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Septembre 2016
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Conseil Municipal
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2016 DJS 278 - Déploiement de la démarche de BAFA citoyen parisien : subvention (195.000 euros) et avenant n° 3 à la convention avec l’association "Mission Locale de Paris" (18e).

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2016


 

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération DJS 278 : déploiement de la démarche de BAFA citoyen parisien : subvention et avenant n° 3 à la convention avec l'association "Mission locale de Paris". Je donne la parole au Président du groupe Communiste - Front de Gauche, Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Sur le BAFA citoyen, bien sûr, nous voterons ce projet de délibération. Quand nous nous sommes posé la question de comment réagir au choc des attentats, au-delà des nécessaires mesures de sécurité, nous avons, sur de nombreux bancs, évoqué la nécessité de ne pas abandonner l'éducation populaire et de favoriser la participation des jeunes à la chose publique.

Dans mon intervention d'alors, j'avais insisté sur la place particulière qu?ont les BAFA citoyens parce qu'ils permettent à de nombreux jeunes de dépenser une somme modique pour préparer leur brevet d'animatrice et d'animateur, mais aussi et surtout parce qu?ils impliquent un échange avec le ou la jeune qui s'engage à servir une cause pendant au moins 30 heures. Quand je dis que nos principes, notre devise, notre hymne ne doivent pas seulement s'apprendre, mais se vivre, c'est le cas avec ce BAFA citoyen. Si certains dans notre Assemblée demandent que sans délai, chaque école ou bâtiment public soit orné de notre devise nationale, je dis oui, bien sûr, mais faisons surtout tout pour que notre devise ne soit pas une pétition de principe. Que le mot liberté ne soit pas limité de plus en plus par la société du "Big brother" qui devient réalité, par un état d'urgence qui n'en finit pas de finir. Que le mot égalité puisse se décliner partout et que les politiques publiques fassent tout pour que les citoyennes et les citoyens aient accès aux mêmes droits ; on en est encore loin. Que le mot fraternité retrouve sa place dans les discours politiques alors que celles et ceux qui tiennent le devant de la scène médiatique n?ont de cesse de morceler, de hiérarchiser, de diviser les Français et les Françaises, entre autres ceux d'origines géographiques ou sociales différentes, croyants ou non-croyants. Alors peut-être me suis-je éloigné du propos du projet de délibération. Peut-être je mets dans le contenu des BAFA citoyens plus que ce qu'ils contiennent. Mais je ne le pense pas. Je crois que cette décision d'augmenter, comme nous en avions fait la demande, le nombre de BAFA citoyens est une piste pour remettre au centre de la politique ce que nous avons en direction de la jeunesse : la confiance. Nous souffrons trop d'une société de la défiance qui instrumentalisme, qui monte les individus les uns contre les autres. Alors, développons la relation de confiance. Que des jeunes découvrent la joie de l'engagement associatif, qui comptera peut-être tout autant que leur vie professionnelle et familiale dans la construction de leur vie de femme et d?homme, dans leur émancipation. "Indignez-vous", hurlait Stéphane Hessel il y a quelques années, "engagez-vous", complétait Georges Séguy, qui vient de disparaître. Faisons que ces 345 jeunes femmes et garçons, qui vont bénéficier de cet accompagnement, deviennent elles-mêmes et eux-mêmes des ambassadrices et des ambassadeurs de l'engagement civil. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à Mme Léa FILOCHE.

Mme Léa FILOCHE. - Merci, Monsieur le Maire. Je m'inscris dans ce qui vient d'être dit par Nicolas BONNET-OULALDJ qui, évidemment, avec tout autant d'enthousiasme que moi, intervient sur ce projet de délibération. Il est question des jeunes Parisiens et de leur éducation à la citoyenneté et ce projet de délibération propose également d'accompagner la Mission locale de Paris pour la mise en place de ce dispositif. Du coup, cela nous permet de rappeler que cette action, portée avec la Mission locale de Paris, permet de mettre à jour le rôle déterminant que nous souhaitons donner à notre politique jeunesse. La Mission locale de Paris, je le rappelle, est au service des jeunes Parisiens de 16 à 25 ans. Elle intervient dans divers domaines de la vie quotidienne, l'emploi évidemment, la formation, le logement, la santé mais aussi les droits et les devoirs. En matière d'emploi et de formation, ses résultats confirment son utilité et son importance. Je vous donne quelques chiffres qui permettent de le rappeler, cela ne fait jamais de mal : sur près de 20.000 jeunes suivis en 2015, 3.500 ont bénéficié d?une formation et 6.500 ont trouvé un emploi. Je profite donc de cette occasion pour saluer Maïté ERRECART, sa présidente et Séverine CHARLOT, sa vice-présidente, mais aussi Thierry JARLET, son directeur, et toutes les équipes qui l'entourent, qui font un travail formidable pour permettre d'accompagner les jeunes vers l'emploi et surtout - c?était très bien dit par Nicolas à l?instant - vers l'autonomie. La Mission locale est résolument engagée dans l?accompagnement personnalisé avec une mobilisation de toutes ses ressources pour l'accès à l'autonomie. Un partenariat renforcé avec à la fois les entreprises et les acteurs locaux des territoires doit permettre cela. Le seul but de tout cela est de favoriser l'accès à l'emploi et la formation professionnelle. On va compléter tout cela avec le BAFA citoyen. Je ne reviens pas trop sur son objectif puisque Nicolas l'a très bien décrit. C'est une initiative typiquement parisienne qui va permettre à des jeunes de pouvoir financer leur formation, la formation au brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur, à une hauteur de 90 %, en échange d?un engagement citoyen de 30 heures minimum. C'est cette nouvelle corde à son arc que la Mission locale de Paris va ajouter. Forte de son expertise dans l'accompagnement des jeunes, la Mission locale souhaite effectivement faire bénéficier de ce nouveau dispositif 375 jeunes Parisiens, dont 150 dans le cadre de la garantie jeunes. Il participe ainsi à l'action à l'autonomie, priorité de notre mandature. Je vous le rappelle, mes chers collègues, nous avons élaboré le Plan parisien pour l'autonomie des jeunes dès l'année dernière. Cette autonomie peut être financière avec la formation et l'accès à l'emploi mais elle passe également par la question - on en a parlé très bien hier - de la recherche d?un logement ou de l'accès à la santé. La citoyenneté est un axe clé, à la fois pour notre politique mais aussi pour ce que nous souhaitons développer dans cette ville envers les jeunes et envers les moins jeunes. Le BAFA citoyen, au même titre que le Conseil parisien de la jeunesse, font partie de ces dispositifs que la Ville de Paris a mis en place pour soutenir la participation des jeunes à la citoyenneté. Concrètement, le développement du BAFA citoyen à Paris repose sur un engagement des jeunes sous forme de bénévolat dans des structures de proximité et en contrepartie d'un cofinancement du BAFA. L?année dernière, le dispositif a été ouvert à 130 jeunes Parisiens avec un effet positif, à la fois pour la qualification de ces jeunes mais aussi pour les associations dans lesquelles ils se sont engagés. Ainsi, pour accompagner la Mission locale dans cette démarche citoyenne et dans une logique d?insertion sociale et professionnelle, la Ville propose donc d'attribuer une subvention de 195.000 euros à la Mission locale, subvention évidemment que je vous invite, mes chers collègues, à voter avec tout autant d'enthousiasme. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à Mme Pauline VÉRON.

Mme Pauline VÉRON, adjointe. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, cher Président du groupe PC - Front de Gauche, cher Nicolas BONNET-OULALDJ, chère Léa FILOCHE, merci de votre soutien à la politique que mène la Mairie de Paris en direction des jeunes. Depuis quelques années, la Ville de Paris soutient les associations qui organisent des formations au BAFA sur le principe du BAFA citoyen. Nous avons intensifié cette démarche depuis l'an dernier avec succès puisque 130 jeunes Parisiens ont pu bénéficier de ce dispositif en 2015. Vous l'avez rappelé, le BAFA citoyen permet l'accès de Parisiens âgés de 17 à 25 ans au BAFA grâce au financement de sa première partie, dite formation de base, à hauteur de 90 %, en contrepartie d'un engagement citoyen de minimum 30 heures. Le BAFA citoyen a donc trois vertus. Il contribue à renforcer l'exercice de la citoyenneté par les jeunes, il favorise le lien social au bénéfice des Parisiens en général, il permet à des jeunes majoritairement sans ressources d'accéder au BAFA, ce qui est un vrai plus dans le cadre de parcours d'insertion professionnelle. Vous le savez, ces enjeux de citoyenneté des jeunes sont au c?ur de la réponse que nous avons commencé à construire au lendemain des attentats. Le BAFA citoyen est un outil que nous souhaitons développer en soutenant toutes les associations prêtes à se lancer. C'est le cas de la Mission locale de Paris, qui est un partenaire privilégié de la Ville de Paris comme vous le savez et qui a tout de suite perçu l'intérêt de ce dispositif pour les jeunes qu'elle accompagne vers l'autonomie. Elle nous propose de permettre l'entrée de 375 jeunes dans une démarche de BAFA citoyens, dont 150 dans le cadre de la garantie jeunes. Je salue une nouvelle fois le dynamisme de la Mission locale de Paris et de sa présidente Maïté ERRECART, qui conduisent ici une action totalement en phase avec les priorités contemporaines de la jeunesse : insertion socioprofessionnelle et engagement citoyen. Ce projet de la Mission locale de Paris contribue à la dynamique enclenchée depuis l'an dernier à Paris, qui profite à la jeunesse parisienne. Je me félicite que la Ville de Paris soutienne autant d'initiatives associatives qui, portées grâce au soutien à d'autres initiatives de BAFA citoyens, nous permettraient de porter à près de 1.000 le nombre de jeunes soutenus cette année à travers cette démarche de BAFA citoyen. Encore merci pour votre soutien.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 278. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DJS 278).