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Septembre 2016
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Conseil Municipal
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2016 DLH 156 - Subvention (30.000 euros) et convention annuelle avec la Fondation Abbé Pierre pour le développement d’actions en matière de lutte contre l’habitat indigne.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2016


 

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DLH 156 : subvention et convention annuelle avec la Fondation Abbé Pierre pour le développement d?actions en matière de lutte contre l?habitat indigne. La parole est à Mme Galla BRIDIER, pour cinq minutes.

Mme Galla BRIDIER. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, à l?occasion de ce projet de délibération, je souhaitais tout d?abord saluer le travail précieux réalisé par la Fondation Abbé Pierre qui mène, dans un contexte social très dur, une action et un combat essentiels contre le mal logement. Mais malgré la qualité reconnue par tous du travail mené par cette association, je ne parviens pas à me réjouir du fait que nous ayons en 2016 encore à voter une subvention en sa direction, alors que l?appel de l?Abbé Pierre, par lequel il dénonça la misère et le mal logement, date de 1954. Aujourd?hui plus de 62 ans après cet appel historique, 12 millions de Français sont toujours touchés à des degrés divers par la crise du logement. Parmi eux, près de 4 millions de nos concitoyens sont mal logés et vivent encore dans des conditions inacceptables et indignes et 900.000 sont sans domicile. Alors que 2017 sera une année électorale chargée, la Fondation Abbé Pierre a lancé, le 19 septembre, sa nouvelle campagne nommée "On attend quoi ?" pour faire connaître le mal logement et pousser les politiques à agir et les citoyens à se mobiliser. Cette campagne vise à, je cite la Fondation, "donner au logement une place prioritaire dans les débats et inciter les candidats à faire de vrais choix politiques en matière de lutte contre les inégalités sociales". Plusieurs initiatives innovantes sont mises en avant dans le livre qui accompagne cette campagne. A Rennes, citée en exemple pour sa politique de l?habitat, des appartements communaux sont proposés aux sans-abri qui échappent ainsi au parcours chaotique entre les appels au 115, centres d?hébergement et autres foyers transitoires. Cela pourrait peut-être nous donner des idées. Dans l?agglomération lyonnaise, des logements vacants attendant d?être réhabilités sont investis pendant trois ans pour créer des maisons à taille humaine où règnent l?entraide et l?autonomie. A Lille, on expérimente le démembrement de la propriété pour créer du logement et baisser le coût des logements. A Paris aussi évidemment, cher collègue Ian BROSSAT, des choses ont été faites depuis 1954. Même si les chiffres restent éloquents en matière d?habitat indigne, la Fondation Abbé Pierre recense encore entre 500.000 et 600.000 habitats parisiens classés dans la catégorie des logements indignes. En 2015, plus de 6.000 d?entre eux ont été signalés pour insalubrité. Pour se maintenir dans leur logis, nous le savons, nombre de Parisiens font aussi des économies sur leurs dépenses de santé alimentaire ou de chauffage. Des dizaines de milliers de ménages souffrent de la précarité énergétique. Nous ne pouvons accepter cela, la rénovation thermique doit continuer à être une priorité pour notre majorité ; c?est une nécessité sociale pour les Parisiens et environnementale pour nous tous. A ce sujet, je ne peux que regretter profondément le manque de communication et d?appropriation, notamment par notre majorité du programme "Eco-rénovons Paris" qui pourrait et doit être un formidable levier de la rénovation énergétique des bâtiments dans notre Capitale. En revanche, je tiens au passage à saluer le protocole qui a été signé lundi 19 septembre dernier entre le Préfet de Région, le Préfet de police, le Procureur et la Maire de Paris, qui devra permettre d?intensifier les opérations de contrôle menées par les agents du service technique de l?habitat et la police, mais aussi à la Ville de Paris de se porter désormais systématiquement partie civile et de mener un travail de sensibilisation auprès des professionnels. J?ajoute que, dans cette logique, nous attendons avec impatience le plan de transformation des chambres de service annoncé. Le mal logement n?est pas une fatalité. En tant que responsables politiques, il est de notre responsabilité d?agir et de tout faire pour trouver des solutions, et de contribuer à ce que cette campagne de sensibilisation de la Fondation Abbé Pierre en direction des pouvoirs publics soit la dernière. Je vous remercie.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci. La parole est à Ian BROSSAT pour vous répondre.

M. Ian BROSSAT, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Merci Galla BRIDIER pour cette intervention qui concerne effectivement une subvention de 30.000 euros à la Fondation Abbé Pierre pour le développement d?actions en matière de lutte contre l?habitat indigne, de lutte contre l?insalubrité. C?est évidemment un combat majeur pour nous. Il faut, comme nous le faisons, développer le logement social. Il faut aussi veiller à la qualité du parc de logements existant, et donc veiller à faire reculer l?insalubrité. En la matière, notre Municipalité a beaucoup agi entre 2002 et 2010, ce sont 1.030 immeubles qui ont été sortis de l?insalubrité. En même temps, nous le savons, des immeubles qui n?étaient pas à l?époque repérés comme insalubres, des logements qui n?étaient pas à l?époque repérés comme insalubres, risquent toujours de tomber dans l?insalubrité. Par conséquent, le combat, la lutte contre l?insalubrité est évidemment une bataille de chaque instant que nous continuons à mener, vous l?avez rappelé à l?instant. Je voudrais, à mon tour d?ailleurs, saluer le protocole qui a été signé le 19 septembre dernier avec la Maire de Paris, avec le Procureur de la République, avec le Préfet d?Ile-de-France, avec le Préfet de police. Ce protocole nous permet de sanctionner plus lourdement les marchands de sommeil et d?être plus efficaces face à tous ceux qui se font de l?argent sur le dos des victimes de l?insalubrité. Il nous paraît fondamental de travailler également en lien étroit avec des associations pour faciliter les signalements et ainsi sanctionner effectivement les marchands de sommeil. En effet, les victimes portent rarement plainte par peur de représailles et, sans l?accompagnement des associations, nous aurions du mal à obtenir des témoignages. C?est pourquoi je suis fier de présenter à ce Conseil ce projet de délibération de subvention à l?Espace Solidarité Habitat de la Fondation Abbé Pierre qui conseille plus de 5.000 ménages par an et met en place de nombreuses actions judiciaires contre l?exploitation des personnes soumises à des conditions d?habitat indigne, insalubre ou dangereux. Le partenariat avec la Fondation Abbé Pierre dans la lutte contre les marchands de sommeil est d?ailleurs ancien et très fructueux. Je vous invite donc à voter ce projet de délibération. Par ailleurs, puisque nous parlions de l?Abbé Pierre, je vous conseille d?aller voir le magnifique spectacle de Nicolas VITIELLO, "La voix des sans voix" qui est consacré à la vie de l?Abbé Pierre et qui passe en ce moment au théâtre Daunou tous les soirs. Merci à tous.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur le Maire. Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 156. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DLH 156).