l?unique sujet. Il s?agit de rendre accessibles des équipements publics un peu plus pour les usagers. C?est encore, là aussi, une philosophie que nous avons. Je ne ressens pas cela comme une contrainte et je crois savoir que tous les agents ne le ressentent pas comme telle non plus. Certains ne sont pas contents, mais ils ne le ressentent pas tous car je rappelle qu?ils sont rémunérés pour cela, il y a des repos compensatoires et c?est sur la base du volontariat. Personne ne peut être forcé à travailler le dimanche. J?ai le sentiment que nous réunissons les conditions pour que cela se passe bien. Je voulais remercier tout le monde. Ce sont des sujets importants qui engagent au-delà de la mise en ?uvre des politiques publiques qui nous occupent, adjoints et maires d?arrondissement. Au-delà, nous avons un combat à mener pour la crédibilité du service public, pour l?efficacité du service public dans ce contexte exigeant et de débats parfois un peu difficiles dans notre pays. Je suis très heureux qu?à la Ville de Paris nous arrivions à montrer que le combat pour l?efficacité du service public ne veut pas dire renoncer à l?ambitieux programme de mandature que nous avons présenté aux Parisiens avec la Maire de Paris.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Emmanuel GRÉGOIRE, pour ces réponses précises. Je redis ici la fierté d?avoir une administration qui à la fois est capable de répondre aux crises, aux grands événements - elle l?a montré tout au long de cette année et bien avant cette année - mais aussi capable de bouger en fonction des besoins de la population parisienne. Et je ne peux que souscrire à ce que vous avez dit sur l?ouverture du service public culturel des bibliothèques le dimanche. Il y a un besoin énorme, toutes les bibliothèques et médiathèques qui ont été ouvertes le dimanche sont pleines, remplies de Parisiens, d?enfants qui viennent parce que, je le rappelle, Paris est une ville où il y a beaucoup de promiscuité, où les appartements sont petits, où il pleut souvent l?hiver - et l?hiver est relativement long. Et c?est le besoin d?avoir des lieux qui permettent de se cultiver. Je soutiens totalement cette politique du livre et de la lecture publique qui passe aussi, disons-le, par l?ouverture des bibliothèques le dimanche. Nous allons maintenant passer au vote des v?ux rattachés à la communication SG 34. Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 18, déposée par le groupe Communiste - Front de Gauche, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est repoussée. Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 19, déposée par le groupe les Républicains, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est repoussée. Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 20, déposée par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants, amendée par l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u amendée est adoptée. (2016, V. 259). Idem pour le v?u n° 21. Non, c?est une demande de retrait ? Parce qu?en fait il n?a pas d?objet. C?est une demande de retrait compte tenu de la réponse qui vous a été faite sur les sites d?arrondissement. Il est donc retiré. Je vous remercie. Comme il s?agit d?une communication, il n?y a pas de vote sur la communication SG 34. Je vous remercie.